Re: Saint Louis-Marie Grignion de Montfort - Tricentenaire
Publié : mer. 18 mai 2016 11:01
Voici ce qu'il écrit dans une lettre à son oncle l'abbé Alain … « Je ne sais pas encore comment tout ira... Quoiqu'il m'en arrive, je ne m'en embarrasse pas : j'ai un Père dans les cieux qui est immanquable ; il m'a conduit ici, il m'y a conservé jusqu'ici, il le fera encore avec ses miséricordes ordinaires, quoique je ne mérite que des châtiments pour mes péchés. »Louis Le Crom, Un apôtre marial, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a écrit :Il y avait à peine un an que le jeune séminariste était à Paris, quand il reçut les ordres mineurs, aux Quatre-Temps de septembre 1694. Dans son humilité, il tremblait de répondre à l'appel de l'Eglise ; et il avait fallu l'ordre de son directeur, M. de la Barmondière, pour que, muni d'« un dimissoire... de Mgr de Saint-Malo, son évêque » , il avançât par obéissance sur la route du sacerdoce.
Ce devait être le dernier bienfait reçu de son digne supérieur. Pendant que le jeune clerc suivait à Saint-Lazare, selon la coutume du temps, les exercices spirituels préparatoires à l'ordination, M. de la Barmondière « tomba malade de cette maladie dont il mourut en peu de jours », le 18 septembre 1694.
Ce fut au sortir de la retraite que le jeune homme apprit cette mort, qui pouvait avoir pour lui les plus terribles conséquences. Le défunt était son grand bienfaiteur : il l'avait accueilli paternellement dans sa maison, l'avait soutenu dans les heures difficiles, l'avait gardé malgré la cherté de la vie, l'avait dirigé avec tant de sagesse dans le chemin de la perfection. Le supérieur disparu, sa communauté d'étudiants devait se disperser. Quel allait être l'avenir de Louis-Marie ?
Pour un autre, la question se fut posée angoissante … pour lui … il en parut étonné, mais il n'en fut pas troublé ; il ne perdit rien de sa paix ni de sa tranquillité... il parut comme insensible. Devant une telle sérénité, un de ses condisciples extrêmement surpris osa lui dire en public : « M. Grignion, ou vous êtes un grand saint, ou un grand ingrat. Un grand ingrat , si vous n'êtes point touché de la mort de votre bienfaiteur ; un grand saint, si, en étant touché, vous en supprimez le sentiment par vertu. »
Le confrère avait raison : Louis-Marie était un grand saint.