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Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : sam. 18 déc. 2021 11:31
par InHocSignoVinces
Quatrième motif. — Fuir les futilités du monde.


Combien d’âmes qui éprouvent le vide que
laisse dans le cœur la futilité des choses de la
terre ! Il y a dans le monde tant de frivolités ;
on s’y occupe de tant de bagatelles ; on s’y en-
tretient de tant de choses inutiles ; on y perd
un temps si considérable ; on y est assujetti à
tant de futilités ; on y vit esclave de tant de
convenances mondaines ! Que de vies qui ne
s’écoulent que dans ces riens, lesquels n’en sont
pas moins des chaînes qui rendent les âmes
captives !



Il n’y a rien d’étonnant que certaines âmes
s’en fatiguent et en sentent le néant. Quand elles
réfléchissent que la vie passe si vite, « c’est une
vapeur qui s’évanouit»,
dit l’apôtre saint Jacques
(Jac., iv, i5), et que « le temps, selon l’expression
du Psalmîste, est comme un tourbillon, comme
la paille que le vent emporte »
(Ps. LXXXII, 14),
elles éprouvent du dégoût pour un monde qui
tue ainsi le temps et paralyse les âmes, et elles
aspirent à vivre de sérieux et de vérité.
C’est
alors que la vie religieuse leur apparaît dans
toute sa lumineuse beauté, leur offrant des joies
durables en retour de tant de joies trompeuses
et éphémères, leur assurant des réalités éter-
nelles à la place des biens imaginaires d’un
monde vain et insensé.



Le besoin d’échanger ce qui passe avec ce qui
demeure, d’employer fructueusement le temps
au lieu de le gaspiller, de vivre une vraie vie
au lieu d’une vie factice, de donner à son âme
une nourriture solide pour remplacer les vanités
dont le monde l’amuse : en voilà assez pour sou-
pirer après le bienheureux séjour de l’état reli-
gieux. Il n’y a rien à perdre, mais tout à gagner;
et, comme le dit saint Bernard,
« si pour Dieu on
évite et fuit sur la terre la société des hommes,
par Dieu on aura dans le ciel la société des
anges. »



Si la vanité de ce monde fait malheureusement
beaucoup de victimes, elle est aussi un objet de
mépris pour un grand nombre, et l’occasion pour
eux de s’élever jusqu’à la perfection de l’état
religieux. Puissent les nombreux déçus de tant
de mensonges et de frivolités consacrer au Sei-
gneur les années que sa bonté a illuminées des
clartés de son amour et de sa vérité !



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : jeu. 30 déc. 2021 11:28
par InHocSignoVinces
Cinquième motif. — Se soumettre à une règle et se laisser conduire.


Il est un certain nombre d'âmes qui rencon-
trent des obstacles à leur sanctification, moins
dans les dangers extérieurs qu’en elles-mêmes.
L’intention est bonne, le désir de la sanctifica-
tion sincère, les dispositions surnaturelles, mais
il manque de la consistance, de l’énergie, de la
suite, disons le mot, de la pondération et du
jugement pratique.



Ou le tempérament est porté à la mollesse, ou
la légèreté conduit à l’inconstance, ou le caprice
rend désordonné, ou l’impressionnabilité para-
lyse les énergies, ou la mobilité compromet les
meilleures dispositions, ou le zèle même devient
exagéré. Il y a un vice ou de formation initiale,
ou d’habitudes incontrôlées, ou de tempérament
irréformable, qui nuira toujours à la sanctifi-
cation personnelle et au bien que l’on pourrait
faire. La volonté mal affermie reste chancelante,
les décisions suivent le cours des impressions,
les bons désirs se succèdent sans arriver à la
réalisation, les ambitions sont élevées et demeu-
rent inefficaces, faute de suite et d’énergie pour
employer les moyens.
La recommandation sui-
vante de saint Bernard convient admirablement
à ces esprits imprécis et désordonnés : « Mon-
trez-vous discret, modéré et ordonné en toutes
choses ; tout ce qui est dénué de modération et
de stabilité, toute confusion et tout désordre dé-
plaisent à Dieu ».



Quand les enfants sont jeunes et sans expé-
rience, ils ont besoin d'un tuteur pour les pro-
téger et d'un guide pour les conduire. Il en est
de même pour ceux qui ne peuvent se conduire
sagement eux-mêmes et qui, pour rester fidèles
à leurs résolutions et rendre leur vie féconde,
ont besoin d'être encadrés, soutenus et entraînés
par les autres.



La vie religieuse est leur salut. Saint Thomas
l'insinue indirectement, quand il dit : « De même
que la précipitation provient du défaut de con-
seil et l'inconsidération du défaut de jugement,
ainsi l'inconstance provient du défaut de com-
mandement ».
En effet, la régularité de la vie de
communauté, si utile à tous, leur devient quasi
nécessaire ; elle les corrige du désordre qu'ils
apportent habituellement dans la distribution de
leur temps et de leurs travaux. L’obéissance les
rend méthodiques et leur évite les écarts d'une
liberté qui dégénère souvent en fantaisies et en
inutilités. La vigilance des supérieurs les pré-
serve des excès du zèle et des initiatives incon-
sidérées. Dans un semblable milieu, de tels su-
jets peuvent produire beaucoup pour la gloire de
Dieu, tandis que dans le monde ils sont exposés
à donner bien moins et à ne rien faire de du-
rable ; surtout, ils peuvent se réformer et per-
sister dans leurs efforts de sanctification, au lieu
que laissés à eux-mêmes ils n’expérimentent
que trop les effets de leur instabilité et de leur
impondération.



C’est une grande grâce que Jésus fait à ces
âmes, quand Il les appelle à la vie religieuse.
L’expérience prouve que plusieurs, sans ce se-
cours, se perdraient. Il faut avoir l’humilité et
la sincérité de se connaître tel que l’on est.
Il n’y a pas de honte à faire connaître son
mal au médecin, lorsqu’on veut être guéri.
Il n’y en a pas davantage à s’avouer à soi-même
ces lacunes de tempérament, de caractère
et d’éducation, puisqu’il s’agit de prendre les
moyens de les combler, et ainsi de rendre sa
vie plus glorieuse à Dieu et plus méritoire pour
le ciel.



Pendant sa vie, Jésus s’entourait de malades
et d’infirmes, et son bonheur était de les guérir.
Dans le nombre, il y en avait qui n’étaient que
partiellement paralysés. C’est le cas dont il s’agit;
l’imprécision de l’esprit, l’inconstance du cœur
et la versatilité des résolutions sont des liens qui
paralysent la bonne volonté. Pour les délier et
rendre normal le mouvement de la vie spiri-
tuelle, Jésus offre les secours et les remèdes de
la vie religieuse : « Venite ad me omnes et Ego
reficiam vos »
(Mat., XI, 28).



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : lun. 03 janv. 2022 22:16
par InHocSignoVinces
Sixième motif. — Acquérir la perfection.


Bien des motifs font naître dans l’âme le désir
de la perfection. Les grâces reçues, les fautes à
réparer, l’imitation des saints, les inspirations de
Jésus, l’amour qu’on Lui porte, le désir de Lui
ressembler, la soif des âmes, etc. Le nombre des
âmes qui aspirent à la perfection est grand,
le
nombre de celles qui en prennent les moyens
l’est moins. Cela tient à l’inconstance humaine
et au manque de générosité dans l’effort ; mais il
faut aussi l’attribuer souvent à la situation dans
laquelle on se trouve et à l’atmosphère morale
et spirituelle dans laquelle on vit.


Il ne fait de doute pour personne qu’il est plus
difficile de pratiquer la vertu et de devenir par-
fait dans le monde qu’en communauté. C’est
pourquoi les âmes qui ont soif de perfection
tournent leurs regards vers l’état religieux. Elles
y entrevoient, avec la préservation des dangers
du monde, de nombreux et puissants moyens
d’entretenir leur ferveur et de raviver dans leur
cœur l’amour divin, principe et aliment de la
sainteté.
C’est ce qu’exprime saint Thomas :
« L’état religieux, dit-il, a été principalement
établi pour arriver à la perfection par des exer-
cices qui éloignent tout ce qui fait obstacle à la
charité parfaite... C’est une école ou un exercice
pour parvenir à la perfection de la charité ».


Le désir de la perfection comporte nécessai-
rement celui du sacrifice et du renoncement. Il
est de toute nécessité de faire mourir la nature,
si l'on veut devenir des hommes spirituels. La
vie dans le monde se prête difficilement aux exi-
gences de l’amour divin, qui réclame le dépouil-
lement complet du vieil homme et recherche
les immolations transformatrices de la sainteté.
Pour pratiquer les conseils évangéliques et faire
abdication totale de toutes les joies purement
terrestres, il faut un milieu adapté et des moyens
appropriés.



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : mer. 05 janv. 2022 21:10
par InHocSignoVinces
Quand on veut se faire saint, on sent le besoin
de se corriger, de réprimer ses inclinations, de
se vouer à la souffrance, de se crucifier ; sans
quoi, il ne peut y avoir ni imitation ni amour
véritable du Maître auquel on se consacre. C’est
donc une grande grâce de trouver un état qui,
d’après saint Thomas, « est un holocauste par
lequel on s’offre à Dieu tout entier, avec tout ce
qu’on possède »
; et où, comme s’exprime saint
François de Sales, « on ne demande rien moins
de vous que d’être crucifiés, car, en la religion
on détruit et on fait mourir la nature, on con-
trarie les affections et inclinations, pour faire
vivre et régner la grâce ».



On y entre pour trouver Jésus seul et se con-
tenter de Lui ; non pas qu’on soit déjà parfait
pour y être introduit, mais bien pour le devenir
par la fidélité aux devoirs de la vie religieuse.
Le même saint François de Sales nous en trace
un tableau frappant, dans son style imagé et ori-
ginal : « Savez-vous ce que c’est que le monas-
tère ? C’est l’académie de la correction exacte, où
chaque âme doit apprendre à se laisser traiter,
raboter et polir, afin qu’étant bien lissée et ex-
planée, elle puisse être jointe, unie et collée
plus justement à la volonté de Dieu... Le mo-
nastère, c’est un hôpital de malades spirituels
qui veulent être guéris, et pour l’être, s’exposent
à souffrir la saignée, la lancette, le rasoir, la
sonde, le fer, le feu et toutes les amertumes des
médicaments. »



Il n’est pas étonnant que les âmes sincèrement
désireuses de se sanctifier et ne désirant mettre
aucune borne à leur amour pour Jésus qui les
invite à Le suivre jusqu’au Calvaire, quittent le
siècle, abandonnent parents, amis, honneurs,
richesses, jouissance et liberté, pour se retirer
dans la solitude et la paix de la vie religieuse,
où, seules avec Dieu seul, elles ne se préoccu-
pent plus que des choses éternelles. Pour trouver
Jésus, il faut sacrifier tout ce qui n’est pas Lui.
Pour jouir pleinement de Jésus, il faut avoir
vidé complètement son cœur et y avoir donné
toute la place à son unique et divin Bien-aimé.
Voilà ce qui fait les délices des âmes consacrées
à Dieu.



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : ven. 07 janv. 2022 11:53
par InHocSignoVinces
Septième motif. — S'assurer de faire en tout
la volonté de Dieu.



Quand il s'agit de tendre à la perfection, le
plus grand obstacle, c'est la volonté propre,
comme le plus sûr moyen d'y parvenir, c'est de
la sacrifier sans merci. C'est en cela surtout que
consiste, d'après saint Thomas, l’excellence de
l'état religieux.
Et c’est précisément parce qu’on
a souvent expérimenté les écarts dont la volonté
propre est la source et tous les ennuis qui pro-
viennent de l'usage de sa liberté, que l'on est
désireux de sacrifier l'une et l'autre, en se liant
par les douces chaînes d’or de la vie religieuse,
comme s’exprime
saint François de Sales : « Les
mondains, dit-il, sont attachés à la loi de Dieu
par des chaînes de fer ; les religieux (et ceux
qui ont soin de leur perfection) le sont par des
chaînes d'or ».


Cette servitude toute d'amour n’enlève rien à
la grandeur du sacrifice, et le même saint a rai-
son de dire que « c'est un plus grand martyre de
persévérer toute sa vie en obéissance, que non
pas de mourir tout d’un coup par le glaive ».
Mais
ce qui donne le courage d’endurer ce martyre,
c’est la persuasion qu’en ne faisant plus sa vo-
lonté propre on fait la volonté de Dieu.
L'état
religieux surnaturalise et grandit tout ce qu’on
fait. Rien n'y est plus laissé à l'arbitraire ; tout
porte le cachet de la volonté divine. C’est Jésus
qui commande et dirige par les supérieurs, c’est
sa volonté qui est exprimée par les constitutions,
les ordonnances et les divers règlements de la
communauté. « La boussole divine, dit encore le
saint évêque de Genève, c’est Notre Seigneur,
la barque ce sont les Règles, ceux qui la condui-
sent sont les Supérieurs. »


Peu importe ce qui lui est commandé, le reli-
gieux sait qu’il fait toujours la volonté de Dieu
et qu’il ne peut jamais se tromper en la fai-
sant. Quelle consolation pour une âme qui aime
Jésus, d’être toujours ainsi sous la dépendance
et la conduite personnelle de Celui à qui elle
s’est consacrée sans retour ! Quelle sécurité dans
l’emploi des moyens de sa perfection, et quel
puissant secours pour s’habituer à mourir à
elle-même et à surnaturaliser les moindres
actes de sa vie !


Cette réconfortante perspective pousse bien
des âmes vers le port assuré de la vie religieuse.
Abdiquer sa volonté propre pour ne plus faire
en tout que la volonté de Dieu, c’est déjà se
soustraire à une grande responsabilité et s’assu-
rer des jours de paix et de bonheur. Il n’y a plus
place pour l’inquiétude, car on se laisse conduire
en tout. On ne connaît plus ni les désirs ni les
préférences, car on ne veut que ce que Dieu
veut et ce qu’il nous demande par l’obéissance.


« Celui qui n'a pas la fièvre de la volonté propre,
dit saint François de Sales, se contente de tout,
pourvu que Dieu soit servi ; il ne se soucie pas
de quelle manière Dieu l'emploie ; pourvu qu'il
fasse la volonté divine, tout lui convient. »


Ce genre de vie maintient l’âme dans un esprit
surnaturel constant, et c’est une des raisons qui
la rendent parfaite. Aussi, on peut assurer sans
crainte qu'une âme qui persévère dans cette voie
arrivera infailliblement à la perfection. Elle est
établie en Dieu et elle y demeure, selon ce que
dit l'apôtre saint Jean : « Le monde passe... mais
celui qui fait la volonté de Dieu demeure éter-
nellement »
(I Jean, II, 17). A l'exemple de Jésus,
qui faisait sa nourriture de la volonté de son
Père et qui est mort pour l'accomplir, « Père,
non ma volonté, mais la vôtre »,
elle vole au sa-
crifice de la vie religieuse, pour de là s’envoler
au ciel, comme le lui a promis Jésus : « Celui
qui fait la volonté de mon Père qui est dans
les cieux, celui-là entrera dans le royaume des
cieux »
(Mat., VII, 21).



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : lun. 10 janv. 2022 12:52
par InHocSignoVinces
Huitième motif. — Vivre de solitude et de
prière.



Les bruits du monde fatiguent et nuisent à la
paix de l'âme. Les exigences des relations so-
ciales deviennent souvent une lourde servitude.
Les joies terrestres, même les plus pures, finis-
sent parfois par lasser.
Tout au moins, le vide
que laissent naturellement dans l'âme les choses
d’ici-bas, fait soupirer après la solitude ou l'âme
se retrouve seule avec son Dieu et peut s’occuper
librement des choses éternelles. «Je conduirai
l'âme dans la solitude et je parlerai à son cœur »,

dit le Seigneur, dans le prophète Osée (II, 14).



L’auteur de l’Imitation dit sagement que « ce-
lui qui se propose et désire de parvenir aux
choses intérieures et spirituelles, doit imiter
Jésus et s’éloigner de la foule ».
C’est le pre-
mier sentiment qu’éprouve une âme qui veut
devenir intérieure :
se séparer du monde et se
débarrasser de ses mille soucis, sans quoi la
parole de Dieu ne peut se faire entendre, ou si
elle est entendue, elle n’est pas suffisamment
comprise.



Saint Bernard fait la même recommandation :
« Si quelqu’un désire entendre la voix de Dieu,
qu’il se retire dans la solitude. Si vous préparez
votre oreille intérieure à la voix de Dieu, à cette
voix plus douce que le miel, fuyez les embarras
extérieurs, afin que, l'âme dégagée et libre, vous
puissiez dire avec Samuel : Parlez, Seigneur, car
votre serviteur écoute ».



La solitude est le secret des grandes choses ;
son langage est pour l'âme toute une prédication,
selon ces paroles de saint Jérôme :
« La solitude
est par elle-même une prédication à la vertu ;
on se prépare le ciel, quand on s’éloigne du
monde ».
Celui qui y persévère se rapproche
toujours davantage de Jésus, qui habite les lieux
solitaires où II se communique aux âmes.
« Plus
une âme, dit saint Ignace, garde la solitude et
se dégage de tout le reste, plus elle se met en
état de chercher et de trouver son Créateur. »



A SUIVRE...

Re: La Vocation Religieuse - Réflexions et Conseils

Publié : lun. 14 févr. 2022 16:20
par InHocSignoVinces
Les charmes de la solitude ne sont bien com-
pris que de ceux qui les ont expérimentés. Cette
vie seul à seul avec Dieu, dans le secret de sa
cellule, est vraiment un avant-goût du ciel, et
l’on comprend que saint Jérôme ait pu écrire :
« Regardez votre cellule comme un paradis », et
que saint Basile se soit écrié : « O cellule où se
négocie le ciel ! Heureux commerce, où l’on
échange la terre avec le ciel, ce qui passe avec
ce qui ne passe jamais ».



Quand saint Bernard dit « qu’on monte direc-
tement de la cellule au ciel »,
c’est parce que
l’union qui s’est établie entre Jésus et l’âme dans
la solitude a créé entre eux une intimité que la
mort même ne peut briser et qui réclame de se
continuer dans l’éternité.



Cette vie d’intimité avec Jésus est le fruit de
la prière tout autant que de la solitude ; c’est
pourquoi ces deux attraits ne vont pas l’un sans
l’autre. Qui désire être solitaire, est en même
temps porté à la prière ; qui se complaît dans la
prière, cherche la solitude. C'est la prière qui
remplit la solitude, comme c'est la solitude qui
prédispose à la prière.



La vie religieuse a cela de particulier que,
outre la séparation du monde et la solitude, elle
consacre de longs moments à la prière et rend
plus intimes les rapports avec Dieu.
Le pré-
cepte de Jésus : « Il faut toujours prier et ne se
lasser jamais »
(Luc, xvm, 1), s'y accomplit tout
naturellement par le mouvement régulier des
nombreux exercices de piété qui font partie du
règlement quotidien.



A l'exemple du roi-prophète, le religieux peut
s'écrier : « O Dieu, ô mon Dieu, je vous cherche
dès l'aurore, mon âme a soif de vous... Seigneur,
je pousse des cris vers vous ; ma prière s'élève
à vous avant l’aurore ».



« Jésus, lisons-nous en saint Marc (1, 25), se
levait de grand matin et s'en allait prier dans un
lieu désert »
; Il se retirait souvent à l'écart et
sur les montagnes, pour se livrer à la prière.
Admirable modèle que le religieux a sans cesse
devant les yeux et qu’il s’applique à imiter,
attiré par les douceurs incomparables de ces
divins colloques avec le Dieu de son cœur.
Ses chants sont des prières et ses prières des
chants, selon la gracieuse comparaison qu'en
fait saint François de Sales : «Les religieux et
les religieuses, dit-il, qu'est-ce autre chose sinon
des oiseaux enfermés dans leurs monastères,
comme dans des cages, pour chanter sans cesse
les louanges de Dieu ? Certes nous pouvons bien
dire que tous leurs exercices sont autant de
cantiques nouveaux qui annoncent les divines
miséricordes et qui provoquent continuellement
les hommes à louer la divine bonté ».



Une âme de solitude et de prière est une âme
qui se sanctifie. Voilà pourquoi celles qui ten-
dent à la perfection vont s’abriter dans les cloî-
tres à l’ombre des autels.



A SUIVRE...