Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

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Abbé Zins
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Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

Une remarque récente de M. l'Abbé V. Ribeton, actuel "Supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pierre", qui sera citée plus bas, remet d'actualité le dossier suivant :

Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous :

M. l'abbé de Cacqueray vient d'écrire (20/2/2006) :
"Non seulement l’évêque brésilien ne souscrit plus au manifeste de Campos qui énumérait les raisons graves pour lesquelles la nouvelle messe est équivoque, favorise l’hérésie et ne peut plaire à Dieu, mais il réprouve publiquement l’attitude d’un de ses séminaristes qui s’était abstenu d’aller à la messe plutôt que de se rendre à la nouvelle. Hier, il désignait le Novus Ordo Missae sous le nom de « messe de Luther », il affirme aujourd’hui que cette messe est catholique."
Voyez pour le contexte la sublime Porte L., ou plus facilement le récent message d'EA le citant en entier.

L'antique fête de ce jour, de la Chaire de Saint Pierre à Antioche, est une bonne occasion pour poser cette simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous :

Un Pape légitime pourrait-il promulguer ou maintenir pour toute l'Eglise une « messe de Luther », qui soit "équivoque, favorise l’hérésie et ne puisse plaire à Dieu", "pas catholique", et la célébrer sans pécher gravement contre la Foi tandis que de simples séminaristes et fidèles pècheraient eux gravement en y assistant, ou auraient le devoir impérieux de se priver de Messe plutôt que d'assister à la Messe du Pape ?
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Abbé Zins
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Re: Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

Florent-Jean a écrit : Cher M. l'abbé, poser la question, c'est y répondre...

Ne pensez-vous qu'il y ait une tendance à l'illuminisme chez certains lefebvristes, si l'on en croit la revue qui n'est plus bonne qu'à être jetée dehors et foulée au pied par les passants, qu'on appel aussi Le Sel de la Terre ?

« 1.- Mgr Lefebvre, visiblement suscité par Dieu pour soutenir le petit troupeau fidèle, n'a jamais mis en doute la validité du nouveau rituel des sacres épiscopaux tel qu'il a été publié par Rome.
Or nous savons qu'il a été mis au courant des objections portées contre ce rituel, notamment le père Kröger.
Si Mgr lefebvre avait eu un doute sérieux et positif sur la validité des sacres, il n'aurait pas manqué de le dire, vu la gravité des conséquences. » In Le Sel de la Terre, n. 54, automne 2005.

N'est-ce pas ce qu'on appelle de l'illuminisme ?

La CRC ne fait pas mieux.
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Abbé Zins
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Re: Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

faf a écrit :
Florent-Jean a écrit :
« 1.- Mgr Lefebvre, visiblement suscité par Dieu pour soutenir le petit troupeau fidèle, n'a jamais mis en doute la validité du nouveau rituel des sacres épiscopaux tel qu'il a été publié par Rome.
Or nous savons qu'il a été mis au courant des objections portées contre ce rituel, notamment le père Kröger.
Si Mgr lefebvre avait eu un doute sérieux et positif sur la validité des sacres, il n'aurait pas manqué de le dire, vu la gravité des conséquences. » In Le Sel de la Terre, n. 54, automne 2005.
Il est vrai que tout ceci est gratiné...
Surtout lorsque l'on sait que Mgr Lefebvre a tout signé au Concile (Cf La biographie que lui consacre Mgr Tissier de Mallerais) et qu'il a célébré pendant un temps le NOM (cf une lettre du RP Guérard des Lauriers). Pour quelqu'un suscité par Dieu, cela fait beaucoup.

Cependant, ne pas croire que ces propos soient malfaisants envers Mgr Lefebvre pour qui j'ai beaucoup de respect. Sans lui, beaucoup d'entre nous ne serions peut-être que de vulgaires païens au jour d'aujourd'hui.

Néammoins, il faut savoir aussi s'incliner devant certains faits comme ceux relatés par Mgrs Tissier et Guérard.
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Abbé Zins
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Re: Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

faf a écrit :
Abbé Zins a écrit :
Un Pape légitime pourrait-il promulguer ou maintenir pour toute l'Eglise une « messe de Luther », qui soit "équivoque, favorise l’hérésie et ne puisse plaire à Dieu", "pas catholique", et la célébrer sans pécher gravement contre la Foi tandis que de simples séminaristes et fidèles pècheraient eux gravement en y assistant, ou auraient le devoir impérieux de se priver de Messe plutôt que d'assister à la Messe du Pape ?
Autre contradiction au sein de la FSSPX :

Les sédévacantistes, par essence ne reconnaissant pas les papes conciliaires comme étant les véritables successeurs de Saint Pierre, sont donc schismatiques aux yeux de la FSSPX.

Par conséquent, pourquoi les prêtres de la FSSPX distribuent-ils les sacrements à des personnes ouvertement sédévacantistes ? (Je pense au sacrement de pénitence par exemple).

Si le sédévacantisme n'est qu'une opinion personnelle (comme le disent les prêtres de la FSSPX), pourquoi faut-il alors signer un document reconnaissant B16 à Ecône ?
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Abbé Zins
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Re: Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

Il a été publié sur le FC d'XA :
Suresnes répond à l'abbé Ribeton par michelRBL (2006-11-18 09:45:51)
[michelRBL : Michèle Reboul ? ]
Il est intéressant de connaître cette prise de position officieuse de Suresnes, très vraisemblablement de la plume de l'abbé Célier, vis-à-vis de la nouvelle direction de la FSSP, publiée par Honneur.org (nec nominetur in nobis !).

Implicitement, la position de Suresnes semble, pour faire bref, celle de l'IBP : le NOM, tout en étant valide, est menaçant pour la foi des fidèles.

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Nous avons une estime certaine envers l'abbé Vincent Ribeton :
doit-on pour autant occulter un fait "détonnant" qui rendrait dirimant l'existence même de la FSSP ?

Nombreux sont ceux qui ont accueilli avec joie l'élection du nouveau Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pierre. Nous n'avons pas caché ici notre satisfaction en espérant que la majorité des prêtres de cette société refuserait clairement le biritualisme et de ce fait prendrait ouvertement position contre les scandaleux abus de cette nouvelle liturgie néo-protestante !
Le communiqué publié à l'issue de l'élection de l'abbé Berg, nouveau Supérieur Général, donnait l'impression de "revenir aux sources de la fondation" de la FSSP à savoir "la faculté de célébrer le sacrifice de la Messe, d’administrer les sacrements et les autres rites sacrés, et de s’acquitter de l’Office Divin selon les éditions typiques des livres liturgiques en vigueur en l’année 1962, c’est à dire le Missel, le Rituel, le Pontifical et le Bréviaire Romain."(Extrait des Constitutions de la FSSP et [1]).
Autre élément qui nous a réjoui, ce fut la nomination de l'abbé Vincent Ribeton comme Supérieur du District de France. Non seulement ce jeune abbé a toujours affirmé son attachement exclusif au rit dit de saint Pie V mais en plus il a toujours essayé, publiquement, d'avoir des contacts courtois avec ses confrères de la Fraternité Saint-Pie X.[2]
Puis il y eut l'afffaire de Lyon où l'abbé vint affronter le cardinal Barbarin duquel il fit le siège pendant dix jours. Le résultat fut mince[3] car il semble que l'abbé Ribeton n'ait pas voulu donner toutes les "garanties" que lui demandait le primat des Gaules quant à la docilité des prêtres non biritualistes de la FSSP...
Tout ceci fleurait bon la résistance à l'oppression néo-conciliaire quand, fort malheureusement et à notre grande peine, l'abbé Ribeton fut poussé à dévoiler sur un forum sa pensée profonde sur la messe. Une question très pertinente et très documentée fut posée par "Reginald"[4] en ces termes :
"1. si vous jugez impossible en toute circonstance, pour un prêtre, la célébration de la messe selon les livres de 1969, ce ne peut être que parce qu’une telle célébration comporte une déficience objective, quoi qu’il en soit des intentions subjectives du célébrant. Parfois, on entend dire que les prêtres de la F.S.S.P. revendiquent simplement le droit à une sorte de « témoignage » contre les abus liturgiques ; mais vous conviendrez avec moi qu’une telle justification est bien imprécise, et surtout insuffisante, surtout lorsqu’il s’agit du culte que l’Église rend à son Époux.
Pouvez-vous, par conséquent, dire clairement si une célébration selon le N.O.M., conforme en tous points aux rubriques, et même, si cela peut clarifier le débat, en langue latine et versus Deum, constitue oui ou non un désordre moral objectif, et, dans l’affirmative, quelles vertus sont alors blessées ? S’agit-il de la vertu théologale de foi, de la religion, de la prudence, d’autres vertus encore ? Et de quelle manière théologiquement précise se réalise le manquement aux vertus concernées ? Pensez-vous que la messe célébrée quotidiennement par le Saint Père est affectée, oui ou non, de ce désordre ou manquement objectif ? Et si vous pensez, en revanche, que la célébration du N.O.M. ne constitue, de soi, aucune faute matérielle, comment justifiez-vous alors votre choix de ne jamais utiliser ce rite ?
2. Du côté du rite lui-même, en quoi consiste précisément et formellement le defectus qui, à vos yeux, en exclut la célébration ou concélébration ? Cette déficience est-elle d’ordre strictement dogmatique, ou théologique, ou simplement culturelle ? Si elle est dogmatique, comment est-elle conciliable avec l’indéfectibilité de l’Église ? Si elle est théologique, à quel degré et de quelle manière vicie-t-elle la célébration ? Et si elle est seulement culturelle, pourquoi implique-t-elle la nécessité de ne jamais utiliser ce rite ? "


C'était l'occasion ou jamais pour le Supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pierre de marquer son réel attachement aux raisons les plus profondes de la fondation de sa Société, à savoir la défense du Saint Sacrifice de la messe explicitée par les fondateurs le 2 juillet 1988 qui "expriment l’espoir de pouvoir être à nouveau érigés canoniquement par les autorités ecclésiales compétentes pour la réalisation de leur vocation spécifique, pour pouvoir se consacrer au soin des fidèles et spécialement à la formation des prêtres dans un esprit authentiquement catholique, et en cela, en conformité avec la tradition vénérable de l’Eglise catholique, de pouvoir célébrer la culte divin selon les directives d’une tradition indubitable."

Ce fut une occasion manquée et lourde de conséquence si elle était maintenue en l'état, car voici l'incroyable réponse de l'abbé Vincent Ribeton :

"Evidemment, je reconnais la validité du Novus ordo missae. Pendant les dix-huit premières années de ma vie, je n’ai d’ailleurs pas connu d’autre rite, et je ne veux pas faire table rase du Catholicisme de mon enfance, car il m’a beaucoup apporté. Je me souviens notamment de curés basques de mon diocèse d’origine dont la foi était chevillée au corps, qui étaient d’une incontestable ferveur et générosité pastorale, et qui faisaient mon admiration. Je ne crois pas que, sans eux, je serais prêtre aujourd’hui. J’ai des amis prêtres diocésains qui m’édifient par leurs vertus et qui, certainement, célèbrent, avec le nouvel ordo, une messe riche en grâces pour leurs fidèles comme pour leur propre sanctification. Il faut beaucoup d’orgueil et d’ignorance de la réalité vécue par tant de catholiques fidèles de par le monde, pour affirmer que seule pourrait plaire à Dieu, une messe célébrée selon les rubriques antérieures à 1969.
Je ne crois pas que célébrer la messe selon le nouvel ordo, évidemment dans l’observance des rubriques, puisse en soi constituer un désordre moral objectif. Dire le contraire reviendrait à affirmer que l’Eglise aurait promulgué un rite intrinsèquement mauvais, ce qui paraît impossible à soutenir sans tomber dans le sédévacantisme.
Je ne suis pas convaincu que le nouveau rite exprime très adéquatement chacune des réalités qui s’actualisent à l’autel, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il soit hétérodoxe. De fait, les conditions de validité et d’orthodoxie d’un rite sont minimales, et l’Eglise a toujours assumé des rites d’une plus ou moins grande richesse, voire, pardonnez-moi l’expression, d’une certaine pauvreté.
Dire cela, ce n’est évidemment pas éliminer la lex orandi, lex credendi ni bien sûr rejeter tout débat autour du nouveau rite, ni refuser de relever certaines faiblesses ou ambiguïtés . D’ailleurs, il me semble que certains évêques de France sont prêts à un débat constructif et loyal autour de certains points qui, pour nous, font difficulté dans la réforme liturgique de 1969 et dans son application. Compte tenu de l’histoire propre de la Fraternité St-Pierre, de la position connue de ses fondateurs sur la réforme liturgique, de leur acceptation en juillet 1988 des conditions du protocole d’accord du 5 mai 1988 -notamment de la faculté qu’il reconnaissait de participer à une critique constructive-, compte tenu également de la volonté du Pape Jean-Paul II, qui, pour favoriser l’unité de l’Eglise, n’a pas voulu obliger les prêtres de la Fraternité St-Pierre à adopter à l’époque -même occasionnellement- une réforme liturgique dont ils soulignaient les limites, compte tenu également du rôle de pont que doit jouer la Fraternité St-Pierre vis-à-vis des prêtres et fidèles de la Fraternité St-Pie X, il me semble que les prêtres de la Fraternité St-Pierre sont fondés à préférer ne célébrer que le rite tridentin, et à considérer que cette attitude, loin de rompre la communion ecclésiale, est opportune et prudente pour servir la cause de l’unité des catholiques « traditionalistes » autour du Pape, et pour stimuler un débat constructif autour de la liturgie.
Ceci étant dit, c’est à chaque prêtre de se déterminer de façon prudente, car les constitutions de la Fraternité St-Pierre prévoient une observance fidèle des livres liturgiques de 1962, et non pas exclusive.


Textuellement un Supérieur Majeur de la Fraternité Saint-Pierre déclare "je ne crois pas que célébrer la messe selon le nouvel ordo, évidemment dans l’observance des rubriques, puisse en soi constituer un désordre moral objectif" !
Soit monsieur l'abbé Ribeton ne s'est pas rendu compte de la portée de ses mots qui mettent à bas la raison d'être de sa Société, soit il y a un réel problème de formation chez les clercs de la FSSP, soit c'est vraiment la "doctrine" en cours chez eux et alors ce serait terrible et la preuve irréfragable qui rend dirimante l'existence même de la Fraternité Saint-Pierre.
Espérons qu'après la lecture de notre message les mises au point à venir nous démentiront ! Nous le souhaitons vraiment pour tous ceux qui, à la Fraternité Saint-Pierre comme ailleurs chez les ecclésiadéistes sincères, sont, comme nous, persuadés que le nouvel ordo constitue de façon intrinsèque un désordre moral objectif...C'est le moins que l'on puisse en dire.

Honorius
L'Abbé Ribeton, en sa remarque soulignée par moi en gras, est plus proche de la doctrine catholique que les FSSPX et cie..

La FSSPX préfère tenir la proposition janséniste condamnée par le Pape Pie VI prétendant que l'Eglise pourrait promulguer universellement un rite dangereux pour la Foi et les Moeurs, et "donner" ainsi du pain empoisonné à ses enfants, contrairement à la Parabole de Notre divin Maître dans l'Evangile.

Tout cela, pour fuir les conséquences de la triste réalité présente et ne pas avoir à conclure ce qui en découle et s'impose au regard de la doctrine catholique.

Que Notre Dame obtienne leur conversion !
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Abbé Zins
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Re: Simple question à M. l'abbé de Cacqueray et à tous

Message par Abbé Zins »

A ce sujet, il a été publié sur honneur.org :
Ce témoignage est la retranscription faite par le R.P. André (A.N.P.) des propos tenus par l'abbé Montgomery[2] à Rome le 30 juin 1982 au cardinal ODDI, alors Préfet de la Congrégation du Clergé :


3 -- "Eminence, je suis un ancien prêtre anglican[...]. Je devais même marier la fille de mon curé[...] .Mais un jour, un aumônier catholique est venu célébrer la messe avec ses scouts dans la crypte de notre église anglicane[...].

J'y assistais dans le fond[...]. Mais au fur et à mesure que se déroulait la cérémonie, ce fut pour mon âme comme une ascension du Christ qui monte au Calvaire, avec la Consécration. Je me suis mis à genoux, touché par la grâce[...].

Une chose devenait évidente pour moi : cette messe catholique est la vraie messe[...]. J'ai alors mieux étudié l'histoire de l'Eglise, et je me suis décidé à devenir un prêtre catholique. Je suis allé à Londres voir les Jésuites[...].

J'ai eu un choc quand ils m'ont dit : "Vous n'êtes pas prêtre." J'ai alors complété mes études théologiques en France, après abjuration. Puis ordonné vrai prêtre, je suis actuellement curé au Chamblac, au diocèse de Caen.


Eminence, sachez-le, jamais je ne célébrerai ce N.O.M. Jamais !

Car c'est à peu près cette messe-là que je célébrais quand j'étais anglican." (Prêtre - Europe)
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