De l'ignorance chez les chrétiens - Père Emmanuel
Publié : mar. 25 août 2020 11:52
DE L’IGNORANCE CHEZ LES CHRÉTIENS
Les causes de l’ignorance.
Le siècle présent s’est décerné le titre fastueux de siècle des lumières. La prétention est manifeste, le droit n’est pas si clairement démontré. Le dix-neuvième siècle n’a rien changé aux conditions de l’humanité dans les siècles qui l’ont précédé : et, bien que nous ayons l’honneur ( ?) d’être les enfants de ce grandissime dix-neuvième siècle, il est pourtant vrai que nous sommes enfants d’Adam, et que nous venons au monde apportant avec nous le péché originel et ce qui s’ensuit, c’est-à-dire l’ignorance et la concupiscence.
L’ignorance ! non pas seulement l’ignorance simple, qui est le non-savoir, mais l’ignorance combinée de la difficulté à apprendre, de la répugnance à faire effort pour arriver à savoir : cette plaie est grande, et chez tous les hommes, elle porte ses fruits, fruits très amers, il faut en convenir, mais fruits que la plupart des hommes subissent avec une résignation trop facile, et souvent avec une satisfaction que l’on pourrait croire le signe d’un bonheur idiot.
Les chrétiens naissent hommes, et humainement sont les victimes de l’ignorance, à moins que des circonstances heureuses, une éducation soignée, disons mieux, à moins que la grâce de Dieu ne vienne les tirer de l’état malheureux où tous nous sommes tombés en Adam. La chute, hélas ! est naturelle, le redressement est surnaturel. Que l’on réfléchisse à l’état des populations qui sont restées étrangères au Christianisme dans l’Asie, l’Afrique, l’Océanie, et l’on aura une preuve manifeste de ce que nous avançons.
C’est donc par une grâce de Dieu que les populations chrétiennes sont retirées de l’ignorance. La connaissance de Dieu, de notre création, de notre nature d’hommes, de notre fin surnaturelle sont des lumières très pures et souverainement puissantes pour nous retirer de l’ignorance.
La notion de Dieu créateur et fin suprême de la créature est le grand instrument de la lumière intellectuelle ; c’est le soleil des intelligences. Savoir que Dieu est la cause première de tout ce qui est ; qu’il est notre fin à nous créatures, et surtout à nous créatures intelligentes ; c’est là le principe vrai de la vraie lumière, la base solide de toute instruction. Là nous avons un point de départ assuré : là nous avons le terme obligé de notre existence ; et avec ces deux données qui sont immenses pour nos intelligences, nous pouvons et nous devons orienter nos esprits, diriger nos pensées, régler nos volontés et nos affections, ordonner notre vie de manière à parvenir au but que Dieu nous a marqué.
Là est la science de la vie : science qui seule est indispensable, science que nulle autre science ne peut remplacer, et qui au besoin peut se passer de toutes les autres.
A SUIVRE...