Poursuivons par une lettre du Pape Saint Sirice (384-398), donc peu après la paix accordée à l’Eglise par l’Empereur Constantin (313), avant laquelle tous les Papes sont morts Martyrs, et qui a permis une mise en ordre qu’empêchait jusqu’alors les persécutions.
Pape Saint Sirice a écrit :
« Venons-en à présent aux très sacrés ordres des clercs, que nous repérons en vos provinces foulés aux pieds et bouleversés à l’encontre du droit de la vénérable religion, au point que nous puissions dire avec Jérémie (9,1) : « Qui donnera de l’eau à ma tête, ou une fontaine de larmes à mes yeux ? Et je pleurerai sur ce peuple de jour et de nuit.». ..
Car nous avons appris que plusieurs prêtres et lévites du Christ, longtemps après le temps de leur consécration, ont procréé des rejetons tant de leurs propres femmes que même par d’honteuses unions, et prétendent défendre leur crime sous prétexte qu’on lit dans l’Ancien Testament qu’était donnée aux prêtres et aux lévites la faculté d’engendrer.
Qu’on me dise maintenant, quel que soit celui qui suit ce dérèglement, pourquoi le Seigneur avertissait ceux qui allaient entrer dans le Saint des saints en disant : Soyez saints, car Moi le Seigneur votre Dieu, Je suis Saint (Lev. 20,7 ; I Pierre 1,16) ?
Pourquoi aussi, en l’année de leur service, il était ordonné aux prêtres d’être éloignés de leurs maisons et d’habiter dans le temple ? La raison en était, assurément, qu’ils ne puissent pas exercer de commerce charnel avec leurs épouses, en sorte que brillant par l’intégrité de la conscience, ils offrent à Dieu un office acceptable. ..
D’où aussi le Seigneur Jésus, quand Il nous a éclairé par Son Avènement, a protesté dans l’Evangile qu’Il « venait parfaire la Loi et non l’abolir » (Mt. 5,17).
C’est pourquoi, Il a voulu de l’Eglise, dont Il est l’Epoux, qu’elle brille de la splendeur de la beauté de la chasteté, afin qu’au Jour du Jugement, quand Il reviendra, Il puisse la trouver « sans tache ni ride » (Eph. 5,27), comme Il l’a instituée par Son Apôtre.
Nous sommes liés, tous les prêtres et lévites, par ces prescriptions d’une loi indissoluble, en sorte qu’à partir du jour de notre ordination nous livrions nos coeurs et nos corps à la sobriété et la pudeur, de sorte que nous plaisions à Dieu en tout dans le Sacrifice que nous offrons chaque jour.
Comme le dit le vase d’élection : « Tandis que ceux qui sont dans la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.» (Rom. 8,8). ..
Que ceux qui tentent de s’excuser par un illicite privilège, en prétendant qu’il leur serait concédé par cette loi ancienne, se sachent rejetés, par l’autorité du Siège Apostolique, de tout honneur ecclésiastique, dont ils ont indignement usé, ni ne pourront plus jamais toucher aux vénérables mystères, dont ils se sont privés eux-mêmes, aussi longtemps qu’ils soupirent après d’obscènes passions.
Et comme ces exemples présents nous portent à prendre garde pour le futur : tout évêque, prêtre et diacre qui serait trouvé tel, ce que nous espérons ne plus avoir lieu, comprenne désormais que toute porte lui sera fermée par nous à l’indulgence, car il est nécessaire de porter le fer sur la plaie pour en extraire le mal là où un remède plus doux ne produit pas d’effet.»
(Saint Sirice, Ep. Ad Himerium ; DB 89)
Difficile d’être plus clair, n’est-ce pas ?
Ce qui montre que l’attention intéressée de ceux cherchant en ces passages de Saint Paul une dérogation aux lois de l’Eglise, s’est focalisée sur
unius uxoris virum, en se détournant de
sobrium, pudicum, continentem.