Dimanche de Quasimodo
Publié : dim. 08 avr. 2018 22:13
Méditation sur l’Évangile du dimanche de Quasimodo.
Évangile (Jean. XX, 19-31)
En ce temps-là, le soir de ce même jour, qui était le premier de la semaine, comme les portes du lieu où les disciples étaient assemblés étaient fermées, par crainte des Juifs, Jésus vint, et se tint au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! Et après avoir dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent donc, en voyant le Seigneur. Et il leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Ayant dit ces mots, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez l’Esprit-Saint. Les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez. Or Thomas, l’un des douze, appelé Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains le trou des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples étaient enfermés de nouveau, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées ; et il se tint au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Ensuite il dit à Thomas : Introduis ton doigt ici, et vois mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais fidèle. Thomas répondit, et lui dit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! Jésus fit encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont point écrits dans ce livre. Ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, le croyant, vous ayez la vie en son nom.
(à suivre)Chanoine Reck, Le Missel médité, 1912 a écrit :
Le récit évangélique, nous propose toute une série de points de méditation. Tout d'abord il attire notre attention sur le fait de l'apparition de Jésus ressuscité – venit Jesus et stetit in medio. Puis il permet à notre égard de pénétrer dans le Cœur du divin Sauveur.
1. La résurrection du Seigneur est un fait constaté.
Il apparaît miraculeusement au milieu des disciples : Les portes étant closes, Jésus vint, se tint debout au milieu et leur dit : Pax vobis.
Il apparaît dans la réalité corporelle et écarte toute idée de doute à cet égard. Il leur montre ses mains et son côté :
Il se conduit à leur égard comme Homme-Dieu, comme Fils de Dieu. Recevez le Saint-Esprit : Ceux à qui vous remettrez les péchés etc. Ceci se passe le soir de la Résurrection. A huit jours de là l'apparition se renouvelle exactement dans les mêmes conditions : il s'agit de réconforter, de guérir les cœurs, si lourdement abattus par les événements du vendredi saint, de remettre, pour ainsi dire, Thomas dans son sens. Son incrédulité ne vient pas d'un mauvais sentiment ; elle n'avait point la signification d'une rupture avec le Seigneur, ce n'était pas l'incrédulité du cœur : il restait encore attaché au Seigneur de toute la force de cet amour avec lequel il s'était expressément déclaré prêt à mourir pour le Maître ! Eamus et nos, et moriamur cum eo (Joan ? XI, 16). Mais c'était l'intelligence qui ne pouvait saisir ni comprendre ce qui était arrivé, si bien que la nouvelle que lui donnent les disciples, « nous avons vu le Seigneur », ne peut entrer dans sa pensée. Il voulait des preuves tout exprès pour lui Thomas ; il voulait voir, entendre, palper — alors il croirait, sans cela, non. C'est excessif, et cela donne à son incrédulité un caractère d'injustice ; mais au point de vue psychologique, elle a son explication et son excuse. Il me semble aussi que notre foi à tous est exposée à un danger du même genre, qu'il est des moments où l'intelligence se heurte à des difficultés où elle ne comprend rien, où elle est comme fermée, inaccessible, insensible à toute consolation lui venant d'ailleurs, même à celle de la foi, moments où le cœur aime encore, mais avec des blessures saignantes. C'est alors qu'il ne faut pas permettre au doute de la tête de se transformer en sentiment du cœur, qu'il faut tenir bon et s'armer d'énergie tenace : certainement le Seigneur viendra et prononcera son « Pax vobis », comme il le dit à saint Thomas. C'est là qu'il est donné à notre regard de pénétrer dans le cœur du divin Sauveur.