3. La conduite du Christ est en contradiction avec celle
des pharisiens. Le Christ veut, il est vrai, que nous ne
dissimulions pas les dehors de la vertu, quand ces dehors
répondent à la réalité ; il veut que les siens fassent luire
leur lumière pour la gloire de Dieu (Matth., V, 16). Mais
ce qu'il veut avant tout, c'est la réalité intérieure ; il veut
que nous adorions en esprit et en vérité (Joan., IV, 24).
Partout le Christ est vrai, partout il est loyal. II traitait
tous les hommes avec une bienveillance sincère, désintéressée.
Jamais il n'a abusé de personne dans un but égoïste.
Il parle ouvertement et sans détour (Joan., XVIII, 20).
A tous ceux qui voulaient le suivre, il parle franchement
de renoncement et de persécution (Matth., x, 21 ;
Luc, IX, 38; XII, 51; Joan., xv, 20). Il blâmait sans
ménagement ce qui était blâmable (Matth., xvi, 21; Luc,
IX, 50, 55).
Vous aussi, évitez tout ce qui ressemble en quelque
chose au pharisaïsme.
Considérez la valeur intrinsèque plutôt que la forme
extérieure. L'apparence qui ne repose point sur une valeur
intrinsèque est misérable.
Gardez-vous de faire le bien pour être vanté des hommes.
De nos jours, il y a beaucoup de clinquant, mais
peu d'or.
Au fond de vous-même, reconnaissez volontiers votre
faiblesse et votre insuffisance, et soyez content et confiez-vous
à Dieu.
Ne cherchez jamais la première place (Luc, xiv, 7,
seq.); mais ne faites pas non plus trop d'embarras pour
avoir la dernière.
N'attachez pas trop d'importance aux salutations et aux
titres honorifiques (Matth., xxiii, 7). Ne faites valoir votre
rang que pour de bonnes raisons. Soyez toujours prêt à
rendre service aux autres (Matth., xxiii, 1 1).
Ne cherchez jamais, par vaine suffisance, à paraître au
dehors plus que vous n'êtes en réalité.
R.P. Tilmann Pesch, S.J. - LA PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE DE LA VIE