La mode

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

La mode

Message par Laetitia »

La Très Sainte Vierge, Mère de Dieu, est apparue à Fatima, au Portugal, en 1917, à trois petits enfants. Jacinte,l'une des trois, avant de mourir en 1920, a révélé sur l'inspiration de Marie :
Les péchés qui conduisent le plus d'âmes en enfer sont les péchés de la chair. On lancera certaines modes qui offenseront beaucoup Notre-Seigneur. Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre ces modes... Les guerres ne sont que des châtiments pour les péchés du monde.

Pendant ce temps Monseigneur Chollet, parlant des femmes de son époque, disait :
Mgr Chollet, Archevêque de Cambrai a écrit :
On a peine à comprendre que des chrétiennes dont l'âme est faite pour la délicatesse et la distinction, pour l'honneur et la raison, s' abandonnent à des courants qui sont des outrages à leur délicatesse et à leur distinction natives, qu'elles se déshonorent par l'immoralité de leur tenue et acceptent l'esclavage de modes inventées par des hommes, dont les desseins, étrangers à l'art, ne poursuivent qu'un but humain, leur fortune, et un but diabolique, la dépravation de la femme. Soyez décentes, femmes chrétiennes, vous serez distinguées, vous serez estimées dans la même mesure. Que votre tenue soit digne du Christ dont vous êtes les filles.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »

Un peu d'histoire ? Voici, un extrait de l'ouvrage, destiné aux femmes du monde, Les modes actuelles, du R.P. Vuillermet :
L'histoire nous apprend que les lois somptuaires depuis les Romains jusqu'à nos jours ont toujours été impuissantes (1). A Rome, la loi Oppia défendait aux matrones de porter des robes découvrant trop le haut de la poitrine. Les étoffes voyantes leur étaient également interdites. Les bijoux dont elles s'ornaient ne devaient pas dépasser une demi-once d'or.

En France, du XIIIe au XVIe siècle, nos rois promulguèrent aussi à diverses reprises des édits somptuaires. Ils réglementaient le décolletage des femmes en public. Ils ne permettaient qu'aux femmes de qualité de porter des robes de soie, d'or et d'argent. (2).

Richelieu en 1629 édicte une loi qui proscrit l'abus des dentelles, loi que l'on transgressa comme celle contre le duel, puisque le grand cardinal doit refaire, cinq ans plus tard, un nouvel édit qui envoie au creuset des orfèvres les galons d'or des vêtements trop élégants…

…Au Moyen-Âge, les prédicateurs partent en guerre contre les dames qui maquillent leurs visages, pour tromper le « masculin ». « Qu'est-il de plus vil, dit l'un d'eux, que ce visage maquillé, lorsqu'il est une fois altéré par une chaleur excessive ? Elles paraissent seulement plus vieilles et plus ridées et font rire les hommes avec toutes ces gommes, ce vif argent et ces drogues venimeuses. »

Les austères moralistes frémissaient des hardiesses des femmes qui portaient des « cheveux morts », des cheveux « en grève », des perruques bleues, jaunes et rouges. Ce ne pouvait être que d'inspiration diabolique. « Semblables aux serpents et aux dragons, les femmes sont d'autant plus venimeuses qu'elles ont la crête plus rouge. »…

…Au siècle dernier, un orateur célèbre, le Père Bridaine, tonna avec une extraordinaire véhémence contre les décolletages insolents, les poufs monstrueux, l'abus des fards. Les Parisiennes de Saint-Sulpice écoutaient avec une sorte de terreur sacrée sa formidable voix qui roulait comme un tonnerre sous les voûtes de l'église. Elles avaient une telle peur de lui que, s'il l'eût exigé, elles eussent fait, comme les belles dames du XIVe siècle, un autodafé de leurs atours sur le parvis de l'église. Le Père Bridaine, au surplus, ne leur demandait pas tant. Il exigeait seulement qu'elles renonçassent aux paniers. Et ces dames ne s'obstinaient pas, du moins quand elles venaient au sermon. Mais une fois rentrées au logis, elles s'empressaient de remettre leurs paniers ; et c'est à qui d'entre elles porterait le plus gros.

Plus près de nous, le Père de Ravignan et Mgr d'Hulst, pour ne citer que ces deux noms, n'eurent pas plus de succès, malgré la haute autorité de leur parole et le prestige de leur personne. Ils censuraient les décolletages immodestes et suppliaient leurs auditrices de réagir contre les modes païennes qui commençaient à envahir la meilleure société. On les écoutait avec respect et même avec plaisir et on continuait à se déshabiller.

"La prédication retentit sans cesse, écrivait Louis Veuillot, dans Ça et là, et, lorsque tant d'efforts ont fait remonter les robes d'un demi-pouce pendant le carême, elles sont redescendues d'un pouce et demi au carnaval suivant. Il y a pourtant de ces dames dont la conscience est troublée, qui voudraient obéir à l'Eglise, qui feraient le sacrifice d'assez bon cœur ; il y en a d'autres, et beaucoup, qui, couvrant tout, assurément ne sacrifieraient rien. Pourquoi celles qui voudraient n'osent-elles pas et se soumettent-elles à celles qui oseraient sans doute, car elles osent tout, mais qui ne veulent pas ? C'est l'esprit du monde, l'invincible esprit du monde. A cause de cet esprit, il nous est dit : « N'aimez pas le monde ».



1. - Tertullien, dans son Apologétique signale les moeurs de la décadence romaine.
" Que sont devenues, ces lois somptuaires… je vois les dames romaines parées comme les courtisanes et confondues avec elles. Les anciennes coutumes, si favorables pour conserver la modestie et la tempérance, sont abolies. Autrefois les femmes ne portaient point d'or, à l'exception de l'anneau nuptial que leurs maris leur avaient mis au doigt... Qu'est devenue cette antique félicité du mariage, fondée sur des moeurs si pures, que, pendant près de six cents an il n'y eut pas un seul exemple de divorce ? Aujourd'hui tout le corps d'une femme plie sous le poids de l'or.
2. - Nulle damoiselle n'aura qu'une paire de robes par an et encore le prix de l'étoffe ne devait-il pas dépasser vingt-cinq sous l'aune. (Ordonnance royale de 1294).
Plus sévère encore, Henri II décréta qu'on ne porterait, dans toute l'étendue de son royaume ni broderies, ni passementeries, ni cordelières, ni cannetilles, ni velours, ni satin, taffetas, non plus qu'orfèvreries… (Ordonnances des 19 mars 1547 et 12 juillet 1549).

Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 4709
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Abbé Zins »

Sujet d'autant plus important qu'il est délicat en raison des passions désordonnées qu'il contrarie et qu'il est propre à déchainer.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »

Continuons à lire ce que nous présente le R.P. Vuillermet dans son ouvrage Les modes actuelles. Après un bref historique, il nous entretient de la philosophie et des coulisses de la mode :
Une chose qui va vous paraître étrange c'est que certains auteurs philosophent gravement sur la mode.

Monsieur Charles Blanc a écrit une dissertation mémorable sur la philosophie du costume féminin. Il divise l'histoire de l'humanité en deux périodes bien distinctes : « 1° Les époques où les femmes consentent à s'habiller en largeur et font des concessions à la ligne horizontale ; 2° les moments où la silhouette des femmes présente une excessive prédominance de la ligne verticale. » Il prétendait que le premier système indique des habitudes casanières, raisonnables ; bref que la ligne horizontale est le signe des siècles heureux, où l'on savait rester tranquille, s'arrêter, s'asseoir. Au contraire, ajoutait-il, la ligne verticale est le trait caractéristique des époques où l'on ne peut pas demeurer en place, où l'on se débarrasse de tout ce qui gêne, où l'on se consume en un va-et-vient de courses affolées.

Monsieur Gabriel Prévost, dans un article sur la Physiologie de la mode a essayé de prouver qu'entre les moeurs et les institutions d'un peuple et la façon dont les femmes s'habillent, il y a toujours une corrélation directe, un rapport logique. De sorte qu'on pourrait apprendre l'histoire aux enfants, en les amusant avec des livres de modes. C'est un procédé nouveau, et qui certes ne déplairait pas aux petites filles.

Pour Monsieur Prévost, le costume antique, c'est-à-dire gréco-romain, n'achève son existence qu'à la fin du IXe siècle de notre ère ; le vêtement qu'il qualifie de féodal, apparaît au Xe siècle et dure jusqu'au milieu du XIVe siècle. Pour les femmes la transformation ne s'opère que sous la renaissance, parce qu'à cette date seulement, leur condition et leur rôle se modifiera du tout au tout.

Du XIIIe au XVe siècle, on assiste à la lente agonie du manoir et au développement des communes urbaines. Transformation du costume, premières influences sur lui de la vie urbaine et de ses occupations.

Au XIVe siècle, les seigneurs féodaux ne sont plus que la noblesse, et nous assistons au remplacement de l'habit féodal par l'habit de cour. Transformation du costume. Une conséquence de la vie de cour, c'est la transformation des salons. Le salon au XVIIe et au XVIIIe siècles domine tout et, jusqu'à la veille de la Révolution française, le costume obéit aux exigences de la vie de salon et est régi par elle.

Le Tiers-Etat exerce son pouvoir sur le costume bien avant de l'exercer sur la politique. La tenue bourgeoise, dont la mode vient d'Angleterre, se substitue partout à la tenue aristocratique dès 1785.

Son succès signale, bien avant la nuit du 4 août. l'abandon, par les classes privilégiées, de tout vêtement distinctif.

Arrive la Révolution et une ère nouvelle commence, dont nous ne sommes point encore sortis : pour les hommes l'ère du sans-culottisme ou du pantalonisme, pour les femmes, celle de l'émancipation familiale ; pour les deux sexes, celle de l'égalitarisme et de l'abaissement de toutes les barrières sociales.

« Le costume actuel des femmes, dit Monsieur Prévost, exprime l'état général de nos esprits et de nos moeurs, l'égalité, croisée de vanité, qui est le fond de l'âme moderne. Chez elles, l'effacement de toute classe et de toute hiérarchie se traduit par les mêmes apparences de luxe appliquées à une mode conservée dans ses traits généraux. » Elles ont échappé jusqu'ici à la sombre uniformité de notre costume égalitaire, par suite de la conception tout archaïque qui a subsisté de leur fonction sociale. Elles sont considérées comme dispensées, autant que possible, des âpretés de la vie militante et allégées des préoccupations du gagne-pain, laissées à la charge du mâle. On voit encore en elles l'ornement des fêtes, la gaieté et l'embellissement du foyer ; nous les voulons belles pour nous consoler peut-être de nos laideurs. Le féminisme consacré serait un ennemi terrible qui serait pour elles l'équivalent du sans-culottisme pour nous. Pour le moment, il leur est pardonné d'apporter à leur toilette des raffinements de toutes sortes, dont se seraient honorées de vraies princesses du temps jadis....
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »

Nous sommes ici au début du XXe siècle (1920). Que dire aujourd'hui...la femme a perdu sa fonction sociale, son rôle dans la famille ; elle s'est avilie et est descendue plus bas que dans certaines sociétés païennes (cf dans notre message précédent la référence à la loi Oppia ).
... la mode est une affaire de spéculation, mais c'est aussi, il n'est guère permis d'en douter aujourd'hui, un moyen puissant de démoralisation. Affirmer que les lanceurs de mode agissent ordinairement sous la poussée d'un pouvoir occulte, c'est s'exposer à être rangé au rang de ces monomanes qui voient du franc-maçon partout et dont on s'amuse beaucoup dans un certain monde.

Il est cependant difficile de nier, tant les affirmations sont nombreuses et précises, que l'émancipation complète de la femme ne soit un des principaux articles du programme de la franc-maçonnerie. Dès 1820, il y a donc près d'un siècle, le mot d'ordre était de travailler énergiquement à la corruption de la femme.

Mgr Delassus cite dans la Semaine religieuse de Lille, le mot d'ordre donné alors par le Pouvoir occulte à toutes les sociétés secrètes.

« Nous avons entrepris la corruption en grand, la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l'Eglise au tombeau. J'entendais dernièrement un de nos amis rire de nos projets et dire : « Pour abattre le catholicisme, il faut commencer par supprimer la femme.» Le mot est vrai. Mais, puisque nous ne pouvons supprimer la femme, corrompons-la. Le travail que nous allons entreprendre n'est l'oeuvre ni d'un jour, ni d'un mois, ni d'un an ; il peut durer plusieurs années, un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue. »
Et encore : « Ne nous lassons jamais de corrompre ; Tertullien disait avec raison que le sang des martyrs enfantait des chrétiens ; ne faisons donc pas de martyrs, mais popularisons le vice dans les multitudes... Qu'elles le respirent par les cinq sens, qu'elles le boivent, qu'elles s'en saturent. Faites des coeurs vicieux, et vous n'aurez plus de catholiques. »

Ils ont compris que pour faire pénétrer leurs théories dissolvantes dans la masse, il n'était pas de plus puissant moyen que de se servir de la mode, comme d'un véhicule. C'est pourquoi par étapes, ils l'ont amenée à être de plus en plus en désaccord avec l'esprit chrétien. La femme qui résisterait énergiquemnt à une propagande d'idées malsaines, devient sans le savoir l'ouvrière active de leur oeuvre destructive de la famille, le drapeau vivant de doctrines que dans son coeur elle réprouve. Celles, par exemple, qui ont adopté la jupe ouverte sur la jambe gauche se doutent-elles que c'est une des particularités de la tenue des soeurs maçonnes dans leurs réunions solennelles ?

La mode subit l'influence occulte et méthodique de la secte dont le but est la destruction de tout christianisme et la paganisation de l'univers ; elle subit aussi celle non moins puissante et tout aussi néfaste de la juiverie, signalé par E. Drumont, dans La France juive.

N'y a-t-il pas là de quoi révolter tout ce qui reste de fierté, non pas seulement chez les bonnes chrétiennes mais même chez celles qui ont conservé la plus élémentaire notion du bon sens et de la pudeur, ces deux qualités si françaises.
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »

Ecoutons Vuillermet nous développer la suite de son ouvrage, il nous parle de La légitimité de la toilette.
Le luxe du vêtement, comme tout luxe, a un sens légitime. L'homme, dit un auteur, a naturellement l'amour de ce qui est beau, éclatant, harmonieux ; il aime, dans la beauté extérieure des hommes et de la société, un reflet de cet ordre et de cette beauté dont il porte en son âme l'instinct indestructible. L'homme, roi de la création, a le droit de porter sur lui quelque signe de sa royauté ; et quand il demande à la nature et à l'industrie de lui faire un vêtement digne de lui, il fait acte de légitime souveraineté. Le corps humain, d'ailleurs, depuis la chute, n'est beau aux regards que paré des mains de la pudeur ; l'homme civilisé n'a que dans son vêtement sa souveraine beauté.
De plus le luxe est, dans les sociétés bien ordonnées et dans les civilisations bien faites, un signe naturel de la hiérarchie sociale ; retenu dans ses limites, il complète l'ordre au lieu de le détruire. On trouverait étrange, même dans le peuple, qu'une maîtresse de maison fût mise comme sa servante, une dame de la société comme une ouvrière. « L'habit n'est pas une simple couverture, c'est un symbole. J'en atteste toute la flore si riche des costumes nationaux et provinciaux, et de ceux que portaient nos anciennes corpo­rations. La toilette, elle aussi, a quelque chose à nous dire. Plus elle contient de sens, mieux elle vaut. Pour qu'elle soit vraiment belle, il faut donc qu'elle nous annonce de bonnes choses, des choses personnelles et vraies. Mettez-y tout l'argent du monde, si elle est quelconque, sans rapport avec celle qui la porte, elle n'est qu'un masque et un affublement. L'excès de la mode, en faisant disparaître complètement la personne féminine sous des ornements de pure convention, la dépouille de son attrait principal. Il résulte de cet abus que plusieurs choses que les femmes trouvent très jolies, font autant de tort à leur beauté qu'à la bourse de leurs maris ou de leurs parents.

La mode, quand elle reste dans la note gracieuse, tout en favorisant le commerce et en suggérant à l'industrie ses plus belles créations, rend plus agréables les relations sociales et affine le goût. Elle peut même établir la suprématie d'un pays au point de vue de l'élégance et en faire l'arbitre des autres nations. Aujourd'hui encore, malgré la concurrence affirmée de pays rivaux, malgré les efforts de nos ennemis pour nous rabaisser, malgré des signes de décadence malheureusement trop vrais, la France continue à donner le ton au monde entier.

Enfin, — car je crois qu'il est inutile de plaider plus longuement devant vous la légitimité de la mode, persuadé que vous trouverez de meilleurs arguments que tous ceux que je pourrais vous apporter, — la femme doit plaire. Elle doit plaire à son mari et rien qu'à son mari. C'est pour elle un devoir impérieux que les personnes les plus éloignées, par goût ou par vertu, de la toilette et de ses exagérations, ne doivent pas méconnaître. Combien de foyers sont détruits parce que l'épouse cesse de faire ce qu'il faut pour retenir son mari et se laisse aller à des négligences rebutantes. Car s'il y a des hommes qui ont l'habitude de ne parler de la toilette de leurs femmes que sur le ton de la plaisanterie s'il y en a qui affectent le ton de l'indifférence et ne s'en occupent jamais, il y en a beaucoup plus qui y attachent une grande importance. Conservez aux yeux de votre mari, ce charme qui au temps de vos fiançailles le séduisit et contribua à provoquer son amour. Souvenez-vous, pour vaincre certaines répugnances, si vous en avez, que la coquetterie conjugale, fille de l'affection, est louable, méritoire, féconde en précieux résultats de symphatie et de bonheur…

Vous connaissez les conseils de saint François de Sales à sa Philothée, ils sont toujours d'actualité.
" Saint Paul veut que les femmes dévotes soient revestues d'habitz bienséans, se parans avec pudicité et sobriété. Or la bienséance des habitz et autres ornemens dépend de la matière, de la forme et de la netteté. Quant à la netteté, elle doit presque tous-jours estre esgale en nos habitz, sur lesquelz, tant qu'il est possible, nous ne devons laisser aucune sorte de souilleure et vilenie. La netteté extérieure représente en quelque façon l'honnesteté intérieure. Dieu mesme requiert l'honnesteté corporelle en ceux qui s'approchent de ses autelz, et qui ont la charge principale de la dévotion.
Quant à la matière et à la forme des habitz, la bienséance se considère par plusieurs circonstances du tems, de l'aage, des qualités, des compaignies, des occasions. On se pare ordinairement mieux ès jours de feste, selon la grandeur du jour qui se célèbre. En temps de pénitence, comme en caresme, on se desmet bien fort ; aux nopces on porte les robbes nuptiales, et aux assemblées funèbres les robbes de deuil ; auprès des princes on rehausse l'estat, lequel on doit abbaisser entre les domestiques. La femme mariée se peut et doit orner auprès de son mary, quand il le désire ; si elle en fait de mesme en estant esloignée, on demandera quelz yeux elle veut favoriser avec ce soin particulier. On permet plus d'affiquetz aux filles, parce qu'elles peuvent loysiblement désirer d'agréer à plusieurs, quoy que ce ne soit qu'affin d'un gaigner un par un saint mariage. On ne treuve pas non plus mauvais que les veuves à marier se paient aucunement, pourvu qu'elles ne facent point paroistre de folastrerie, d'autant qu'ayans desja esté mères de famille, et passé par les regretz du veufvage, on tient leur esprit pour meur et attrempé. Mais quant aux vrayes veuves, qui le sont, non seulement de corps, mais aussi de coeur, nul ornement ne leur est convenable, sinon l'humilité, la modestie et la dévotion ; car si veulent donner de l'amour aux hommes, elles ne sont pas vrayes veuves, et si elles n'en veulent pas donner, pourquoy en portent-elles les outilys ? Qui ne veut recevoir les hestes, il faut qu'il este l'enseigne de son logis. On se moque tous-jours des vieilles gens quand ils veulent faire les jolis : c'est une folie qui n'est supportable qu'à la jeunesse.
Soyés propre, Philothée ; qu'il n'y ait rien Vous de traynant et mal agencé : c'est un mespri de ceux avec lesquels on conserve d'aller entr'eux en habit désaggréable ; mais gardés-vous bien des affaiteries, vanités, curiosités et folastreries. Tenés vous tous-jours tant qu'il vous sera possible du costé de la simplicité et modestie, qui est sans doute le plus grand ornement de la beauté, et la meilleure excuse pour la laydeur." (Saint FRANÇOIS DE SALES Introduction à la vie divote. IIIe partie, chap. xxv.)

La Sainte Écriture ne blâme pas le goût de la parure, quand il n'est pas poussé à l'excès. Elle vous dit que la femme forte, c'est-à-dire la femme sage et honnête, est vêtue de fines étoffes, de soie et de pourpre. (Prov. xxx-22).
Elle cite même avec complaisance plusieurs exemples de luxe dans la toilette. Vous connaissez la scène charmante où le vieil Eliézer, chargé de trouver une épouse pour Isaac, le fils de son maître Abraham, offre à Rébecca, au bord de la fontaine, des boucles d'oreilles, des colliers, des bracelets, toute une gracieuse corbeille de mariage. La jeune fille accepte ses présents avec un plaisir ingénu, qui n'empêche pas l'Écriture Sainte de nous la proposer comme un modèle de vertu. (Chapitre xxiv de la Genèse).
L'historien nous décrit aussi avec détails la toilette que fit Judith avant de partir pour le camp des Assyriens. Après avoir fait ses ablutions et s'être parfumée de myrrhe très fine, elle revêt les habits de sa jeunesse, pose une mitre orientale sur son front, chausse de brillantes sandales, met ses bracelets. ses pendants d'oreille, ses bijoux en forme de lis et ses plus risses parures, (Judith, ch. x).
Enfin le Seigneur aioute un éclat incomparable à son visage, car toute toilette a pour but, nous dit l'historien sacré, non la luxure, mais la vertu, de sorte qu'elle apparaît aux yeux de tous, éblouissante de beauté et de grâce. C'est l'Esprit-Saint lui-même, ne l'oubliez pas, qui a signé ce petit tableau.
Certains chrétiens ne comprennent pas le caractère de cette illustre juive et lui prêtent des intentions de séduction coupable. C'est une calomnie que Dieu lui-même a réfutée à l'avarice. IL nous dit qu'elle n'avait qu'un but : c'était, tout en gardant jalousement sa vertu contre la brutalité des barbares, de gagner les bonnes grâces d'Holopherne, à seule fin de pénétrer dans sa tente pendant son ivresse et de lui trancher la tète. Aussi, chose curieuse, la vertu que le Seigneur loue le plus en elle, avec un courage héroïque, c'est précisément sa chasteté : « Tu es la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, l'honneur de ton peuple ; virile a été ton action et magnanime ton coeur, parce que tu as aimé la chasteté : Viriliter fecisti et confortatum est cor tuum eo quod castitaten amaveris.

Cet exemple vous prouve que la toilette la plus riche et la plus élégante peut très bien, en certaines circonstances, se concilier avec la plus stricte vertu.
(Les Modes inconvenantes, S. Coubé. L'Idéal, Avril 1918).
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »


Les Modes indécentes.

Jetez un regard autour de vous, et dites, si dans les toilettes d'aujourd'huir les convenances les plus élémentaires sont encore respectées ? On dirait que le record de l'élégance est de n'employer que le moins d'étoffe possible pour s'habiller. Vêtements étroits et collants, décolletage impudent, tout indique un véritable abaissement du sens moral.


Nous sommes descendus si bas que nous ne respectons même plus nos églises. On y voit « des femmes qui communient, la tête penchée sur un buste décolleté, leurs mains nues au-dessus même du coude, en des poses mystiques qui scandalisent les irréligieux autant qu'elles écoeurent les femmes chrétiennes qui gardent au coeur le respect d'elles-mêmes et d'autrui ». Le lieu du culte et de la prière est transformé en salle d'exposition de toilette et on y vient pour s'y donner en spectacle.

Mais il y a des manières de s'habiller ou mieux de se déshabiller en public qui ne seront jamais de la modestie, à moins que nous ne revenions à la sauvagerie. Les sauvagesses, plus elles se civilisent plus elles s'habillent, les ultra-civilisées ou les prétendues telles
d'aujourd'hui, plus elles se civilisent moins elles s'habillent.

Ne prétendez pas que ce soit là chose légère et de peu de conséquence. A l'église, le déshabillé ou le décolletage même léger est une inconvenance surtout quand on s'approche de la Table Sainte ; dans la rue, il est une provocation, pour vous en rendre compte vous n'avez qu'à observer la manière dont on vous regarde et essayer de surprendre les réflexions plus ou moins saugrenues dont vous êtes l'objet ; dans vos réunions, dans vos dîners quand vous avez comme invités des ecclésiastiques, il est un manque de tact et de respect ; et dans vos milieux mondains eux-mêmes, il n'est pas sans danger :
Madame de Cael, au congrès diocésain d'Épinal, devant Mgr Foucault, flétrissait l'aveuglement de tant de femmes et de jeunes filles chrétiennes qui s'obstinent à copier les modes lancées, non par les personnes honnêtes, mais par celles qui ne le sont plus :
« Les yeux des mères, des maris ou des frères ne sont-ils donc plus choqués de rien pour tolérer sur leurs filles, leurs femmes ou leurs soeurs des vêtements tellement légers, tellement ajustés qu'ils déshabillent celles qui osent s'en revêtir et qui leur valent, en sourires entendus, en compliments menteurs en regards pervers, tout ce qu'elles perdent en égards et en respect.

Vous qui pensez que l'habitude de voir du décolletage immunise les hommes de la société, souvenez-vous que les yeux sont les portes de l'âme, et par eux, toutes les passions entrent en nous. Le sens de la vue, dit saint Grégoire de Nazianze, va plus loin que celui du toucher, et son organe est le plus expéditif et le plus insatiable de tous. Les yeux sont des séducteurs toujours prêts à nous entraîner dans le crime. Il n'a fallu qu'un coup d'oeil pour perdre David, et, de saint qu'il était, il devint tout à coup adultère et homicide. Vos maris et vos fils sont-ils par hasard plus saints que David, plus sages que Salomon, plus forts que Samson pour qu'ils puissent faire fi des conseils de l'Esprit-Saint ? S'il nous recommande avec insistance de ne pas arrêter nos regards sur une jeune personne, même mise chastement, de peur que sa beauté ne soit une pierre d'achoppement à notre pureté, à combien plus forte raison sur celles qui, par leurs toilettes lascives et provoquantes, ne cherchent qu'à attirer les regards et capter les coeurs.
Si vous croyez que j'exagère, interrogez vos confesseurs, demandez bien ce que vos jeunes gens pensent de toutes ces exhibitions. Ils vous diront que très souvent, c'est pour eux une cause de scandale et de chute. Interrogez vos maris, et s'ils ont du bon sens et un peu de clairvoyance, ils vous répondront qu'ils aimeraient beaucoup mieux plus de réserve, et que pour leur plaire, il n'est pas nécessaire de se donner en spectacle à toute une société, et souvent à quelle société !
Je voudrais souligner ici, l'importance du rôle de l'époux dans ce domaine. Dans une famille chrétienne, le mari ne devrait jamais accepter que son épouse soit mal habillée, que ce soit de manière indécente, ou de manière excentrique. C'est le rôle du chef de famille de veiller sur son épouse, puis sur ses enfants, celui de l'épouse étant d'être soumise et de transmettre aux enfants l'éducation voulue par le père.

Le R.P. Vuillermet aurait pu s'adresser ici aux maris : "Vous êtes chrétiens, …"
Vous êtes chrétiennes, pouvez-vous alors, sous un futile prétexte de vanité, ou uniquement pour suivre la mode, vous exposer à être la cause de la perte des âmes ? Le soir, quand après une réception brillante, où vous avez été, ou du moins vous le croyez, très admirée, vous allez, heureuses et fières, vous endormir sur vos lauriers, bercées par la musique enivrante des paroles aimables entendues, demandez-vous si ces lauriers ne sont pas humides du sang des âmes que vous avez scandalisées.
Veni de Libano
Messages : 100
Inscription : jeu. 19 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Veni de Libano »

Vous avez parfaitement raison concernant l'action débilitante d'une certaine mode sur le comportement féminin, à bien des points de vue. Toutefois je voudrais nuancer un peu l'affirmation selon laquelle le mari est le garant absolu des bonnes moeurs dans une famille et que l'épouse chrétienne doit se montrer en tous points humblement soumise au chef de famille.

Malheureusement les exemples ne manquent pas autours de nous, et dans les familles les plus respectées, de pères de familles qui, cantonnant exclusivement leurs épouses dans le monde de la cuisine et des couches des années durant, leur en veulent subitement d'une apparence évidemment moins flatteuse que celle qu'ils connaissaient à leur fiancée, et finissent par mener une double vie avec une secrétaire séduisante, quand ils n'abandonnent pas femmes et enfants pour vivre leur passion coupable en toute tranquillité !

Je crois qu'il faut impérativement interpréter la soumission de la femme à son époux à la lueur de l'intelligence, sous peine de tomber dans les excès de l'islam le plus degradant pour la femme mais aussi pour l'homme qui s'animalise alors dans un complexe de supériorité.

L'autorité virile du père de famille est nécessaire à l'éducation des enfants, filles et garcons, et la mère responsable doit mettre sans cesse en avant cette autorité du père quand elle s'appuie sur un exemple sans faille, mais pour que toute éducation porte des fruits, elle doit être parfaitement définie par les deux parents, d'un parfait et commun accord base sur le partage d'une culture socio-religieuse commune, et appliquée en bonne intelligence dans le respect de la personnalité des deux parents. Comment un homme poète et rêveur saura-il élever ses 8, 10 ou 12 enfants s'il n'est secondé par une épouse responsable et efficace pour deux ? Et inversement, la douceur d'une femme plus effacée pourra merveilleusement apporter au foyer la tendresse toute féminine qui fera le bonheur de sa famille toute entière.

Il n'y a pas de secret infaillible pour mener à bien, de bout en bout une vie de famille chrétienne et heureuse, mais quelques exigences partagées:

Une Foi solidement ancrée et transmise de même aux enfants par les deux parents, le respect et l'entraide mutuel, la décision concertée des grandes lignes directrices, l'Amour le plus fort qui soit, celui qui se donne et ne prend pas. Je crois que dans ce cas, il devient inutile à l'homme d'interdire quoique ce soit à son épouse (comme si elle était une enfant!) : Chacun saura se montrer séduisant envers son conjoint dans les limites du bon sens et de la réserve chrétienne.

La mode, aussi perverse soit-elle, ne saurait influencer l'entente et la vertu d'un couple véritablement chrétien auquel ne manque aucune de ces exigences et c' est notre rôle aujourd'hui de former des générations de jeunes gens capable de s'unir librement et volontairement dans le but de fonder à deux, en s'épaulant mutuellement dans le doute, l'adversité, la souffrance, mais aussi le bonheur d'avancer sur leur chemin commun, des familles vraiment catholiques qui sauront à leur tour transmettre la Foi, l'Espérance et la Charité à leurs descendants, pour la plus grande gloire de Dieu !
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Laetitia »

Je suis d'accord avec vous, Veni de Libano. Mais je n'ai pas dit que
le mari est le garant absolu des bonnes moeurs dans une famille
je n'ai parlé que de
l'importance du rôle de l'époux dans ce domaine..
De par la volonté de Dieu, c'est au mari qu'ont été remis l'autorité et le gouvernement de la société domestique. C'est donc lui le chef de la famille.

Ceci ne signifie pas que les maris doivent cantonner
exclusivement leurs épouses dans le monde de la cuisine et des couches des années durant
sinon, en effet, comme vous le soulignez nous risquons de
tomber dans les excès de l'islam le plus dégradant pour la femme mais aussi pour l'homme qui s'animalise alors dans un complexe de supériorité.
Toujours dans le plan de Dieu, la femme est épouse avant que d'être mère.

Soumise à son mari, elle n'est pas une servante ; elle est, pour reprendre l'expression de l'Ecriture, son adjutorium simile sibi, c'est à dire son aide, son secours, sa compagne, ou pour mieux dire, son épouse, celle qui sans cesse accompagne le chef ; celle qui en prend la forme et le complète si bien qu'elle le parfait ; car, dans le Seigneur, ni la femme n'est (quelque chose) sans l'homme, ni l'homme n'est (quelque chose) sans la femme.

Voilà, ce me semble, comment
un homme poète et rêveur saura ... élever ses 8, 10 ou 12 enfants [...] secondé par une épouse responsable et efficace pour deux. Et inversement, la douceur d'une femme plus effacée pourra merveilleusement apporter au foyer la tendresse toute féminine qui fera le bonheur de sa famille toute entière.
Revenons au problème de la mode.

Voici ce qu'écrivait Mgr Suenens à propos de la vie conjugale et que l'on peut aisément appliquer à la mode :
Qu'il le veuille ou non, le chrétien respire l'air contaminé qui l'environne. Confronté, à tous les tournants de l'existence, avec cette philosophie relativiste de la vie, il s'interroge, parfois avec inquiétude, sur les bases de son propre comportement moral, et il est entraîné combien facilement par la tentation de s'aligner. Pour le chrétien, plongé nuit et jour dans cette atmosphère, il est difficile de garder des réactions saines et de démêler le vrai du faux...
De même pour la mode, nous sommes tous plongés dans cette atmosphère, et il est difficile de "ramer à contre-courant".
Veni de Libano
Messages : 100
Inscription : jeu. 19 oct. 2006 2:00

Re: La mode

Message par Veni de Libano »

On ne peut que s'incliner devant la justesse et la précision de votre argumentation.

Celles (et ceux!) qui souhaitent ramer ouvertement à contre courant pourraient le faire sans trop de difficultés en prenant grand soin, par exemple, de ne jamais tomber dans la caricature dont raffolent les ennemis de l'Eglise catholique :

La Vérité présentée sans artifice mais par une personne (jolie ou non, peu importe!) agréable à entendre, à voir, ou même à lire comme c'est votre cas, 'passe' infiniment mieux et porte plus de fruits que la même Vérité proclamée par une personne négligente...

Don Bosco dit un jour à Saint Dominique Savio qui lui semblait avoir perdu sa bonne humeur et son entrain habituels dans les pénitences et les sacrifices :

" Attention, tu prends une mauvaise route: tu es trop tendu et tu as mal compris ce qu'est la sainteté. Un saint triste est un triste saint, ne l'oublie pas Dominique."
Répondre

Revenir à « Actualité et thèmes secondaires »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité