Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société (13 novembre 1945)

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micael
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société (13 novembre 1945)

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Texte de la Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société (13 novembre 1945).
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Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société (13 novembre 1945)

Message par Si vis pacem »

 
chartreux a écrit : jeu. 04 déc. 2025 14:43 
Dans une de ses vidéos , l'abbé Pagès fait une allusion historique rapide à une déclaration faite par le clergé français concernant la laïcité :
 
Abbé Pagès, 11min 8s a écrit : 
Au sortir de la seconde guerre mondiale, l'assemblée des évêques et cardinaux de France, tout en affirmant que seule l'Église Catholique est source de vérité, admit la laïcité, je cite, "comme souveraine autonomie de l'État"
 
 
Est-ce que l'on peut trouver le texte de cette déclaration (ou à défaut, quelques renseignements précis dessus) sur Internet ?
 
Cette déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société date du 13 novembre 1945. Elle se trouve dans le premier numéro de La Documentation catholique pour l’année 1946 (Tome XLIII, n° 955, 06-01-1946). Elle se divise en trois parties indiquées dans le titre de celle-ci. La citation de l’abbé Pagès est tirée de la dernière partie concernant la société civile.
Voici le document demandé :
Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 
Dans notre déclaration du 28 février 1945, nous avons exposé la doctrine sociale de l’Église en face des grandes réformes qui s’imposent pour l’établissement d’un ordre social plus humain.

À cette tâche immense et urgente de la restauration nationale, nous avons convié tous les Français à collaborer dans un esprit de hardiesse et de sagesse, en se montrant partout des apôtres passionnés de justice sociale et d’amour fraternel, des serviteurs dévoués de chose publique, respectueux de l’autorité de l’État et soucieux du bien commun de la cité, le cœur rempli d’un ardent amour pour la patrie, que nous ne séparons pas de-notre amour pour l’humanité.

Au moment où va s’élaborer la Constitution nouvelle, nous avons le devoir de faire entendre la voix de l’Église. Non, certes, pour intervenir dans un domaine qui n’est pas le nôtre : sur les problèmes de pure technique politique qui concernent les institutions, les assemblées parlementaires, les rapports des différents pouvoirs entre eux, l’Église n’a rien à dire. Elle respecte trop la liberté qu’a chaque nation de choisir les normes politiques et les structures économiques qui lui paraissent le mieux appropriées au génie propre de son peuple et à l’évolution de sa civilisation.

Mais dans les circonstances présentes, nous devons parler pour deux raisons principales :
  1. La loi constitutionnelle qui va être étudiée aura, sur la vie religieuse des Français, des répercussions plus puissantes et plus durables encore que celles des lois ordinaires. Or, l’Église a le devoir et le droit de regard sur la vie religieuse des fidèles : c’est elle et elle seule qui a reçu de son divin Fondateur la mission de la diriger et de la protéger. Elle a donc le devoir et le droit d'exprimer sa pensée et de formuler des requêtes en ce qui concerne les répercussions morales et religieuses que peuvent avoir les institutions sur la vie des âmes ;
  2. Autant ou plus que les lois ordinaires, les Constitutions supposent et affirment toute une philosophie de la vie humaine, des droits et des devoirs de l’homme, de sa destinée. Nous manquerions à notre obligation primordiale d’enseigner la vérité religieuse et morale, si nous ne rappelions pas aujourd’hui les principes essentiels de la doctrine catholique sur la personne humaine, la famille, la société.
Au surplus, si leurs chefs spirituels ont une mission à remplir, les Français ont aussi la leur. La France est à une heure décisive. Deux conceptions se disputent le monde : une conception matérialiste et la conception spiritualiste du christianisme. L’enjeu de la transformation actuelle, c’est la civilisation chrétienne. Sur les ruines des institutions d’hier et pour l’établissement des institutions nouvelles, la France est appelée à choisir entre le néo-paganisme des doctrines matérialistes et les principes de cette civilisation chrétienne pour laquelle les peuples alliés ont combattu et remporté la victoire. Les catholiques doivent comprendre la gravité de l’heure, leur devoir de promouvoir les principes fondamentaux de l’ordre social, leur mission de restaurer dans le monde, et en France d’abord, la civilisation chrétienne ébranlée. Au moment où les différentes doctrines proposent leurs solutions pour le relèvement de la patrie, nous avons tenu à rappeler la doctrine de l’Église et, sans vouloir l’imposer à ceux qui ne partagent pas nos croyances, nous estimons qu’elle projette sur les grands problèmes de l’heure présente une vive lumière, susceptible d’éclairer tous les Français qui, avec nous, reconnaissent les vérités de la loi naturelle et sont résolus à faire de l’unité nationale une réalité.
 
 à suivre …
 
Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

I. — La personne humaine.

Le problème fondamental qui se pose à un État est celui des rapports des individus et de la société.

LES ERREURS. — Deux erreurs foncières doivent être rejetées : l’individualisme libéral, qui sacrifie la société à l'individu ; le totalitarisme, qui sacrifie l’individu à la société.

La théorie individualiste exalte l’individu et nie la réalité sociale au point de ne voir dans l’organisation de la société qu’un obstacle au plein épanouissement des libertés individuelles : elle aboutit au triomphe de l’égoïsme, destructeur de tous les liens sociaux.
La théorie totalitaire absorbe la personne humaine dans la société, en donnant à l’État un contrôle absolu sur toutes les activités des citoyens, y compris l’activité intellectuelle, morale et spirituelle. L’individu n’a d’autres droits que ceux que lui concède la volonté, toujours sujette à changement, de la collectivité. Quelle que soit cette collectivité — classe, parti, race, nation, humanité — cette doctrine aboutit à un asservissement des personnes. L'expérience a montré à quel point elle pouvait devenir inhumaine.

LA DOCTRINE DE L’ÉGLISE. — Dans la question des rapports entre la personne humaine et la société civile, toute la doctrine de l’Église consiste à sauvegarder deux autonomies qu’il s’agit de bien définir.

D'un côté, il y a l’autonomie de la personne humaine, c’est-à-dire cette éminente dignité grâce à laquelle la personne humaine n’est subordonnée à rien ni à personne, sauf à Dieu, et trouve dans cette subordination unique et suprême la justification dernière et nécessaire de toutes ses autres dépendances.
De l’autre côté, il y a l’autonomie de la société civile, c’est-à-dire, suivant les termes mêmes de l’Encyclique Immortale Dei, sa « souveraineté en son ordre ». Mais le bien social dont elle a la garde, et qui consiste à organiser les hommes de façon qu’ils vivent de plus en plus en personnes, ne peut se définir sans la vraie notion de la personne humaine.

Nous souhaitons que, de cette notion humaine et chrétienne, la société civile s’inspire pour réaliser le vrai bien social.
 
 à suivre …
Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

Rejet de l’individualisme.


D'une part, le christianisme rejette l’individualisme.

D’abord, parce qu’il voit dans l’homme une personne. L'homme, ce n’est pas cet individu qui se prétend indépendant, parce qu’il se soustrait à toute règle et qu’il est l’esclave de ses passions. C’est une personne, c’est-à-dire quelqu’un, un être raisonnable et libre, doué de la faculté de penser, de délibérer ses propres décisions, de se rendre compte de ses actes et de les rapporter à une fin. La personnalité d’un homme s’affirme dans la mesure où, s’affranchissant des servitudes inférieures de l'instinct égoïste et de ses caprices, prenant de plus en plus conscience de sa responsabilité et de sa vocation, il se gouverne lui-même par la raison et la volonté, acquiert une maîtrise de soi pour se soumettre librement au vrai et à l’ordre moral, finalement à Dieu.

De plus, la conception chrétienne ne considère pas l'homme comme un être abstrait isolé des sociétés humaines auxquelles il appartient : il est engagé dans des communautés vivantes, dont il est solidaire et envers lesquelles il a des devoirs, communautés familiales, professionnelles, civiles. Le christianisme a mis au premier plan les obligations de justice et de charité sociales, L’homme est tenu de servir la société en être conscient, responsable et libre, parce qu’il reçoit beaucoup d’elle et qu’il a besoin de cet ensemble organique de relations humaines qui constitue la société, non seulement pour assurer sa vie matérielle, mais aussi pour son développement intellectuel, moral, spirituel. C’est le Christ qui a appris aux hommes qu’ils devaient s’aimer les uns les autres. La doctrine du Corps mystique est la plus puissante synthèse d’une vie communautaire.
 
 à suivre …
Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

Rejet du totalitarisme.


D'autre part, le christianisme rejette le totalitarisme.

Il proclame qu’il y a, dans l’homme, un élément supérieur qui transcende la cité temporelle : c’est son âme spirituelle, immortelle, libre orientée vers l'infini, créée à l’image de Dieu, élevée par Jésus-Christ à la dignité de « fils de Dieu » et appelée à entrer en communauté de vie, en rapports de famille avec le Dieu vivant.

Sous cet aspect, l’Église affirme que la société est faite pour le bien des personnes humaines qui la composent. La société doit se mettre à leur service, non pas en tant qu'individus isolés, mais en tant qu'ils constituent la communauté humaine pour les aider à réaliser leur destinée, en créant un ordre juridique et social qui protège leur vie temporelle, garantisse efficacement leurs droits, favorise leur épanouissement humain, les fasse vivre chaque jour davantage en personnes humaines responsables, solidaires, fraternelles.

« La raison d’être et la fin essentielle de la société, écrit le Pape Pie XII dans son message de Noël 1942, c’est de conserver, développer et perfectionner la personne humaine. A travers tous les changements et toutes les transformations, la fin de toute la vie sociale demeure identique, sacrée, obligatoire : le développement des valeurs personnelles de l’homme : l’image de Dieu. »

Le christianisme a exalté ainsi, plus qu'aucune autre doctrine, l’éminente dignité de la personne humaine. Tout en demandant de rendre à César ce qui est à César, il a libéré la personne humaine en soustrayant à tout pouvoir humain le sanctuaire intime de la conscience. En rattachant les plus hautes valeurs spirituelles de l’homme à Dieu même et en ne les faisant dépendre que de Dieu, il a donné un fondement inébranlable aux droits imprescriptibles de la personne humaine.
 
 à suivre …
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

Les droits de la personne humaine.

Les Souverains Pontifes, depuis Léon XIII surtout, ont énuméré les droits fondamentaux de la personne humaine. Pie XI, dans l’Encyclique Divini Redemptoris, citait « le droit à la vie, à l’intégrité du corps, aux moyens nécessaires à l’existence ; le droit de tendre à sa fin dernière dans la voie tracée par Dieu ; le droit d’association, de propriété et le droit d’user de cette propriété ». Nous invitons les Français à méditer très particulièrement ce code de vérités lumineuses que, le Saint-Père Pie XII a promulgué dans ses messages de guerre.
  1. « Droit à la vie », à une vie vraiment humaine : « Droit à la conservation et au développement de la vie corporelle, intellectuelle et morale, et en particulier droit à une formation et à une éducation religieuses. »
  2. « Droit au choix libre d’un état de vie. »
  3. « Droit au mariage » et à la réalisation de sa fin : la société conjugale et familiale.
  4. « Droit au travail comme moyen indispensable à l’entretien de la vie familiale. »
  5. « Droit au juste salaire qui suffise aux besoins de l’ouvrier et de sa famille. »
  6. « Droit à la propriété privée ... » « Droit à l’usage des biens matériels dans les limites du devoir et des obligations sociales ... » A ce droit correspond l’obligation fondamentale d’accorder une propriété privée autant que possible à tous.
  7. « Droit inaliénable à la sécurité juridique », protection par la loi et par une organisation judiciaire des libertés individuelles, « contre toute atteinte arbitraire ».
  8. « Droits du citoyen en régime démocratique » « d’exprimer son opinion personnelle sur les devoir et les sacrifices qui lui sont imposés ... (de) ne pas être contraint à obéir sans avoir été entendu ».
  9. « Droit au culte de Dieu privé et public, y compris la bienfaisance religieuse. »
    Le Saint-Père demande enfin que l’État soit ramené « au service de la société, au plein respect de la personne humaine et des activités qui lui permettent d’atteindre ses fins éternelles », et qu’il « favorise dans tous les domaines de la vie, par tous les moyens licites les formes sociales qui rendent possible et garantissent une entière responsabilité personnelle dans l’ordre temporel comme dans l’ordre éternel ».
     
 à suivre …
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

II. — La famille.

La reconstruction de la patrie se fera par la restauration de la famille. La force, la prospérité, la grandeur d’une nation repose sur des familles fécondes, stables et unies.

Aussi une opposition foncière n'est-elle à craindre entre le bien des familles et le bien de l’État. Certes l’État a le droit de demander aux familles la soumission à ses lois et, même aux heures graves de l’épreuve nationale, de leur imposer de durs sacrifices. Mais, en respectant et en protégeant les droits de la famille l’État remplit sa vraie mission parce qu’il assure le bien commun de la nation.

Le droit des familles est antérieur à celui de l’État parce que, historiquement, l’État apparaît après la famille. Ce n’est pas la société qui existe la première : c’est la famille. Une nation n’est qu’un groupement de familles. La famille est le germe de la société : c’est elle qui donne à la société ses membres. La famille est l’unité sociale : c’est par la famille que l’homme appartient à la société. La société, l’État, doit donc servir la famille, non la supplanter là où elle suffit à remplir son rôle.

Le droit des familles sur l'enfant est supérieur à celui de l’État, parce que ce droit, elles ne le tiennent pas de l’État par une concession, mais de la nature elle-même.

Société naturelle établie par Dieu, fondée sur un contrat dont Jésus-Christ a fait une source sacramentelle de vie divine pour les époux, la famille est aussi une institution dont l’existence et la fin ont, dans le temps, des effets et des prolongements qu’il n’est au pouvoir de personne de supprimer.

La famille est donc, dans le plan providentiel, le foyer où s’acquièrent les grandes vertus nécessaires à la vie sociale : le respect et le souci des autres, l’attention et le dévouement aux autres, la loyauté et la conscience, la soumission à l’autorité. La famille est l’école de toutes les vertus humaines : l’accomplissement constant de leurs devoirs, souvent austères, impose aux parents un esprit d’abnégation, le don de soi, le courage patient dans le partage en commun des peines des sacrifices, la maîtrise de soi dans les joies, le sentiment du devoir, la confiance en la Providence paternelle de Dieu.

Parce qu’elle a des devoirs, la famille à des droits. En les proclamant, nous sommes certains de nous faire l’écho des aspirations des grands mouvements familiaux, qui les exprimaient naguère en des vœux analogues, mais nous les complétons sur plusieurs points à la lumière de la doctrine de l’Église.
 
 
Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 

Les droits de la famille



1° La famille a droit à sa stabilité.
Exigée par la dignité d’un amour sincère qui se donne dans un engagement irrévocable par nature, la stabilité du foyer est nécessaire à l'éducation des enfants, à leur bonheur, à leur existence même, L’indissolubilité du mariage est la garantie de la fidélité des époux et de leur attachement au devoir. L’Église n’est plus aujourd’hui la seule à la défendre. Des juristes, des sociologues, soucieux de la grandeur de la nation, ont dénoncé, dans le divorce, une cause de ruine mortelle pour la famille et la société. L'histoire prouve que la facilité et la fréquence du divorce sont un signe de la décadence d’un peuple.

2° La famille a droit à sa fécondité : elle a pour fin essentielle de transmettre la vie, elle a donc le droit de se multiplier. Tout ce qui met obstacle à cette mission blesse la famille dans son existence. L’État a le devoir d’assainir le milieu social, d’abord en luttant contre tous les obstacles d’ordre moral (licence des rues, des librairies, des spectacles et cinémas ; propagande en faveur de l’avortement ou de la stérilité ; existence des maisons de débauche) ; puis en entreprenant lui-même une action positive de moralité publique et en encourageant toutes les institutions ou initiatives qui travaillent au relèvement des mœurs ; enfin, en protégeant la maternité et en réalisant les réformes sociales qui rendront possibles la fondation d’un foyer humain et normale la vie d’une famille.

3° La famille a droit à son unité.
L’unité de la société familiale est une unité d’ordre entre ses membres. L’ordre suppose une hiérarchie et une discipline consentie : l’une et l’autre, dans la famille, sont fondées sur l’amour. Hiérarchie entre les époux, établie sur la mission providentielle de chacun, les tâches respectives et les fonctions complémentaires que la nature a assignées au père et à la mère, encore qu’ils soient égaux tous deux quant à la dignité personnelle et que, dans la vie de famille, tout doive être pensé, décidé, organisé en commun, selon un ordre non seulement extérieur, mais intérieur, selon une même conception de la vie et du devoir. Ordre hiérarchique, d’autorité et d’obéissance, entre les parents et les enfants : autorité de service et obéissance d’amour, La présence de la mère au foyer et la préparation des parents à leur mission sont une exigence de l’ordre familial.

4° La famille a droit au respect de sa mission éducatrice. Elle a le droit d’élever ses enfants, de former leur corps, leur intelligence, leur âme. Elle est le milieu normal où s’opère l'éducation des enfants par une œuvre commune et constante d'amour. Elle a le droit et doit avoir les moyens pratiques de choisir librement l'école qu’elle préfère. L'école doit être le prolongement et l’auxiliaire dévoué de la famille. Le respect de la famille et de l’autorité des parents y doit être enseigné. Une collaboration loyale et confiante doit s’établir entre la famille et les maîtres pour le plus grand bien des enfants. Nous confirmons, sur ce point, tout le passage de notre déclaration du 28 février sur le problème scolaire, et nous affirmons notre volonté de travailler de toutes nos forces à sauvegarder la liberté de l’enseignement dans une atmosphère de concorde nationale.
 
 
Si vis pacem
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 
5° La famille a droit à la protection de sa santé.
L’État se doit de lutter contre les fléaux divers qui menacent la santé de la famille : l’alcoolisme, la tuberculose, l’insalubrité des villes ou de l’habitat rural. Il a le devoir d’organiser l’hygiène publique, de pratiquer une large politique d’urbanisme, de résoudre le problème du travail féminin. Le droit de la famille suppose qu’elle-même se soumet aux mesures légitimes de salubrité prises par l’État, donne à la culture physique sa part, ordonne ses loisirs selon un plan rationnel et instaure au foyer un régime d’hygiène et de propreté.

6° La famille a droit à sa sécurité, non certes pour se dispenser de l’effort et du travail, mais pour libérer les parents des angoisses de l’avenir. Droit au minimum moyen de sécurité exigé par son caractère d’unité permanente à travers les vicissitudes de l’existence et proportionné à sa condition sociale.
Cette sécurité doit lui être assurée d’abord par la rémunération du travail. Le salaire doit être suffisant pour faire vivre le travailleur et sa famille, complété par des institutions familiales avec l’aide de la profession et de l’État : « Un salaire qui assure l’existence de la famille et rende possible aux parents l'accomplissement de leur devoir naturel de faire croître une famille sainement nourrie et vêtue. » (Pie XI.)

7° La famille a droit à la justice distributive. Les impôts et les charges, les subventions et les pensions, les allocations de vie chère et les tarifs doivent être calculés en fonction de la famille et non de l’individu seul.

8° La famille a droit à son espace vital (Pie XII) : c’est-à-dire à « une maison à elle » (Pie XII), à une habitation saine, digne, correspondant à ses besoins, et où elle aime à se retrouver réunie, ainsi qu’à un « bien de famille » immobilier qu’elle puisse constituer aisément.
 
 
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Déclaration de l’Épiscopat français sur la personne humaine, la famille, la société a écrit : 
9° La famille a le droit de se perpétuer. L’État se doit d’instituer un régime successoral et fiscal qui respecte la liberté du père de famille et l'intérêt des familles ;

10° La famille a le droit d’être reconnue comme une institution juridique, ayant sa place officielle dans l’État, ses mandataires dans les organismes qui préparent des lois ou gèrent les services publics. Nous souhaitons que la représentation des intérêts de la famille soit assurée et que toutes les lois et interventions de l’État tiennent compte toujours, d’abord et avant tout, de la répercussion sur la famille et de ses besoins propres.

11° La famille a le droit d’être respectée dans sa dignité. Les familles nombreuses, auxquelles l’État apporte une aide, ne doivent pas être considérées comme des assistées qui reçoivent une charité. L’aide de l’État et le concours de la nation sont l’accomplissement d’un devoir strict, la reconnaissance du service national qu’assurent les familles pour la vie même de la patrie. Cette dignité de la famille doit être également respectée par le « service social » ; il ne doit pas se substituer à la famille, mais l’aider discrètement à prendre une conscience plus claire de ses responsabilités, la préparer progressivement à pourvoir par elle-même à ses besoins. Il faut en dire autant de la profession : elle n’est pas l'essentiel de la vie humaine et elle ne peut avoir la prétention à la diriger toute. Elle doit collaborer avec la famille, respecter ses droits et sa primauté, en particulier dans le domaine de l’éducation.

12° La famille a le droit d'accomplir librement tous les devoirs qui la relient à Dieu, son auteur et son législateur, son soutien et sa providence, sa fin suprême.
 
 
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