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Re: Mi ca El !? Qui est comme Dieu !? Pour la plus grande Gloire de Dieu

Publié : lun. 03 août 2026 12:55
par Abbé Zins
Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15-18 (Avril - Octobre 1989)


4. LIAISON DES LECTEURS




319.


SANS MÊME CET ESPOIR MON COEUR EST VOTRE AVOIR

( L’étrange tourment 1. du jeune François de Sales )


Mon Dieu est-il possible que quoique j’accomplisse
Que je reste impassible ou bien me pervertisse
Que le vice soit ma cible ou je me convertisse
M’attende l’indicible et éternel supplice ?

Ce si étrange tourment soufflé par l’ange qui ment
Par l’immonde Satan comme un nouveau piment
Me brûle fortement rend fades mes aliments
De jour et nuitamment m’attaque hardiment.

Sans cesse il me répète et me crie à tue-tête :
Tu seras à la Bête quoiqu’au bien tu t’entêtes
Bien mieux vaut faire la fête que te casser la tête
Faire des amourettes que jouer à l’esthète.

A quoi bon la vertu ? m’inspire l’esprit déchu
Puisque tu es perdu, que le feu t’est échu !
Tu cherches ton salut ? Tu seras bien déçu !
Car tu seras vaincu et j’aurai le dessus.

Mais sans vouloir céder, serais-je donc damné ?
Me voilà obsédé, serais-je condamné ?
Me voilà excédé, et pour combien d’années ?
Une fois décédé, serais-je donc damné ?

Il suffit ! Haut les coeurs ! maudit soit ce menteur
Bannissons cette peur, écartons ses senteurs
Chassons notre torpeur, fuyons la pesanteur
Elevons au Seigneur nos pensées sans langueur.

Doux Jésus Votre Gloire est mon meilleur pourboire
Si je ne puis m’asseoir en Votre Saint Manoir
Si je ne puis Vous voir durant le Jour sans soir
Sans même cet espoir mon coeur est Votre avoir.

Si en étant damné je ne puis Vous aimer
Dans la félicité pendant l’éternité
Ici-bas sans arrêt je Vous veux honorer 2.
Me croyant bien payé : Vous servir, c’est régner ! 3.

C'est régner ? Vous servir ! Ah ! cesse tes soupirs
Crois-tu pouvoir périr en voulant Dieu chérir !?
Si je devais faillir j’aurais le repentir
Mais plutôt tout souffrir s’il faut jusqu’au Martyre.

Mon Dieu quelle paix soudain ! Me voilà tout serein
Je ne suis plus enclin aux ruses du Malin :
De lui je ne veux point, c’est Vous mon Souverain !
Marie entre Vos mains je remets mon destin.



1. « Je me doute que votre esprit ne soit encore embarrassé de quelque crainte de la mort soudaine et des jugements de Dieu. Hélas ! que c’est un étrange tourment que celui-là ! Mon âme qui l’a enduré six semaines est bien capable de compatir à ceux qui en sont affligés.» (Lettre de Saint François de Sales à un gentilhomme : Oeuvres, t. 22 p.11-14 ; citée par Mgr. Trochu, Vie t. 1 p. 134 ; cf. note 22, p. 18-19)

2. « Si l'on devait être damné, ce serait une consolation que de pouvoir dire : j'ai du moins aimé le Bon Dieu sur cette terre.» (Saint Curé d'Ars, cf. n° 427)

3. Cf. n° 48.