C'était le lendemain matin, l'empereur fut informé
de la merveille qui s'était opérée sur le corps de Philomène.
Comme la passion que ce prince infortuné avait
conçue pour cette jeune martyre parlait en son cœut
aussi fortement que la haine du nom chrétien (selon
l'expression de M. l'abbé Poupelier), il sent renaître en
lui l'espérance de la faire changer de résolution et de
l'avoir encore pour épouse. Il la fait venir en sa présence.
Il la considère avec une sorte d'étonnement.
Enfin, il cherche à lui persuader que si elle est guérie,
elle est redevable de cette faveur au dieu Jupiter qu'il adore.
« Oui, Philomène », ajoute Dioclétien : « Jupiter
te veut absolument impératrice à Rome. Ce n'est qu'à
cette fin qu'il t'a fait venir à ma cour. Accepte l'offre que je le fais en ce moment pour ton avantage. Car
jamais tu ne trouveras parti aussi favorable, que celui de régner avec moi sur l'univers, et d'être comblée
de tous les honneurs désirables à un mortel. »
Philomène garda un morne silence, recueillie qu'elle
était en elle-même, écoutant l'Esprit-Saint qui lui par-
lait au cœur. Puis elle ouvrit la bouche et dit à l'empereur.
« Prince ! vos promesses non plus que vos menaces
ne sauraient faire changer la volonté que j'ai de demeurer fidèle à ma foi et à ma virginité. »
L'empereur, voyant nulles ses tentatives, s'efforce de consommer son œuvre infernale ; il propose à la Vierge
diverses questions pour l'embarrasser et la réduire à rougir de honte de son ignorance, selon qu'il le pen-
sait.
Mais l'Esprit-Saint qui avait soutenu Philomène
dans l'horrible supplice de la flagellation, avec une
constance si admirable, qui venait de la combler de
nouvelles faveurs dans sa prison, la remplit en ce moment
de tant de lumières si vives, qu'éclairée surnaturellement,
elle renversa tous les faux arguments du
tyran. Elle parla si éloquemment des beautés du christianisme, de la divinité de Jésus-Christ, de la folie du
culte des idoles, que ni Dioclélien, ni aucun de ses courtisans, qui étaient là aussi présents, ne trouvèrent
quoi que ce soit à lui répondre.
C'est de la sorte que se vérifiait en sainte Philomène la parole du divin Maître; nous suivons la traduction de M. Glaire :
« On mettra la main sur vous, et on vous persécutera, vous livrant aux synagogues et aux prisons, vous
traînant devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. Or cela vous arrivera en témoignage (1). Mettez donc bien dans vos cœurs de ne point préméditer comment vous répondrez. Car je vous donnerai moi-même une bouche et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ni rien opposer. »
Cette prophétie du Christ s'est vérifiée à la lettre dans plusieurs occasions, où des saints Martyrs, comme
sainte Philomène, ont traité des dogmes de la foi catholique, en face des tyrans et des empereurs qui les faisaient persécuter, avec toule la précision théologique, sans qu'ils aient fait à l'avance des études spéciales ni qu'ils aient préparé leurs discours. Nous pouvons citer en preuve la grande sainte Catherine, vierge d'Alexandrie, qui fut martyrisée pour la confession du nom de
Jésus, sept années après sainte Philomène. Cette sainte Vierge confondit merveilleusement par la sagesse de
ses instructions le tyran Maximien et tous les subtils philosophes qu'il avait fait venir de la Grèce
et de l'Italie, dans le dessein de faire réfuter ses dogmes et qu'elle renonçât ensuite à la religion chrétienne.
A SUIVRE...
(1) La version de Sacy porte : « Et cela vous arrivera pour rendre témoignage à la Vérité. » Le sens nous parait plus clair.
Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
CHAPITRE XII
Philomène, jetée dans les eaux du Tibre, percée de
flèches, est guérie. Merveille de la protection divine sur la Sainte.
L'empereur est irrité du peu de succès des nouvelles tentatives qu'il vient de faire pour vaincre la foi et la résolution inébranlable de Philomène. Sa fureur est à son comble. Quel en va être le résultat ? Il commande aussitôt qu'on ensevelisse la Vierge, avec une ancre au cou, dans les eaux du Tibre. Ceux qui sont versés dans l'hagiographie se doivent rappeler que deux cents ans auparavant, l'empereur Trajan avait condamné saint Clément, pape, a être jeté dans la mer Adriatique, avec une ancre aussi attachée à son cou. On en a précipité dans les eaux avec des meules de moulin, témoin saint Crespin et saint Crespinien. A d'autres, comme il est arrivé à saint Quirin, on leur a attaché des pierres ou une pierre seulement au cou, puis on les ajetés impitoyablement dans les fleuves.
Les officiers de Dioclétien, jaloux de seconder la colère inexorable de ce maître inhumain, exécutèrent avec empressement l'ordre qu'il venait de leur donner. Mais, oh ! combien Jésus-Christ est fidèle à ses serviteurs qui souffrent pour son Nom ! II voulut alors faire éclater la puissance de sa grâce dans la personne de son épouse Philomène, et il ne permit pas qu'elle succombât. Comme elle le dit à sœur Marie-Louise, au moment où les bourreaux la précipitaient dans le fleuve, deux Anges vinrent à son secours. Après avoir coupé la corde qui l'attachait à l'ancre, tandis qu'elle tombait au fond du Tibre où elle est restée jusqu'à présent, ils la transportèrent doucement sur le rivage, aux yeux d'une multitude de spectateurs attendris.
Plusieurs des témoins de ce miracle se convertirent et demandèrent le saint baptême. D'autres ne niaient pas le miracle, il était trop évident, mais ils l'attribuèrent à la magie, et poussèrent des cris féroces en appelant Philomène enchanteresse et sorcière. Ainsi lei mêmes moyens qui contribuent au salut des uns servent à la perte des autres par la mauvaise disposition de ces derniers. Toutefois, Dieu sait tirer parti des uns comme des autres pour l'accroissement et la gloire de son Eglise et pour l'exaltation de son saint Nom.
A SUIVRE...
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
Dioclétien se rangea du nombre des endurcis. Pour
lui, la merveille lui paraissait divine, surnaturelle,
mais il avait le cœur corrompu. Il préfère, comme
beaucoup d'autres, attribuer ce fait, que du reste il ne
pouvait nier, à quelque art magique. Il fait traîner la chaste vierge Philomène à travers les rues de Rome,
et, dans la crainte que sa victime ne lui échappe, il ordonne qu'on décoche contre elle une grêle de traits. A
l'instant même la douce et pacifique Victime est enchaînée une seconde fois à un pieu, et une troupe de soldats armés d'arcs lancent sur elle mille flèches qui pénètrent ses chairs sacrées et lui couvrent tout le corps. Le sang ruisselle, coule par torrents de ses membres, et elle s'évanouit. On sait que saint Sébastien subit un supplice semblable à celui de sainte Philomène.
La voyant épuisée et mourante, Dioclélien commande
qu'on la traîne encore une fois dans son cachot. Là, la Vierge put respirer un peu et renouveler ses forces dans la prière plus intime en la présence du Seigneur. Tout à coup sa défaillance se change en un paisible sommeil. Tous les javelots qui étaient attachés à ses chairs tombent d'eux-mêmes et subitement. Ses blessures se cicatrisent d'abord, puis se ferment insensiblement. A son réveil, il ne reste plus sur sa virginale chair une seule trace de son supplice affreux.
Dioclétien en est instruit: « Eh bien, s'écrie alors dans un acecès de rage ce fougueux empereur, puisqu'elle n'a point souffert des traits déjà lancés contre elle, qu'on la perce une seconde fois de dards aigus, et qu'elle expire dans ce supplice! »
Observons que c'était le quarantième jour de la passion si douloureuse de Philomène. Les bourreaux s'empressent de satisfaire à l'ordre de l'empereur. On la tire une dernière fois de son cachot. Elle est menée au lieu du supplice. Les archers qui l'entourent à dix pas à
peine, bandent leurs arcs, rassemblent leurs forces.
Ils lancent impitoyablement ces dards qui, par une disposition merveilleuse de la Providence envers cette amie de Dieu, se refusent à les seconder, de sorte qu'ils n'arrivent pas jusqu'à elle.
L'empereur était présenl à cet odieux spectacle; il enrageait de colère. Jusque-là, il s'était flatté que l'atrocité des tourments abattrait le courage de la sainte Martyre et la forcerait de se rendre à ses injustes désirs. Voyant qu'il était confondu dans son espérance, et que les plus cruels supplices ne pouvaient rien sur la volonté de la victime, il tomba dans de nouveaux accès de démence. Dans la rage infernale qui l'agitait
alors, il se plaignait nlus encore de l'indifférence qu'avait Philomène pour lui que de son attachement
sincère et fortement prononcé à sa religion. Il criait aussi, lui, à la magie, quoiqu'il sût parfaitement bien
que la Sainte n'avait aucun commerce avec les dieux
infernaux. Croyant que l'action du feu pourrait détruire ce. qu'il appelait un prestige, il commande que
les flèches soient rougies dans une fournaise embrasée, et dirigées ensuite, pour une troisième fois, contre la Vierge du Christ.
A SUIVRE...
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
Mais le Seigneur se rit du complot des impies et il sait adoucir à ses Saints les rigueurs des traits dont ces
ouvriers d'iniquités les chargent. Car ces flèches, a dit la Sainte à sœur Marie Louise, après avoir parcouru une partie de l'espace qu'elles devaient traverser, prenaient subitement une direction contraire et revenaient frapper ceux qui les avaient lancées. Six des archers en moururent. Ici sans aucun doute l'incrédulité criera à l'exagération , comme si la chose n'avait pu se passer ainsi.
Rappelons-lui un pareil miracle qui eut lieu dans le cinquième siècle de l'Église. C'était au Mont-Gargan,
dans la province napolitaine nommé Capitanate. Un pâtre ayant lancé une flèche contre un taureau qui
s'était réfugié dans un oratoire qui avait la forme d'une caverne et qui étail dédié à saint Michel archange, vit, ainsi que plusieurs témoins là présents, cette même flèche revenir à lui et tomber à ses pieds. Depuis lors, cette montagne est appelée Mont-Saint-Ange.
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
CHAPITRE XIII
Mort de Philoméne. Ses funérailles.
Tant de merveilles opérées au sujet de la Vierge
Martyre firent grand bruit dans Rome. Mais on en jugeait
diversement. Les chrétiens reconnaissaient que
Dieu seul en était l'auteur et ils l'en bénissaient;
les païens, au contraire, les attribuaient au pouvoir de
leurs divinités, et néanmoins ils enrageaient contre le Christ
et sa religion, parce qu'ils se voyaient confus et que la plupart
de leurs prosélytes se convertissaient au
christianisme.
Ces convertis rendaient donc un hommage public à
la puissance souveraine qui protégeait d'une manière
si extraordinaire Pbilomène. Ainsi se vérifiaient ces
belles paroles de Tertullien aux ennemis du nom de Jésus-Christ :
« Nous devenons plus nombreux à mesure que vous nous décimez.
Le sang des chrétiens est une semence de nouveaux chrétiens."
Ainsi le sang de Philomène a produit une multitude de disciples au
Sauveur. heureuse fécondité spirituelle de la Vierge
Martyre!...
Les acclamations d'un côté, les murmures de l'autre avaient
mis toute la ville de Rome en mouvement.
Dioclétien en fut troublé à l'excès. Il redoutait,
l'impitoyable tyran, quelque défaite encore plus fâcheuse
que les précédentes, « Puisque le Dieu de Philomène
la protège ainsi, et que le christianisme se relève de
ses ruines à l'occasion de cette Fille, il faut user d'un
expédient. C'est de lui ôter immédiatement la vie, en
lui tranchant la tête, et tout sera fini, car elle ne
reviendra plus de son fol entêtement. Non, jamais
Philomène ne sera mon épouse, je le jure de par Jupiter. »
A l'instant même, il ordonna au bourreau de se saisir de la Sainte et de lui couper la tête. Philomène, qui
était si intérieurement unie au Seigneur par la foi, par l'espérance, par l'amour et par la prière, reçut ce
coup mortel et décisif avec ce calme profond, avec
cette tranquillité parfaite dont elle avait fait preuve au
plus fort de ses tourments. Son âme sainte, escortée
des anges, s'envola vers son divin Époux, un vendredi,
à trois heures de l'après-midi, le 1er août, jour du
martyre de saint Laurent, diacre, arrivé environ quarante ans auparavant,
et pour lequel sainte Philomène
avait une dévotion très-prononcée.
Les fidèles présents au martyre de la Sainte environnèrent aussitôt ses restes précieux, son corps, sa
tête et son sang qu'ils recueillirent dans des linges bien
frais et fort blancs. Ils firent couler de ce sang
dans une fiole, et ils enlevèrent le tout secrètement,
puis ils déposèrent ces restes sacrés, tout empourprés
d'un sang pur, dans les Catacombes (1) dites de Sainte-Priscille, sur la voie Salaria. Les parents de la Sainte
prirent le plus grand soin de son inhumation.
A SUIVRE...
(1) Les catacombes du mot grec katacumbos, catacumba, anciennement catacumbas. Cata pour ad dénote que catacumbas signifiait ad lumbas. Certains font venir cette expression catacombes, du grec, comme qui dirait en latin cavus recessus, c'est-à-dire un lieu souterrain, et on l'a appliqué aux tombeaux ou aux lieux où étaient les tombeaux. On appelle principalement aujourd'hui de ce nom les souterrains ou cimetières de Rome consacrés à la sépulture des martyrs et des confesseurs de la foi, ou dans les premiers siècles de l'Eglise, siècles de persécutions, les chrétiens s'assemblaient en secret pour prier et célébrer les saints mystères.
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
On déposa à côté du saint corps de Philomène, dans
le même tombeau, le vase de terre dans lequel était recueilli
le sang de la jeune martyre. C'est là que depuis quinze cents
ans reposaient ces sacrées reliques,
lorsque, comme il va être dit, au commencement de ce
siècle on en fit la découverte. Jusqu'à l'époque de cette
miraculeuse invention, un si riche trésor, une mine si
abondante de grâces fut dans l'obscurité. Le nom de la
Sainte était également inconnu, mais la Providence est
riche en ressources qu'elle ménage pour notre salut.
Bénissons-la des merveilles qu'elle accomplit dans nos
jours par sainte Philomène, et des faveurs qu'elle nous
dispense par elle.
Telle est, bien-aimé lecteur, l'histoire complète de
la vie et du martyre de la Vierge Philomène. À la Rome
catholique il appartient de mettre sur ces révélations,
qui ont servi de base à notre travail, le sceau de
la certitude et de la vérité. Sans doute, l'Église ne s'est
pas prononcée solennellement et définitivement sur
l'autorité de ces documents ; mais elle les a tolérés et en a
laissé reproduire et circuler la reproduction, tant en
Italie qu'en France et dans les autres provinces. Les
Souverains Pontifes les ont estimés, et en quelque sorte
approuvés de leur autorité propre. Or, s'il y a quelqu'un en
ce monde qui soit assisté, éclairé de l'Esprit-Saint,
c'est incontestablement le successeur de saint Pierre,
auquel le Christ a dit: « Affermis tes frères dans la foi.»
Maintenant qu'on veuille bien nous laisser émettre
notre opinion.
A SUIVRE...

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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
La religieuse de Naples, sœur Marie-Louise, a donne
une preuve que la révélation qui lui fut faite est céleste,
divine même, en ce qu'elle a parlé des obstacles survenus,
qui ont retardé pendant quelques jours l'arrivée des précieuses
reliques de sainte Philomène à Mugnano, obstacles dont elle n'avait
absolument aucune connaissance, ayant été jusque-là étrangère à
ce qui concernait les merveilles opérées à l'occasion du
transport de ce sacré depôt.
Ces mêmes révélations sont en quelque sorte sanctionnées par l'autorité divine;
car il est un fait bien certain, que Dieu parle le plus souvent par la voix
des miracles. C'est ce qu'il a fait à l'égard de ceux qui ont ou propagé ou loué
ces révélations, et qui ont obtenu de grandes faveurs du Ciel. Ajoutons que l'Église
a mentionné ces mêmes miracles, d'une manière générale, dans la leçon qu'elle
donne à lire au deuxième nocturne de l'office de la Sainte. Or, d'après la théologie
catholique, Dieu n'opère des miracles que pour confirmer les choses vraies,
il n'en fait jamais en faveur de l'erreur : le penser seulement, ne serait-ce pas un blasphème ?
Enfin, nous dirons encore que les faits, tels qu'ils sont rapportés par sœur Marie-Loiise, tels,
par conséquent, que nous venons de les reproduire, quelque merveilleux et éclatant qu'ils soient,
n'ont rien de plus surprenant que beaucoup d'autres que nous lisons dans la Sainte-Écriture et dans
l'histoire de l'Église, par lesquels Dieu se plaisait à exalter son saint nom et à glorifier ses élus.
Qu'on se rappelle surtout Daniel et les trois jeunes Hébreux conservés pleins de vie, le premier,
dans la fosse aux lions, et les autres dans la fournaise, à Babylone. Qu'on se souvienne aussi de
saint Jean, le disciple si aimé de Jésus, sain et sauf au milieu d'un chaudière remplie d'huile;
saint Georges, martyr, dont nous venons de publier la Vie et qui fut miraculeusement guéri de ses plaies,
qui vit les chaînes avec lesquelles ses mains étaient garrottées, se briser d'elles-mêmes, de manière
qu'il peut prendre la sainte eucharistie pour se communier. Saint Sébastien aussi
fut rendu à la vie, après avoir été percé de mille traits. Et combien d'autres saints martyrs qui,
après d'horribles tourments, semblaient revenir de l'autre monde, afin de recommencer dans
celui-ci de nouveaux combats pour le triomphe de la religion et la gloire de leur divin Maître,
qui a été crucifié pour le salut de nos âmes.
Certes, après tant de faits tout aussi merveilleux, je dirai plus merveilleux que ceux opérés par
l'entremise de sainte Philomène, et qui sont d'une authenticité incontestable, il faudrait avoir peu
de sens et de droiture pour mettre en doute ceux que nous avons rapportés de la Sainte, auxquels,
toutefois, tant que l'Église n'aura pas prononcé dogmatiquement, nous ne prétendons donner qu'une
autorité humaine; ajoutons cependant plus qu'humaine, puisque les Souverains Pontifes de l'Église de
Dieu les ont en quelque sorte sanctionnés, mais non ex cathedra, comme explique l'École.
A SUIVRE...
- InHocSignoVinces
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
CHAPITRE XIV - Glorification posthume de sainte Philomène.
I.
Invention du corps de sainte Philomène.
Depuis plus de quinze siècles, le corps de la vierge
martyre Philomène reposait donc oublié dans la tombe.
Enfin, l'heure marquée par la divine Providence est sonnée :
sainte Philomène va recevoir les honneurs auxquels elle a un
droit incontestablement acquis auprès de l'Éternel.
Un jour, le 24 mai 1802, dans l'une de ces belles catacombes (celle de sainte Priscille),
où demeurèrent si longtemps cachés les restes précieux d'illustres martyrs, d'innocentes vierges,
de bienheureux confesseurs, un des ouvriers qui y opéraient des fouilles heurta de
sa pioche contre une pierre sépulcrale. Cette pierre était en terre cuite.
Elle portait en ligne transversale l'inscription suivante:
LUMENA PAX TECUM FI.
Inscription incomplète, car les ouvriers avaient, avec
leurs outils, enlevé les deux premières et les deux
dernières lettres. Les antiquaires, appelés, rétablirent
les mots en suppléant les lettres effacées. Ils lurent donc :
FILUMENA PAX TECUM FIAT.
(Filomène, paix avec toi. Ainsi soit-il.)
Restait à savoir ce que pouvait signifier ce nom. La
Providence y pourvut.
Comme les peuples d'autrefois gravaient en abrégé ou en caractères
symboliques les noms de leurs morts, ceux que l'on découvrit sur la dalle
qui recouvrait les restes enfermés dans la tombe en question donnèrent
à entendre que ce corps était celui d'une vierge martyre.
Quels étaient ces symboles ? C'est ce que nous allons examiner rapidement.
À SUIVRE...
- InHocSignoVinces
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
II.
Explication des symboles de la pierre sépulcrale.
Ces symboles, au nombre de six, racontaient donc à leur manière, le genre de martyre et de mort de la Vierge dont le saint corps reposait sous la tuile. Voici quels ils étaient.
Une ancre de navire. On ne la gravait que sur les tombes de ceux qui avaient consommé leur martyre
dans les eaux, comme il était arrivé à plusieurs saints, notamment à sainte Philomène. C'est peut-être
bien à raison de cela que les mariniers ont pris cette grande Sainte pour patronne, et qu'ils l'invoquent
conjointement avec saint Nicolas.
Une flèche, qui signifiait tout naturellement que la sainte épouse du Christ avait eu le corps percé de
flèches. C'est encore pour cela, sans doute, qu'elle tient d'une main la palme des victorieux, et de l'autre
trois flèches aux traits acérés. Telle est sa statue posée en divers lieux.
Une palme. Elle ne se donne qu'aux héros. Autrefois on ne la gravait que sur les tombes des martyrs qui avaient
remporté un complet triomphe sur tous les ennemis de Dieu à la fois.
Un peu plus bas, un fouet qui donnait à entendre que la Sainte avait subi l'horrible supplice de la flagellation.
C'était chez les anciens Romains la punition des esclaves. Alors ils se faisaient un singulier plaisir de
l'infliger aux chrétiens, qu'ils considéraient comme des scélérats.
Deux autres flèches venaient ensuite. La Vierge de Jésus-Christ avait donc été exposée deux fois au même
supplice. Telle était leur disposition que la première avait la pointe en haut, et la seconde la pointe en bas.
Cette disposition signifiait que la seconde fois les traits, au lieu d'aller s'abattre sur la chair virginale de Philomène,
par une merveille surprenante, étaient retournés contre les bourreaux.
Enfin, le dernier symbole était un lis qui indiquait assez que sainte Philomène avait joint à l'héroïsme du
martyre la fleur blanche et pure de la virginité.
A SUIVRE...
- InHocSignoVinces
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Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
III.
Merveilles divines dans l'invention du corps de sainte Philomène.
Après qu'on eut interprété les symboles gravés sur la tuile, on la souleva.
L'autorité ecclésiastique avec des membres illustres des plus savantes académies de Rome, tels que théologiens, chirurgiens, physiciens, appelés pour la reconnaissance de ces précieux restes, constatèrent qu'ils étaient bien ceux d'une jeune Vierge, qui mourut martyre pour le nom de Jésus-Christ, à l'âge tout au plus de quatorze ans. On en dressa le procès-verbal. Ceci se fit, comme l'a observé un témoin, le 25 mai 1802, le lendemain du jour de la découverte de la tombe vénérée.
Il fallut donc pour procéder à cette sorte d'anatomie
chrétienne, soulever les ossements sacrés. On le fit avec
toute la révérence possible. Ce qui vint alors confirmer
l'explication des symboles du martyre de la Vierge,
c'est que tout à côté de ses restes précieux, on trouva un
vase de terre extrêmement mince, à demi brisé, et dont
les parois étaient couvertes de sang desséché.
L'histoire sainte de l'Église catholique nous apprend
avec quel grand soin les premiers fidèles recueillaient
le sang et les os des martyrs, les estimant, dit un saint
Père, plus précieux que l'or et les pierreries. Leur
piété industrieuse s'adressait aux païens, aux bourreaux
eux-mêmes, pour avoir à grand prix ces restes
et ces dépouilles vénérables.
D'ordinaire, c'étaient d'humbles et généreuses dames, ou de jeunes
enfants qui exerçaient cet office si agréable au Sauveur, si avantageux à eux-mêmes.
Pendant que l'on détachait avec la plus religieuse attention le sang virginal collé aux divers morceaux du
vase de terre, et qu'on en recueillait les parcelles dans une urne de cristal, les assistants, parmi lesquels
se trouvèrent des hommes éminents par leur science et leur mérite, furent les témoins d'un rare et grand
prodige. Ils virent étinceler à leurs yeux l'urne sur laquelle, depuis quelques instants, leurs regards étaient
attachés. Ils s'approchent de plus près : ils considèrent à loisir et dans le silence de l'étonnement ce prodigieux
phénomène. Et, dans le sentiment de l'admiration la plus profonde, ils louent le Dieu qui est, comme
s'exprime le Livre sacré, admirable en ses saints. (Ps. LXIIl.)
Les parcelles vénérables, dont la couleur, en se détachant du vase, était brune et obscure, présentaient,
en tombant dans l'urne, l'éclat de diverses couleurs, telles qu'elles brillent dans l'iris. Les unes ressemblaient
à l'or le mieux épuré et à l'argent le plus vif, les autres à des diamants, à des émeraudes, à la topaze, au rubis
et aux plus riches pierreries.
Il faut bien considérer que les témoins de ce premier prodige opéré en faveur de notre Sainte n'étaient pas des hommes à douter
de ce qu'ils voyaient de leurs yeux, et qu'ils contemplaient avec une attention soutenue. Qui ne sait qu'à Rome, toutes les fois qu'on
exécute des fouilles dans les catacombes, outre les hommes pieux et instruits qui sont préposés à ces travaux, il se rencontre toujours
une foule de savants qu'une religieuse curiosité conduit en ces sombres et saintes demeures , comme le remarque M. l'abbé Poupelier.
Cette merveille n'est qu'une image, ou plutôt une ombre bien pâle de l'immortelle lumière promise par
les Livres Saints, aux corps glorieux des justes, comme on le lit au livre de la Sagesse (III). Elle s'est renouvelée
plusieurs fois depuis, et il existe une foule de témoins oculaires qui l'attestent. Un serviteur de sainte Philomène
a assuré l'avoir vu de ses propres yeux. Il a vu comme une flamme colorer diversement les parcelles de l'urne déposée
sur l'autel de la Sainte à Mugnano, et les faire briller comme des pierres précieuses de toutes les nuances les plus prononcées.
Mais quoi, est-ce donc que ces prodiges seraient nouveaux dans l'Église? A Dieu ne plaise !
A SUIVRE...
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