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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : lun. 12 avr. 2021 20:30
par InHocSignoVinces
L'espérance généreuse et persévérante de Joseph doit nous servir de modèle. Nous devons attendre de Dieu toutes les choses
nécessaires à notre salut que nous lui demanderons ; nous devons avoir confiance qu'il nous les accordera, en dépit des
obstacles et des difficultés, des dangers dont l'appréhension
accable parfois notre esprit troublé et notre imagination effrayée nous devons avoir la confiance qu'il nous soutiendra dans nos
épreuves, que par lui nous serons victorieux et qu'il fera même
tourner à notre profit ce qui nous découragerait si cruellement.
Sous l'espérance et la confiance en Dieu que deviendrions-nous
dans nos peines et dans nos épreuves ! Et nous savons si elles sont nombreuses ici-bas ! La vie est évidemment une chose
laborieuse. " Vivre, disait saint Augustin, c'est naître, souffrir et mourir. " " Le monde, disait Bossuet, dans son langage
austère et laconique, ce grand hôpital de Dieu où tout est malade. " S'il est un fait incontestable, c'est celui de la douleur
qui torture l'homme ; elle est à sa naissance, elle se retrouve à son trépas et, lorsqu'il chemine de l'un de ces termes à l'autre,
il ne peut faire un pas sans que la douleur apostée sur la route ne se jette sur lui comme sur une proie qu'elle attendait, tantôt
bouleversant son esprit, tantôt broyant son cœur, tantôt faisant de son corps un instrument de supplice.
C'est la confiance, l'espérance du ciel où nous aurons toute une éternité pour nous reposer et jouir qui mettra sur nos lèvres cette parole de Notre-Seigneur dans le jardin de l'agonie : " O mon Père, si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ; cependant que votre volonté soit faite et non la mienne."
C'est cette confiance qui nous fera comprendre que les maux
dont nous souffrons ici-bas ne sont pas toujours des châtiments
et que Dieu les permet afin de nous détacher de la terre et de nous unir à lui. En effet lorsque les peines et les tribulations de
la vie semblent nous écraser, notre âme regarde autour d'elle
et, ne trouvant sur cette terre aucun appui pour mettre le pied avec sûreté, elle se tourne vers Dieu qui l'a créée, semblable
à la colombe qui, ne trouvant aucune terre solide en dehors
de l'arche, revient naturellement aux mains qui lui ont donné
la liberté. Du reste Dieu ne permet jamais que nous soyons
éprouvés au-dessus de nos forces. Après la tempête il ramène
le calme, après les gémissements et les larmes, il répand la paix.
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : mer. 08 sept. 2021 13:09
par InHocSignoVinces
Si l'Ecriture donne des yeux à ce Dieu de bonté, c'est pour
veiller sur nous ; si elle lui donne des oreilles, c'est pour nous
écouter ; si elle donne des mains, c'est pour nous défendre.
"Je vous porterai dans mes bras, dit Dieu à Isaïe ;
je vous presserai sur mon cœur ; je vous caresserai sur mes genoux comme
une mère caresse son enfant ; c'est ainsi que je vous consolerai."
Soyons toujours convaincus comme saint Joseph, que chaque
événement, avec toute la chaîne de ses conséquences, est dans
les mains de Dieu qui nous aime tendrement ; comme ce grand Saint
unissons-nous à la divine Providence qui arrange
et gouverne tout ; ne voulons que ce qu'elle veut. Pour être heureux,
prenons pour devise cette parole de David : "Je m'endormirai et je reposerai
en paix, parce que c'est vous, Seigneur, qui avez affermi mon espérance en votre Providence.
Le Seigneur me conduit et rien ne saurait me manquer. Guidé
par votre main et couvert de votre protection, je marcherai au milieu
de l'ombre de la nuit, au milieu de mes ennemis, et
je ne craindrai aucun mal, parce que vous êtes avec moi. Votre
miséricorde m'accompagnera tous les jours de ma vie, afin que
j'habite dans la maison du Seigneur pendant l'éternité. "
Ayons toujours le cœur fixé par l'espérance dans la glorieuse
éternité, et les misères de notre pèlerinage vers le ciel seront grandement atténuées.
Qu'est-ce qui pousse l'avare à affronter les voyages périlleux sur la terre et sur l'onde ?
C'est l'espérance, mais l'espérance des biens de ce monde. Qu'est-ce qui fait que le laboureur
travaille nuit et jour, sous la pluie, sous le soleil, et qu'il travaille en chantant ? C'est l'espérance,
mais l'espérance d'une moisson terrestre. Qu'est-ce qui fait que le soldat ne ressent pas le fardeau
de ses armes ; qu'il sourit aux blessures et à la mort ? C'est l'espérance d'une gloire humaine.
Comment l'espérance de gagner le paradis n'allégerait pas le lourd fardeau de misères
qui pèsent sur nous du berceau à la tombe ?
À SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : lun. 13 sept. 2021 12:50
par InHocSignoVinces
CHAPITRE X - Saint Joseph, modèle de charité
La charité est la reine et la mère de toutes les autres vertus,
celle qui leur donne le mérite et la vie pour l'éternité.
Le plus ou le moins d'amour pour Dieu sera la mesure du degré de gloire
et de récompense de l'âme chrétienne dans le ciel.
Cette vertu essentielle ne pouvait pas ne pas s'épanouir dans
le cœur aimant de saint Joseph. Tout nous dit que ce grand
Saint a été un modèle accompli d'amour de Dieu.
Avant de confier à saint Pierre le gouvernement et le soin
de son Eglise, Dieu exigea un témoignage publique et solennel
de son ardente charité : " M'aimez-vous plus que les autres ? "
" Oui, Seigneur, vous qui sondez les reins et les cœurs, vous
savez que je vous aime. " Et ce n'est qu'après avoir trois fois réitéré
cet acte d'amour si tendre, si naïf, si expressif, que saint
Pierre fut établi le prince des Apôtres.
Dieu ne pouvait exiger de saint Joseph un amour moins fort,
moins pur, avant de lui donner le soin et la conduite, non pas
seulement du corps mystique de l'Eglise, mais de son Fils adorable.
Il a donc dû allumer dans le cœur du père nourricier de
Jésus les plus vives flammes de la charité et cette charité plus
fidèle, plus constante que celle de Pierre, n'éprouva jamais la moindre altération.
Après Marie, personne n'a aimé Dieu plus que lui, parce que
personne ne s'est uni plus intimement au cœur de Jésus,
fournaise ardente de charité. Chacune de ses pensées, chacune de
ses paroles, était comme un acte parfait de l'amour de Dieu.
" O mon Dieu, devait-il s'écrier, comme le fera plus tard le saint évêque de Genève, si je savais dans mon cœur un seul filet d'affection qui ne fût pas à vous et de vous, je l'arracherais soudainement. Tout me semble peu ou rien hors l'amour de ce grand Dieu. "
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : jeu. 16 sept. 2021 18:46
par InHocSignoVinces
Un jour saint Joseph avait consenti à recevoir ce Dieu
abandonné, à devenir le père nourricier de ce cher enfant. Depuis
ce jour-là, il ne vécut plus que pour lui ; il n'eut plus de soin
et de sollicitude que pour lui ; il prit pour lui un cœur et des
entrailles de père ; s'il travaille, c'est pour Jésus ; s'il souffre,
s'il s'impose des privations, s'il consent à demeurer en exil ou
à s'ensevelir dans la plus profonde obscurité, c'est toujours
pour Jésus et uniquement pour lui ; et s'il eût pu donner jusqu'à
la dernière goutte de son sang pour lui, il aurait dit en expirant :
" Hélas ! que c'est peu de chose de vivre et de mourir une fois
seulement pour un Fils et une épouse à qui toutes les vies des
anges et des hommes devraient être sacrifiées. "
Le matin, pour se donner du courage, ii portait ses yeux sur Jésus ;
le long du jour, pour se donner du courage, il le cherchait ; et,
quand le soir était venu, il le prenait dans ses bras
fatigués pour les délasser et rafraîchir son âme.
" C'est lui, dit saint François de Sales, qui fut choisi pour
faire les plus tendres et amoureux offices qui furent ni ne
seront jamais faits à l'endroit du Fils de Dieu, après ceux
qui furent pratiqués pas sa céleste épouse, vraie mère
naturelle de ce céleste Fils. " Il le prenait dans ses bras,
le pressait sur son cœur, lui souriait avec bonheur, lui répétait
sans cesse : je vous aime. Il était si heureux de penser à lui,
de se dévouer pour lui, de gagner à la sueur de son front le pain
qui devait le nourrir.
Quels sentiments affectueux devaient se réveiller dans son cœur, lorsqu'il portait ainsi Jésus dans ses bras, le caressait
et recevait les caresses que lui rendait cet aimable Enfant ; lorsqu'il recueillait de sa bouche les paroles de la vie éternelle
qui devenaient autant de flèches amoureuses dont son cœur était transpercé !
La longue familiarité des personnes qui s'aiment refroidit quelquefois l'amour, parce que plus les hommes conversent longuement entr'eux, plus ils connaissent les défauts des uns des autres. Il n'en était pas ainsi de saint Joseph ; plus il conversait avec Jésus, plus il connaissait sa sainteté. Jugez de là combien il aimait Jésus.
Et Jésus ne se lassait jamais de se voir aimé de son père.
Avec quelle ineffable effusion ne devait-il pas répondre à tant d'amour !
" Je ne trouve rien de plus doux à mon imagination,
dit gracieusement le saint évêque de Genève, que de voir ce
céleste petit Jésus entre les bras de ce grand Saint ; l'appelant
mille fois, mon père, en son langage enfantin et d'un cœur
filialement tout amoureux."
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : mer. 22 sept. 2021 13:50
par InHocSignoVinces
" Oh ! quel incendie d'amour, s'écrie à son tour saint Alphonse de Liguori, s'allumait dans le cœur de Joseph, quand il le portait dans ses bras, cet adorable Enfant, quand il le pressait sur son cœur, quand il le voyait croître sous ses yeux !
Les disciples d'Emmaùs n'entendirent le Sauveur que pendant
quelques instants, et cependant ils sentirent leur cœur embrasé
d'amour.
Jésus, par le charme de sa parole, attirait les populations
entières à sa suite, jusqu'à leur faire oublier le soin de leur nourriture.
Quelques saintes âmes, jouissant de la présence et de la compagnie du Sauveur en vision imaginaire seulement, se sont néanmoins trouvées si embrasées de son amour qu'elles s'écriaient dans l'excès de leur bonheur : " C'est assez, Seigneur, c'est assez," ne pouvant plus supporter sans mourir ni des ardeurs si extrêmes, ni de si exubérantes douceurs.
Que doit-on penser de Joseph qui voyait Jésus tous les jours,
qui était jour et nuit avec lui, qui le tenait embrassé si longtemps
qu'il voulait, et qui en était caressé à toute heure !
***
Sans doute ce bonheur de saint Joseph, nous l'envions ; mais
il ne tiendrait qu'à nous de le faire nôtre et nous n'y pensons pas.
Le tabernacle n'est-il pas comme une nouvelle crèche et, par
la sainte communion, ne recevons-nous pas en nous le même
Jésus ? Si nous avions une foi vive et une grande charité, avec
quelle sainte et respectueuse familiarité nous épancherions
notre cœur dans le Cœur de Jésus ! Comme nous lui dirions tous
les secrets de notre vie, toutes nos peines, toutes nos joies !
" Suppliez donc, dit saint François de sales, ce grand Saint
qui a si souvent dorloté notre Sauveur et qui l'a si souvent bercé,
qu'il nous fasse les caresses intérieures qui sont requises à
l'avancement de notre amour envers ce Rédempteur et qu'il nous
obtienne abondance de paix intérieure, nous donnant mille bénédictions."
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : lun. 27 sept. 2021 13:55
par InHocSignoVinces
Aimons-nous bien Jésus comme saint Joseph l'aimait ? Jésus
est-il l'objet constant de nos pensées ? Il y a vingt-quatre
heures le jour ; y en a-t-il une au moins pour Jésus, pour l'amour
qui nous les donne sans les compter ? Jésus est-il chez nous comme
en saint Joseph, l'objet de toutes nos espérances, de
toutes nos tristesses, de toutes nos joies, de toutes nos actions?
Comprenons-nous bien que la charité se prouve par les œuvres,
qu'elle est un acte beaucoup plus qu'un sentiment et que sa
vraie marque est dans la fidélité à celui qu'on aime.
Non diligamus verbo, neque lingua, sed opere et veritate. (1 Jean, III, 18.)
Et pensons-nous souvent à toutes les raisons que nous avons
d'aimer Jésus qui est notre Créateur, notre Dieu ?
C'est pour nous, sa créature raisonnable, qu'il a tiré du néant
le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment ; c'est pour nous
qu'il a donné au soleil son éclat, aux arbres leur beauté, à la nature
ses splendeurs, à l'arbre ses fruits, à la fleur ses couleurs
et ses parfums.
C'est lui qui nous a tirés du néant, qui nous a appelés à la
vie. Il eût bien pu nous placer parmi les êtres d'un rang inférieur,
mais il a voulu nous créer à son image et à sa ressemblance, nous
donner une âme capable de réfléchir et d'aimer.
Il nous a fait naître de bons parents qui ont conservé à leur foyer
le feu sacré des vertus chrétiennes, qui nous ont donné la connaissance
et l'amour de Dieu dès que notre intelligence et notre cœur ont été
capables de connaître et d'aimer. Pour comprendre l'étendue de tels
bienfaits, il faudrait qu'il nous fût permis de connaître à fond la
situation morale d'une multitude d'hommes à qui Dieu n'a pas accordé
les mêmes avantages. Oui, si nous pouvions comparer notre état à leur état,
descendre dans l'intime de leur âme, sonder les plaies que l'irréligion et
le vice y ont faites, découvrir l'ennui qui les dévore et le malaise
indéfinissable qui les torture, oh ! comme nous comprendrions
l'amour et la reconnaissance que nous devons témoigner à Dieu !
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : jeu. 07 oct. 2021 11:06
par InHocSignoVinces
C'est pour nous qu'un jour il abaissa les cieux et se fit homme.
C'est pour nous qu'il a travaillé qu'il a pleuré, qu'il s'est dévoué, qu'il
a souffert, qu'il est mort. C'est pour nous qu'il a trouvé le moyen de
monter au ciel tout en restant sur la terre, et qu'il s'est caché sous les
voiles eucharistiques. " Il nous a aimés jusqu'à la gâterie dit Tertullien,
puisqu'il n'y a aucune délicate attention qu'il n'ait eue pour nous ;
jusqu'à la folie, car si un homme faisait pour nous ce qu'il a fait, on dirait qu'il
est insensé. "
Et cet amour, il ne veut pas qu'il expire au moment de notre
dernier soupir, mais il veut le prolonger et lui donner un parfait
épanouissement pendant toute l'éternité. Car c'est dans l'éternité
qu'il nous admettra à le voir face à face, à jouir de sa
présence, à le posséder dans tout l'éclat de sa majesté, dans
toute la splendeur de sa gloire.
***
Et la charité, comme elle a droit de réclamer une place à part
dans l'estime et la vie du prêtre qui ne doit pas oublier ce que
lui a dit le Pontife de son ordination, en lui imposant la chasuble :
" Revevez ce vêtement sacerdotal qui symbolise la charité. "
De même que la chasuble couvre les autres vêtements, les contenant
et les renfermant en elle, de même la charité doit résumer
et perfectionner toutes les vertus du prêtre.
Si, au simple chrétien, il est commandé d'aimer Dieu " de
tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, " jusqu'où
donc s'étend ce commandement pour le prêtre dont les actes doivent
l'emporter en excellence sur ceux des simples fidèles autant que la vie
d'un pasteur diffère de celle du troupeau.
Que de raisons nous avons, nous prêtres et religieux d'aimer
Jésus ! Quelle tendresse il nous a témoignée, quand il nous a
choisis, nous de préférence à des milliers et des milliers d'autres,
pour nous appeler au sacerdoce, nous associer à son œuvre, nous
livrer les âmes, ces âmes bien-aimées pour lesquelles il est mort !
Quel bonheur que d'être ainsi associé à Dieu dans l'œuvre
de sa Providence. Peut-il y avoir un honneur plus grand que
celui d'avoir pour mission de diriger les âmes, de les fortifier,
de les élever, de les rendre pures, de les sauver !
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : mar. 12 oct. 2021 12:40
par InHocSignoVinces
Quel honneur surtout et quel bonheur pour le prêtre de pouvoir dire la Sainte Messe !
C'est en se voyant sur l'autel que le prêtre surtout comprend sa dignité. Il est là comme Moïse
sur la montagne pour prier pour ses frères ; il est là pour renouveler Nazareth, Bethléem, le
Cénacle et le Calvaire, pour obliger à descendre au milieu des hommes celui qui un jour tomba du
ciel dans une crèche pour s'en aller mourir sur une croix ; il est là sentant la toute-puissance de Dieu
tomber entre ses mains et il tressaille à ce contact divin ; il est là le sacrificateur de la nouvelle loi,
le prêtre de Jésus-Christ et il peut, non pas une fois, mais des centaines de fois, mais toute sa vie,
apaiser sa faim au pain de son Corps, étencher sa soif au vin de son Sang.
Cet honneur est si grand qu'un saint disait : " Si je rencontrais sur le chemin un ange et un prêtre, je saluerais d'abord
le prêtre et ensuite l'ange. " Cet honneur est si grand que saint Denis l'Aréopagite s'écriait : " O prêtres de la nouvelle
Loi, vous êtes plus grands que les anges, car pour créer un ange, il a suffi à Dieu de le vouloir, mais pour faire un prêtre qui pût
l'immoler chaque jour, il lui a fallu se faire homme et mourir. " Comme nous comprenions bien ces vérités, comme elles réjouis-
saient notre cœur, quand, aux beaux jours de notre jeunesse, voyant que Dieu nous appelait à partager son amour, croyant
entendre la grande voix qui suscita Samuel, nous lui disions alors avec le Prophète : " Seigneur, me voici, vous serez mon
précieux héritage, haereditas mea praeclara est mihi, quand couchés sur le pavé du sanctuaire, les lèvres dans la poussière, les yeux
en pleurs, le coeur dans l'extase, nous faisions généreusement à Dieu le sacrifice de notre vie et que nous l'entendions nous
dire : Tu es sacerdos in œternum.
N'était-ce pas d'un cœur brûlant d'amour que nous disions
ces mots du Psalmiste que nous avons si souvent depuis répétés :
Jésus quem vidi, quem amavi, in quem credidi ? Nous l'avions vu
ce Jésus sur les genoux et dans les baisers de nos bonnes mères
chrétiennes ; nous l'avions vu dans nos fréquentes et ferventes
communions ; nous l'avions vu dans sa vie pauvre et laborieuse
de Nazareth, dans ses courses apostoliques, guérissant les malades,
nourrissant les pauvres, instruisant les enfants, accueillant
et pardonnant les pécheurs ; nous l'avions vu dans les rues de
Jérusalem, couvert de crachats et de sang ; nous l'avions vu
expirant sur le Calvaire ; nous l'avions vu montant au ciel
le jour de l'Ascension ; nous l'avions trouvé d'une beauté
infinie et nous l'avions aimé, quem amavi ; nous l'avions aimé
plus que notre père, plus que notre mère, plus que nos frères et
nos sœurs, et nous avions tout quitté pour le suivre, sans compter
avec les peines, les difficultés et les épreuves ; car nous avions eu
confiance en lui, in quem credidi, et nous lui avions dit :
" Faites de nous ce que vous voudrez, pourvu que nous vous servions. "
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : jeu. 14 oct. 2021 12:38
par InHocSignoVinces
Et alors nous avons foulé aux pieds tous les biens et tous
les plaisirs de la terre et nous avons dit à Dieu ce cri sublime :
Régna mundi et omnem ornatun saeculi contempsi propter amorem
Domini Nostri Jesu Christi. Nous aurions été capables de
répéter à Jésus ces sublimes paroles de sainte Thérèse : " Ah !
si je t'aime, ô Jésus, je le sais bien, ce n'est pas pour le ciel que
tu m'as promis ; si je crains de te déplaire, ce n'est pas pour
l'enfer dont tu me menaces, ce qui m'attire à toi, c'est toi,
toi cloué sur la croix, toi tout meurtri, toi dans les angoisses
de la mort. Et ton amour s'est tellement emparé de moi, de
mon cœur, que quand bien même il n'y aurait pas de ciel, je
t'aimerais ; quand bien même il n'y aurait pas d'enfer, je te
craindrais. Tu n'as rien à me donner pour provoquer mon
amour ; car même n'espérant pas ce que j'espère, je serais à
toi. "
Et nous comprenions qu'en aimant ainsi Jésus, qu'en nous donnant ainsi à lui, nous prenions encore le meilleur moyen
d'être heureux. Nous avions étudié l'Evangile et nous avions vu le Sauveur se promenant un jour avec quelques disciples
sous le chaud soleil de la Judée. Il venait de bénir et de caresser de petits enfants qui étaient accourus à lui. Leur candeur,
leur naïveté, leur innocence avaient comme rassaréné son cœur. Un jeune homme vint à lui et lui dit : " Maître, que dois-je
faire pour arriver au bonheur ? " Jésus le regarda et lui dit : '" Détachez-vous de tous les biens de ce monde ; ils sont vains pour le bonheur ; attachez-vous à moi, au seul bien, à Dieu. "
Nous avions vu Notre-Seigneur enseignant la même vérité
dans une autre circonstance. Des hommes, des femmes, des
enfants l'avaient suivi par milliers. Ils étaient là pèle mêle
autour de lui, couchés dans la plaine rocailleuse, dans ces
attitudes abandonnées et gracieuses des peuples de l'Orient. Ce
fut devant cette foule attentive et silencieuse que Jésus prononça
solennellement ces paroles : ' Vous voulez le bonheur, détachez-vous
de vos richesses ; cherchez les larmes, sacrifiez tout, votre
or, vos affections, votre vie ; aimez qu'on vous calomnie, qu'on vous
maudisse, qu'on vous persécute. "
Nous avions foi à cet enseignement du Christ et c'est pour
cela que nous nous donnions à lui. Nous savions que nous
allions souffrir, mais nous savions qu'à côté de la souffrance,
il y aurait des jouissances qui payeraient au centuple les
privations que nous nous imposerions.
Nous savions que nous prenions un. joug, que nous rencontrerions des croix ;
mais nous savions aussi que ce joug serait doux, que ces croix seraient légères.
Nous renoncions à quelques plaisirs légitimes du monde,
nous méprisions surtout ces voluptés qui ensevelissent l'âme
sous le froid glacial de la mort intellectuelle et morale ; mais
nous savions que nous jouirions de ces voluptés sereines et
austères qui suivent le courage de la vertu et la générosité de
l'immolation.
Avons-nous toujours assez remercié Dieu de nous avoir donné
ces nobles sentiments qui ont fait battre nos cœurs ? Avons-nous
suffisamment aimé Dieu qui nous a tant aimés et lui avons-nous
toujours manifesté notre amour par nos actes ? Nous le savons,
l'amour chez l'homme est une lumière placée dans un
vase transparent. Le soleil ne saurait voiler l'éclat de ses rayons,
la rose ne pas répandre ses parfums ; ainsi celui qui aime
véritablement Dieu doit faire paraître cet amour à l'extérieur par
sa conduite.
En voyant parfois ce qui se passe autour de nous, en considérant même notre
manière d'agir à l'égard de Dieu qui nous a comblés de ses bienfaits, ne
sommes-nous pas tentés parfois de dire ces paroles qui tombaient un jour des
lèvres d'un grand saint : " Nous nageons dans l'amour comme les poissons dans
l'eau, nous en vivons et nous ne le voyons pas. "
***
A SUIVRE...
Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH
Publié : mar. 19 oct. 2021 11:56
par InHocSignoVinces
Combien de fois peut-être, nous prêtres, en contemplant la douce image de saint Joseph n'avons-nous pas envié le bonheur
de l'intimité de ce grand Saint avec Jésus ? Et cependant il nous avait été donné dès le matin même de jouir d'un bonheur,
nous oserions le dire, encore plus grand que le sien. Nous aussi, malgré nos misères, nous avions commandé à Jésus et, obéissant
à notre parole, il était descendu du ciel sur l'autel, pour y renouveler en notre faveur l'adorable sacrifice de Calvaire.
Mais ce n'était pas encore assez pour son amour. Jésus ne nous a pas seulement permis de reposer sur son cœur, mais il est venu lui-même dans le nôtre ; il a mêlé son sang à notre propre sang, son âme à notre âme ; nos vies se sont confondues, nos existences n'en ont plus fait qu'une : Vivo ego. . . jam non ego. Et ce bonheur s'est renouvelé pour nous tous les jours. Notre cœur est le séjour de Dieu ; là réside la plénitude de toute vérité, de toute justice, de toute sainteté, de toute puissance et, pour tout dire d'un mot, la plénitude de tout bien. C'est bien nous qui pouvons dire : Nimis honorificati sunt amici tui, Deus. (Ps. 138.)
Que de fois n'avons-nous pas eu comme saint Joseph le bonheur de porter Jésus entre nos bras, caché sous les voiles du Sacrement, pour le soulagement et la consolation des mourants !
Comme à saint Joseph il nous est donné d'habiter sous le même toit que Jésus, de pouvoir l'entretenir familièrement à tout moment ; il n'a pas d'heures prévilégiées, toutes les heures sont propres à son amour. Quand le soleil se retire, il ne se retire pas ; son œil est toujours ouvert, son oreille toujours attentive. Il est toujours disposé à entendre avec bonté le récit de nos peines et de nos besoins.
Rappelons-nous donc souvent l'amour de Jésus pour nous et restons toujours tourné vers lui comme la fleur vers le soleil, comme l'œil vers la lumière, comme l'enfant vers sa mère.
Allons assidûment avec foi, avec confiance, au trône de la grâce, au Tabernacle, au Très Saint Sacrement. Notre-Seigneur
est là surtout pour ses prêtres ; à eux ses trésors les plus précieux, ses tendresses les plus paternelles, ses faveurs les plus
douces. Demandons-lui deux biens seulement, ceux que se bornait à demander saint Ignace de Loyola ; quand il disait :
Amorem tui solem cum gratiâ mihi dones, et dives sum satis, et nihil aliud quidquam ultra posco. Oui, demandons la
grâce ; car sans elle, notre ministère serait impuissant ; demandons l'amour, le plus grand bien de l'âme, le seul vrai moyen
de répondre à la charité de Jésus qui nous presse.
Allons souvent au Tabernacle, à la demeure de Jésus, et prosterné à ses pieds pour l'adorer, contemplons, avec des yeux
rendus clairvoyants, et pénétrant par la foi cette merveille de puissance, de condescendance et d'amour. Alors ce cri
s'échappera comme instinctivement et par besoin de nos cœurs brûlants d'amour pour Jésus : " ô mon adoré Maître,
qu'il fait bon d'être auprès de vous et avec vous, bonum est nos hic esse. "
A SUIVRE...