Re: Saint Louis-Marie Grignion de Montfort - Tricentenaire
Publié : lun. 20 juin 2016 10:02
Il était sous-diacre, croyons-nous, lorsqu'il fut désigné « à son tour » pour accomplir le pèlerinage à Notre-Dame de Chartres. Tous les ans en effet, en souvenir de la grande dévotion de M. Olier, les supérieurs de Saint-Sulpice deux séminaristes pour représenter la maison aux pieds de Marie.
Ce pèlerinage eut lieu vraisemblablement durant l'été 1699. A Louis-Marie ses supérieurs donnèrent un compagnon digne de lui : M. Bardou, un des plus fervents élèves du séminaire, un modèle de régularité, d'obéissance, de pureté et de pénitence ; il devait devenir grand vicaire dans le diocèse de Narbonne.
Nos deux pèlerins voyageaient en silence la plus grande partie du temps, le cœur rempli de la pensée de Notre-Dame. S'ils parlaient quelquefois, c'était uniquement d'Elle, s'ils priaient ensemble, c'était le chapelet qu'ils égrenaient, c'était le Bréviaire qu'ils récitaient, c'était le psautier de Saint Bonaventure qu'ils chantaient.
Dans les vastes plaines de la Beauce, des laboureurs peinaient durement au travail de la moisson, tandis que des groupes d'enfants folâtraient çà et là. Le saint s'avance vers ces pauvres gens : aux uns, il demande de sanctifier leur labeur par la pensée du ciel ; aux petits, il parle de Dieu, de la bonne Vierge, des sacrements qu'il faut recevoir. Ce ministère apostolique rempli, il revient à grands pas vers M. Bardou, très édifié d'une telle conduite.
Enfin , à l'horizon, se détachent les tours de Notre-Dame de Chartres … son premier mouvement est d'aller se jeter aux pieds de Notre-Dame de sous-Terre.
Dans cette crypte qu'aucun bruit ne peut atteindre … devant cette antique image de Marie tenant son Enfant sur ses genoux et le présentant au monde, le saint communiait à toute la ferveur de la chrétienté primitive, et par delà la chrétienté, à la dévotion des prophètes saluant cette Vierge miraculeuse qui devait donner le Sauveur : Virgini pariturae. …
Le premier jour, semble-t-il, M. Grignion ne passa que quelques heures dans le sanctuaire. Mais le lendemain dès l'aube il communia … et resta six longues heures en oraison, « à genoux, immobile et comme ravi ». Dans l'après-midi, même ferveur, même « extase ».
« De ce pèlerinage de 1699, dit un de ses fils spirituels, Montfort avait emporté tant de bénédictions, que je puis dire que Notre-Dame de Chartres ne fut pas étrangère à la vie féconde du grand missionnaire ; et quand de son cœur jaillira ce traité qui est encore un chant spirituel, le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, nous y retrouverons toute la vibration de la cathédrale, où il avait vécu des heures infiniment douces et profondes de sa mystique oraison.(1) »
(1) Le Bx Grignion de Montfort à N.D. de Chartres, rapport présenté au Congrès marial de 1927, par le R.P. Morineau, Montfortain.