Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)
Publié : lun. 04 nov. 2019 15:38
Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit :
39 b) Ce commentaire sur la doctrine de l'Immaculée Conception est choquant par ce que si elle ne faisait pas partie de notre Tradition, elle n'aurait jamais été définie comme étant de fide definita. Est-ce que ton correspondant nie le mystère de la Sainte-Trinité sous prétexte que ce n'est pas de fide definita ? (C'est le pape Pie XI qui remarque que ce mystère n'est pas de fide definita dans l'encyclique Mortalium Animos déja citée plus haut au 5)). Et j'ai déja commenté au sujet de la forte tendance de ton représentant à "revenir à la pratique ancienne" que si on suit cette logique jusqu'au bout, on peut rejeter à peu près tout ce que l'on veut. Son argument qu'on n'est pas obligé de croire quelque chose tant que ce n'est pas défini par l'Église comme étant de fide N'EST PAS UN ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE. "Tenons fermement que notre foi est identique à celle des anciens. Nier cela, c'est dissoudre l'unité de l'Église", nous dit S. Thomas d'Aquin dans le De veritate.
Écoute ce que dit Pie XII :
Un catholique ne peut pas plus rejeter la définition de la foi que j'ai donnée qu'il peut rejeter l'"acte de foi" exigé de chaque catholique : "Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que Vous avez révélées et que Vous nous enseignez par vôtre Église, parce que Vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper."Humani Generis a écrit : Et l'on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n'exige pas de soi l'assentiment, sous le prétexte que les Papes n'y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C'est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole : "Qui vous écoute, m'écoute... ", et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d'ailleurs à la doctrine catholique. [Note de Rama C. : c'est l'ad fidem pertinens des notae theologicae de ton correspondant.]
Aucun catholique n'a le droit de limiter sa foi à "ce qui a été déclaré de fide jusqu'ici". Mon obligation dans ce débat est de montrer que le Concile a enseigné quelque chose non pas contre le de fide, mais tout simplement contre la Parole révélée de Dieu. C'est clairement le cas pour la communicatio in sacris et la liberté religieuse. Je pourrais donner bien d'autres points où Vatican II se sépare du magistère ordinaire de l'Église, mais je pense en avoir déja donné assez. Je pense d'ailleurs que c'est assez pour ton correspondant aussi, puisqu'il me reproche seulement de ne pas avoir donné des exemples de fide.