Sermon du Vénérable Louis de Grenade pour le dimanche de Quasimodo.
Publié : sam. 15 avr. 2023 22:56
(à suivre)Ier SERMON POUR LE DIMANCHE DE QUASIMODO.
Christus traditus est propter peccata nostra, et resurrexit propter justificationem nostram.
Explication de l'Évangile. - De nos deux résurrections, et de leur cause, qui est la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur. - Signes de notre résurrection spirituelle.
Le Christ a été livré à la mort pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification. Rom. IV, 25.
Pour une âme aimant par-dessus tout Jésus-Christ notre Seigneur, et plaçant en lui seul toutes ses espérances et tous ses trésors, il n'est pas de solennité plus grande, pas de jour plus fortuné, plus heureux, que celui qui rappelle la résurrection du Seigneur. Car celui qui a réglé sa vie de telle sorte qu'il ne cherche rien que le Christ, parce qu'il croit que le Christ lui suffit pleinement; que peut-il apprendre avec plus de plaisir, sinon que le Christ est ressuscité en triomphant de la mort, qu'il vit et qu'il règne à toujours? Qu'il vit, dis-je, non-seulement pour soi, mais encore pour conduire tous ses membres, les protéger, les presser contre son sein et les animer de son Esprit. Si le saint patriarche Jacob, en apprenant que le fils, qu'il avait pleuré, vivait et tenait le premier rang en Egypte ; si ce saint patriarche, réconcilié avec la vie, fut tout-à-coup ranimé, et s'écria : « Il me suffit, si mon fils vit encore ; » quels doivent être, je vous le demande, les sentiments de l'âme fidèle, de cette âme qui tout entière dépend du Christ, quand elle apprend qu'il vit et qu'il règne celui qui seul lui suffit pleinement, celui qui est sa consolation dans la tristesse, dans les tentations son appui, dans la faim sa nourriture, dans la soif son breuvage, dans la maladie sa santé, dans la pauvreté son trésor, dans la faiblesse sa force, dans les périls son refuge, et, suivant le Prophète, dans les ténèbres son flambeau ; enfin, dans toutes les circonstances, un remède salutaire et une ressource ?
Si Joseph seul suffit au bonheur de son père, lui qui devait bientôt mourir, à combien plus forte raison doit suffire à mon bonheur celui qui vivra éternellement, et à qui a été donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ? Qui se passionnera pour mon salut, plus que celui qui m'a aimé à ce point ? Qui me protégera plus efficacement que celui qui a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre ? Quand donc j'apprends qu'il vit, est-ce que mon âme ne se ranime pas avec lui ? Est-ce que, quoique placé au milieu de la mort, je ne me consolerai point par cette seule nouvelle et par cette espérance ? Au moyen de cette foi, le saint homme Job, assis sur son fumier, se consolait de ses malheurs : « Je crois, disait-il, que mon Rédempteur est vivant, » Job. xix, 25 ; tant qu'il vit, fussé-je aux portes de la mort, je ne pourrai mourir.
Vous tous donc, mes frères, qui, à la pensée de la résurrection du Sauveur, sentez dans vos cœurs ces mouvements, ayez bon courage. Car c'est l'indice le plus significatif de l'amour divin. Mais pour que nous puissions entrer en participation de ces sentiments et de cette joie, implorons d'une voix-suppliante l'assistance céleste par l'intercession de la très-sainte Vierge. Ave, Maria.