Page 2 sur 5

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : mer. 02 sept. 2015 22:55
par Abbé Zins

1. Parcours le plus avantageux et le plus logique actuellement :


Tant sur le plan pratique qu'en raison de l'agencement le plus logique d'un pèlerinage sur les pas de Notre Seigneur Jésus-Christ, le parcours le plus avantageux, dans les circonstances présentes, est le suivant, si le temps du séjour le permet.

Débarqué à l'aéroport à environ 20 km de Tel-Aviv, le mieux est de se rendre d'abord à Jaffa, puis Césarée Maritime, le Carmel et Haïfa, de pousser jusqu'à Saint Jean d'Acre ( voire Tyr, Sidon et le Liban où se trouve notamment le Krak des Chevaliers, si l'on est là pour un long séjour).

Puis, de Haïfa, aller à Nazareth et rayonner de là en Galilée ; gagner ensuite la Mer de Galilée par Tibériade, en faire le tour en faisant une pointe par Bethsaïda jusqu'à Banyas ; longer ensuite la rive droite du Jourdain jusqu'à Jéricho et la Mer Morte ; rejoindre, si l'on a du temps et si l'on peut passer, par le sud Be'er Sheva, Hébron puis Bethléem, ou directement cette dernière par la route de montagne au sud de Quumran, pour terminer par Jérusalem et ses confins, avant de regagner Tel-Aviv par Latroun.

Cela est propre à éviter la dépense de temps (très précieux en des séjours presque toujours trop brefs) et de frais supplémentaires des retours en arrière.

En outre, on commence ainsi à parcourir les Lieux Saints qui ont vu s'accomplir les Mystères de l'Incarnation, de la Vie cachée puis publique de Notre divin Sauveur, et l'on termine, en une logique progression et montée vers la Ville Sainte qui préfigure le Ciel, par les Mystères de la Rédemption, de l'Ascension et de la Pentecôte.

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : mer. 02 sept. 2015 22:57
par Abbé Zins

2. Suite de notre pèlerinage en pensée :



C'est donc cet itinéraire que nous allons reprendre ensemble de manière un peu plus détaillée à présent.

Comme nous nous sommes déjà quelque peu attardés sur la bande maritime entre Joppé et Saint Jean d'Acre, nous allons poursuivre notre parcours en esprit, depuis Haïfa vers Nazareth.

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : mer. 02 sept. 2015 22:59
par Abbé Zins

5/ Nazareth et son voisinage :



De Haïfa, la route longe sur une vingtaine de kilomètres l'autre versant du Carmel au sud de la vallée du Cison.

Elle traverse ensuite le nord de la très riche vallée de Jesraël pour rejoindre, longer un temps et escalader les Monts de Galilée avant d'atteindre, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Haïfa, l'illustre ville de Nazareth (fleur, son jeune pousse, pureté, séparée, gardée).

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : mer. 02 sept. 2015 23:03
par Abbé Zins

A. Confins de Nazareth, Naïm, Mont Thabor, Cana, Séphoris :



Nazareth se trouve au coeur de la partie sud des Monts de Galilée ( roue, roulante, transmigration perpétrée) ou de Zabulon et Nephtali, bordés au sud-est et au sud-ouest par les vallées de Jesraël et Esdrelon qui les séparent du Mont Carmel et des Monts de Samarie ou d'Issachar, Manassé et Ephraïm.

Au sud-est, le triple mamelon du Petit Hermon ou Biv'at Ha More, surplombe Afula illit, qui marque la séparation des vallées de Jesraël et d'Esdrelon, lesquelles sont souvent nommées l'une pour l'autre, et, en son flanc nord, le village de Naïm, où le divin Sauveur ressuscita le fils unique d'une veuve (Lc. 7,11).


A l'est, le Mont Thabor ou Mont de la Transfiguration, du sommet duquel on a un splendide panorama de tous les côtés (cf.p.36), domine tout le nord de la très fertile vallée d'Esdrelon.

Cette vallée, laissée presqu'inculte par les Palestiniens (au témoignage des pèlerins de 1882)
et remise en valeur par les Juifs : céréales, énormes courges, citrouilles et autres légumes, élevage intensif de volailles (oies, canards, poules), oliviers, citronniers, pamplemoussiers, orangers, palmeraies, amandiers, etc., est aussi célèbre d'une autre manière dès qu'il y pleut avec quelque abondance : là se sont enlisées profondément bien des armées, syriennes, grecques, romaines ou arabes, non moins que certains pèlerins !....


Au nord-est, à 7 km par l'actuelle route, se trouve le lieu du premier miracle du Seigneur à Cana, à partir duquel ses premiers Apôtres crurent en Lui.

Au nord-ouest, à peu près à la même distance, l'ancien chef lieu de la Galilée romanisée, Séphoris, où l'on a découvert d'importants vestiges d'une assez ample cité romaine, est considéré, très vraisemblablement à tort par une ancienne tradition, comme le lieu de naissance de la Très Sainte Vierge.

Comme ce fait est contredit par l'existence de la maison de Saint Joakim et Sainte Anne à Jérusalem, certains pensent que Notre Dame aurait été conçue à Jérusalem et serait née à Séphoris.

Toutefois, les ruines de cette cité paraissant entièrement romaines et le site étant aujourd'hui tout à fait inhabité par les gens du pays, cette version apparaît fausse.

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : mer. 02 sept. 2015 23:08
par Abbé Zins

B. Eglise de l'Annonciation, Mensa Christi et Mont du précipice à Nazareth :



Il est bien doux de marcher dans ces confins de Nazareth, où le divin Rédempteur a passé près d'une trentaine d'années, qu'Il a donc eu maintes occasions de parcourir en tout sens.

Rentré d'Egypte vers trois ans, suite à la mort d'Hérode le Grand, le divin Maître a voulu nous enseigner, par sa vie cachée d'artisan en cette modeste bourgade de Galilée, la possible sanctification par l'accomplissement des devoirs des états même les plus humbles.

Toutefois, ce n'est pas seulement à trois ans que Nazareth a possédé le Sauveur : c'est aussi en elle que le Seigneur s'est incarné dès l'instant du fiat prononcé par Celle qui est devenue l'unique Vierge Mère solennellement annoncée par le Prophète Isaïe (Dieu sauve) (7,14).

Avant de voir en elle le Soleil de Justice, de Sainteté, Nazareth en a vu l'Aurore, le Miroir de la Sainteté, la Vierge incomparable qui, conçue et née tout auprès du saint Temple de Jérusalem, y fut présentée dès sa troisième année, et y demeura jusqu'à sa quatorzième, où elle fut donnée en mariage, par le Grand-Prêtre lui-même, à l'humble et chaste descendant de David (dune main forte), le juste Joseph (accroissement du Seigneur).

C'est alors que Notre Dame vint avec son époux, d'un âge relativement avancé, habiter Nazareth, après avoir fait partager au chaste Saint Joseph son voeu de virginité (cf. SaintThomas, 3.28,4).

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : jeu. 03 sept. 2015 8:18
par Abbé Zins
A ce sujet, la configuration des lieux où vécut la Sainte Famille est très instructive.
Pour en avoir une bonne idée, il faut d'abord mentionner un usage alors très fréquent en Israël.

Les troglodytes de Touraine et du Soissonnais sont connues, non moins que celles du "gruyère" parisien où la pierre et le sol se creusent si bien, comme en témoigne le très célèbre métro.

De semblables habitations appuyées sur des grottes étaient pareillement communes en Israël, où les grottes et cavernes pullulent.
L'avantage de ces parties rocheuses des maisons, outre leur solidité, est qu'elles sont bien isolées des intempéries et assez aisées à chauffer en hiver, tandis qu'elles gardent surtout une agréable fraîcheur durant les longues périodes de très fortes chaleurs en ce pays.

Tel était le cas de l'habitation de la Sainte Famille. Or cette habitation se composait principalement non pas d'une seule mais de deux grottes, distantes l'une de l'autre d'une centaine de mètres.

La plus auguste, relativement petite, était celle qui servait de chambre et d'habitation à la Très Sainte Vierge.
Outre les murs, portes et fenêtres qui la complétaient en bas, transportés à Lorette, un escalier mène à une excavation supérieure qui servait de cuisine et le dessus devait être en forme de terrasse comme dans la plupart des maisons du pays.
D'autres excavations, près desquelles se trouve actuellement un puits, situées entre les deux grottes, devaient servir de remises.

La seconde grotte, beaucoup plus grande, servait à la fois de logement à Saint Joseph, puis également à Notre Seigneur, ainsi que de cave et de dépôt de matériel pour l'atelier. Elle mesure au maximum de sa longueur 9,80 m, et en sa part la plus large 6,80 m, allant en se rétrécissant jusqu'à 3,80 m, comporte une table aménagée dans le roc en sa partie la plus large et 3 silos.
Comme elle se trouve en profondeur, elle devait servir de pièce en sous-sol, tandis qu'au-dessus une avancée devait en fermer l'accès et constituer une avant-pièce tant pour travailler à la lumière communiquée par des fenêtres que pour recevoir les visiteurs et ceux qui venaient passer des commandes.

C'est dans l'avancée de la première grotte que l'Ange Gabriel fit l'annonce à la Vierge Marie qu'Elle serait la Mère Virginale du divin Sauveur, et dans la grotte même que La Vierge conçut par l'opération du Saint-Esprit et que le Verbe de Dieu pris chair en Elle.


L'actuelle Basilique de l'Annonciation, bâtie à flanc de colline de telle sorte que son accès inférieur donne directement dans sa crypte tandis que son accès supérieur donne également de plein-pied sur son étage supérieur, enchâsse cette modeste mais auguste grotte en sa crypte.

La seconde grotte se trouve à présent en dessous de la crypte de l'église de Saint Joseph, située à 1OOm de la première grotte au nord. A 50m à l'est, se trouve le couvent des soeurs de Nazareth, au-dessus d'une impressionnante série de grottes agencées en forme de tombeaux, parmi lesquels serait peut-être celui de Saint Joseph.
Environ 500m plus haut au nord, en laissant à gauche le Carmel puis l'église des Catholiques Maronites, on atteint la chapelle de la Mensa Christi, dont le choeur recouvre un rocher sur lequel Notre Seigneur a mangé avec ses disciples après sa Résurrection.


Un autre lieu est tristement célèbre à Nazareth, le Mont dit du précipice, parce que c'est là que les concitoyens du Christ-Jésus, envieux de sa renommée naissante et jaloux d'avoir entendu parler de miracles accomplis à Capharnaüm et non chez eux, entraînèrent Celui qu'ils n'estimaient que le fils de l'artisan Joseph (Mt. 13,54s ; Mc. 6,3 ; Lc. 3,23 ; 4,22 ; Jn. 1,45 ; 6,42) jusqu'au sommet de la colline voisine au sud-est, qui surplombe en d'impressionnants apics la vallée d'Esdrelon, pour Le précipiter de là-haut :

Notre Seigneur passa alors à travers eux pour échapper à leurs mains fratricides (Lc. 4,29s).

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : jeu. 03 sept. 2015 8:27
par Abbé Zins

6/ La Mer de Galilée :



De Nazareth, on gagne (cf. p.3) par Kfar Cana (possession) Tibériade à 30 km au nord- est, située à mi-hauteur sur la rive ouest du lac.

Comme le lac Léman, nommé aussi de Genève, d'Evian ou de Lausanne, selon la ville qui le borde d'où on le considère, la mer de Galilée est appelée également le lac de Tibériade, de Génésareth ou de Capharnaüm.

Le lac de Génésareth, situé à 212 m au-dessous du niveau de la mer, d'une profondeur maximale de 250 m, a 21 km de long sur 8 à 12 km de large selon les endroits.
Il tiendrait près de trois fois dans le lac Léman (72 km de long sur 8 à 10 km de large, 582 km²).

Sa formation étant d'origine volcanique, on perçoit partout sur ses rives et jusqu'au sommet du Mont des Béatitudes de gros rochers volcaniques gris foncé, et çà et là des pierres ponces.

Ses eaux, dont le divin Maître a apaisé la tempête (Lc. 8,25) et qui L'ont porté ( Mt. 14,25), ainsi qu'un instant le futur premier Pape (Mt. 14,29s), sont très poissonneuses.

La ville de Tibériade, agréable station balnéaire, n'a guère d'intérêt que pour des touristes ou pour un rapide coup d'oeil.

La partie digne de l'attachement des pèlerins est la calotte supérieure du lac, commençant au nord-ouest par Migdal ou Magdala (tour), la ville natale de Sainte Marie Magdeleine ou de Magdala, s'achevant à la même hauteur en face, au nord-est, par Kursi au pays des Géréséniens, où Notre divin Sauveur délivra un possédé d'une légion de démons à laquelle Il permit de s'emparer de porcs, que les démons firent se précipiter là dans le lac (Mt. 8,30s).

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : jeu. 03 sept. 2015 8:31
par Abbé Zins
Dans le dossier citant l'ouvrage de Saint Louis-Marie sur le Saint Rosaire, on peut lire :
Veni de Libano a écrit : 72. La très sainte Mère du Sauveur ne s'est occupée toute sa vie qu'à méditer sur les vertus et les souffrances de son Fils. Lorsqu'elle entendit les anges chanter à sa naissance leur cantique d'allégresse, lorsqu'elle vit les pasteurs l'adorer dans l'étable, son esprit fut rempli d'admiration et elle méditait toutes ces merveilles. Elle comparait les grandeurs du Verbe incarné à ses profonds abaissements ; la paille et la crèche, à son trône et au sein de son Père; la puissance d'un Dieu, à la faiblesse d'un enfant ; sa sagesse, à sa simplicité. La sainte Vierge dit un jour à sainte Brigitte : "Lorsque je contemplais la beauté, la modestie, la sagesse de mon Fils, mon âme était transportée de joie, et lorsque je considérais ses mains et ses pieds qu'on percerait avec des clous, je versais un torrent de larmes, le coeur me fendait de tristesse et de douleur".

73. Après l'Ascension de Jésus-Christ, la sainte Vierge passa le reste de sa vie à visiter les lieux que ce divin Sauveur avait sanctifiés par sa présence et par ses tourments. Là, elle méditait sur l'excès de sa charité et sur les rigueurs de sa passion. C'était encore l'exercicie continuel de Marie-Madeleine pendant les trente années qu'elle vécut dans la Sainte-Baume. Enfin saint Jerôme dit que c'était la dévotion des premiers fidèles. De tous les pays du monde ils venaient en Terre Sainte pour graver plus profondément dans leurs coeurs l'amour et le souvenir du Sauveur des hommes, par la vue des objets et des lieux qu'il avait consacrés par sa naissance, par ses travaux, par ses souffrances et par sa mort.

74. Tous les chrétiens n'ont qu'une foi, n'adorent qu'un Dieu, n'espèrent qu'une même félicité dans le ciel; ils ne connaissent qu'un médiateur qui est Jésus-Christ ; tous doivent imiter ce divin modèle, et pour cela considérer les mystères de sa vie, de ses vertus et de sa gloire. C'est une erreur de s'imaginer que la méditation des vérités de la foi et des mystères de la vie de Jésus-Christ ne regarde que les prêtres, les religieux et ceux qui se sont retirés des embarras du monde. Si les religieux et les ecclésiastiques sont obligés de méditer sur les grandes vérités de notre sainte religion pour répondre dignement à leur vocation, les gens du monde y sont au moins autant obligés, à cause des dangers où ils sont tous les jours de se perdre. Ils doivent donc s'armer du fréquent souvenir de la vie, des vertus et des souffrances du Sauveur, que nous représentent les quinze mystères du saint Rosaire.
Saint Jérôme disait, en effet, que la connaissance de la Terre Sainte l'avait beaucoup aider à mieux comprendre l'Ecriture Sainte. Cela est particulièrement vrai aussi pour l'Evangile !

On ne contemple et ne médite plus de la même façon le récit de la Passion, quand on a eu le bonheur de voir la vallée du Cédron, le Mont des Oliviers, leur situation par rapport au Mont Sion sur lequel a eu lieu la Sainte Cène, la maison d'Anne en laquelle le divin Prisonnier a été conduit en longeant les remparts et passant sous le pinacle de l'esplanade du Temple, etc..

D'où l'aimable utilité des descriptions faites en ce dossier, évoquant le rapport entre tels lieux et tel fait évangélique ou bilbique !

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : jeu. 03 sept. 2015 8:34
par Abbé Zins

7/ Le triangle évangélique :



On a surnommé à juste titre le sommet ou centre de cette calotte le triangle évangélique ou coeur de la prédication de Notre divin Maître, dont la pointe nord est le Mont des Béatitudes, la base le bord du lac entre Tabgha côté ouest et Capharnaüm (Kfar Nahum, bourg de Nahum, maison de la consolation) côté est.

Re: La Terre Sainte des pèlerins

Publié : jeu. 03 sept. 2015 8:35
par Abbé Zins

8/ Le Mont des Béatitudes :



C'est au Mont des Béatitudes que le divin Maître a institué, docens sicut potestatem habens (Mt. 7,29), la Loi Nouvelle par le Sermon sur la Montagne longuement rapporté par Saint Matthieu (ch. 5 à 7) et s'ouvrant par l'admirable énoncé des huit Béatitudes.

C'est là aussi que le Christ-Jésus apparut après sa Résurrection à plus de 500 disciples (I Cor. 15,6) et envoya solennellement ses Apôtres et disciples prêcher toutes les Nations (Mt. 28,19).


Du haut du Mont des Béatitudes, en se tournant vers la mer de Galilée, que l'on voit en face dans toute sa longueur et sa largeur, on a en contrebas à environ 2 km sur la gauche Kfar Nahum et à 1 km sur la droite Tabgha.