C’est ici qu’apparaît, à l’origine, la vocation à laquelle Dieu nous a destinés, et dont il faut faire la lumière de nos réflexions et la règle de nos déterminations. Ce n’est pas nous, en premier lieu, qui nous déterminons. Avant nous, dans le sein de Dieu, une volonté éternelle s’est manifestée; le tout est de nous y conformer. « Il nous a élus en lui avant la constitution du monde », dit saint Paul (Ephés., 1, 4). « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses apôtres, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jean, xv, 16).
Ces choix sont absolus et n’ont d’autres raisons d’être, que la volonté divine. C’est ce qu’exprime saint Augustin, lorsqu’il dit : « Dieu choisit ceux qui ne sont pas encore, et il ne se trompe pas en les choisissant, et il ne les choisit pas légèrement ; cependant il choisit, et il a ses élus qu'il créera choisis ».
La vocation d'une âme devient également pour Dieu comme la règle de conduite à son égard. Il donne les lumières, les inspirations et les grâces en harmonie avec ses choix divins. Dieu nous le dit par le prophète Isaïe : « C'est moi qui lui parle, c’est moi qui l’appelle, qui le conduis, et ses voies sont aplanies » (XLVIII, 15). Et le grand Apôtre nous donne comme un commentaire de cette lumineuse vérité, quand il écrit : « Ceux que Dieu a prédestinés, il les a appelés; ceux qu’il a appelés, il les a justifiés; ceux qu’il a justifiés, il les a glorifiés » (Rom., VIII, 30).
Comme il est souverainement important, dès lors, de connaître d’abord sa vocation, et, une fois connue, de la suivre ! C’est la grande recommandation que faisait saint Paul aux Corinthiens : «Voyez, examinez votre vocation» (I Cor., 1, 26). Et aux Thessaloniciens :
« Connaissez, frères aimés de Dieu, votre élection » (I Thess., 1, 4).
Pour nous y encourager, saint Augustin nous dit que le secours divin ne nous fera pas défaut : « Dieu nous prévient pour nous appeler ; et il nous accompagne pour nous glorifier ». Et ailleurs, plus explicitement encore : « Dieu ne manque pas d’appeler, d’instruire celui qu’il a appelé, de perfectionner celui qu’il a instruit, et de couronner celui qu’il a perfectionné ».
Le premier devoir qui s’impose, c’est de vouloir connaître la vocation à laquelle on peut être appelé. Dieu attend cette disposition de notre part, pour nous donner les grâces voulues de lumière et de force. Saint Jean Chrysostome dit à bon droit : « Quoique Dieu nous appelle, il attend cependant que nous allions à lui volontairement, et il nous donne son secours pour cela».
À SUIVRE...