Canita tuba ... !
Publié : dim. 18 déc. 2016 19:47
Canite tuba in Sion quia prope est Domini : ecce veniet salvandum nos, alleluia, alleluia !

P. Louis-François d'Argentan (1615-1680), Capucin. Tome I. Conférences théologiques et spirituelles sur les grandeurs de Jésus-Christ.Conférence VIII. Partie I. a écrit : Sur l'entrée de Jésus-Christ au monde, qui paraît abjecte, mais qui fait éclater hautement sa divinité.
Les premières voix qui annoncent la gloire d'un monarque, quand il fait une entrée triomphante, sont les trompettes, les hérauts, les enseignes, les hiéroglyfiques où sont dépeintes ses plus belles actions ; et c'est ce qu'il fait toujours marcher devant lui.
Mais a-t-on jamais vu quelqu'un dont les trompettes et les hérauts aient rempli la terre de sa renommée plusieurs centaines d'années avant qu'il fit son entrée dans une ville ? Trouvera-t-on quelqu'un qui ait été promis et préconisé plus de cinq mille ans avant sa venue ? Parle-t-on de quelque autre monarque dont l'estime ait été si grande, qu'on l'ait attendu et demandé avec des soupirs et des larmes, comme le bonheur général du genre humain, depuis la création du monde ? C'est ce qui n'est jamais tombé dans la pensée des hommes.
Il n'appartient qu'à Jésus-Christ d'avoir préparé son entrée au monde par autant de trompettes du ciel qu'il y a eu de prophètes dans l'ancien Testament, qui l'ont annoncé et promis aux hommes ; et par autant de hérauts qu'il y a de patriarches qui l'ont préconisé comme le désiré de toutes les nations du monde ; et par autant d'étendards hiéroglyphiques, qu'il y a eu de figures qui l'ont représenté comme le bonheur général de tout l'univers. Cette gloire éclatante qui n'appartient qu'au seul Jésus-Christ, lui a préparé son entrée avec une magnificence qui passe infiniment tout ce qu'on a jamais vu dans les plus grands monarques qui ont régné durant tous les siècles.
Dès la création du monde, Adam qui avait ruiné tout le genre humain par sa chute, fut le premier qui reçut la promesse d'un Sauveur qui devait naître d'une femme. Dans la suite des siècles il y a toujours eu des saints qui ont attendu avec impatience l'effet de cette aimable promesse, comme Abel, Enoch, Noé et tant d'autres. Cette magnifique promesse fut confirmée et renouvelée à Abraham, Isaac et Jacob ses enfants; ce dernier meurt en disant : Expectabo salutare tuum Domine (Genes. 49, v. 18). J'attendrai, ô mon Dieu, le Sauveur que vous nous avez promis.
à suivre