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Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:08
par Abbé Zins
gabrielle a écrit :
On voit que la thèse mélange l'essence de l'homme qui subsiste et l'essence du Souverain Pontificat.

Oui. Ce qui est dénoncé en cette dernière phrase est une des bases essentielles de la confusion sophistique du mirage mis en avant par la “fou-thèse”.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:10
par gabrielle
Les tenants de la fou-thèse ne regarde pas le Pontificat en lui-même, mais juste dans sa cause accidentelle… c’est –à-dire le sujet Karol. Ensuite ils font un mélange de ces deux réalités et les fusionnent en une seule.

Chez les « guérardiens » il n’y a qu’une facette ce qui fait que Karol est Karol , la nature même du Pontificat est escamotée et devient un accident.

Or, la nature du Pontificat est l'Autorité ou la suprême Juridiction, sans cela le Pontificat n’est pas.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:12
par Abbé Zins
gabrielle a écrit :Les tenants de la fou-thèse ne regarde pas le Pontificat en lui-même, mais juste dans sa cause accidentelle… c’est –à-dire le sujet Karol. Ensuite ils font un mélange de ces deux réalités et les fusionnent en une seule.

Chez les « guérardiens » il n’y a qu’une facette ce qui fait que Karol est Karol , la nature même du Pontificat est escamotée et devient un accident.

Or, la nature du Pontificat est l'Autorité ou la suprême Juridiction, sans cela le Pontificat n’est pas.
Oui. C’est la principale base erronée de cette série de sophismes.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:14
par gabrielle
Je dirais que Karol est la forme accidentelle du Pontificat (car Karol peut trépasser) et non l’inverse.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:15
par Abbé Zins
gabrielle a écrit : Je dirais que Karol est la forme accidentelle du Pontificat (car Karol peut trépasser) et non l’inverse.
Non. Il y a ici confusion. D’abord Karol n’a rien été d’autre qu’un intrus antipape.

Mais surtout, en ce qui concerne notre sujet de logique, une forme substantielle est ce qui donne à un être d’être (ce qu’il est en soi) ; une forme accidentelle est ce qui donne à un être d’être tel (qualité, fonction, etc.).

Par rapport à la Papauté, les Cardinaux avant l’élection en sont la matière première (en puissance) adéquate, le coopté par ses pairs avant son acceptation en est la matière première prochaine ; une fois la Charge acceptée, l’élu devient la matière seconde (en acte) du Souverain Pontificat qui, par rapport à cet élu, en devient la forme accidentelle qui lui donne d’être tel, à savoir Pape.

Pourtant, la Papauté ou le Souverain Pontificat n’est point en soi-même une simple forme accidentelle : elle ne l’est que par rapport à la personne d’un Souverain Pontife.

En elle-même, son essence, est la juridiction universelle sur toute l’Eglise, ses pasteurs et ses fidèles.

La fou-thèse, tel un mirage se dérobant sans cesse dès qu’on veut le saisir, passe continuellement, glisse sophistiquement d’une de ces nuances à l’autre, en omettant soigneusement de considérer ou de mettre en avant cette essence du Souverain Pontificat, et même en s’appliquant à en détourner l’esprit.

D’où la mise à mal de divers de ses promoteurs ou partisans par cette double simple question :
Quelle est l’essence du Souverain Pontificat ? X a-t-il, ou n’a-t-il pas cette essence ?

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:18
par gabrielle
L’autorité du Pontificat n’est pas accidentelle mais l’essence du Pontificat.

Donc, il est impossible de posséder le Pontificat matériellement et de ne pas l'avoir formellement, accepter la thèse serait la destruction du Pontificat en sa nature lui-même.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:20
par Abbé Zins
gabrielle a écrit :L’autorité du Pontificat n’est pas accidentelle mais l’essence du Pontificat.

Donc, il est impossible de posséder le Pontificat matériellement et de ne pas l'avoir formellement, accepter la thèse serait la destruction du Pontificat en sa nature lui-même.
Pas sa “destruction”, mais une défiguration de sa nature dans les esprits.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:24
par Monique
Abbé Zins a écrit : Où se situe la double erreur de base en cette occurrence ?
On dirait qu’on passe de Karol comme homme à Karol comme pape.

Karol comme homme reste qu'il est un homme c’est évident, mais cela ne fait pas de lui le pape.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:29
par gabrielle
Le sujet X peut devenir pape (comme le faisait remarquer Anne-Marie) mais une fois élu et acceptation faite au for externe il est le Pontife.

Pour ce qui est d’une matière sans forme aucune, cela relève uniquement d’un concept de l’esprit, je peux penser que la neige est noire, mais dans la réalité elle est blanche.

Du côté juridique, un office ecclésiastique est une fonction (canon 145 Jombart)

P. Guérard, inverse ce canon, on dirait qu'avec lui la fonction confirme l'office ou il fait un mélange entre pourvoir d’Ordre et pouvoir de Juridiction.


La double erreur de base serait, selon moi, ces doublons des notions relatives à l'essence du sujet ( papabile) et l'essence du Pontificat lui-même ( Autorité) amalgamés en une seule notion.

Re: Sophistes et sophismes : où se situe l’erreur ?

Publié : jeu. 17 sept. 2015 15:32
par Abbé Zins
gabrielle a écrit :
La double erreur de base serait, selon moi, ces doublons des notions relatives à l'essence du sujet ( papabile) et l'essence du Pontificat lui-même ( Autorité) amalgamés en une seule notion.
Oui. Ils passent de sa considération de matière seconde comme homme à sa supposée matière seconde comme “élu”, par le biais d’une ambiguïté avec la notion de matière première en seule puissance de devenir.