suite du commentaire de St Thomas d'Aquin:
St Thomas d'Aquin a écrit :
II. A ces paroles (verset 5) : mais toute femme qui prie ou qui prophétise, etc., l’Apôtre continue sa recommandation en ce qui concerne les femmes, en disant (verset 5) : mais toute femme qui prie ou qui prophétise, comme il a été expliqué, sans s’être voilé la tête, tenue choquante à cause de la condition de la femme, déshonore sa tête, c’est-à-dire fait, en se découvrant la tête, une chose inconvenante pour elle. On objecte ce que dit l’apôtre saint Paul à Timothée (1 Tm., II, 12) : « Je ne permets point aux femmes d’enseigner dans l’église» ; comment donc peut-il convenir à une femme de prier ou prophétiser par un discours ou une prière publique ? Il faut répondre qu’il s’agit des prières ou des lectures qui se faisaient dans les assemblées particulières des femmes[...]
1° [...]Ainsi la nature a donné à l’homme les cheveux pour se couvrir la tête ; mais comme cette protection est insuffisante, il se prépare par l’art une autre manière de se couvrir. La même raison existe donc et pour le voile naturel des cheveux, et pour ce qui le complète artificiellement.
Mais il est naturel à la femme d’entretenir sa chevelure : elle a pour cela une disposition naturelle et de plus une sorte d’inclination qui la porte à le faire. En effet, on la voit fréquemment s’en occuper beaucoup plus que ne font les hommes. Il semble donc bien plus convenable à sa condition que la femme se serve d’un voile artificiel pour la tête que cela ne serait convenable aux hommes. L’Apôtre, sur ce point, fait trois choses. 1° Il établit la convenance du voile naturel et artificiel, en ces termes : Il a été dit (verset 5) que la femme qui ne se voile point déshonore sa tête, car c’est la même chose, c’est-à-dire il y a pour elle autant de déshonneur d’être privée du voile artificiel, que d’avoir la tête rasée, en d’autres termes que d’être privée du voile naturel de sa chevelure, ce qui quelquefois est donné pour un châtiment [...]
2° L’Apôtre pousse à une conséquence inadmissible, en disant (verset 6) : Si une femme ne se voile point, qu’elle ait les cheveux coupés ; en d’autres termes, si elle rejette le voile artificiel, qu’elle rejette aussi, par une raison semblable, le voile naturel ; ce qui serait une inconvenance. Ceci parait contredit par la pratique des religieuses qui déposent leur chevelure. On peut donner une double réponse : d’abord, par cela même qu’elles font vœu de garder ou l’état de viduité ou la virginité, en prenant Jésus-Christ pour époux, les religieuses sont élevées à la dignité de l’homme, puisqu’elles sont dès lors délivrées de la dépendance de l’homme et unies immédiatement à Jésus-Christ. D’autre part, en entrant en religion, elles se revêtent de l’habit de pénitence ; or c’est une coutume chez les hommes de laisser croître leurs cheveux aux jours de deuil, comme quelque chose de convenable à leur situation ; les femmes, au contraire, dans les temps d’affliction, se dépouillent de leur chevelure. C’est ainsi qu’il est dit au prophète Jérémie (VII, 29) : « Rasez vos cheveux et jetez-les ; faites entendre des lamentations.»
3° L’Apôtre déduit en conclusion ce qu’il se propose, en disant (verset 6) : Mais, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés, ou d’être rasée, c’est-à-dire si cela est indécent pour elle d’être privée du voile naturel par l’art ou par la nature, qu’elle se voile la tête, c’est-à-dire qu’elle se serve d’un voile artificiel.