A LA SAINTETÉ DE L'IMMACULÉE VIERGE MÈRE DE DIEU.
Admirable Mère de Dieu, toujours Vierge, et toute immaculée en votre sainte conception,
vous êtes choisie comme le soleil, parce que vous surpassez en sainteté tous les saints,
comme le soleil en lumière tout le reste des astres. Votre sainteté entre les plus pures créatures
est incomparable, parce que si les anges et les hommes sont saints par la participation
de la sainteté de Dieu, ensuite de l'union singulière qu'ils ont eue avec lui ; comme aucune
créature ne lui a été unie si intimement que vous, aussi aucune ne vous est semblable en
sainteté; car qui des anges et des hommes peut dire à un Dieu : Vous êtes mon Fils
(Psal. II, 7), comme vous le dites en vérité. Vous êtes la cité du saint, comme parle un Prophète,
où le Seigneur a désiré d'habiter, et d'y habiter éternellement. (Psal.c.xxxi,i3.) Vous êtes son
sanctuaire qu'il a bâti comme une haute forteresse sur la terre, comme parle le Psalmiste
(Psal. LX, 4), qu'il a fondée pour durer éternellement. Vous êtes le ciel nouveau, et la terre
nouvelle de l'Ecriture (Isa. LXV, 17), dans lesquels la justice habitera, parce que le péché
en sera banni, et que toutes les vertus y demeureront. Ciel nouveau incomparablement
plus beau, plus lumineux, plus glorieux que les autres cieux, qui n'étant pas nets en la
présence de Dieu, comme nous le dit la divine parole, vous êtes toute belle à ses yeux, et
ii ne trouve aucune tache en vous. (Cant. IV, 7.) Ciel nouveau, plus élevé au-dessus des
saints que les cieux au-dessus de la terre, qui annonce la gloire de Dieu à tous les hommes,
et qui répand sa divine lumière et les flammes de son amour de toutes parts. Vous
êtes cette terre nouvelle, que le Seigneur a bénie, dans laquelle la miséricorde et la vérité
se sont rencontrées, et la justice et la paix. (Psal. LXXXIV, 11.) De laquelle la vérité est née,
et le salut d'Israël est sorti, lorsque le Seigneur a fait cesser la captivité de son peuple; dans
laquelle la gloire habite, dans laquelle la plaie du péché originel n'a jamais approché, ni
le mal d'aucun péché actuel, parce que le Seigneur vous a environnée comme d'un bouclier,
qu'il vous a couverte de ses épaules : ainsi vous avez toujours été juste dans toutes
vos voies, et sainte dans toutes vos actions ; ce qui a mis Jacob dans la joie, et Israël dans
l'allégresse.
O sainte cité de Dieu ! que de choses glorieuses l'on dit de vous ! C'est pour cela que mon
coeur se réjouit, et que ma langue chante de joie, prenant plus de part à tout ce qui vous
regarde, ô ma très-débonnaire Dame ! qu'à tout ce qui me touche, à mes propres intérêts.
O Vierge singulière en sainteté entre les pures créatures, qui n'avez point éprouvé la
corruption, qui n'avez jamais eu de part au monde, j'apporte à vos pieds sacrés ce petit ouvrage
qui en fait voir le malheur, aussi bien que tous les autres qu'il a plu à la divine
Providence nous faire donner au public, ne voulant rien avoir qui ne vous soit dédié, et
entièrement consacré en l'honneur de Dieu seul, qui a fait en vous des choses si grandes.
O ma très-douce, très-miséricordieuse et très-fidèle Mère, donnez-y, s'il vous plaît, votre
sainte bénédiction, afin que le monde aveuglé par ses infidélités ouvre les yeux et
connaisse son propre malheur, qu'il se convertisse, et marche dans la voie de la vérité.
Bénissez aussi votre pauvre et indigne serviteur, délivrez-le de la contagion du siècle.
Ah ! faites, et je vous le demande par le coeur de votre Fils bien-aimé, et par votre charitable
coeur, que je ne sois point de ce monde, que je ne sois plus à moi-même, que je sois
uniquement a Dieu seul, que Jésus soit toutes choses en tout ce que je suis, pour la gloire
de la suradorable Trinité. Ainsi soit-il.
À SUIVRE...