La Terre Sainte des pèlerins
La Terre Sainte des pèlerins
La Terre Sainte des pèlerins :
La Terre Sainte, que le divin Sauveur incarné a daigné marquer de l'empreinte de ses pas, illustrer de ses faits et gestes non moins que de sa sublime Révélation, est géographiquement un tout petit pays.
1) Géographie sommaire de la Terre Sainte des pèlerins :
S'étendant du nord au sud à peine sur 200 km, d'est en ouest au nord sur environ 70 km et au sud sur 100 à 120 km, il serait au large dans notre Bretagne, tant en longueur de Brest à Rennes (244 km) qu'en largeur de Nantes à Saint-Malo (175 km), bien qu'en son état actuel comme en divers moments de son histoire, on puisse le considérer pousser sa pointe sud comme de Brest à Laval (315 km) ou jusqu'au Mans ((400 km).
1. Délimitations de la Terre Sainte :
Cette Terre, qui a reçu tant de bénédictions divines, est délimitée à l'ouest par la Méditerranée, la Mare Nostrum des Romains ; au nord par le Liban et la Syrie ; à l'est par la chaîne du Golan bordant la Mer de Galilée, par le Jourdain - dont elle a plus d'une fois dans son histoire occupé la rive est ou Transjordanie -, la Mer Morte et le début du désert d'Arabie ; au sud par le désert de l'Idumée la séparant de l'Egypte, avec néanmoins une pointe actuelle jusqu'au nord d'un des bras de la Mer Rouge.
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2. Bref tour d'horizon de la Terre Sainte :
Pour simplifier, en s'en tenant à des données générales, son centre est formé d'une succession de massifs montagneux s'apparentant, avec leurs formes le plus souvent arrondies et leurs hauteurs variant de 700 à 1.300 m, à notre Massif Central, à nos Vosges, Jura ou Pré-Alpes, laissant au Liban voisin la Majesté altière de nos Alpes ou de nos Pyrénées que seul approche, au nord de la Galilée, le Mont Hermon (fin de la chaîne de l'anti-Liban) et sa couronne de neiges éternelles.
Ces montagnes forment une triple série de Monts en Galilée, Samarie et Judée.
Les Monts de Judée s'inclinent à l'ouest, à partir de Latroun situé à 1 km d'Emmaüs, vers la vaste plaine côtière de Saron bordant la Méditerranée, qui se prolonge au sud par le riche pays des anciens Philistins jusqu'au-delà de Gaza, et au nord jusqu'aux premiers contreforts de l'illustre Mont Carmel.
La chaîne du Carmel forme un imposant triangle en s'étirant, d'une base de 12 km de largeur, sur une longueur de 32 km. Sa pointe, qui surplombe le port de Haïfa, a été rendue à jamais célèbre par la présence de la grotte du grand Prophète Elie et celle, en contrebas, de son fils spirituel Elisée et de son école de Prophètes anachorètes, illustres ancêtres des Carmes.
Au nord de cette Montagne, si célèbre aussi par sa beauté (Cant. 7,5 ; Is. 35,2), la plaine côtière du Cison ou Qishon s'étend de Haïfa en une grande anse qui se prolonge au-delà de Saint Jean d'Acre jusqu'à la frontière avec le Liban en direction de Tyr.
A l'est, cette plaine est relayée par les riches vallées de Jesraël et Esdrelon qui séparent les Monts de Samarie de ceux de Galilée, au centre desquels se trouvent Nazareth et le sublime Mont Thabor.
De Nazareth, on plonge, par monts et par vaux, vers Cana à 7 km au nord, avant d'enjamber à l'est une importante montagne boisée, au sortir de laquelle on surplombe Tibériade et son merveilleux lac (la Mer de Galilée), autour duquel s'est principalement passé le ministère public de Notre divin Maître.
Ce lac, bordé à l'ouest et au nord par les derniers contreforts des Monts de Galilée, - lesquels, des hauteurs qui dominent Magdala en passant par le Mont des Béatitudes, viennent se coucher doucement en d'ultimes plateaux au bord du Jourdain-, est bordé à l'est par la chaîne du Golan ou Monts de Galaad.
Les hauts plateaux de Galilée sont entaillés par la vallée creusée au nord par le Jourdain, dont une source vient de l'anti-Liban, et deux autres du Mont Hermon. C'est au pied de ce dernier, et dans le cadre grandiose de la réunion de ces sources, à Banyas auprès de Césarée de Philippe, que Saint Pierre a fait sa solennelle profession de foi en la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ et a reçu la promesse de la Primauté.
De là, le Jourdain vient se jeter près de Bethsaïda, d'où étaient originaires les Apôtres Pierre, André et Philippe, dans cette Mer de Galilée qu'il traverse de part en part, avant d'étaler ses méandres vers le sud et de se tailler une large vallée, des plus riches jusqu'à Jéricho. Puis il atteint le pays maudit de la Mer Morte où se trouvaient jadis les villes de Sodome et Gomorrhe, dont l'impiété des habitants a attiré le feu du ciel et la désolation du désert et de la mort, en ces lieux fertiles autrefois comme les bords du Nil à Ségor (Gen. 13,11).
La Mer Morte a 76 km de long, 17 de large, et une profondeur moyenne de 400 m. Le soufre, qui a rongé ces parages autrefois enchanteurs, a fait de cette région la plus basse de la terre, à 392 m au-dessous du niveau de la Mer Méditerranée. Elle s'apparente à présent aux vastes et arides déserts qui l'entourent à l'ouest, au sud et à l'est.
De la grande oasis ou immense palmeraie que demeure Jéricho, c'est au travers de gorges désertiques, théâtre de fréquents brigandages et de la charité du bon Samaritain, que la route remonte à l'ouest vers Jérusalem, tandis que, plus au sud, une petite route de montagne permet également de rejoindre directement Bethléem, par Bethsahür, le village des bergers de Noël.
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2) Pèlerinages millénaires aux Lieux Saints :
Les deux principaux pôles d'intérêt, qui ont attiré depuis bientôt deux millénaires les pèlerins du Nouveau Testament venus des quatre coins de la planète, sont la Galilée et la Judée.
La première a vu l'enfance, la vie cachée puis publique du Christ-Seigneur ; la seconde, sa Nativité, son Sacrifice rédempteur, sa Résurrection, son Ascension, puis la réception du Saint-Esprit et la formation de l'Eglise sur le Mont Sion (hauteur, lieu d'observation, observateur, rocher, roc).
(La signification des noms hébreux mise entre parenthèses est tirée de l'admirable lexique de Saint Jérôme, intitulé : De nominibus hebraicis.)
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1. Obstacle de la Samarie :
Entre ces deux contrées, la Samarie constitue un obstacle que la plupart des pèlerins évitent, aujourd'hui comme au temps de Notre Seigneur, pour des motifs semblables.
Suite à la très grave impiété du Roi Salomon, qui a favorisé à la fin de sa vie le culte de diverses idoles par complaisance envers nombre de femmes étrangères auxquelles il s'était uni, 10 des tribus de Jacob se coupèrent de la maison de David, de la tribu de Juda, des Lévites vivant en grand nombre au milieu d'elle et des restes de la tribu de Benjamin, pour former le royaume indépendant d'Israël avec Samarie pour capitale.
Tandis que le Royaume de Juda repoussa bien vite les idoles et demeura fidèle au vrai Dieu, celui d'Israël s'en écarta, ne vint plus dès lors au Temple de Jérusalem, mais s'adonna au culte des idoles jusqu'à sa déportation définitive en Babylonie.
Ces habitants furent alors remplacés par des colons assyro-babyloniens que le roi de Babylone avait envoyés prendre possession du pays.
Ceux-ci, mêlant une partie du culte du vrai Dieu avec leurs pratiques idolâtriques, se bâtirent un temple sur le Mont Garizim.
Depuis, les Juifs, ou descendants des tribus de Juda, Lévi et Benjamin, auxquels se joignirent une partie des descendants des 10 autres tribus après le retour des Juifs de leur déportation subséquente à Babylone, considérèrent à juste titre les Samaritains comme des païens étrangers, qu'ils évitaient le plus possible (Jn. 4, 9,27), ainsi que de traverser leur pays.
Encore aujourd'hui, les Samaritains ne se marient qu'entre eux et se tiennent à l'écart tant des musulmans, toujours majoritaires actuellement, que des juifs.
Aussi les Juifs évitent comme autrefois la Samarie, reliant la Judée à la Galilée par des cars passant soit par Tel-Aviv et la côte méditerranéenne, soit par les abords de Jéricho et la vallée du Jourdain.
Les Palestiniens de Judée eux-mêmes ne font le service de taxi ou de chérout (taxi collectif pour 7 à 10 personnes) que jusqu'aux abords de la Samarie, où ils sont relayés par des habitants de la Samarie pour y pénétrer et la traverser.
Ce qui fait que la plupart des pèlerins renoncent à ces complications, malgré leur désir premier d'emprunter la route la plus courte.
Re: La Terre Sainte des pèlerins
2. Lieux d'arrivée de la plupart des pèlerins Chrétiens :
Aujourd'hui comme hier, l'arrivée du plus grand nombre des pèlerins s'effectue par la côte méditerranéenne, l'avion remplaçant le bateau.
1/ Jaffa ou Tel-Aviv :
L'aéroport international se trouve à 20 km à l'est de Tel-Aviv (Colline du Printemps), en direction de Jérusalem.
L'agglomération de Tel-Aviv, qui borde la Méditerranée et comporte un petit port, touche à présent et commence à englober le port de Jaffa, l'antique Joppé (beauté) où le Prophète Jonas (colombe) s'embarqua pour tenter d'échapper à la mission délicate que Dieu lui confiait.
C'est là aussi que Saint Pierre vécut un temps chez un corroyeur dont il partageait le travail tout en prêchant, qu'il ressuscita une disciple du nom de Tabitha et fut appelé par le Centurion Corneille (Act. 9, 36-43 ; 10, 1-9).
Re: La Terre Sainte des pèlerins
2/ Césarée maritime :
De là, le plus grand nombre des pèlerins, venant en voyage organisé, sont intelligemment dirigés par les bords de la Méditerranée vers l'antique port de Césarée, à moins d'une cinquantaine de kilomètres au nord de Jaffa.
Cette Césarée maritime, qu'il ne faut point confondre avec Césarée de Philippe située en haute-Galilée aux pieds de l'Hermon, a été la capitale administrative pendant l'occupation du pays par les Romains, et le port principal alors utilisé pour les relations avec l'Italie, notamment par les Apôtres Pierre et Paul (Act.18,22).
On y a découvert d'imposants vestiges de remparts assyro-babyloniens, d'un théâtre romain et d'un aqueduc long de 15 km, y conduisant l'eau depuis les derniers contreforts sud ou base de la chaîne du Mont Carmel.
C'est en cette Césarée que Saint Pierre baptisa le Centurion Corneille et comprit que les Nations étaient elles aussi appelées au salut, que Saint Paul demeura 2 ans prisonnier et fut jugé par Félix puis Festus, en appela à César pour échapper aux Juifs, s'appliqua à évangéliser le roi Agrippa et fut envoyé prisonnier à Rome, que vécut le diacre Philippe (Act. 10, 10-48 ; 8,40 ; 21, 8s ; 23, 23s ; ch. 24 à 27).
Re: La Terre Sainte des pèlerins
3/ Haïfa et le Mont Carmel :
A 40 km au nord de Césarée maritime, au pied de la pointe du Carmel (tendre, délicat, doux, touchant, favorable), se trouve le port de Haïfa, actuellement le plus important en Israël (esprit ou homme contemplant Dieu).
Il n'est guère de pèlerins, à moins qu'ils ne soient pressés par les exigences de vitesse d'un trop bref séjour, qui manquent de faire l'ascension vers cette pointe du Carmel.
C'est au travers d'une belle forêt de pins, de chênes et d'oliviers, remplie de fleurs ravissantes et de plantes particulièrement odorantes, que s'effectue la montée du Carmel, mais en tournant le dos à la mer du siècle et à la ville.
Au sommet de sa pointe extrême, que les arabes nomment anf el djebel ou nef de la montagne, se trouve le monastère de Stella Maris où les Pères Carmes ont laissé la place aux Carmélites.
La grotte où vivait le Prophète Elie a été enchâssée dans le choeur de l'église du couvent.
C'est de là que le Prophète Elie (Dieu Seigneur, Du Dieu Fort), après avoir obtenu de Dieu par sa prière qu'il ne pleuve plus sur Israël(esprit contemplant Dieu) pendant 3 ans et demi, se mit en prière pour qu'il pleuve enfin.
C'est de ce lieu qu'il vit apparaître la première nuée, figurant la Très Sainte Vierge Marie, annonciatrice de la pluie de grâces qui allait découler de l'Incarnation (III Rois ch.18).
Un peu plus bas, sur un promontoire en forme d'esplanade à une centaine de mètres, se dresse le phare, élevé sur une maison bâtie par un pacha avec les restes de l'ancien couvent, détruit par les turcs en représailles du débarquement de Bonaparte en 1799, dont les P. avaient soigné les soldats blessés. Ce phare est à présent jalousement gardé par l'armée israélienne.
A mi-pente en descendant vers la mer, juste au-dessous du phare, est située la grotte de l'école des Prophètes, dite d'Elisée (Salut de Mon Dieu), où tant ce dernier que son maître Elie, donnaient des leçons à leurs disciples.
C'est elle que les juifs vénèrent actuellement comme grotte d'Elie. Ils y ont mis moultes inscriptions hébraïques et des livres talmudiques à la disposition des leurs qui viennent nombreux honorer celui qu'ils tiennent pour leur plus grand Prophète.
Une tradition rapporte que la Sainte Famille aurait séjourné quelques jours en cette grotte, à son retour d'Egypte, avant de regagner Nazareth.
Non loin de là, en remontant dans le vallon de Wadi'ain es-Siah qui se penche vers la mer, se trouvent la source et le jardin du Prophète Elie, autour desquels des ermites, premier berceau de l'Ordre des Carmes, vécurent dans des grottes.
C'est du reste tout au long de la route côtière entre Haïfa et Césarée maritime que l'on peut apercevoir sur une trentaine de kilomètres de multiples grottes, solitaires ou groupées en forme de laures monastiques, dans les flancs du Mont Carmel.
En contrebas de son plus haut sommet El Muhraqua ou lieu de l'incendie, situé vers la base de la chaîne à environ 30 km de Haïfa, se trouve comme un balcon s'ouvrant vers la plaine de Jesraël, qui est le lieu où le Prophète Elie confondit les 450 faux prophètes de Baal en obtenant le feu du ciel (III Rois ch.18).
Re: La Terre Sainte des pèlerins
4/ Saint Jean d'Acre :
Au nord, de l'autre côté de la grande courbe ou baie que dessine la mer sur les 18 km qui séparent les deux villes, le port de Saint Jean d'Acre, la Ptolemaïs dont il est souvent parlé dans le Ier Livre des Macchabées (cf.a. Act.21,7), fait face tant à Haïfa qu'au cap formé par le promontoire de la pointe du Carmel.
De ses remparts, au-delà de cette langue de mer, la vue en est splendide, et l'on y perçoit même comme un point blanc le monastère de Stella Maris.
C'est en ce port que débarquèrent tant les Croisés que les pèlerins, durant toute la période du Royaume Franc de Terre Sainte, notamment Saint Louis, Saint François d'Assise et Saint Ignace de Loyola.
C'est donc en ce lieu que débutaient les pèlerinages du Moyen-Age, sous l'égide de Notre Dame du Mont Carmel, où les pèlerins se rendaient d'abord, avant de poursuivre soit par Nazareth, avec crochet ou non vers le lac de Tibériade, puis traversée de la Samarie vers Jérusalem, soit par la route plus sûre et moins menacée de la côte vers Jaffa, puis par Latroun vers Jérusalem.
Re: La Terre Sainte des pèlerins
Le premier grand pèlerinage ayant renoué, en 1882, avec les antiques pèlerinages de pénitence et de dévotion, débarqua à Haïfa après 7 jours de navigation depuis le port de Marseille.
De Notre Dame de la Garde ces mille pèlerins passèrent aussitôt à Notre Dame du Mont Carmel.
Là, un bon nombre gagnèrent à cheval ou à dos de mulets ou d'ânes, Nazareth, certains purent faire une poussée rapide au Mont Thabor, quelques-uns jusqu'aux hauteurs surplombant Tibériade, avant de se rendre à Jérusalem par la Samarie.
Cependant, la plupart des pèlerins reprirent le bateau d'Haïfa à Jaffa, et de là allèrent directement à Jérusalem par Latroun.
De Notre Dame de la Garde ces mille pèlerins passèrent aussitôt à Notre Dame du Mont Carmel.
Là, un bon nombre gagnèrent à cheval ou à dos de mulets ou d'ânes, Nazareth, certains purent faire une poussée rapide au Mont Thabor, quelques-uns jusqu'aux hauteurs surplombant Tibériade, avant de se rendre à Jérusalem par la Samarie.
Cependant, la plupart des pèlerins reprirent le bateau d'Haïfa à Jaffa, et de là allèrent directement à Jérusalem par Latroun.
Re: La Terre Sainte des pèlerins
3) Pèlerinages contemporains aux Lieux Saints :
Actuellement, les 5h d'avion entre Paris et Tel-Aviv remplacent donc les 7 à 8 jours de traversée,
auxquels il fallait souvent ajouter préalablement 2 jours de diligence, train ou autre moyen de locomotion jusqu'à Marseille.
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