La volonté de Dieu va plus loin encore que l'effet produit par la chose qu'elle met en mouvement: elle produit cet effet selon la manière propre à la chose qu'elle meut. I-II. 10, a. 4, ad 1.
Nous devons dire que tout est soumis à la Providence de Dieu, et non seulement en général, mais pour chaque chose en particulier.
I. 22, a. 2.
La puissance divine est infinie et opère d'une manière infinie; pourtant le résultat de cette puissance est reçu dans les réalités selon leur capacités et selon le plan de Dieu. III.57, a. 3, ad 3.
Tout ce qui arrive de fortuit ici-bas, soit dans la nature inerte, soit dans les choses humaines, se ramène à une cause qui dispose tout a l'avance, et c'est la Providence divine. I. 116, a. 1.
La Providence de Dieu a l'égard des justes s'exerce d'une manière plus excellente qu'envers les impies: il ne permet pas qu'il arrive quoi que ce soit contre les justes qui puisse finalement compromettre leur salut, car :
'' Tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu''. I. 22, a. 2, ad 4.
Il se trouve qu'une chose bonne à un point de vue particulier, cesse de l'être a un point de vue universel, et réciproquement. C'est que quelqu'un peut vouloir quelque chose à un point de vue particulier, mais que Dieu ne veut pas à un point de vue universel. I-II. 19, a. 10.
Celui qui est chargé de pourvoir au bien général permet quelque manque ou défaut dans tel et tel cas particulier, afin de ne pas empêcher un bien qui favorise l'ensemble... Puis donc que Dieu est le Pourvoyeur suprême de tout ce qui existe, c'est l'affaire de sa Providence de permettre qu'il y ait des manques ou défauts dans telle et telle chose particulière, afin de ne pas nuire au bien parfait de l'ensemble. Si tous les maux étaient écartés, l'univers serait privé de beaucoup de biens. I. 22, a. 2, ad 2.
Le Dieu souverainement bon ne permettrait jamais qu'il y eût du mal dans ses oeuvres, s'il n'était tellement puissant et tellement bon que du mal même il puisse faire du bien.
( S. Augustin ) Cela touche donc à l'infinie bonté de Dieu de permettre le mal afin d'en tirer du bien.
I. 2, a. 3. ad 1
Si Dieu avait rayé du monde tout ce qui est une occasion de péché pour l'homme, l'univers serait resté imparfait. Dieu ne devait pas, pour obvier à un mal particulier, nuire au bien de l'ensemble, d'autant plus que Dieu est assez puissant pour tirer le bien de n'importe quel mal. I. 92, a. 1, ad 3.
Tous les maux que Dieu laisse faire sont destinés à quelque bien, pas toujours cependant au bien de celui chez qui est le mal, mais quelquefois au bien d'un autre, ou encore au bien de tout l'ensemble de l'univers. I.-II. 79, a. 4, ad 1.
C'est sans injustice qu'un ouvrier place des pierres, d'ailleurs de même sorte, dans différentes parties d'un édifice. Ce n'est pas la qualité des pierres qui le dirige, mais la perfection de l'ensemble . C'est de la même façon que la sagesse de Dieu a, dès le commencement, fait des créatures inégales et diverses, afin qu'il y eût perfection dans l'univers, et cela sans injustice comme aussi sans existence présupposée de mérites de la part de ces créatures. I. 65, a. 3, ad 3.
Considéré dans sa nature, Dieu est le même vis-à-vis de tout le monde, mais l'ordre de sa sagesse fait qu'il accorde à quelqu'uns, pour certaines raisons, ce qu'il n'accorde pas à d'autres.
I-II. 51, a. ad 1.
La toute puissance de Dieu se montre surtout en pardonnant et en faisant mésiricorde, parce que le libre pardon des péchés est la marque du pouvoir suprême: on ne peut, en effet, pardonner les péchés quand on est lié par une loi supérieure. Une autre raison c'est qu'en pardonnant et en faisant miséricorde, Dieu amène les pécheurs à la participation du bien infinie, ce qui est le souverain effet de la puissance divine. Une troisième raison c'est que la divine miséricorde est le fondement de toutes les oeuvres divines. I. 25, a. 3, ad 3.
L'oeuvre de justice présuppose toujours une oeuvre de miséricorde et s'appuie sur elle. Car a la créature rien n'est dû... En toute oeuvre de Dieu apparaît donc, sa première racine, la miséricorde. Et on ne la trouve pas moins dans tout ce qui suit les commencements , même, elle y est plus forte, attendu qu'un premier élan a plus de vigueur que le second. C'est ce qui fait que Dieu, dans sa grande bonté, en donnant ce qui revient à une créature, donne plus que ce qui est requis en vertu de la nature. I. 21, a. 4.