Sermon de Saint Bernard sur l'Ascension de Notre Seigneur
Publié : jeu. 18 mai 2023 16:40
(à suivre)Sermon LX. - De la Descente et de l'Ascension de Jésus-Christ, et de la nôtre.
1. « Personne n'est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel (Jn III,13).» Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ voulant nous apprendre à monter au ciel, a fait ce qu'il nous a enseigné et est monté lui-même au ciel. Mais comme il n'aurait pu monter s'il n'avait commencé par descendre, la divinité, étant un être simple, ne lui permettait ni de monter ni de descendre, attendu qu'elle ne peut ni croître ni diminuer ou changer en quelque manière que ce soit, il unit donc à sa personne notre nature, je veux dire la nature humaine, afin de pouvoir et monter et descendre, et nous enseigner la voie par laquelle nous pouvions monter nous-mêmes.
C'est ce que nous indiquent les paroles de l'Évangile que je vous ai citées. Ces paroles, en effet, « nul n'est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel,» expriment qu'il s'est uni la nature humaine; et celles-ci qui viennent ensuite, « celui qui est dans le ciel,» rappellent l'immuabilité de sa nature divine. Ces paroles nous indiquent également qu'il est aussi la voie par laquelle nous devons monter, et la patrie où nous devons demeurer; la voie pour ceux qui sont encore dans le passage, et la patrie pour ceux qui y sont parvenus.
Tout en demeurant ce qu'il était dans sa nature, il est descendu et il est remonté chez nous à cause de nous, en atteignant depuis une extrémité jusqu'à l'autre avec force, et en disposant tout avec douceur (Sg VIII,1). Il est en effet descendu si bas qu'il ne convenait pas qu'il descendit davantage, et il est monté si haut qu'il ne saurait monter plus qu'il l'a fait.
Pour ce qui est de descendre, il est descendu avec force, parce qu'il était la force même, mais il a disposé son ascension avec douceur, parce qu'il était la Sagesse. « Il est descendu» lisons-nous, « il n'est pas tombé, celui qui tombe ne descend point par degré, au contraire, quand on descend on pose le pied d'un degré sur l'autre.