Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)
Publié : ven. 07 juin 2019 12:29
Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : De plus, dire que la messe traditionnelle (expression que je préfère) est la "messe de toujours" n'implique aucunement un mépris des rites orientaux, ou même de certains rites occidentaux alternatifs - que je valide implicitement au 9) de ma première lettre. Je n'ai pas d'objection contre l'idée d'obliger les fidèles à utiliser l'un ou l'autre de ces vénérables rites (excepté que ce serait sans raison). C'est le Novus Ordo Missae et lui seul que je conteste. Ces autres rites vénérables sont aussi des formes de la "messe de toujours" ; et quand je n'ai pas de vraie messe romaine à disposition, j'assisterais sans hésitation à une messe catholique de rite oriental.
Par ailleurs, le Quo Primum du Pape Saint Pie V reconnait aussi la validité des autres rites. Je cite :
Si seulement Paul VI avait été aussi tolérant - la messe traditionnelle est une loi depuis 400 ans, et une coutume depuis deux millénaires.Quo Primum a écrit : on ne chante ou ne récite d'autres formules que celle conforme au Missel que Nous avons publié, même si ces églises ont obtenu une dispense quelconque, par un indult du Siège Apostolique, par le fait d'une coutume, d'un privilège ou même d'un serment, ou par une confirmation apostolique, ou sont dotées d'autres permissions quelconques ; à moins que depuis la première institution approuvée par le Siège Apostolique ou en vertu de la coutume, cette dernière ou l'institution elle-même aient été observées dans ces mêmes églises depuis deux cents ans au moins, d'une façon continue, pour la célébration des messes. Dans ce cas, Nous ne supprimons aucunement à ces églises leur institution ou coutume de célébrer la messe ; mais si ce Missel que Nous avons fait publier leur plaisait davantage, de l'avis de l'Évêque ou du Prélat, ou de l'ensemble du Chapitre, Nous permettons que, sans que quoi que ce soit y fasse obstacle, elles puissent célébrer la messe suivant celui-ci.
Et puisque ton représentant mentionne le rite ambrosien qui est encore en usage à Milan, je t'informe que d'après l'illustre abbé Guéranger, il y a eu deux tentatives "en bonne et due forme" d'abroger ce rite. Le refus des Milanais d'accepter les directives de Rome (directives promulguées pendant les règnes de Nicolas II (1058) et Eugène IV (1431)) dégénéra en une quasi-"guerre civile" ! Dom Guéranger commente que "Rome fut contrainte de reconnaître la légitimité de la résistance et d'accéder aux justes demandes des Milanais (...) Il n'y a rien de plus légitime que le souhait de prier en utilisant les mêmes prières et les mêmes rites que ses ancêtres" (Institutions Liturgiques). Dom Guéranger n'est peut-être pas un "auteur approuvé" par la Nouvelle Église, mais c'était l'un des écrivains spirituels favoris de S. Thérèse de Lisieux, "la plus grande sainte des temps modernes" d'après S. Pie X.
Passons maintenant aux preuves que la description du Novus Ordo Missae que j'ai faite plus haut est exacte.