Les Dames Romaines à l'école de saint Jérôme.
Publié : jeu. 22 mars 2018 20:07
L'apostolat de la,femme catholique depuis l'origine du Christianisme jusqu'à nos jours, R.P. Ventura de Raulica, Paris, 1862 a écrit :
Saint Jérôme avait un goût inné pour les Livres saints ; mais ce goût ne se développa en lui, ne grandit en lui au point d'en faire le plus grand interprète du Code sacré, que sous l'influence de l'esprit chrétien et de la piété des femmes. Il nous a dit lui-même que ce fut sainte Paule et sa fille sainte Eustoche, qui, l'ayant engagé à parcourir avec elles les deux Testaments, et exigeant de lui qu'il leur en fit connaître le sens spirituel, le mirent dans la nécessite d'approfondir toujours davantage ce sens important, et de s'enrichir toujours davantage de cette science de l'Écriture dont il a ensuite enrichi l'Église.
Ce furent aussi les saintes femmes de son école, dont il sera question plus loin, qui le mirent en demeure de traduire, de l'original hébreu, l'Ancien Testament. On n'a qu'à parcourir les préfaces de ses savants commentaires sur les différents livres de la Bible, adressés presque tous à des femmes, pour se convaincre qu'il ne s'est livré à ces grands travaux qu'à leurs prières et à leur instigation.
C'est donc sans doute Dieu qui, ainsi que l'Église se plaît à le reconnaître, a fait de saint Jérôme le plus grand docteur de l'Église par rapport à la science des Livres saints ; mais ce fut par le concours et les saintes inspirations des femmes.
Quant aux chefs-d'œuvre de ses lettres, auxquelles on ne trouve rien de semblable dans aucune langue, et qui ont fait et feront toujours l'admiration des vrais théologiens, des vrais poètes et des vrais littérateurs, il n'y a pas de doute qu'ils doivent particulièrement à l'influence de la femme catholique cette onction pieuse, ces pensées délicates, ces mouvements affectueux, cet ascétisme ravissant qui en sont le principal prix, le charme et les délices. « La chaste société des femmes, dit M. Capefigue, lui avait donné une exaltation intime, enthousiaste pour tout ce qui était pur et noble chez elles. C'est avec cette préoccupation ardente qu'il défendit la virginité de Marie (contra Helvidium).
L'antiquité n'offre pas de modèle, supérieur aux lettres de saint Jérôme, adressées à la noble et pieuse sainte Paule … Saint Jérôme est ravissant, parce qu'il parle aux sentiments les plus vrais et les plus doux, à cette société de vierges et de saintes matrones qui l'entraînaient, et qui étaient si vivement attachées à sa personne, comme à la colonne de l’Église. Saint Jérôme, l'ami et le protecteur des souffreteux, est l'écrivain des femmes, leur conseiller si doux, qu'aucune âme ne refuse de venir à la sienne ; il les console dans leurs vives afflictions.» (Les premiers quatre siècles de l’Église, vol. III, p. 508.)