2. Le sens de notre effort.
« Faire effort sans compter sur soi ; unir la volonté à
l'abandon ; faire de la volonté elle-même non un instrument
d'affirmation de soi, mais une barrière qui protège le
silence intérieur de l'âme et sa défaillance continuelle en
Dieu. » (G. Thibon) Faire effort parce que Dieu qui nous
a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous (saint
Augustin) ; parce qu'il veut nous faire l'honneur de coopérer à sa grâce.
Faire effort sans compter sur soi parce que la grâce de coopérer
est souverainement gratuite ; parce que nous restons toujours défectibles ;
parce que nous ne pouvons mériter de persévérer : la persévérance est objet
de demande, non de mérite, comme le montre bien saint
Thomas, fin de la Ia-IIae, de Merito.
Unir la volonté à l'abandon. C'est Jésus seul par sa sainte
humanité, instrument conjoint de la divinité, qui fait
réussir nos efforts. Nous en remettre à lui de l'heure et de
la qualité du succès. Cette patience, cette remise totale
demandent un grand esprit de pauvreté et sont un des
effets de la vertu d'espérance.
Faire de la volonté elle-même non un instrument
d'affirmation de soi mais une barrière qui protège le silence
intérieur de l'âme et sa défaillance continuelle en Dieu. —
Autrement dit la faculté qui est employée si souvent soit
à nous affirmer, soit à consentir au découragement (ce qui
est un autre moyen de revenir sur nous-même ) cette faculté,
la mettre en œuvre pour empêcher les retours sur nous et
les bruits, discours et agitations qui ne sont pas selon Dieu,
qui empêchent cette détente en Dieu, à la fois douce, ferme
et pure. — C'est là un des effets de la prudence infuse et du
don de conseil : nous gouverner, nous commander et diriger
de façon à favoriser l'action du Saint-Esprit.
À SUIVRE...

