SWS, Livre V, II, C3, A, §185, traduit par le chartreux a écrit :
À ce point de vue, il y a donc deux générations du Christ qui ont toutes deux la même Personne divine comme sujet direct et immédiat ; les deux générations sont à la fois nettement distinguées et très-harmonieusement réunies. Nettement distinguées, par ce que la génération divine est la seule qui soit réelle (c'est-à-dire intrinsèque et ayant sa cause dans le générateur), tandis que la génération humaine est une simple relation de raison.
Harmonieusement réunies, par ce que dans cette distinction, il est impossible de considérer la génération humaine comme attribut d'un autre personne ou comme complément de la génération divine. Pour ces raisons et d'autres, les princes de la théologie scolastique (S. Thomas, IIIa, q. 35, art. 4, 5 ; et S. Bonaventure, In. III. , Dist. 8) ont très-fermement défendu cette doctrine. Les autres grands scolastiques du treizième siècle aussi semblent l'avoir faite leur.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, II, C3, A, §185, traduit par le chartreux a écrit :
IV. Que le Verbe soit vraiment et réellement Fils de Marie, confère à la mère la plus haute dignité qu'une personne créée puisse atteindre, savoir une participation à la dignité de son Fils. Pour apprécier pleinement cet aspect de la maternité divine, il faut l'envisager sous deux aspects : du côté des opérations naturelles de la mère et du côté des opérations spirituelles et libres du Fils.
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SWS, Livre V, II, C3, A, §185, traduit par le chartreux a écrit :
IV.1. L'opération naturelle de la mère a pour résultat le fruit le plus parfait qui puisse jamais être produit, un fruit qui "s'étend jusqu'aux confins de la divinité" en donnant une nouvelle nature à Dieu, tandis que tout le reste de l'activité créée n'atteint Dieu que par connaissance ou amour ; c'est une coopération avec l'activité interne de Dieu, tandis que la coopération des autres mères avec la production d'une âme humaine n'est qu'une coopération avec l'activité externe de Dieu. La maternité de Marie est donc le plus haut ministère auquel une créature puisse être élevée par Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §185, traduit par le chartreux a écrit :
IV.2. La mère du Christ est liée par le sang à l'homme Jésus-Christ, ce qui lui donne une "affinité" avec Dieu lui-même qui est pur Esprit. Nous portons naturellement une certaine affinité aux personnes qui épousent ceux qui nous sont liés par le sang, par ce qu'elles deviennent moralement et juridiquement un avec leurs conjoints. Or, l'humanité du Christ, lié à Marie par le sang, est unie au Verbe plus étroitement que mari et femme ; l'affinité entre Marie et Dieu est donc plus intime et parfaite qu'une affinité entre humains.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §185, traduit par le chartreux a écrit :
Cette proximité entre Dieu et Marie, fondée sur la maternité de cette dernière, peut aussi être vue comme une sorte de génération. Le droit de Marie aux biens de Dieu, sa Vie et sa Béatitude, n'est pas le seul résultat de la grâce, comme il l'est pour les fils adoptifs de Dieu ; il découle aussi de ses relations substantielles avec la famille divine. Le "Germe du Verbe de Vérité", duquel naissent les fils adoptifs de Dieu, a été infusé en Marie. C'est pour cela que les Pères appellent Marie ἡ θεόπαις (enfant de Dieu), ἀμνάς et agna Dei (agnelette de Dieu), et aussi fille-unique et bien-aimée de Dieu. Cf. Passaglia, De Immac. Conc. sect. vi. cap. iii. a. 5 ; et (sur l'ensemble du contenu de cette section) Franzelin, thes. xxxix.
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SWS, Livre V, II, C3, A, §186, traduit par le chartreux a écrit :
Section 186. La génération divine du Christ est la seule réelle, excluant l'adoption et la génération humaine.
I. Si nous considérons la génération divine du Verbe par rapport au Fils plutôt qu'au Père, il faut dire que cette génération constitue la Personnalité du Verbe, et comme cette Personnalité est aussi celle de l'homme Jésus-Christ, cette origine divine doit aussi être attribuée à ce dernier. Pour le dire en un syllogisme : le Christ est le Verbe incarné ; or le Verbe incarné est le vrai Fils-unique de Dieu, donc le Christ est le vrai Fils de Dieu. Le Christ, considéré comme homme particulier (ut hic homo) est le Fils naturel de Dieu, avec toute la dignité personnelle que cela comporte, au même titre que l'homme naturel est image de Dieu, non seulement de par son âme spirituelle, mais même par sa partie animale et corporelle, qui a une personnalité fondée sur une âme faite à l'image de Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §186, traduit par le chartreux a écrit :
II. Cette relation de génération peut être envisagée comme relation interpersonnelle, de père à fils. Se pose alors la question : il y a t-il une telle relation entre le Christ et Dieu, qui soit distincte à la fois de la génération éternelle du Verbe et et de la relation d'adoption qui concerne les justes ? Il est incontestable que la sainte Écriture présente une relation filiale entre le Christ et Dieu, qui se distingue sous quatre aspects de la génération éternelle du Verbe : (1) C'est une communication temporelle et non pas éternelle, ad extra, et consiste en une chair gracieusement assumée donnant lieu à une union divine. (2) L'homme Jésus-Christ est par nature inférieur au Père. (3) Le principe et le terme de la relation entre le Christ et Dieu n'est pas le seul Père, mais la Trinité entière y compris le Verbe. (4) La relation en question ne serait pas changée si la personne incarnée était le père ou le Saint-Esprit.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §186, traduit par le chartreux a écrit :
Ces raisons ont conduit les adoptionistes à tenir que l'homme Jésus-Christ n'est pas vraiment Fils de Dieu, mais seulement un Fils adoptif ; et d'autres théologiens ont de manière similaire conçu une deuxième relation filiale entre le Christ et Dieu, semblable à l'adoption par la grâce.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §186, traduit par le chartreux a écrit :
III. Les adoptionistes du huitième siècle n'attribuaient la filiation naturelle qu'au seul Verbe, et faisaient de l'homme Jésus-Christ un simple fils adoptif (filius adoptivus sive nuncupativus). Cette doctrine, qui n'est au fond que du nestorianisme mal déguisé, fût immédiatement condamnée par le Pape Hadrien au concile de Francfort (an 792), qui définit que le Christ en tant qu'homme (secundum humanitatem) est, en raison de sa personnalité qui est celle du Verbe incarné, le Fils vrai et naturel et non pas adopté de Dieu (Denzinger, Enchiridion, xxxii). Pour qu'il y ait adoption, il faut que l'adopté ne soit pas vrai fils et soit étranger au père ; l'adoption dépend entièrement d'un acte libre de la volonté du père, qui concède au fils adoptif les droits et privilèges d'un fils naturel.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §186, traduit par le chartreux a écrit :
Le Christ ne pourrait alors pas être dit Fils de Dieu, sauf à supposer qu'il n'est pas une seule Personne avec le Verbe, ou bien que le Verbe, en assumant la nature humaine, a perdu sa filiation naturelle et est devenu quelque chose d'étranger à Dieu. La première hypothèse est l'hérésie nestorienne des deux personnes dans le Christ. La seconde est évidemment absurde. Comme l'homme Jésus-Christ n'a d'autre personnalité que celle du Verbe, il ne peut assurément pas avoir d'autre filiation que celle du Verbe : l'adoption est rendue impossible par son essence même de Verbe incarné.
La sainte Écriture attribue au Christ tous les prédicats possédés par le Fils éternel, au point que ces passages constituent la majorité des preuves de la génération éternelle du Verbe (cf. la partie II de notre livre II, surtout le §93). De plus, le Christ est adorable, et Il est le fondement de l'adoption des hommes par Dieu : ces deux faits prouvent encore qu'Il est le Fils naturel de Dieu : un Fils adoptif ne pourrait ni prétendre à un culte de latrie, ni conférer une filiation divine à d'autres.
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