Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE

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Message par InHocSignoVinces »

Une lettre des fidèles de Smyrne aux églises du Pont
nous représente le corps de saint Polycarpe au milieu
des flammes, comme de l'or ou de l'argent qui s'épure
dans le creuset.

Tel encore le corps de saint Jean Népomucène. Il fut distingué
pendant la nuit au milieu des eaux de la Moldau, à la clarté
céleste qui lui servait comme de vêtement, le 16 mai 1383.


Cette miraculeuse transformation des parcelles du
précieux sang de sainte Phiiomène, rappelle le souvenir
toujours vivant, parce que le fait se renouvelle chaque année,
de la liquéfaction du sang de saint Janvier, à Naples.
Cette merveille, si bien décrite et si bien prouvée par
le grand Docteur saint Liguori dans son ouvrage Triomphe
des Martyrs, excite aujourd'hui encore l'admiration de
tous ceux qui peuvent en être les heureux témoins.
Le sang du saint Curé d'Ars, aussi recueilli dans les fioles,
présente quelquefois et à peu près le même prodige.


Mais, parlons plus spécialement du sang de sainte Philomène.

Ceux qui le considèrent, assurent que bien que les mêmes
parcelles présentent la même lumière dans l'urne qui les
contient, leur éclat n'a pas toujours la même vivacité,
et les couleurs dont elles brillent ont, en divers moments,
des nuances aussi diversifiées. Cette merveille, ce prodige,
qui s'opère sans interruption depuis l'extraction du saint corps
des catacombes, est un fait irrécusable, et toute démonstration
en forme serait ici déplacée à cause de son inutilité.


Cependant, certains incrédules, bien loin d'ajouter
foi à ces merveilles, oseront les tourner en ridicule : à
ceux-là nous demanderions volontiers s'ils ont plus de
jugement, plus de lumières, plus de prudence, et surtout
plus de sagesse que les personnes qui l'attestent
d'après le témoignage de leurs yeux, que l'Eglise romaine même.


Il est bon de remarquer que la cour de Rome, dont
on ne saurait assez admirer le sage lenteur, l'extrême
circonspection quand il s'agit de faits miraculeux,
attendit pour prononcer sur cet événement extraordinaire,
que la divine Providence s'expliquât d'une manière plus positive
sur ce sacré dépôt. C'est pourquoi on plaça les reliques de sainte
Philomône au milieu de plusieurs autres corps de saints martyrs
dans la salle dite des Reliques. Elles y restèrent dans un état de
complète obscurité jusqu'en 1805. Alors il plut à la divine Providence
de les tirer de ce lieu pour les glorifier.



A SUIVRE...
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Message par InHocSignoVinces »

LIVRE DEUXIEME - CULTE DE SAINTE PHIL0MÈNE EN ITALIE ET EN
D'AUTRES PROVINCES ÉTRANGÈRES.


CHAPITRE PREMIER

Choix des restes sacrés de sainte Philomène.
Transport à Naples.



Ayant traité dans notre Histoire : Saint Georges, martyr (livre IV), de la convenance et de la légitimité du
culte rendu aux dépouilles vénérables des Saints, nous esquissons seulement ici, et d'une manière rapide et exacte,
l'histoire du culte rendu à sainte Philomène dans ses reliques, immédiatement après leur invention miraculeuse,
et des prodiges auxquels elles donnèrent lieu.

A peine ses restes sacrés furent-ils levés de la tombes
que leur sainteté se manifesta aux regards étonnés de
plus grands incrédules, par l'éclat admirable qui en
iaillissait, ombre néanmoins biea imparfaite de la cé-
leste gloire qui les revêtira dans la bienheureuse éternité !

Ces restes sacrés furent donc déposés, après leur sortie
des catacombes de sainte Priscille, selon l'usage
ordinaire, dans la chapelle des reliques à Rome même.
Là se trouvaient en outre douze autres corps saints.

Un missionnaire, Don François de Lucia (1), prêtre de
l'Eglise del Mugnano del Cardinale, au diocèse de
Naples, dont la vie si pieuse vient de s'éteindre,
il y a quelques années à peine, et auquel nous
sommes redevables de tout l'historique des merveilles opérées
sur les reliques de la Sainte, vint à Rome avec Don
Barthélémi de Césarée, évêque nommé de Potenza,
pour demander un corps saint, mais qui eût un nom
propre.

Don François ayant manifesté son désir au custode ou gardien des reliques,
Mgr Pouzetti,fut par lui introduit dans la salle : « Faites votre choix,
lui dit ce prélat, prenez tel corps qu'il vous plaira."


Le saint missionnaire était dans la joie de son cœur,
il pensait bonnement qu'il n'avait qu'à se déterminer
pour le choix. Il parcourut d'un regard rapide les treize
corps saints exposés, et quel fut son étonnement
de n'en trouver qu'un seul de nom propre et connu,
celui de sainte Philomène.

Bon, se dit alors Don François, je suis satisfait. Je
désirais les restes d'une Vierge martyre, de nom connu,
et mes vœux sont remplis, j'aurai sainte Philomène,
je n'en veux pas d'autre.

On fit savoir son choix préféré au custode, qui lui donna
l'espoir de le lui concéder. Mais, quelques jours
après, comme Don François se disposait à aller enlever
le sacré dépôt, le custode lui fit répondre que, malgré
le désir qu'il éprouvait de le satisfaire, il ne pouvait lui
accorder le corps de sainte Philomène, parce que les restes
des Saints dont on était assuré du nom, ne se donnaient
qu'à des évêques, à des princes catholiques,
pour être exposés dans les basiliques. Vous pouvez, lui
dit le secrétaire du custode, choisir parmi les douze
corps que voici sur cette liste, et qui sont sans nom.

Dieu ! qui peindra la douleur de Don François à cette réponse,
lui dont le choix était si bien et si définitivement arrêté sur
sainte Philomène, qui même avait déjà écrit à Naples pour
annoncer à ses amis qu'il les doterait, eux et la province,
du corps de sainte Philomène, et qu'ils eussent à se disposer
à le recevoir. Arrive que pourra, se dit le missionnaire profondément
affligé, mais je ne quitterai point Rome, sans emporter les restes
d'une Vierge martyre et de nom connu.


A SUIVRE...


(1) Voir la Notice de ce grand serviteur de Dieu et de sainte philomène, au chapitre III de ce premier livre.
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Message par InHocSignoVinces »

Il parcourt donc la capitale du monde catholique, visite ses nombreuses églises et ses catacombes, et par une rencontre qui semblait le devoir satisfaire, on tirait d'une église le corps de sainte Ferme, vierge et martyre, qui lui fut offert. C'était bien, comme il le souhaitait avec une ardeur si grande, le corps d'une vierge martyre, et son nom propre était connu, mais, encore une fois, ce n'était plus sainte Philomène et sa joie
n'était pas complète.

C'est alors que, convaincu de son impuissance, il prit le parti d'aller vers l'évêque de Potenza pour lui faire part de sa peine et le prier de s'intéresser en sa faveur auprès du custode. Le prélat fut touché de son affliction et lui promit de lui demander le saint corps de Philomène, qu'aussitôt qu'il lui serait donné, il le remettrait à sa disposition.

Ils allèrent donc tous deux trouver le custode, qui les introduisit dans la salle des reliques : «Monseigneur, dit au custode l'évêque de Potenza, vous avez ici le corps d'une sainte vierge et martyre du nom de Philomène, je serais heureux que vous me le concédiez, il sera exposé à la vénération des fidèles."

« Bien volontiers, répondit le custode, que Monseigneur prenne le corps de sainte Philomène s'il le désire. »

L'évêque de Potenza, une fois en possession des saintes reliques, les donna de suite en présence même du custode, à Don François, qui les reçut avec une reconnaissance inexprimable.

« Eh bien, dit le custode à Don François, vos désirs sont remplis : Monseigneur est persuadé que la sainte veut aller dans votre patrie, où elle fera de grands prodiges !"

Dès lors le pieux missionnaire ne pensa plus qu'au moyen de transporter le saint corps. Il fut résolu, entre
lui et l'évêque de Potenza, que, pour rendre honneur au précieux dépôt, on le placerait sur le devant de la
voiture. La préoccupation naturelle au départ fit oublier d'en donner l'ordre, et les domestiques le renfermèrent
dans le caisson sur lequel était le siège. Mais, un mouvement violent se fit sentir à trois reprises, et de subites et
bien vives douleurs rappelèrent aux voyageurs leur promesse.

On se hâta de placer les reliques sur le devant de la voiture, et le prodige comme les douleurs des conducteurs cessèrent.

Ceux-ci s'humilièrent de leur oubli coupable, et l'évoque de Potenza, la tête découverte, les larmes aux
yeux, baisa le vénérable dépôt, et pria sainte Philomène d'accepter ses regrets.

La sainte ne fut pas insensible à ces marques de regret. Comme les conducteurs du char et ceux qui les accompagnaient, se trouvaient entre Cessa et Capoue, elle fit éclater sur eux sa puissante protection. Car les chevaux qui allaient un grand train s'étant jetés dans un précipice, la voiture faillit renverser, et tous ceux qui y étaient montés et qui faisaient garde au saint corps tombèrent à la renverse. Mais, grâce à la protection de sainte Philomène, ils ne ressentirent aucune douleur de leur chute.

Ils se relevèrent, poursuivirent leur voyage, non sans être témoins de beaucoup d'autres prodiges, et se dirigèrent vers Naples en chantant des hymnes et des cantiques au Très-Haut, qui avait signalé sa miséricorde sur eux par l'entremise de sa sainte.

On a pu remarquer dans notre récit des circonstances qui ont échappé à tous les biographes français de la sainte; ces circonstances, si précieuses à relater, nous les avons apprises d'une personne digne de foi, qui les a recueillies à Mugnano, de la bouche même du pieux missionnaire Don François.


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Message par InHocSignoVinces »

CHAPITRE II

Sainte Philomène signale son passage à Naples par
des bienfaits. Translation du corps de la sainte
à Mugnano.



La sainte était impatiemment attendue par les Napolitains. Ces bons chrétiens, à foi robuste et solide,
voyaient dans ce nouveau et riche trésor, dont déjà ils se croyaient en possession, une marque toute
particulière des attentions de la Providence sur eux. Ils allèrent la plupart, avec le clergé, au devant
du saint corps, pour saluer et vénérer à l'avance celle qu'ils considéraient comme une douce et puissante
médiatrice près de l'Éternel.

Enfin, elle arrive dans la cité de Naples. Ciel! quelle
allégresse !

Un habitant, homme religieux et craignant Dien,
Antoine Torres, avait adjacente à sa maison une
chapelle qu'il offre à la sainte.

Don François accepte au nom de Philomène.
Il rassemble dans l'ordre le plus convenable les sacrés ossements, les dépose dans un corps fait de carton,
qu'il revêt d'ornements simples. On les enfermé ensuite dans une châsse sur laquelle on fait apposer le sceau de
l'autorité ecclésiastique.

Comme les bénédictions de Dieu descendaient abondantes et sensibles sur la famille de Torres, le bruit
s'en répandit bientôt dans toute la ville. Sa maison était sans cesse envahie par la foule des visiteurs ; force
fut d'exposer les reliques de sainte Philomène à la vénération publique dans une des églises de Naples. Les
trois jours qu'elles y demeurèrent exposées, le concours fut très-grand.

Mais Dieu, qui agréait les hommages rendus à la sainte, ne permit cependant pas qu'elle opérât des prodiges en ce lieu.
Peut-être il voulait faire entendre que ce n'était pas là qu'elle devait recevoir le plus d'honneurs.

L'Éternel a ses desseins ; il n'en doit compte à personne. Le chrétien fidèle les adore, même sans les comprendre. On pensa
donc que c'était à Mugnano, petite ville au delà de Naples, que la vierge martyre devait être vénérée.

On fit les préparatifs pour une nouvelle translation. On se mit en marche.

D'une part, Naples se séparait à regret de son cher
trésor; de l'autre, Mugnano attendait ce bien si précieux
avec une vive ardeur


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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE

Message par InHocSignoVinces »

On la reporta dans la chapelle de Torres. La sainte semblait quitter à regret la demeure d'un homme qui
lui était si dévoué. Elle voulut, avant que l'on se mît définitivement en départ pour le pays qu'-elle allait combler
de ses faveurs, lui donner une dernière marque de sa reconnaissance. Oh ! que les Saints son bons !

Angèle Rose, femme de Torres, souffrait depuis douze ans d'une maladie incurable. La sainte l'en délivra. Celle-ci reconnaissante, lui offrit un riche calice. Là ne se borna point sa bienfaisante libéralité.

Michel Ulpicella, comme le nomme Don François, avocat, était depuis six mois retenu dans sa chambre
par une sciatique. Nul remède ne l'avait pu guérir. Il se fit transporter à la chapelle, il en sortit guéri.

Une dame distinguée avait à la main un ulcère gangrené. On se disposait à le lui couper. Elle met dessus,
le soir même, une relique de la sainte qu'on venait de lui apporter. Le lendemain, le chirurgien, voulant
amputer la partie malade, la trouva guérie.

Ces merveilles, par leur retentissement, augmentèrent et le cortège de la sainte et son triomphe. On partit pour Mugnano. Les rues étaient jonchées de fleurs, de branches d'arbre au vert feuillage. Les prodiges se multipliaient sous les pas.

Les habitants de Mugnano, impatients de posséder
la sainte, allèrent processionnellement au devant d'elle.
Ils disaient : « Oh ! si sainte Philomène voulait nous
envoyer une abondante pluie, car la terre était durcie,
brûlée par une grande sécheresse. »


Les cloches de Mugnano depuis longtemps étaient en
branle. Elles n'avaient point fini leur joyeux carillon,
que la pluie désirée tombait sur tout le territoire ; de
là ce cri solennel répété de bouche en bouche : Vive
Dieu! vive la sainte!



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Message par InHocSignoVinces »

De son côté, la sainte avançait, non cependant sans quelques obstacles. L'un des porteurs malade la veille, ne marchait alors que péniblement.

Don François se tournant vers lui : « Ami, courage et confiance en la sainte. Elle t'aidera. »

Le paysan reprit sa part du fardeau et son mal le quitta. La sainte aussi lui parut plus légère: « Elle ne
pèse pas plus qu'une plume, disait ce brave homme. »


Puis, sainte Philomène voulait, en cette solennité, témoigner qu'elle se trouvait satisfaite de ces manifestations du cœur.
Elle leur souriait avec tant de grâce, que le sourire d'une mère pour son petit ne saurait l'exprimer. Son visage, le visage
de la statue qui renfermait ses restes précieux revêtit une forme si belle, qu'éblouis et ravis furent tous ceux qui la contemplèrent.

Ils s'écrient d'une voix : Ciel ! qu'elle est donc belle.

Autre prodige: Philomène était aimée des Anges. Eux aussi voulurent fêter le triomphe de leur sœur
chérie. Ils formèrent la nuit une colonne de nuée, comme autrefois ils le firent pour les Israélites.
Et, le jet de lumière que produisait la blanche nuée, guidait le cortège.

Merveille ! jusque-là, Philomène avait été portée par les Napolitains. Arrivés sur le sol de Mugnano, la châsse
devint pesante. Elle ne recouvra sa première légèreté que quand des fidèles de Mugnano l'eurent chargée sur
leurs épaules.

L'enfer gémissait dans sa sombre demeure, la gloire des saints élus torture ses habitants. Honteux et furieux,
il suscita à l'arrivée de la thaumaturge un affreux ouragan. On eût dit que les éclairs scintillants, que la voix
majestueuse des tonnerres, que toute la nature enfin fêtaient aussi à leur manière la triomphante
vierge.

La sainte dissipa l'ouragan, ou plutôt les Anges le repoussèrent.

Il alla expirer sur une montagne rapprochée, et déracina de vieux arbres.

C'est avec cet appareil solennel que Philomène vint se fixer à Mugnano dans l'église Notre-Dame-des-Graces, où depuis cette époque surtout, ses précieues reliques ont toujours été bien vénérées.


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Message par InHocSignoVinces »

CHAPITRE III - Fête solennelle à Mugnano, à l'occasion des reliques de sainte Philomène.


La solennité de la réception des reliques devait avoir
lieu le lendemain de leur arrivée, le 11 du mois d'août.

Ce jour était un dimanche; aussi l'on vit accourir de
tous les pays environnants une multitude de personnes
de tout sexe et de tout âge, dont l'église se remplissait
à chaque instant. Ils venaient pour voir et vénérer la
nouvelle sainte, dont ils espéraient que le Seigneur
glorifierait le nom par quelque miracle.

On entendit ces villageois se demander les uns aux
aulres, dans la simplicité de leur foi: « Mais notre
sainte, quand est-ce donc qu'elle fera des miracles ? »


Déjà le Ciel leur avait répondu. Car, la nuit même
de l'entrée de sainte Philomène, un d'eux, nommé Ange
Bianco,
qu'une goutte cruelle tenait au lit depuis
plusieurs mois, apprenant l'arrivée du saint corps, fit vœu
de l'accompagner à la procession, s'il se voyait délivré de ses douleurs.

Il sembla d'abord que sa prière n'était point exaucée,
jamais il n'avait tant souffert qu'en ce moment. Mais à
peine a-t-il entendu le son des cloches, qu'il s'élance avec
une foi vive hors de son lit; le mal résiste encore, mais ne
l'empêche point de s'habiller. La confiance
augmente; il lutte contre ses douleurs, fait quelques
pas; et lorsqu'il entrait sur la place, le mal s'était entièrement
dissipé, au grand étonnement de tous ceux qui avaient été
témoins de ses longues et pénibles souffrances.

Cette guérison miraculeuse ne suffisait point à l'impatience
pieuse qu'avaient ces bonnes gens de voir leur
sainte glorifiée, et il sembla que leurs désirs venaient
du Ciel; car il ne tarda pas à les accomplir, au delà
même de toute espérance.


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Message par InHocSignoVinces »

Le jour de l'octave de la Translation, pendant la messe solennelle, en présence de la foule, qui y assistait, on voit tout à coup un enfant, âgé d'environ dixans, se lever du milieu de l'église, et traversant la multitude, venir auprès de la châsse, où il remercie sa bienfaitrice. Le voir, et crier au miracle, fut une seule et même chose.

Sa mère surtout, pauvre veuve, qui l'avait apporté dans ses bras, et qui, pendant toute la messe, jusqu'au
moment de l'élévation, où le prodige s'opéra, n'avait cessé de prier la sainte avec ferveur, élevait sa voix
reconnaissante au-dessus de toutes celles qui glorifiaient Dieu et sainte Philomène.

L'enfant était tellement estropié, qu'il ne pouvait ni marcher, ni même se tenir sur ses pieds ; tout le village
le savait ; et tout le village le vit, aussitôt après la messe, aller, venir dans les rues et sur les places, annonçant
la merveille dont il avait été l'objet, et à laquelle tous rendaient témoignage, soit en se précipitant vers lui pour
le féliciter, soit en faisant retentir les airs de mille joyeuses acclamations.


Le miracle, opéré pendant la sainte messe, attira aux vêpres une telle affluence de monde que l'église ne put suffire à la contenir ; un grand nombre s'était arrêté en dehors de la porte.

Là, se trouvait une femme du village d'Avella, tenant entre ses bras une petite fille, d'environ deux ans, que
la vérole avait rendue aveugle. Les médecins les plus célèbres de la capitale avaient été consultés; ils jugeaient
le mal incurable.

Mais la mère affligée, sachant que les choses impossibles à l'homme sont possibles à Dieu, ne désespérait pas de la guérison.

Elle accourt à Mugnano ; et quoique les passages, pour arriver à la sainte, parussent fermés, pour la raison que nous venons de dire, elle parvient néanmoins à se faire jour, et se trouve enfin auprès de la châsse.

Aussitôt, animée d'une foi vive, elle prend de l'huile de la lampe qui brûlait devant sainte Philomène; elle en oint les yeux de son enfant, et la petite incurable est sur-le-champ guérie.

A ce miracle, nouveaux cris dejoie, nouveau tumulte, produit par l'allégresse et la reconnaissance ; le peuple,
qui est hors de l'église, fait écho à celui qui se trouvait au dedans. Le prédicateur (car tout ceci avait lieu pendant
le sermon), Don Antonio Vetrano, ne peut plus faire entendre sa voix.

Comme tous demandaient à grands cris qu'on leur montrât l'enfant qui venait d'être guérie, un prêtre la prend dans ses mains, et monte sur une balustrade, il la présente aux regards du peuple, qui, dans son admiration, élève jusqu'au Ciel la puissance de Dieu et la gloire de sa servante.


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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE

Message par InHocSignoVinces »

Les jours suivants, il y eut encore un grand nombre
de semblables prodiges.

Observons que l'intention de Don François n'était pas
d'abord de laisser la sainte dans l'église Notre-Dame-des-Grâces.
Il la destinait à l'oratoire privé qu'il avait dans son habitation.
Mais ces œuvres merveilleuses opérées dans l'église principale
lui firent comprendre que telle n'était par l'intention de l'Éternel.
Il fit donc ériger dans cette même église Notre-Dame-des-Gràces un
autel qui fut spécialement consacré à la sainte. Les habitants de
Mugnano y contribuèrent largement et d'une manière spontanée.

C'est en ce lieu, où domine une belle statue de Philomène, que furent déposées ses précieuses reliques.
Depuis, on a extrait bien des parcelles de ce saint corps, pour en doter diverses églises.


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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE

Message par InHocSignoVinces »

CHAPITRE IV - Comment sainte Philomène bénit Mugnano.

Il y avait à peine quelques années que Mugnano
était en possession des restes de la sainte, que déjà
l'univers entier les lui enviait. La sainte ne demandait
pas mieux que d'accorder sa protection à tous. Mais les
faveurs de sa prédilection, elle les réservait pour cette
petite cité qui devint bientôt le théâtre de merveilleux
et incessants prodiges.


Le corps figuré en carton qui recouvrait les osse-
ments sacrés était d'une forme peu convenable.
La sainte en parut blessée. Elle voulut peut-être
plaire aux cœurs des fidèles, afin de les combler
davantage de ses bien-faits.


On l'avait affublé d'ornements magnifiques. Mais,
hélas ! ils ne pouvaient parer à ces défauts.


C'était un matin, en 1814, tout à coup des visiteurs
virent le corps de la sainte assis avec modestie dans
la châsse, lui qui jusqu'alors avait été toujours étendu.
Les ornements avaient suivi ce mouvement miraculeux.
La sainte avait donc une pose plus gracieuse ?


Oui, car le visage avait perdu ses traits grossiers et semblait
jouir d'une transfiguration; le menton s'était arrondi, les bras
s'ouvraient avec une grâce merveilleuse, et le coloris des joues
rendait la physionomie belle et charmante aux regards étonnés.
Sa chevelure précédemment cachée derrière le cou et l'épaule
gauche se montrait entière, et flottait çà et là avec une élégante
légèreté.


Cependant les quatre sceaux apposés sur la châsse
par l'évêque de Potenza restaient intacts. La clef de
la dite châsse était à Naples. L'imposture ne pouvait
crier à la supercherie. Ce n'était pas tout.


On aperçut les vêtements de la sainte tomber en lambeaux.
Une main d'ange peut-être en détachait tantôt une pièce,
tantôt une autre.


N'était-ce pas que Dieu, jaloux de la gloire de sa servante,
indiquait qu'il fallait recouvrir son saint corps de vêtements
plus modestes et plus beaux ?


On le comprit ainsi. On s'en occupa activement.

Et la sainte ou plutôt Dieu, sachant seconder le zèle empressé
des fidèles, envoya un Esprit céleste qui fil croître des cheveux
miraculeux dans les tresses de scie dont on avait couvert la tête
de la statue. Ces cheveux voilèrent l'épaule gauche, qui jusque-là
avait été nue.

Et leur éclat divin et leur angélique disposition, répandaient une
grâce ineffable sur le saint corps, qui paraissait beau, d'une céleste
beauté.

Et le peuple témoin, s'écriait : Miracle! miracle!

Philomène, que vous êtes bonne ! De ces cheveux miraculeux,
on m'en a donné. On en a mis quelque peu dans une tasse avec
de l'eau qu'une personne qui m'est chère a bu dans une dangereuse
maladie; et la confiance l'a sauvée, votre compassion l'a délivrée.

O sainte de mon Dieu, soyez bénie ! Eternel, soyez- en glorifié !


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