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Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 11:30
par Abbé Zins

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           Pie IX, le très grand et très simple :


Ah ! Marcus,

si vous connaissiez la si profonde humilité et simplicité du très grand Pie IX,

son incommensurable bonté n'empêchant point son inébranlable et douce fermeté,

vous seriez vite conquis !


Si vous saviez où il a célébré ces premières Messes, et pourquoi !?

Si vous connaissiez "Tata Giovanni" !?

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 11:34
par Abbé Zins
Marcus a écrit :
Monsieur l'Abbé,

Je suis très sensible au message que vous m'adressez..
Quand on apprécie quelqu'un, comme un Pape, on se penche surtout sur ses actes. On néglige souvent la réalité de la personne.
Je sais que S S Pie IX était très bien considéré au début de son pontificat..
Malgré ses qualités de coeur qu'il avait montré d'abord, il a été pris dans une tourmente.. Tout d'abord, la naissance de la nation italienne qui l'a privé des Etats Pontificaux.. Il s'est réfugié au Vatican où il s'est considéré comme prisonnier.. Napoléon III a fait intervenir les troupes françaises, mais le mouvement, la constitution des Etats-Nations était en marche..voyez pour l'Allemagne, à la même époque.. Il a mal vécu la naissance de l'Italie.
La perte des Etats Pontificaux pour la papauté fut mal perçue et pourtant..
Voyez-vous SS Benoit XVI gérant un Etat avec ses problèmes économiques, sociaux , de sécurité, de chômage etc ?

Autre séisme auquel il a dû faire face : l'essor de la science, les technologies nouvelles et l'apparition du prolétariat.. des révoltes..

Je crois que beaucoup d'hommes ayant eu les mêmes problèmes auraient réagi de la même manière..
Le Concile Vatican I fut pour lui l'occasion de réaffirmer l'autorité papale par le dogme de l'Infaillibilité pontificale..

Merci de votre message.
Nous n'avons pas la même approche du christianisme, mais je vous sais homme de coeur et de foi..

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 11:37
par Abbé Zins

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Interrogeant un jeune Prêtre, récemment ordonné, Pie IX lui demanda :

- Où donc, mon fils, avez-vous célébré votre première Messe ?

- A Saint-Pierre, dans les Grottes Vaticanes, Très Saint Père.

- Très bien ; je vous en félicite. Moi, j'ai célébré ma première Messe à Tata-Giovanni, au milieu de mes pauvres orphelins.

En disant ces mots, le Souverain Pontife se recueillit, comme dans un doux souvenir. Puis, reprenant la conversion :

- Et où avez-vous célébré, mon fils, votre seconde Messe ?

- A Sainte-Marie-Majeure, Très Saint Père.

- Oh! excellente et pieuse idée, Sainte-Marie-Majeure, délicieux sanctuaire. Je vous en félicite encore, mon fils.

Moi, c'est à Tata-Giovanni que j'ai célébré ma seconde Messe !.... Pauvres enfants !....

Le Pape baissa la tête, en achevant ces mots, et se recueillit à nouveau, plus profondément qu'il ne l'avait fait un instant auparavant.

Puis, s'adressant pour la troisième fois au jeune Prêtre :

- Et où avez-vous célébré votre troisième Messe ?

- A Saint-Jean-de-Latran.

- Très bien, très bien, mon fils, j'admire votre piété et l'heureux discernement de votre coeur. Saint-Jean-de-Latran est, avec Saint-Pierre et Sainte-Marie-Majeure, un des plus auguste sanctuaire du Catholicisme. (La Mater et Magistra de toutes les églises de la Chrétienté!)

Moi, ma troisième Messe, c'est encore à Tata-Giovanni que j'ai célébrée. C'est là, ajouta le Souverain Pontife d'une voix attendrie, que j'ai célébré ma quatrième Messe, et toutes les autres.

Mon coeur eut bien désiré, mon fils, les consolations que vous avez goûtées ; mais pouvais-je m'éloigner de mes pauvres enfants ?

N'étais-je pas leur Père ? Quelle joie n'était-ce pas pour eux de me voir à l'Autel au milieu d'eux ? Quelle satisfaction n'était-ce pas pour moi ?

Tata-Giovanni ? "Papa Jean", du nom de son fondateur prénommé Jean,

c'était le nom charmant de l'orphelinat dont l'Abbé Jean-Marie Mastaï

fut, de 1819 à 1823, le tout dévoué et très aimé Aumônier.

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 11:40
par Abbé Zins

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Fin 1822, l'Abbé Mastaï est envoyé comme Délégué Apostolique au Chili.

Il lui faut donc quitter l'aumônerie de l'orphelinat.

Un ancien de Tata-Giovanni raconte l'émouvante scène des adieux :
« L'Abbé Mastaï, désigné pour faire partie d'une mission lointaine, devait nous quitter. Nous l'ignorions encore, et pourtant le moment de la séparation était venu.

Nous remarquâmes que pendant le souper il n'avait proféré aucune parole. Au moment où nous allions sortir de table, après avoir dit les grâces, il nous annonça la triste nouvelle.

Ce ne fut qu'un cri de douleur d'un bout à l'autre du réfectoire. Nous étions alors cent-vingt-deux, grands et petits, et il n'y en eut pas un qui ne pleurât.

Tous à la fois nous quittâmes nos places pour nous jeter dans ses bras ; les uns baisaient ses mains, les autres s'attachaient à ses habits ; ceux qui ne pouvaient le toucher l'appelaient des noms les plus tendres et le suppliaient de ne pas nous abandonner : Qui nous consolerait ? Qui nous aimerait ? ..

Il fut si ému de notre désespoir, que lui-même fondit en larmes ; et serrant contre sa poitrine ceux qui se trouvaient le plus près de lui : Je n'aurais jamais cru, dit-il, que notre séparation fût aussi douloureuse !..

Alors, il s'arracha du milieu de nous et se précipita vers sa chambre ; mais il essaya vainement d'en fermer la porte, nous y entrâmes après lui.

Cette nuit-là, personne ne dormit à Tata-Giovanni ; tous restèrent auprès de l'Abbé Mastaï, et il nous instruisait et nous consolait tout à tour.

Il nous recommanda le travail, la soumission à ceux qui allaient le remplacer, l'amour de Dieu et de nos semblables, le dévouement à tous les devoirs et à toutes les infortunes.

Le jour se leva enfin, et nous entendîmes s'arrêter devant la porte la voiture qui allait nous enlever notre bienfaiteur..

Une heure après, nous étions orphelins pour la seconde fois ! »
Le pauvre cordonnier essuya une larme en achevant ce récit qu'il termina ainsi :
« Lorsque le Cardinal Mastaï est devenu Souverain Pontife, moi et les anciens élèves nous avons dit :

C'est notre Pape à nous !

C'est le Pape des pauvres et des abandonnés ! »
Ce qui n'a point empêché ce Docteur Universel de la Foi, ce grand Défenseur de la doctrine de l'Eglise,

de rappeler, contre les chimères et mirages socialistes et communistes, le droit naturel de propriété.


Entre son retour du Chili et son sacre comme Evêque de Spolète, l'Abbé Mastaï dirigea (1825 - 1827) l'immense hospice Saint Michel de Ripa Grande.

Il avait alors 1.200 locataires accueillis par la charité catholique, se divisant en quatre grandes parties :

maison de retraite pour vieillards,

asile pour femmes âgées et infirmes,

école professionnelle pour les jeunes filles pauvres,

et atelier d'apprentissage pour enfants abandonnés.

Don Mastaï y montra ses grandes qualités d'administrateur et de Père commun ayant le souci des âmes plus encore que celui des corps.

La Providence le préparait ainsi à sa future tâche de Père commun des fidèles et de la Catholicité.

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 11:43
par Abbé Zins
PGM a écrit : Je ne puis m'empêcher de me demander ce que communista et ses potes utopistes ont pu faire dans le même rayon ... si tant il est est qu'ils firent jamais quelque chose dans ce rayon ....
chaussis a écrit : Cher Monsieur l'Abbé,

Vous m'avez fait pleurer, encore, à ces évocations somptueuses du coeur de nos Saints Papes: rien à voir avec la fausse pauvreté de certains des imposteurs qui ont "suivi", qui ne se sont jamais frotté à la vraie misère !

Et que dire de tous ces "furieux intégristes" antilibéraux et infaillibilistes qui étaient de vrais et saints éducateurs et apôtres de petits !

C'est la vraie Classe : Celle... de Dieu !

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 12:01
par Abbé Zins

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[b]Sub Tuum Praesidium[/b], n°59-60, p.5 a écrit :
Du quo vadis de Saint Pierre au Seigneur

à l'exil des Pie VI, VII et IX,

[ en passant par l'histoire d'une pyxide ou custode : ]



[ Le Cardinal Mastaï fut élu Pape le 16 juin 1846, et prit le nom de Pie IX.

La pression révolutionnaire violente suscitée par la Maçonnerie dans toute l'Europe atteignit son paroxysme en 1848, à Rome comme partout.

Des révolutionnaires allèrent jusqu'à incendier une des portes du Quirinal, tirant des coups de feu, dont l'un tua, aux côtés du Pape, Mgr Palma, secrétaire des lettres latines.

Dès lors, Pie IX eut à faire face, comme bien de ses Prédécesseurs, au dilemme suivant :

dois-je continuer à exposer gravement ma vie en restant à Rome, ou trouver un refuge provisoire en dehors jusqu'à la fin de la tempête ?



La Providence allait l'éclairer sur la divine Volonté par un signe des plus singuliers !

Les précédents de ce dilemme pontifical : ]


Après la première vague importante de persécution, suscitée en l'an de grâce 64 par Popée, l'épouse juive de Néron, Saint Pierre se demanda quel était son devoir en ce domaine.

Devait-il demeurer directement exposé aux recherches faites à son encontre, en restant à Rome pour animer sur place l'ardeur et la fidélité de son troupeau, ou bien s'en éloigner un temps, en vue de laisser passer l'orage, et conserver ainsi à la jeune Eglise naissante son principal facteur d'unité ?

Il finit par se décider à suivre les objurgations de ceux qui le suppliaient de se mettre à l'abri.

C'est à sa sortie de Rome, en cette circonstance, qu'eut lieu le célèbre épisode du quo vadis Domine ?, auquel Saint Pierre fait allusion en sa 2e Epître (1,14) presqu'explicitement.

Rencontrant alors le divin Sauveur, à lui apparu marchant en sens inverse vers Rome, il s'exclama : Où allez-vous Seigneur ?

Ce à quoi le Seigneur répondit qu'Il allait à Rome pour y être crucifié de nouveau.

Saint Pierre comprit aussitôt ce que le divin Maître attendait de lui.

Le Christ-Roi devait être crucifié de nouveau, à Rome cette fois, en la personne de son premier Vicaire Apostolique ici-bas.


Depuis cet événement, les Papes eurent souvent ce dilemme à résoudre, selon les circonstances, de façon différente :

Saint Léon Ier le Grand alla au-devant d'Attila et de ses Huns, et le fit renoncer à venir saccager Rome. Puis il s'exposa dans Rome, devant Genséric et ses Vandales, dont il obtint que les troupes se contentent du pillage de la Ville.

Saint Grégoire VII, par contre, après avoir obligé l'impie Empereur Henri IV à aller à Canossa où la Comtesse Bathilde protégeait le Pape, fut obligé de fuir Rome devant ce même impie relaps et mourut en exil à Salerne.

D'autres barbares, révolutionnaires pourtant fils de Chrétiens et de Catholiques, allaient venir piller Rome sous Pie VI, après avoir exilé de force le Souverain Pontife, d'abord en Italie, puis en France, où ce Pontife Martyr mourut emprisonné à Valence.

Son Successeur, Pie VII, allait lui aussi être traîtreusement emprisonné en France par Napoléon, selon sa définition si correspondante en la Prophétie de Malachie : Aquila rapax ! Mais il devait avoir le bonheur de revenir vivant à Rome.

Tandis que le très grand Pie IX, après avoir subi dans Rome le nouvel assaut des révolutionnaires, en uniformes piémontais pour lors, jugea de son devoir de s'exiler temporairement de Rome pour Gaète.

Plus heureux, à parler selon le sens des humains, que son Prédécesseur le grand Saint Grégoire VII, mort en exil à Salerne, il put lui aussi, comme Pie VII, rentrer vivant à Rome pour y passer le plus long Pontificat de l'histoire après Saint Pierre.


Quant à Pie VI, seule sa dépouille mortelle devait revoir Rome, après avoir subi le glorieux outrage d'un enterrement civil,

plutôt que d'être mis en terre par des schismatiques.
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Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 12:10
par Abbé Zins
L'histoire d'une pyxide ou custode :

Pie VI était arrivé à Valence le 14/7/1799. En sa sévère séquestration, dès lors absolue, la santé du Pontife déjà si malade et épuisé finit assez rapidement de s'altérer.

Il eut cependant la consolation d'avoir à proximité la chapelle de la citadelle, où les Prêtres de sa suite purent célébrer la Sainte Messe et garder le Très Saint-Sacrement.

Alors Sa Sainteté, sentant en plus sa mort approcher, fit déposer la Sainte Hostie qu'Elle avait emportée avec Elle en ce voyage d'exil, selon la coutume et le privilège des Souverains Pontifes en leurs déplacements.

Puis, prévoyant la convoitise de tous ses effets par les révolutionnaires, Pie VI remit lui-même la custode ou pyxide qui avait contenu le Saint-Sacrement à Madame de Chabrières, qui la donna à son confesseur, M. l'abbé Desandrés.

Celui-ci l'offrit plus tard à Mgr Chartrouse, Evêque de Valence, lequel à son tour la fit envoyer au Pape d'alors, lui aussi persécuté.


Un signe remarquablement providentiel :

Elle arriva à Rome le 22/11/1848, juste au moment où le Pape se demandait quel était son devoir :

rester sur place, ou prendre le chemin de l'exil ?

En apprenant que c'était la pyxide que porta sur lui Pie VI à son départ forcé de Rome et durant son exil,

Pie IX comprit qu'elle arrivait à point nommé pour lui signifier la divine Volonté.


Comme par ailleurs les Ambassadeurs de France et de Bavière l'y exhortaient et lui en offraient le moyen sous leur protection, Pie IX se décida à partir à son tour en exil dès le lendemain, 23/11, et alla se réfugier quelques mois à Gaète, jusqu'à ce que son retour à Rome soit rendu possible grâce à l'intervention et à la protection de la France.

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 12:18
par Abbé Zins
Comment mieux terminer cette évocation du très grand et très simple Pie IX ?

qu'en citant la récapitulation officielle de sa vie et de son Pontificat, le plus long de l'histoire après Saint Pierre, l'un des plus fructueux,

composée au nom du Saint-Siège et placée dans la tombe de cet illustre défunt.


Nous le tirons des Annales Ecclésiastiques de Dom Chamard :
« Comme résumé du pontificat et de la vie de Pie IX, nous allons donner une traduction du Vita Papae, déposé, nous l'avons vu, dans le tombeau de chaque Souverain Pontife. C'est un document qui mérite d'être conservé.

Corpus conditum Pie IX, P. M.

Né, le 13 mai 1792, a Sinigaglia, quatrième enfant du mariage de Jérôme des comtes Mastaï-Ferretti et de Catherine Polazzi, il reçut au baptême le nom de Jean-Marie.

Élevé dans les lettres à Volterre, chez les Pères des Écoles Pies, et ensuite à Rome dans les études plus sérieuses,

puis promu au sacerdoce en 1819 il célébra sa première messe le jour solennel de Pâques dans la chapelle Sainte Anne de l'hospice des Enfants-Trouvés appelé Tata Giovanni, du nom de son fondateur, et fut préposé à cet hospice.


Plus tard, adjoint à Mgr Jean Muzi, qui avait été nommé délégué et vicaire apostolique pour le Chili et les autres contrées de l'Amérique méridionale, il quitta Rome en 1823.

Mais de retour en 1825, il fut mis la tête de l'hospice Apostolique par Léon XII de sainte mémoire, et deux ans après préconisé et consacré archevêque évêque de Spolète.

Là il se montra à tous doué des qualités d'un excellent évêque et surtout de charité et de sagesse ; il donna de ces vertus des exemples éclatants,

d'abord en 1831 lorsque, chargé d'une délégation extraordinaire dans la province de Spolète et de Pérouse pour apaiser les rebelles, il les amena par sa seule douceur et les subsides qu'il leur accorda pour se retirer, à livrer spontanément leurs armes, qu'il envoya à Rome ;

puis l'année suivante, quand l’Ombrie étant ébranlée par de violents tremblements de terre, il se consacra tout entier au soulagement du peuple éprouvé.

Ses rares mérites firent juger utile à Grégoire XVI sa translation sur le siège d’lmmola, vacant cette année même, et où il se montra égal à lui-même dans tout l'exercice de sa charge pastorale.

Le premier des évêques italiens, il établit et promut canoniquement dans ce diocèse la pieuse oeuvre de la Propagation de la foi ;

et il donna entre autres, en 1846, un remarquable exemple de fermeté et de charité épiscopale, lorsque, seul en prière à l'heure des vêpres dans l'église cathédrale, il sauva la vie à un homme attaqué par trois sicaires.

Aussi ce même Pontife l'ayant réservé cardinal in petto dans le consistoire du 23 décembre 1839, le décora de la pourpre le 14 décembre de l'année suivante.

Dès qu'il apprit la nouvelle de la mort de Grégoire XVI, il se rendit à Rome pour l'élection du nouveau Pontife ;

mais les suffrages s'étant réunis sur lui avec une merveilleuse célérité, il fut lui-même élevé à la chaire de Pierre.

Cependant la joie que causa à tous la nouvelle de cet événement extraordinaire fut bientôt changée en tristesse par les ennemis de la religion et de l'ordre public ;

après avoir suscité une révolte, ils entourèrent tellement le Pontife que lui-même put à peine, et non sans un secours particulier de Dieu, s'échapper de leurs mains et gagner Gaëte.


Là, accueilli avec beaucoup de bonté et de respect par le roi de Naples, pendant qu'il recevait les témoignages de respect et les offrandes du monde catholique tout entier,

préoccupé des dommages de la religion, de la violation des droits du Saint-Siège, du sort des peuples trompés par les machinations des habiles,

il témoigna sa reconnaissance dans des allocutions et des Lettres apostoliques, fit connaître aux fidèles le déplorable état des affaires religieuses, implora l'assistance des princes catholiques et dévoila aux peuples le véritable caractère des projets des ennemis de l'Église ;

en outre, il s'occupa de rétablir en Angleterre la hiérarchie ecclésiastique depuis longtemps abolie,

et dans son insigne piété pour la Mère de Dieu il annonça à tout l'épiscopat qu'une enquête était ouverte par son ordre pour définir son Immaculée Conception,

et il demanda à tous les évêques de prier avec lui dans ce but et de témoigner de la tradition établie chez eux sur ce point.»

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 12:22
par Abbé Zins
« Ramené à Rome par les armes des Chrétiens, aux applaudissements de la Ville et du monde,

il ne prit pas moins de soin de l'Église d'Orient que de celle d’Occident.

Et, de même qu'il avait déjà rétabli en 1847 la juridiction du Patriarche latin de Jérusalem,

et qu'il avait confirmé l'année suivante l'élection du Patriarche de Babylone pour les Chaldéens ;

ainsi, par la suite, il s'appliqua avec un zèle infatigable à protéger, à relever, à réconcilier les Églises orientales affligées par le schisme, la persécution, les discussions intérieures, en prenant de nouvelles mesures, en augmentant le nombre des évêques
, en usant de toutes sortes de bienfaits et de libéralités, et même en envoyant un délégué apostolique et un légat a latere.


Il ne négligea rien non plus pour arrêter, ou au moins pour apaiser la persécution de la Religion Catholique en Russie, soit à l'aide de propositions d'arrangement, soit par l'entremise des ministres de cet Empire, soit au moyen de réclamations publiques ou par des lettres particulières à l'Empereur, ou même en lui envoyant un légat,

et pendant ce temps-là il ne cessait pas non plus de défendre et de soutenir les Ruthènes et de consoler les Polonais.


Et comme les affaires religieuses étaient partout en souffrance, il mit toute diligence à conclure, avec la plupart des chefs d'État, des conventions au moyen desquelles les droits et la liberté de l'Église pussent être sauvegardés.


Il ne s'arrêta jamais, tantôt par des encycliques ou des allocutions, tantôt par des discours et des lettres soit aux évêques, soit aux particuliers,

de dévoiler les erreurs qui sont la cause de tant de maux, et en particulier les machinations de la franc-maçonnerie, et de les réfuter et de les condamner.

Il promulgua cet insigne Syllabus, qui sera le marteau éternel de toutes les erreurs, et enfin

il convoqua et réunit le Concile oecuménique, grâce auquel, par la profession expresse et la confirmation de la vraie doctrine

sur Dieu, sur l'Église, sur l'autorité et l'infaillibilité du Souverain Pontife
,

toute issue est fermée au sophisme.»

Re: Pie IX, le très grand et très simple

Publié : mer. 02 sept. 2015 12:27
par Abbé Zins
« En même temps qu’il s'efforça ainsi de détruire le règne de Satan,

il s’appliqua avec un égal zèle à étendre celui de Jésus-Christ,

à exciter la foi et la piété des Catholiques et à leur procurer de nouveaux secours célestes ;

il rétablit la hiérarchie Catholique en Angleterre et en Hollande, et il s’occupait de sa restauration en Ecosse [obtenue sous Léon XIII] quand la mort le prévint.

Il poussa les missions jusqu’aux extrémités de la terre ;

il approuva un grand nombre de nouvelles familles religieuses nées des besoins particuliers du peuple ;

il encouragea grandement les associations catholiques établies pour le secours de l’Eglise et l’utilité du prochain ;

il unit plus étroitement l'Eglise universelle au très saint Coeur de Jésus ; il lui donna saint Joseph pour patron.

Parmi les héros chrétiens dont la vie paraissait pouvoir être un exemple et le patronage un secours,

il en mit onze au nombre des bienheureux et quinze au nombre des saints ;

enfin il augmenta la confiance et le culte envers la Mère de Dieu par la définition dogmatique de son Immaculée Conception.


Par tant de zèle, il accrut tellement l'Église, qu'il dut ajouter vingt-neuf sièges métropolitains aux anciens, cent trente-deux sièges épiscopaux, trois nullius diœcesis, trois délégations apostoliques, trente-trois vicariats apostoliques et quinze préfectures apostoliques.


Quoique assujetti à une domination ennemie, il défendit toujours courageusement les droits de l'Église et du saint-Siège ;

il reprocha énergiquement, avec une liberté tout apostolique, aux puissants, le sacrilège attentat de leur usurpation, et il notifia et renouvela les censures portées contre eux.

Il veilla à la splendeur du culte divin en restaurant, en embellissant, en décorant les églises avec une magnificence royale,

ou en recueillant dans ce but à Rome, et ailleurs, de l'argent et des ornements sacrés.»