Un seul des dix lépreux guéris vint se jeter aux pieds de Jésus, le visage contre terre. Les autres pouvaient être reconnaissants, mais ne le témoignaient pas, ce en quoi ils étaient répréhensibles.
Ier POINT
A. L’homme est composé d’un corps et d'une âme. Jésus, en guérissant les dix lépreux, avait
à la fois rendu la santé à tout leur être : à leur âme, et aussi à leur corps. Il était donc légitime
que les lépreux ne s’en tinssent pas à une reconnaissance purement mentale, mais y fissent participer leur corps. Il n’y en eut qu’un qui rendit grâce à Jésus comme il était convenable de le
faire.
B. Saint Thomas fait observer avec raison que l’homme, fait d’un corps et d’une âme, doit à
Dieu une double adoration : l’une spirituelle, l’autre corporelle. Il y a une grande différence
entre honorer et adorer. On peut honorer extérieurement un homme par une marque de respect, tout en pensant qu’il n’est digne que de mépris. L’adoration, au contraire, n’existe qu’autant que l’intelligence et le cœur sont pénétrés du sentiment qui détermine le corps à manifester, par des signes extérieurs, cette adoration. D’ailleurs, les signes d’humilité donnés par le corps doivent porter l’esprit à se soumettre à Dieu.
IIe POINT
A- L’adoration ne peut donc avoir lieu sans le consentement de l'esprit, car elle donne à l’objet de son culte la foi, l’espérance, l’amour et la vénération du cœur. Dans son Exposition de la doctrine de l’Église catholique, Bossuet dit: « L’adoration due à Dieu consiste principalement à croire qu’il est le Créateur et le Seigneur de toutes choses, et à nous attacher à lui de toutes les puissances de notre âme par la foi, l’espérance et la charité, comme à celui qui seul peut faire notre félicité, par la communication du bien infini qui est lui-même. »
B. Bossuet ajoute : « Cette adoration intérieure que nous rendons à Dieu, en esprit et en vérité, a ses marques extérieures, dont la principale est le sacrifice, qui ne peut être offert qu’à Dieu seul parce que le sacrifice est établi pour faire un aveu public et une protestation solennelle de la Souveraineté de Dieu et de notre dépendance absolue. » Est-ce ainsi que nous adorons ? Nos dévotions ne sont-elles pas par trop extérieures, sans que l’âme y ait sa part ? Tombons-nous dans le défaut opposé ? N’oublions pas que tout culte religieux doit se terminer à Dieu comme à sa fin nécessaire.
Résolution. — Prier avec plus d’attention et en posture humble.
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Jeudi - 13e Dimanche ap la Pentecôte - Actes corporels impliqués par l’adoration - Méditations pour tous les jours de l'année sur les Évangiles du Dimanche tome 1 d’après Saint Thomas D’Aquin et Saint Augustin par Le Père Roger Des Fourniels
Jeudi - 13e Dimanche ap la Pentecôte - Actes corporels impliqués par l’Adoration
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