SWS, Livre V, III, C2, B, §211 traduit par le chartreux a écrit :
Le caractère hiérarchique du royaume est prophétisé en Zacharie 6:12-13, qui explique que le roi ferait bâtir un temple à Dieu : le Christ a réalisé cette prophétie en bâtissant son Église sur Pierre. Il a appelé son Église "le royaume des cieux", et le pouvoir dans son Église "les clés du royaume des cieux" : expressions qui montrent assez le caractère céleste de celle-ci. Ces trois aspects hiérarchique, céleste et spirituel du Christ brillent d'un éclat particulier dans le premier acte de ce royaume et le plus solennel, savoir, l'envoi du Saint-Esprit, par qui il accomplit depuis lors tous les actes de son pouvoir royal.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, III, C2, B, §211 traduit par le chartreux a écrit :
II. Les fonctions royales du Christ portent sur la fondation, l'expansion et la consommation finale du royaume de Dieu parmi les hommes. Ces fonctions ne sont pas toujours remplies d'une manière visible comme dans les autres royaumes. Le Christ agit sur l'homme intérieur, bien qu'il le fasse habituellement par des moyens visibles, puisque le royaume des cieux sur la terre est une société bien visible et ordonnée. Mais il peut exercer son influence sur une âme indépendamment de facteurs externes, et il lui arrive souvent de le faire. Le premier et le dernier acte de son royaume — sa constitution et son jugement final — sont des actes personnels et visibles du roi.
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SWS, Livre V, III, C2, B, §211 traduit par le chartreux a écrit :
La fonction royale la plus fondamentale concerne la distribution du salut. Elle agit : (1) dans la législation qui régit l'acquisition et l'usage de la grâce par l'homme, et particulièrement dans la constitution et organisation de l'Église qui est la continuatrice de l'œuvre de salut du fondateur ; (2) dans l'administration, le gouvernement et le développement du royaume par les représentants visibles du Christ sur la terre, sous son assistance et sa protection ; (3) dans les fonctions judiciaires, qui distribuent les récompenses et les peines aux hommes suivant l'accord ou désaccord de leurs actes avec la grâce et la loi du Christ.
Les détails pratiques de l'office royal du Christ sont donnés dans le traité sur les sources de la révélation, la grâce, l'Église, les sacrements et les fins dernières. On pourra consulter Suarez, De Incarn., I., disp. 47 et Knoll, Theol. Dogmat., II., sect. 390 et suiv.
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SWS, Livre V, IV traduit par le chartreux a écrit :
QUATRIÈME PARTIE. LA MÈRE DU RÉDEMPTEUR
Dans cette partie, nous traitons des attributs spécifiques de la Vierge mère du Rédempteur et de sa participation à l'œuvre de Rédemption. D'autres points de doctrine la concernant ont déjà été mentionnés dans la partie III de ce livre ci-dessus. Nous allons ici parler de : (1) La Vierge Marie ; (2) Marie, mère de Dieu ; (3) Marie, pleine de grâce ; (4) Marie coopératrice à la Rédemption de l'humanité. Sources à consulter : S. Thomas, IIIa, qq. 27-29 ; Suarez, De Incarn., tom. ii., in prœm, dist. i ; Pétau, De Incarn., lib. xiv. cc. 1-9 ; et le volume II des Anglican Difficulties de Newman.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
Section 212. La Vierge Marie.
La maternité et la virginité s'excluent mutuellement d'ordinaire ; cependant la femme choisie pour être mère du Christ, en étant recouverte de l'ombre du Saint-Esprit, fut nécessairement consacrée à Dieu seul ; elle n'était pas une vierge parmi d'autres, mais la vierge des vierges. La prophète Isaïe a annoncé (en 7:14, cf. Matth. 1:23) qu'"une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel". Dans le symbole des Apôtres, la vierge Marie est associée au Saint-Esprit comme source et origine du Christ. Elle est le vecteur d'influences spirituelles, choisi et consacré par Dieu.
I. Dans la conception chrétienne, la virginité de Marie est perpétuelle, et s'étend à son corps, son esprit et ses émotions : Virgo perpetua virginitate mentis et sensus. L'adage classique exprimant l'intégrité perpétuelle de son corps est : Marie, vierge avant, pendant et après la naissance de son Fils.
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SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
I. 1. Le cinquième concile général (canon 2) et le concile du Latran sous Martin I (canon 3), ont défini la virginité perpétuelle de la chair de Marie, qui est par conséquent de foi. Dans la deuxième partie de ce livre, nous avons déjà parlé de la virginité de Marie pendant la conception et la naissance du Christ. Qu'elle ait été vierge avant la conception n'a jamais été contesté. En ce qui concerne sa virginité après avoir donné naissance à son fils aîné, celle-ci de son vœu (Luc 1:34, dont nous reparlerons bientôt) et du fait qu'elle est toujours appelée mère de Jésus (et de personne d'autre), et que sur la croix le Christ l'a recommandé à Jean, puisqu'il n'y avait pas d'autre fils pour le remplacer.
Si inadéquates que soient ces indications dans la sainte Écriture, elles sont très largement compensées par la tradition unanime et ininterrompue de l'Église. Marie est appelée "la vierge" par tous les Pères et écrivains ecclésiastiques. Les hérétiques qui contestent cette épithète sont traités de fous, de blasphémateurs, de criminels et de sacrilèges (S. Jérôme, Contra Helvidium). Il est universellement admis que la raison de la virginité perpétuelle de Marie est donnée en Ezech. 44:2 : " Cette porte sera fermée ; elle ne sera pas ouverte, et personne (aucun homme) n’y passera ; car le Seigneur, le Dieu d’Israël, est entré par cette porte, et elle sera fermée ".
S. Thomas (en IIIa, q. 28, art. 3) explique que la virginité perpétuelle de Marie était exigée par : (1) la dignité du Christ, qui devait être nécessairement le premier-né et le seul-né de sa mère ; (2) l'habitation du Saint-Esprit, qui devait nécessairement préserver son sanctuaire ; (3) Marie elle-même, qui si elle avait sacrifié sa virginité, se serait rendue coupable de la plus noire ingratitude ; (4) Joseph, qui s'il avait profané le sanctuaire du Saint-Esprit, se serait rendu coupable de l'arrogance la plus inexcusable.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
Trois difficultés exégétiques ont été soulevées par des hérétiques dès les premiers temps de l'Église, contre la virginité perpétuelle de Marie. Ce sont :
(1) Matth. 1: 25 : "Et il ne L’avait point connue quand Elle enfanta Son Fils premier-né". Mais les mots précédant immédiatement ce verset, "Joseph (...) prit son Épouse avec lui" montrent clairement que l'évangéliste veut insister ici sur la naissance virginale de Jésus, sans aucunement penser aux relations entre Joseph et Marie après cette naissance. Même chose au verset 18 : "Avant qu’ils habitassent ensemble, il se trouva qu’Elle avait conçu de l’Esprit-Saint" ; ici "habiter ensemble" est probablement synonyme de "prendre son épouse avec lui".
(2) Le titre de "premier-né" appliqué à Jésus dans le même passage, et aussi en Luc 2:7, où le sens littéral du texte exclut des enfants avant, mais ne dit rien sur d'éventuels enfants après. Or, dans la Bible, le premier-né est sujet à des privilèges, droits et devoirs particuliers : il est consacré à Dieu. C'est la seule et unique raison pour laquelle Jésus est appelé ainsi.
(3) Les "frères de Jésus". Dans la langue de la Bible, frère peut désigner des membres d'une même famille ou d'une même tribu. Abraham dit à Lot, "Nous sommes frères" (Gen. 13:8). Et en fait, plusieurs des "frères de Jésus" sont dits être des fils d'une autre Marie, sœur de la mère de Jésus, et femme de Cléophas (Matth. 27:56 et Jean 19:25). Jacques, qui est appelé frère du Seigneur (Gal. 1:19), est souvent dit fils d'Alphée dans les listes des Apôtres. Clopas, Cléophas et Alphée ne sont que des variantes d'un même nom hébreu.
Certains Pères, se fiant sur ce point à certains apocryphes, admettent que Joseph avait déjà eu des enfants d'un mariage antérieur ; mais cela n'est aucunement nécessaire pour résoudre la question des "frères de Jésus", et est d'ailleurs très-fortement rejeté par Origène et S. Jérôme.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
I. 2. L'Église a toujours été convaincue que Marie a toujours eu "la ferme intention de préserver l'intégrité de son corps pour l'honneur de Dieu". Après avoir conçu du Saint-Esprit, sans préjudice pour sa virginité, Marie ne pouvait même pas considérer l'idée de profaner son corps sanctifié : un tel désir impie ne pouvait naître dans une âme "pleine de grâce". Et en ce qui concerne la période avant sa conception, quand Marie ignorait encore sa très-glorieuse vocation, il est très-raisonnable de présumer que Dieu l'a préparée en lui suggérant le "vœu de virginité", qu'elle mentionne à l'ange de l'annonciation comme un fait accompli : "Comment cela se fera-t-il ? Car je ne connais pas d’homme" (Luc 1 :34).
Ce verset ne laisse aucun doute quant à l'existence d'un vœu de chasteté. Quand ce vœu a-t-il été fait ? Était-il inconditionnel ? Si l'on considère l'amour idéal de la pureté attribué par l'Église à la vierge des vierges de par son état d'épouse du Saint-Esprit, nous ne pouvons que croire que ce vœu était parfait, sans aucune restriction quant aux temps et circonstances, et qu'il a été fait la première fois que Marie s'est interrogée sur son choix de vie.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
I. 3. Un troisième aspect de la virginité parfaite de Marie est sa préservation de toutes pensées ou émotions impures, dans le corps ou dans l'âme. Mais comme cet aspect relève de la perfection morale et de la sainteté de la volonté de Marie, nous nous en occuperons à un autre endroit de ce traité.
Cette pureté parfaite du corps, du mental et des émotions, font de la mère de Jésus la vierge des vierges, c'est-à-dire la vierge idéale. Son amour de la pureté était proportionné à sa plénitude éminente de la grâce et de l'amour de Dieu. Sa vertu était protégée non seulement par sa volonté humaine comme chez les saints, mais par la volonté de Dieu lui-même qui avait contracté alliance avec elle.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §212 traduit par le chartreux a écrit :
II. S. Thomas (en IIIa, q. 29, art. 1), donne douze raisons pour que Marie ait été mariée à Joseph. Les principales sont que le mariage la protégeait elle et son fils de l'infamie, lui donnait un protecteur à eux deux, et nous a donné, en la personne de son époux, un témoin fiable de l'origine divine du Christ. Le vœu de virginité de Marie n'était-il pas cependant un obstacle à l'idée d'un vrai mariage ? Il faut certes reconnaître que son mariage différait des unions ordinaires, en ce que son vœu privait Joseph de son droit sur son corps. Tous les autres éléments du contrat matrimonial étaient en revanche inchangés.
En vertu de son mariage, Joseph avait le droit de faire sien le fils de Marie et le devoir de s'en occuper comme un père ; et en fait, Dieu avait ordonné leur union pour cette raison même. Ainsi, l'union entre Joseph et Marie possède une excellence que même le mariage chrétien n'atteint pas. Le fruit de l'union devient celui de Joseph par son union "spirituelle" à Marie. Le même fruit n'est pas un "fils adoptif de Dieu de plus dans son Royaume", mais le Fils naturel de Dieu même. Cf. S. Thomas, IIIa, q. 28 et 29 ; Franzelin, thèse xv.
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