Re: Un livre pour ceux qui souffrent.. (vie de Sainte Lidwine de Schiedam)
Publié : ven. 24 janv. 2020 19:13
Disons tout. Lidwine trouvait au sein même de sa famille de fréquentes et amères épreuves.Un de ses frères, en se mariant, avait amené une triste femme sous le toit paternel. C'était bien la plus acariâtre créature qu'on pût imaginer; elle eût rivalisé avec la femme de Job. Jamais contente, toujours et en tout il fallait qu'à tort ou à raison elle trouvât matière à se plaindre. Alors c'était un déluge effrayant de paroles sans fin. Par surcroît de malheur, elle ne parlait pas, mais elle criait à rompre la tête. Surtout, pour qu'il ne manquât rien aux charmes de sa conversation , elle avait invariablement soin d'assaisonner ses gracieux discours d'injures plus ou moins grossières... vrai tyran en un mot, espèce de démon domestique, elle faisait autour d'elle de nombreux martyrs. Et Lidwine était loin de lui échapper. Il n'y avait ni angélique douceur, ni éminente sainteté qui pût trouver grâce aux yeux d'une telle femme; la douce vierge était même sa victime de prédilection, sa victime de presque tous les instants. Un jour donc, le duc Jean de Bavière était venu, sous un sûr déguisement, s'entretenir avec la sainte de quelques affaires de conscience; la terrible femme survint. Ne connaissant pas le prince, comme toujours, sans gêne et n'importe à quelle occasion,elle se mit à quereller. Mais elle le fit tant et tant, elle arriva à un diapason si élevé, que le prince, impatienté enfin, s'écria : « Eh ! que veut donc cette hirondelle bavarde qui trouble à elle seule toute la maison ? mais c'est une calamité, qu'une semblable femme, Lidwine ! comment pouvez-vous la souffrir ? - Monseigneur, répondit la pieuse fille, il y a tout profit à bien supporter des personnes ainsi faites. Ou on les corrige en les gagnant à force de patience ; ou bien on se perfectionne soi-même de plus en plus par cet exercice incessant qu'elles fournissent à la vertu; ou tout au moins on évite de les jeter dans l'irritation qui ne ferait que les déchaîner davantage. » Le prince édifié admira cette réponse. Mais il avait besoin de silence ; il donna à cette femme quelques pièces d'argent pour l'engager à se taire, au moins jusqu'à son départ. Ce qu'elle fit ou à peu près... disent les historiens. Encore semblent-ils hésiter et n'être pas bien sûrs !
Combien d'autres vertus nous pourrions montrer ici à côté de l'humble et douce patience de notre sainte ! Que n'aurions-nous pas à raconter surtout sur son obéissance si surnaturelle, mais si entière, si prompte et si pleine d'abnégation ! Et aussi, sur cette beauté immaculée du cœur qu'elle gardait avec tant de pieux scrupule et qui resplendissait en elle d'un tel éclat que, même pendant sa vie comme après sa mort, tout le monde, à Schiedam, ne l'appelait que la Vierge !
Mais devant nous restreindre, nous nous hâtons d'arriver à celle de ses vertus qui a rempli et dominé toute sa vie, à celle qui est le foyer comme la plénitude de toutes les autres vertus, en embrassant, dans une même étreinte, et Dieu et les hommes. Nous arrivons à la charité !
Ouvrez la porte de votre cœur à une vertu ; bientôt elle appellera toutes les autres, car les vertus sont sœurs, comme les vices sont frères !