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Fête du Très Saint Sacrement
Publié : jeu. 26 mai 2016 14:05
par Laetitia
- Ô Roi de Gloire ! Ô Soleil de Justice ! Ô Emmanuel ! Dieu avec nous ! Vous qui avez passé sur la terre en faisant du bien, triomphez aujourd'hui parmi les peuples que vous avez conquis. Que n'avons-nous des couronnes à jeter sur votre passage ! Que n'avons-nous des voix harmonieuses comme celles des habitants de la céleste Jérusalem, pour chanter avec eux : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées ! Hosanna au plus haut des Cieux ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au Fils de David ! Hosanna au Fils de Marie, à Jésus, le Roi de gloire et d'amour !
Esprit divin, Esprit de puissance et de charité, élevez en moi cette Jérusalem dont Vous avez autrefois donné la vision au disciple de l'amour. Que Jésus soit le temps de cette cité, dont Dieu même est le fondateur et l'architecte ; que Jésus soit Lui-même l'autel de ce temple saint ; que Jésus soit aussi la Victime perpétuellement immolée sur cet autel à la gloire du Seigneur : alors, du fond de mon âme, comme du fond du tabernacle, s'élèvera sans cesse une louange parfaite, infinie, souverainement glorieuse à l'adorable Trinité.
Ainsi soit-il.
Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : jeu. 26 mai 2016 15:35
par Laetitia
Entretiens pour l'Octave du Très Saint Sacrement, ou pour les autres jours destinés à le visiter.
PREMIER JOUR.
Acte de foi et d'adoration. - Je vous adore, ô Jésus, et je crois fermement que vous êtes le Fils éternel du Très-Haut, qui êtes venu dans le monde pour nous sauver, et qui sans cesse demeure avec nous dans la divine Eucharistie, pour nourrir et sanctifier nos âmes.
Admiration.
- Mais comment, ô mon Dieu, daignez-Vous Vous abaisser jusqu'à votre créature qui mérite si peu vos regards ? Que ferai-je, que dirai-je pour vous témoigner ma vive reconnaissance ? Eh ! Que puis-je vous offrir de plus agréable que ce cœur même que vous aimez si ardemment, et qui vous a aimé si peu jusqu'ici !
Supplication.
- Ô Jésus ! purifiez-le ce cœur par votre grâce , échauffez-le par votre amour , sanctifiez-le par votre esprit, transformez-le en vous, ce possédez-le tout entier dans le temps et dans l'éternité.
Anéantissement.
- Ô Verbe éternel ! qui daignez en quelque sorte vous anéantir pour mon amour, je reconnais devant votre Majesté suprême que je ne suis que misère, faiblesse, ignorance, et que je tends sans cesse au mal. si vous ne me soutenez par votre sagesse, par votre puissance et par votre miséricorde infinie.
Résolution.
- Agréez, ô mon Dieu ! les désirs et les gémissements de mon cœur, et confirmez vous-même la résolution sincère où il est d'être parfaitement à vous. Je vous en renouvelle l'assurance, en présence des Anges qui vous environnent, et je les conjure par l'intérêt qu'ils prennent à votre gloire et à mon salut , de suppléer a mes sentiments et à mes hommages.
Considération.
- C'est une chose infiniment digne d'admiration, qu'un Dieu qui se suffit à Lui-même ne cesse cependant de rechercher la créature et de lui demander son amour comme s'il ne pouvait s'en passer. Mon fils, donne-moi ton cœur, dit-il à chacun de nous.
Toute la vie spirituelle n'est autre chose q'un commerce de Dieu avec nos âmes, et de nos âmes avec Dieu ; de Dieu qui nous demande nos cœurs, et de nos cœurs qui se donnent à Dieu. Dieu nous dit sans cesse : Préparez-moi ce cœur, et disposez-vous à faire ma Volonté et à mériter mes dons. Et notre réponse doit être : Mon cœur est prêt, ô mon Dieu, mon cœur est prêt à accomplir ce qui Vous sera agréable. Seigneur, que voulez-Vous que je fasse ?
Mais pourquoi ce Dieu si grand fait-Il tant d'instances pour nous attirer à Lui ? Son bonheur dépend-il donc de la correspondance de la créature aux attraits de Sa grâce ? Heureux de toute éternité, Il possède en Lui-même tous les biens ; qui pourrait porter atteinte à sa félicité ? Cependant Il demande, Il exige tout notre cœur. Ah ! C'est uniquement pour nous qu'Il l'attend : Lui seul peut combler ses désirs... mais Il en veut l'hommage libre et volontaire : serions-nous assez insensés pour le Lui refuser ?
Réflexion et affections. - D'où vient donc, ô mon Dieu, que Vous me recherchez, comme si votre bonheur dépendait du mien ? Et d’où vient que je vous fuis, comme si je pouvais être heureux(se) sans Vous ? Vous voulez m’enrichir de l'abondance de vos biens, et remplir de votre plénitude le vide de mon cœur. Quand répondrai-je enfin à vos avances généreuses ? Quand Vous donnerai-je une juste préférence, quand Vous aimerai-je comme mon bien suprême , ô Vous qui êtes le Dieu de mon cœur et mon partage pour l'éternité !
Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : jeu. 26 mai 2016 15:43
par Laetitia
PREMIER JOUR.(suite)
Colloque au Fils de Dieu.- Ô Jésus ! que votre amour a de charmes pour attirer les cœurs, et que de prodiges il sait opérer en ceux qui répondent à ses invitations !
Combien d'esprits hautains, violents, cruels, se sont adoucis par l'exemple de votre patience et de votre douceur inaltérable !
Combien de riches et d’heureux du siècle se sont privés de leurs biens pour imiter votre pauvreté volontaire ! Combien d'âmes sensuelles et voluptueuses ont été gagnées par vos chastes attraits !
Mais si vos leçons et vos exemples ont tant de force sur les pécheurs, quel pouvoir n'ont-ils pas sur les âmes pures et innocentes ?
Eh ! Faut-il s'étonner que tant de vrais Sages se vouent par état au mépris généreux des vanités du monde, en Vous voyant réduit au dénûment le plus absolu ? que tant de Vierges innocentes foulent aux pieds toutes les délices de la terre, en Vous contemplant déchiré de coups et couronne d'épines ? que tant de Martyrs s'exposent à la cruauté des tyrans et aux rigueurs des derniers supplices, en Vous voyant monter au Calvaire et expirer sur une croix ?
Mais ce qui doit me confondre, c'est que votre amour ayant sur mon cœur les mêmes droits n'y trouve jamais la même correspondance ; que votre parole si efficace et si féconde y soit stérile et sans effet ; que cent fois Vous frappiez cette pierre dure et insensible, et qu'il n'en sorte pas une étincelle. Eh quoi ! Sauveur aimable, N'êtes-Vous pas le Dieu de mon cœur aussi bien que celui de tant d'autres ?
Ah ! brisez-le enfin, ce cœur endurci, et faites-en fondre la glace au feu de votre charité. Quelque lâche, quelque insensible qu’il soit pour Vous, ô mon Dieu ! il Vous appartient cependant, et Vous en êtes le maître ; il est à Vous comme votre ouvrage, il est à Vous comme votre conquête, il est encore à Vous par un choix libre et volontaire; déjà bien des fois je Vous l'ai donné, je Vous l'ai voué, ce cœur si souvent infidèle; mais je Vous le consacre aujourd’hui par l'abandon sans réserve de ma propre liberté, et par le don entier de moi-même, que rien ne pourra désormais me faire révoquer.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
Loué soit à jamais Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l'autel ! (ind.)
Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : ven. 27 mai 2016 9:07
par Laetitia
SECOND JOUR.
Jésus est notre Père et notre Frère.
Acte de Foi. - Je crois, ô Jésus ! que vous êtes le Père des pauvres , c'est-à-dire de ceux qui sentent leur indigence spirituelle. Vous avez promis d’enrichir de vos dons précieux les âmes qui s'empresseraient de puiser dans le trésor de vos mérites et de vos grâces. Je viens à Vous, ô Jésus ! souvenez-Vous de votre promesse, et donnez-moi tout ce qui me manque, tout ce que je désire et tout ce que j'espère.
Supplication. - Ô Père des miséricordes ! qui ne dédaignez pas l'humble prière de votre enfant, rejetterez-Vous celle que Vous lui avez enseignée Vous-même ? En est-il de plus conforme à votre gloire et à ses besoins ? Mon Dieu ! mon tendre Père ! que votre nom soit sanctifié par votre serviteur (servante) et par toutes vos créatures; que le règne de votre grâce en ce monde, que celui de votre gloire en l'autre arrive enfin pour notre bonheur; que votre Volonté soit accomplie par nous , en tout temps et en tous lieux; accordez-nous souvent le Pain par excellence, le Pain vivant, la nourriture de nos âmes, et rendez-nous-en saintement affamés, ô Vous, qui seul portez la tendresse jusqu'à rassasier vos enfants de votre propre substance !
Considération. - Dans l'Incarnation, le Verbe divin est devenu notre frère par l'union intime qu'il a contracté avec la nature humaine ; dans la communion, nous devenons aussi les frères de Jésus-Christ, par la grâce du Sacrement, qui nous rend en quelque sorte participants de la nature divine.
Oui, Seigneur, votre Sacrement adorable est l'héritage qui nous est échu par le Testament que Vous avez fait en notre faveur, la veille de votre mort, pour nous laisser à jamais votre auguste Présence.
Cet héritage n'appartient proprement qu'aux enfants, et de là vient qu'en demandant à Dieu ce pain céleste, nous l'appelons notre Père. Si nous sommes nourris du même pain, et appelés à la même table, ne devons-nous pas nous regarder et nous traiter mutuellement comme frères ? Ah ! Loin de nous tout ce qui pourrait altérer l'union, la paix, la charité fraternelle ! Tremblons, en méditant ces paroles foudroyantes de saint Augustin : Quiconque, dit-il, ne bannit pas de son cœur tout sentiment contraire à la paix, lorsqu'il s'approche de l'autel ; au lieu d'y recevoir la vie, y trouve une mort funeste ; le Père éternel le désavoue, le Fils le déshérite, le Saint-Esprit le rejette comme un membre infect et déjà retranché du Corps de Jésus-Christ.
Affection et résolution. - Ô Sacrement de piété ! Ô signe d'unité ! Ô lien d'unité ! Ô lien de charité ! Où sont aujourd'hui vos effets ? L'orgueil, l'amour-propre, le délire des passions ont divisé tous les esprits et tous les cœurs, il y a aussi peu d'union parmi nous, que si le Sacrement d'unanimité, de concorde et d’amour n'existait plus dans votre Église.
Sagesse éternelle, ô Jésus, Bonté suprême , lorsque par un excès de charité, Vous vous êtes déterminé à demeurer avec nous, Vous avez prévu sans doute avec douleur, les outrages que recevrait sous vos yeux celle de toutes les vertus dont Vous vous montrez le plus jaloux; et cependant rien n’a pu, suspendre pour nous vos faveurs et vos grâces ! Humiliés et confondus a vos pieds, nous confessons, ô le plus tendre et le plus aimable des frères ! les injustices, les offenses et tous les coupables excès que nous nous sommes permis contre nos frères, et qui ont si profondément affligé votre Cœur ; nous avouons et reconnaissons que nous serions désormais indignes du plus grand et du plus précieux de vos bienfaits, celui de votre Présence parmi nous si véritablement réconciliés et réunis a tous nos frères, nous ne consacrions encore le reste de nos jours à resserrer avec eux les liens de la charité la plus étroite et la plus durable, pour la gloire du Sacrement qui en renferme l'Auteur et le Modèle.
Ô Jésus ! Nous sommes tous et sans exception les enfants de votre Cœur ; nous avons tous été guéris par vos plaies, et votre mort nous a rendu la vie. Avec quelle édifiante union devons-nous donc nous supporter, nous secourir et nous entr'aimer, dans ce Cœur adorable qui est le principe de toute affection sainte et méritoire !
Aidez-nous, divin Sauveur, à nous pénétrer de vos sentiments, Vous qui nous avez aimés jusqu'à la mort, et qui nous avez sauvés par l'amour le plus généreux. Unissez-nous inséparablement à Vous, et que notre charité mutuelle s'entretienne et se conserve par sa conformité parfaite avec la Vôtre.
Cœur divin qui m'êtes donné pour remédier aux faiblesses de mon cœur, je Vous choisis dès ce moment pour ma demeure : toujours Vous serez ma retraite la plus chère, et mon secours le plus assuré dans mes répugnances et mes combats.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
Loué soit à jamais Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l'autel ! (ind.)
Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : sam. 28 mai 2016 9:39
par Laetitia
TROISIEME JOUR.
Jésus est le Soleil de Justice.
Admiration.
- Ô Splendeur du Père ! qui a pu Vous porter à Vous envelopper de nuages , et à dérober à nos yeux les rayons de votre gloire ? C'est sans doute votre amour : oui, c'est l'amour qui, dans ce Sacrement, voile l'éclat de votre Face adorable, pour Vous rendre accessible aux hommages de vos faibles créatures.
Demande.
- Dieu caché, Vous n’y êtes pas moins présent aux yeux de ma foi : ah ! daignez, je Vous en conjure, dissiper mes ténèbres et répandre vos lumières dans mon âme. Feu sacré dont les ardeurs sont éternelles, embrasez-moi du divin amour ; brûlez, consumez tout ce qui Vous déplaît dans mon cœur, et rendez-moi la pureté de ma première innocence.
Considération.
- Jésus-Christ exerce dans l'Eucharistie un empire plein de charme ; semblable à l'astre du jour, Il répand de toutes parts les plus favorables influences. Son Sacrement est comme une nuée qui nous dérobe l'éclat de sa présence ; mais la foi nous y découvre Celui dont la lumière éclaire nos ténèbres, dont la chaleur ranime nos langueurs, et dont la force soutient notre faiblesse.
Entretien.
- Source de lumières ! Qui Vous a fait descendre vers une créature si indigne de vos regards ? Faut-il, hélas ! Qu'auprès de Vous je sois toujours plongée dans les ténèbres du péché, et qu'entourée du feu de votre amour, mon cœur soit toujours froid et insensible ?
Ô Jésus ! Daignez enfin m'éclairer et m'attirer à Vous, m'échauffer et me vivifier par l'impulsion salutaire de votre grâce.
Ô Soleil de Justice ! Vous êtes admirable dans le Ciel et sur le terre ; Vous ne l'êtes pas moins sur la Croix, mais Vous l'êtes plus encore sur nos Autels. Vous y cachez, Seigneur, sous le voile d'un Sacrement ineffable, la gloire de votre Majesté sainte : eh ! Qui pourrait en supporter la splendeur, si votre amour ingénieux n'opérait, pour se communiquer à nous, les plus étonnants prodiges ? Que tous les cœurs, ô Jésus ! Se livrent ici aux transports de la plus vive reconnaissance, et ne cessent d'admirer et de publier vos merveilles.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
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Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : dim. 29 mai 2016 12:14
par Laetitia
QUATRIEME JOUR
Jésus est une source de consolation, de douceur et de force.
Acte de Foi. - Ô Jésus ! je crois que Vous êtes essentiellement le Dieu des vertus; qu'en Vous se trouve la
source de tous les dons spirituels, que Vous m’avez mérités par votre Sang ; que sans Vous je ne puis rien dans l'ordre du salut ; mais qu'avec votre secours je puis faire des œuvres dignes de la vie éternelle, si je corresponds à votre grâce, par laquelle Vous ne cessez de me prévenir.
Demande. - Daignez donc, ô mon Dieu ! répandre cette divine grâce dans mon cœur, et y imprimer Vous-même les caractères de votre amour. Faites que je marche en tout sur vos traces ; Vous êtes le principe et le modèle de toutes les vertus, et je sens en moi un funeste penchant à tous les vices. Ah ! Seigneur, effacez de mon âme tous ces traits qui défigurent votre image ; ne permettez pas que je sois jamais l'esclave de Satan; détruisez-en-moi le règne du péché, et revêtez-moi de la sainteté qui seule conduit à Vous.
Considération. - Le Sacrement de nos autels est vraiment le Sacrement de force et d'amour : il contient la source des douceurs et des consolations les plus solides ; c'est là que nous devons les chercher dans tous les besoins qu'éprouvent nos âmes. Jésus Lui-même nous y invite par les paroles les plus tendres : Venez à moi, nous dit-il, vous tous qui êtes dans la douleur et l'accablement, et Je vous soulagerai. Ainsi quand nos cœurs seraient aussi insensibles qu'un rocher, le divin Agneau saura les émouvoir et les attendrir, par les charmes de sa douceur ; quand ils seraient livrés à la stérilité la plus effrayante, la manne du Ciel suppléera avec abondance à leur disette spirituelle. Quand les peines et les tribulations viendront nous assaillir, le plus tendre des pères, le plus compatissant des maîtres, en tempérera l'amertume par l'onction de sa grâce, nous les rendra méritoires, et nous fera recueillir les fruits de notre patience et de notre résignation. Alors pénétrés des consolations divines que nous aurons puisées dans les sources du Sauveur, nous nous écrierons avec amour et avec confiance : Que ne Nom du Seigneur soit béni !
Affection et résolution.- Ô mon Sauveur, puisque Vous voulez que je partage vos souffrances, je le veux aussi , j'y consens de tout mon cœur : il est pour moi trop honorable de porter les marques de vos plaies sacrées, et d’en éprouver les douleurs salutaires. Quels que soient le genre et la durée de mes afflictions, je serai heureuse, pourvu que je ne cesse de Vous posséder. Oh ! que les larmes sont douces, quand votre main daigne les essuyer ! et que la mort même paraît aimable à qui peut expirer entre les bras de la Vie ! Quand donc je marcherais, aimable Jésus, au milieu des ombres du trépas, je n’en craindrais point les horreurs, parce que Vous êtes avec moi ; quand je me verrais environnée de tous les maux qui tour-à-tour assiègent ma faiblesse, qu’aurais-je à redouter, si je porte au dedans de moi-même Celui qui est mon protecteur et mon refuge ? Eh ! que peuvent en effet sur mon âme ces maladies si importunes par leur longueur ou par leur violence, ces calomnies, ces médisances, qui attaquent ma réputation et mon honneur, ces pertes de biens et d'amis, ces abandons douloureux, ces persécutions injustes et cruelles, quand j’ai mon Dieu au-dedans de moi, qui m’anime par sa présence, qui me soutient par sa force, et qui me couvre de sa protection puissante ? Ô Dieu, qui êtes mon bien et tout mon partage, je n’ai dans la réalité que vous seul à perdre ou à gagner : si je vous perds, je suis de toutes les créatures la plus malheureuse ; si je vous possède, rien ne peut égaler ma félicité. Demeurez donc avec moi, Seigneur, demeurez-y toujours, et ne permettez pas que j'aie le malheur d’être séparé de Vous, ni dans le temps ni dans l’Éternité.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
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Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : lun. 30 mai 2016 9:37
par Laetitia
CINQUIEME JOUR
Jésus est notre Bon Pasteur.
Amour de complaisance. - Vous êtes, ô divin Jésus ! Le Pasteur par excellence, puisque, Vous sacrifiant tout entier pour vos brebis, Vous daignez les sauver au prix de ce que Vous avez de plus cher. Votre amour généreux Vous a porté jusqu'à donner votre vie pour elles. Ah ! qu'il m'est doux de m'écrier avec toute votre Église : Ô Bon Pasteur ! Pain véritable ! Jésus, ayez pitié de nous; soyez notre aliment, soyez notre défense; faites-nous voir et goûter dans la terre des vivants, les biens ineffables dont Vous rassasiez vos Saints. Seigneur, dont la science et le pouvoir sont infinis; Vous qui, dans cette vie mortelle, nous donnez votre Chair adorable pour nourriture, faites qu’assis un jour à votre table céleste, nous partagions la société et l'héritage des heureux citoyens de l'éternelle patrie.
Reconnaissance. - Pasteur compatissant et miséricordieux, le péché m'avait ôté la vie de la grâce, et Vous me l'avez rendue par les prodiges de votre immense charité. Vous avez plus fait encore : pour me conserver la vie spirituelle, Vous avez pris la forme d'une nourriture ordinaire, et Vous m'inviter à y participer souvent. Quel est le Pasteur qui a jamais porté la tendresse envers ses brebis, jusqu'à leur donner sa chair à manger et son sang à boire !
Offrande et demande. - Aimable Pasteur des âmes ! Je Vous présente mon âme et Vous la consacre pour toujours ; c'est une brebis trop longtemps égarée, et qui cependant n’a cessé d'être l'objet de vos recherches.
Mettez-la enfin sur vos épaules, ô bon Pasteur ! reportez-la dans votre heureux bercail, et qu'elle devienne, pour Vous et pour vos amis, un sujet de joie et d'édification durables. Conservez-la Vous-même, Ô mon Dieu ! puisqu'elle Vous est si chère, et ne permettez jamais la perte d’une âme que Vous avez aimée plus que votre propre vie.
Considération. - Le Sauveur du monde prend Lui-même dans l’Évangile le nom de bon Pasteur. Ses brebis sont les fidèles, que personne ne peut ravir de ses mains. Son bercail est l’Église de la terre et du Ciel, où Il les rassemble, afin qu'il n'y ait qu'un troupeau et qu'un Pasteur. Ses pâturages sont les divines Écritures, les Sacrements qu'Il a institués, et particulièrement celui de l'Eucharistie. Sa houlette est la Croix ; c'est le bâton pastoral qui rappelle les brebis qui s'écartent, et les défend de tous les ennemis conjurés contre elles. Sa voix n'est autre que la parole de Dieu, interprétée par les pasteurs légitimes, et les inspirations intérieures qui nous attirent à Lui. Ce Pasteur unique par son excellence, est distingué non seulement des pasteurs mercenaires, mais encore des bons pasteurs, puisqu'Il en est le Prince et le Chef. Les caractères sous lesquels Il aime à se montrer, sont exprimés dans l’Évangile.
Le premier est marqué par ces paroles : Je connais mes brebis. Jésus-Christ, en effet, voit le fond des cœurs, Il connaît les vertus et les vices qui y dominent ; Il pénètre les pensées et les intentions les plus secrètes.
Le second caractère est énoncé en ces termes : Mes ouailles me connaissent. Comme la connaissance qu'Il a de ses élus est le principe de leur bonheur éternel, de même la connaissance réciproque qu'ils ont de Lui, est un moyen nécessaire pour y parvenir.
Le troisième enfin, qui désigne le bon Pasteur sous les rapports les plus généreux et les plus tendres, est compris dans ces mots : Je donne ma vie pour mes brebis : en effet, Il nous l'a donnée d'une manière admirable, et qui ne pouvait convenir qu'à Lui seul. Les Apôtres et les martyrs ont bien pu mourir pour leur brebis ; mais ils n'ont pu les racheter par l'effusion de leur sang ; Jésus-Christ seul a pu nous servir de rançon, et nous mériter, par ses souffrances et par sa mort, une rédemption éternelle.
Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : lun. 30 mai 2016 10:39
par Laetitia
CINQUIÈME JOUR.(suite)
Affection et résolution. - Divin Pasteur, Vous m'avez donc racheté au prix de vos travaux et de tout votre Sang; et non content d'avoir porté jusque-là l'excès de votre amour, Vous avez daigné me placer dans votre maison, qui est votre Église sainte, et parmi vos enfants, qui sont tous mes frères dans la foi. Vous m'avez admise avec eux à votre table sacrée, Vous m'y avez nourri de Vous-même; j’ai eu le bonheur de Vous voir reposer dans mon âme, et de reposer moi-même sur votre sein par une humble confiance en vos miséricordes. Oh ! que je suis en sûreté entre vos bras ! Où trouverais-je un Pasteur plus charitable, que Celui qui me donne sa vie pour rançon, et sa chair pour nourriture ?
Qui pourrait m'inspirer un plus doux espoir que Celui qui non-seulement se sacrifie pour ses ouailles, mais s'empresse de chercher celles qui s'égarent, jusqu'à ce qu’Il les ait ramenées au bercail ? Ô clémence, ô bonté sans bornes ! aimable Jésus , que votre charité est ingénieuse, quand Vous daignez rappeler à Vous les âmes qui Vous méconnaissent ! Vous prenez la forme de jardinier, pour ranimer la foi de Madeleine et éprouver son amour; Vous paraissez comme voyageur à deux pèlerins, pour réveiller leur courage et les instruire du prix des souffrances; Vous Vous faites ainsi tout à tous pour gagner tous vos enfants et les rendre heureux à votre suite. Ô bon Pasteur ! que des hommes infatués de brillantes chimères se repaissent, tant qu’il leur plaira, des connaissances vaines et mensongères du siècle, et qu’ils en fassent leur bonheur; pour moi, ma gloire sera de Vous connaître, de n’avoir d'autre science que Vous, et d'apprendre, par vos paroles et par vos exemples, à mépriser les choses temporelles et périssables, pour ne m'attacher qu'à celles qui sont éternelles.
Autre considération dont on peut aussi s'occuper le Jeudi Saint.- Considérez Jésus-Christ faisant son testament la nuit même qu'Il doit être livré à ses plus cruels ennemis. Après avoir travaillé avec un zèle infatigable au salut des hommes, et leur avoir laissé, dans ses paroles et dans ses exemples, tous les moyens d'y parvenir, Il daigne s'abaisser jusqu'à laver Lui-même les pieds à ses Apôtres, et par un excès d'amour incompréhensible, Il nous déclare ses héritiers, lors même qu'Il voit en nous les coupables auteurs de sa mort. Quelle serait donc notre ingratitude, si nous ne reconnaissions à ces traits l'immense charité du plus tendre du pères !
- Ô Sauveur généreux ! jetez sur moi ce regard de miséricorde, qui découvre toute la profondeur de mes misères,et qui jamais ne se lasse de me prodiguer ses secours. Mon âme soupire vers Vous du milieu des ténèbres qui l'environnent, du milieu des passions insensées qui l'aveuglent; ce qui lui laisse encore, dans ce profond abîme, quelques rayons d'espérance, c'est qu'elle ne peut ignorer que Vous savez opérer, jusque dans les ténèbres mêmes, vos plus éclatants prodiges. Vous avez choisi le temps de la nuit pour Vous manifester aux hommes coupables, et naître parmi eux; Vous Vous êtes immolé pour leur salut sur la Croix , au milieu des ténèbres; Vous leur avez laissé le Sacrement de votre amour pendant la dernière nuit où Vous Vous êtes entretenu avec eux : nuit féconde en délices pour nous, mais pleine de souffrances et d'horreurs pour Votre âme ! Renouvelez ici vos miracles, ô mon Dieu ! et dans l'obscurité fatale où me plongent tant d'iniquités, dont je gémis devant Vous, faites qu'associé à vos douleurs, j'aperçoive enfin l'heureux moment de ma délivrance et celui de ma résurrection parfaite à votre grâce.
Prenez et mangez, dites-vous, Ceci est mon Corps. Ô bonheur inespéré ! Jésus veut être en même temps notre Libérateur et notre nourriture ! Ô Testament plein d'amour ! Fut-il jamais pour le cœur de l'homme un don comparable à celui que nous fait en ce jour l'aimable Jésus ?
Grand Dieu ! Vous me donnez tout ce que Vous êtes : pourrais-je Vous refuser ce que je suis ? Je Vous abandonne sans réserve et mon cœur et ma volonté, et mon corps et mon âme, tout mon être enfin; et j'en fais à votre gloire un holocauste que Vous seul rendrez digne de Vous.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
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Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : mar. 31 mai 2016 9:44
par Laetitia
SIXIEME JOUR
Jésus est le Rédempteur du monde.
Acte de Foi. - Je crois que mon Rédempteur est vivant; je crois qu’Il réside réellement en corps et en âme dans la divine Eucharistie, avec toute sa gloire et tous ses mérites.
Acte d'Adoration. - Je Vous adore, ô Jésus ! qui avez été immolé sur la Croix, qui Vous offrez sans cesse en sacrifice sur nos autels, et qui voulez y demeurer avec nous jusqu'à la consommation des siècles.
Acte de Regret et de Douleur..- Sauveur adorable, je déplore l'abus criminel que j'ai fait jusqu'ici des précieux trésors renfermés dans le Sacrement de votre amour; pardonnez-moi, dans votre miséricorde, et délivrez enfin mon âme de la honteuse servitude de mes passions qui toujours mettent obstacle à vos largesses.
Considération. - Vous n'êtes plus à vous-même, dit Saint Paul, Vous avez été achetés à un grand prix : le Sang de Jésus a coulé pour vous, Jésus est votre Rédempteur ; vous Lui appartenez donc à un titre qu'Il ne partage avec personne.
Divin Sauveur ! nous sommes votre conquête ; nos cœurs sont vos trophées, et Vous en êtes si jaloux, que Vous en faites le grand sujet de votre gloire. Après avoir employé, pour Vous les soumettre, les menaces de la terreur, vous les avez enfin ravis, par les attraits de votre Amour.
Affection et résolution. - Heureuse victoire, que vous m’êtes salutaire, et qu’il m’est doux de vous célébrer ! Ah ! qui empêche que désormais mon cœur ne s'unisse étroitement à son vainqueur ? Qui empêche que mon divin Maître n'exerce sur moi son admirable empire ?
Cet empire ne Lui a-t-il pas coûté assez de travaux, de sang et de larmes ?... Divin Jésus, c’est à vos plaies sacrées que je dois mon bonheur; qu'il me soit permis , en les adorant avec un de vos Apôtres, de m’écrier comme lui : Mon Seigneur et mon Dieu ! Puisse-je y trouver la force de combattre mes ennemis et les Vôtres, et triompher de mes passions tyranniques qui sans cesse me font la guerre. Ce n’est ni mon courage, ni mes seuls efforts, mais la grâce toute-puissante de mon Jésus avec moi, qui m’obtiendra cette grande victoire.
On peut ici réciter les
Litanies de la Passion.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
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Re: Fête du Très Saint Sacrement
Publié : mer. 01 juin 2016 9:12
par Laetitia
SEPTIEME JOUR
Jésus est le fils de la Très Sainte Vierge.
Acte de Foi. - Je crois que sur cet autel repose le Corps adorable de mon Sauveur, qui a été formé par l'opération de l'Esprit-Saint, dans les entrailles de la plus pure des vierges.
Sainte allégresse. - Réjouis-toi, mon âme. en voyant le Fils de l’Éternel se choisir lui-même une demeure dans le chaste sein d’une Vierge, pour venir habiter avec les hommes et les combler de tous les dons de sa grâce.
Complaisance.- Ô Marie ! vous êtes vraiment ce lieu de délices, ce Tabernacle bâti par la main du Très Haut. dans lequel Il a mis toutes ses complaisances. Vous êtes l’objet des hommages du Ciel et de la terre : oh ! qu’il m'est doux de penser que vous êtes mon espoir !
Demande. - Sainte Mère de mon Dieu, obtenez-moi vos vertus; aidez-moi à participer dignement aux Mystères ineffables qui se sont opérés en Vous; et quand j'aurai le bonheur d'y être admise, chargez-vous de ma reconnaissance, secondez mes efforts, aidez-moi à me montrer fidèle, afin que par Vous, j'obtienne la couronne destinée à ma persévérance.
Considération. - Ô mon âme ! Quand tu te sens appelée à la Table Sainte, surtout aux fêtes de la Sainte Vierge, que la piété te fasse envisager cette tendre Mère, te présentant elle-même le Pain de vie. Venez, dit-elle à tous ses enfants, nourrissez-vous du pain, et buvez le vin que je vous ai préparés.
Colloque à la Sainte Vierge. - Incomparable Marie ! ce n'est plus de la main des Anges que nous recevons la Manne céleste qui soutient et vivifie nos âmes; c’est à Vous-même, c'est à votre propre substance que nous en sommes redevables. Vous êtes donc notre véritable Mère, puisque dans la Communion nous sommes unis intimement à Jésus-Christ, votre divin Fils, et devenons Ses membres. C'est à ce titre que nous Vous appartenons, ô Vierge sainte ! et que nous espérons de votre médiation puissante la grâce de croître en vertu, par le bon usage de cette nourriture vivifiante, et celle d'arriver enfin à la gloire du Dieu qui nous la prépare.
Acte de Confiance envers la Sainte Vierge. - Divine Mère de Jésus, Vous pouvez tout auprès de votre adorable Fils. Ses mérites et ses grâces, son cœur et tous ses sentiments sont entre vos mains, et vous en êtes en quelque sorte la dispensatrice souveraine. Que vous êtes heureuse, ô Marie ! de jouir d'un pouvoir qui égale votre tendresse ! Eh ! quel bonheur est le nôtre de trouver dans notre bonne Mère, les secours les plus convenables à notre faiblesse extrême ! Écoutez nos vœux, Vierge sainte; ils sont aussi étendus que nos misères sont profondes , que nos besoins sont multipliés. Mais les trésors dont vous disposez sont immenses, et. votre cœur nous en offre la plénitude dans la participation sainte et fréquente aux richesses de la divine Eucharistie.
On peut ici réciter le chapelet ou les Litanies de la Sainte Vierge.
- Ô Jésus dans le Très Saint Sacrement ayez pitié de nous ! (ind.)
Loué soit à chaque instant le Très Saint et Divin Sacrement ! (ind.)
Loué soit à jamais Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l'autel ! (ind.)