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Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : dim. 12 juil. 2020 11:50
par InHocSignoVinces
Faites dire des messes, faites prier Notre-
Seigneur. Vous mêmes, priez, priez beaucoup,
c'est le coeur souffrant de votre mari qui vous
implore. Or, le premier moyen de le secourir
c'est d'être en état de grâce. « Ceux qui sont
en état de grâce peuvent, au nom d'un autre,
payer ce qui est dû à Dieu, de telle sorte que,
en vertu d'une espèce de pacte, on porte le
fardeau l'un de l'autre. De cela ne saurait
douter aucun de ceux qui récitent le Credo
dans lequel se trouve affirmée la communion
des saints 1. » La plupart des théologiens veulent
que cette réversibilité des suffrages soit,
et pour les vivants et aussi pour les morts.
Si vous êtes en état de péché mortel, vous
ne faites rien qui puisse satisfaire à sa justice
pour les fautes du cher disparu, fautes
que vous lui avez fait peut-être commettre.
C'est en vain que vous prieriez pour lui, que
vous feriez des largesses aux pauvres, que vous
pratiqueriez tout ce que le zèle d'une dévotion
particulière peut vous suggérer. Tant que
Dieu vous regarde comme son ennemie par
le péché, vous êtes incapable de soulager
l'âme de votre mari ; vos prières sont réprouvées,
vos aumônes perdues, vos jeûnes, vos
pénitences de nul effet, parce que le péché
qui charge votre conscience anéantit la vertu
de vos bonnes oeuvres ; alors comment serait-il
possible que ce que vous faites fût de quelque
valeur pour lui puisqu'il est de nul prix
pour vous-même ? Comment serait-il possible
que ce que vous faites fût le moyen de pouvoir
acquitter ses dettes auprès de la justice divine,
puisqu'il est certain que Dieu, sans déroger
à sa miséricorde, ne reçoit aucun paiement
fait par vous, tant que vous demeurez en
état de péché mortel ?
A SUIVRE...
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : ven. 24 juil. 2020 12:06
par InHocSignoVinces
Secourir son âme au purgatoire, c'est lui
transporter le fruit de bonnes oeuvres que
vous pratiquez, et le lui céder. Si donc, dans
l'état de péché mortel vous pouviez le soulager,
il faudrait que, dans cet état, vos bonnes
oeuvres eussent quelque mérite ; mais il est
de foi qu'elles n'en ont aucun ; elles n'en ont
aucun parce que sans la grâce et la charité
ce sont des oeuvres mortes. Si vos oeuvres
sont mortes pour vous qui les pratiquez, cependant
que Dieu peut y jeter un regard de
complaisance, il ne faut point vous étonner
qu'elles le soient encore plus pour l'âme à
qui vous prétendez les appliquer.
« Quand je donnerais tout mon bien pour
nourrir les pauvres, quand je livrerais mon
corps aux flammes pour être brûlé, si je
n'avais pas la charité qui n'est autre que
la grâce, tout cela ne me servirait de
rien 1. »
Et donc, si vous voulez prouver votre
amour à votre mari qui souffre, c'est de tout
de suite vous mettre en état de grâce.
Que d'épouses qui n'aiment plus leur mari !
Que d'épouses qui laissent leur mari dans les
flammes du purgatoire ! Ah ! les ingrates,...
les oublieuses !...
1. S. Paul aux Cor., I, XIII, 3.
A SUIVRE...
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : jeu. 30 juil. 2020 11:51
par InHocSignoVinces
Ressaisissez-vous ! Priez et faites prier pour
l'âme de votre mari, et puis pensez à vos
affaires. Vous n'avez pas qu'à pleurer, vous
avez des affaires pressantes à régler. Si vous
êtes sans enfants, réglez vos affaires avec vos
beaux-parents ; puis avec vos enfants, si Dieu
a béni votre union.
Inexpérimentée, obligée de vous mettre à
la discrétion d'hommes d'affaires, ne donnez
votre confiance qu'à coup sûr. Choisissez un
homme intelligent, honnête, probe, franchement
catholique. Plus que jamais il y a des
pharisiens « qui dévorent la maison des
veuves 1 » ! Sachez que la crainte de Dieu
n'atteint pas ces âmes endurcies, cependant
qu'il est écrit : « Le Seigneur prendra sous sa
protection la veuve et l'orphelin 2. » — « Est-ce
que les larmes qui coulent sur les joues de la
veuve ne montent pas jusqu'au ciel, et n'affectent-
elles pas péniblement le coeur de Dieu 3 ? »
Veuves prudentes, méfiez-vous ! Contrôlez
vous-mêmes, soumettez à d'autres avant de
rien signer ; mettez tout par écrits authentiques,
car en affaires, même avec les amis,
même avec les parents, les écrits sont nécessaires.
Peut-être jusqu'à votre deuil n'avez-vous
été ni bien reçue, ni bien traitée dans la famille
de votre mari, peut-être lui êtes-vous
antipathique ? Même si vos beaux-parents
vous considèrent comme leur fille, croyez que,
pour eux, vous ne serez jamais qu'une bru.
Veillez donc sur vos affaires. Vous ne le savez
peut-être pas encore : pour les beaux-parents,
souvent, très souvent, le fils mort, la bru
n'est plus qu'une étrangère ; souvent les intérêts,
l'argent des amis et des parents ne
sont plus que les intérêts, l'argent de rivaux,
parfois d'ennemis. Que de familles divisées
par ce maudit argent ! Veuve, soyez douce,
modérée, mais ferme ; tenez à vos droits, à
tous vos droits ; revendiquez votre absolue
indépendance, c'est le plus sûr moyen de rester
en bons termes avec parents et amis.
Des conseillers plus intéressés que dévoués
vous inciteront parfois à engager une action
judiciaire, alors souvenez-vous des paroles de
Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Accordez-vous
au plus vite avec votre adversaire afin qu'il
ne vous mette point entre les mains de la
justice 4. »
Vous avez des enfants ? Surtout, s'ils sont
mineurs, déterminez vos droits, déterminez
leurs droits. Ne dites pas : on s'entendra
toujours. C'est possible. Il est possible aussi
que les enfants devenus grands demandent
chacun leur part et l'on vous verra, pauvre
mère, poursuivie, dépouillée même de ce qui
vous appartient. Que de misères parfois entre
les enfants et la mère ! Que c'est triste !
1. S. Marc, XII, 40.
2. Ps. CXLV, 9.
3. Eccl, chap. XXXV, 17-19.
4. S. Math. v, 25.
A SUIVRE...
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : jeu. 06 août 2020 19:24
par InHocSignoVinces
CHAPITRE V
Soyez résignées !
Soyez résignées ! Des relations très intimes
vous unissent à votre mari. Il est près de
vous, il vous connaît, il vous aime, il prie
pour vous !
Soyez résignées ! Votre mari est tout près
de vous. Vous n'êtes pas seule !... Son âme
dégagée des sens est libre comme l'air, la
mort libératrice lui a donné des ailes ; fille
de Dieu, elle habite la même demeure ; soeur
des anges, elle est où elle agit, où elle pense,
où elle aime ; et Dieu est partout, et votre
mari pense à vous et il vous aime.
D'ailleurs pourquoi son âme vous aurait
elle quittée ? Pour voir Dieu ? Mais ne savez-
vous donc pas que Dieu est partout, dans
tous les êtres, tout entier dans tous les êtres
et pas plus dans les anges que dans le grain
de sable ?
L'âme de votre mari ne vous a point quittée.
Son corps est au cimetière..., et maintenant
c'est affreux ! Mais son âme, petite
flamme discrète, est près de vous, car elle
pense à vous, car elle vous aime.
—S'il est là, mais pourquoi ne le vois-je pas ?
Pourquoi ne me parle-t-il pas ? —Pauvre veuve !
Dites-moi : voyez-vous Dieu ? Voyez-vous
votre ange gardien ? Voyez-vous le démon ?
Voyez-vous votre âme ? Et Dieu est en vous,
et votre ange gardien est près de vous, et le
démon ne vous quitte pas, et votre âme vous
pénètre, et ils ne vous apparaissent pas.
Vous voudriez le voir ? Vous lui reprochez
de ne pas se montrer, de ne pas vous parler...
Mais si vous ne l'entendez pas, si vous ne le
voyez pas, c'est votre faute à vous, à vous qui
ne vivez que par vos sens, qui ne voyez que
par les couleurs, qui ne respirez que les parfums,
qui n'entendez que l'harmonie, à vous
qui ne saisissez pas l'immatériel, qui ne
pouvez saisir l'âme de votre mari. Saint Paul
vous avertit que si ce vêtement de chair
tombait, votre âme se trouverait en plein
au delà, tout près de celui que vous pleurez,
et qui était là, près de vous, sans que vous y
songiez. Vous êtes comme cet aveugle : tout
rayonne autour de lui et il ne voit rien. Vous
vivez tout près de l'âme de votre mari et
vous ne la voyez pas, cependant que vous
pourriez le voir.
A SUIVRE...
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : jeu. 13 août 2020 12:25
par InHocSignoVinces
Cette possibilité a été admise de tout temps
dans l'Eglise. « Les hommes, vivants ou morts,
dit saint Augustin, apparaissent à d'autres,
durant le sommeil ou dans l'état de veille ;
mais non pas nécessairement dans leur substance :
ce sont plutôt des sortes de représentations...
Les trépassés peuvent se manifester
à nous, non par leur propre force, mais par
le pouvoir et l'autorisation de Dieu. Que ce
soient eux qui se montrent en personne, ou que
ce soient des esprits angéliques qui agissent en
leur nom, peu importe ! Je n'oserais rien
assurer là-dessus, car le Dieu tout-puissant,
qui est présent partout, peut envoyer un de
ses ordinaires messagers, comme il peut aussi
autoriser les âmes à sortir du lieu où elles se
trouvent, les revêtir d'une forme qui leur
permette de se manifester et les mettre en
rapport direct avec les hommes 1. »
Dieu peut avoir de bonnes raisons de permettre
exceptionnellement le retour momentané
sur la terre d'une âme pour son bien
ou celui de ceux près de qui elle revient.
Est-ce que les âmes du purgatoire, les
saints du ciel, apparaissent avec leur corps
de la terre, corps ranimé par Dieu ? Est-ce
un corps créé pour la circonstance et qui
retombe dans le néant, la mission accomplie ?
N'est-ce point un corps véritable, mais
une image dans l'esprit des voyants ? N'est-ce
point un ange qui se manifeste pour ces
âmes ? Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, c'est
que l'apparition des âmes est possible, qu'elle
se fait quelquefois avec la permission de Dieu,
qu'elle est un vrai miracle. Mais ce miracle
ne le demandez point. Ne demandez point
l'apparition de votre mari au spiritisme.
Le désir de le voir est très naturel, très respectable.
Mais le spiritisme est incapable de vous
donner une réelle satisfaction, il ne peut que
vous exaspérer. Car quand bien même il ne
serait pas mensonge et duperie, que peut-il
offrir à vos yeux brûlés par les larmes ? Il
vous montrera pendant quelques instants une
forme toute vaporeuse, vague, dans laquelle
vous ne pourrez reconnaître votre mari. Vous
entendrez un murmure, un bruit, quelques
sons sans articulation qui n'auront rien de la
douce voix de votre mari. Dieu ne peut
permettre que des spirites fassent apparaître
votre mari uniquement pour satisfaire une
curiosité. Lui, Dieu, ne serait pas sage s'il
laissait à leur disposition les bons anges et
les âmes des morts.
« Si les esprits interviennent dans la production
des phénomènes spirites, ce ne peuvent
être que des mauvais anges auxquels
Dieu a permis et permet d'enfreindre les lois
qu'il a posées, de se manifester et de tenter
les hommes en se faisant passer pour des âmes
de parents morts, même en se transformant
parfois en anges de lumière. En effet, dans les
séances du spiritisme, les réponses des prétendus
esprits sont le plus souvent mêlées
de duplicité, de trivialité, quelquefois de grossièretés
ou de paroles propres à éloigner de la
religion catholique. Tout cela indiquerait la
présence d'un esprit mauvais, si l'on pouvait
dire que cela indique la présence de quelque
esprit étranger à l'assistance, ce qui n'est pas
démontré 2. »
D'ailleurs l'Eglise défend ces pratiques spirites :
vous ne pouvez donc, sans péché grave,
les prendre au sérieux, les provoquer ou vous
y associer 3. Sachez, enfin, que toutes ces évocations
spirites ne feront que raviver votre
douleur loin de l'apaiser.
A SUIVRE...
1. De spiritu et anima, XXIX.
2. Mgr BOUGAUD, Le dogme catholique devant la raison
et devant la science.
3. Actes du S.-Siège, 24-27 avril 1917, p. 268.
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : lun. 24 août 2020 11:42
par InHocSignoVinces
Votre mari est là près de vous, il vous voit,
ou plus justement vous connaît, parce que
l'âme garde ses pensées, ses souvenirs, parce
que l'âme du disparu est renseignée et par
Dieu et par l'ange gardien qui lui parle de
vous.
Il vous connaît ! Oh ! ses yeux de chair
ne voient plus, non. Ses beaux yeux où perlait
la noblesse de son âme, la flamme de
son coeur, l'ardeur de son affection, ils se
sont fermés. Ses oreilles ne se penchent plus
attentives à vos confidences, à vos tristesses,
à vos espérances, à vos affections ; en vain
votre voix, sur sa tombe, l'appelle de ce doux
nom tant répété. Ses lèvres sur lesquelles
vous faisiez si souvent éclore le sourire si bon,
elles sont closes, refroidie cette main que vous
aimiez à presser, cette main où est passé
tant de fois votre coeur, votre serment de
fidélité. Eteinte son imagination qui dans
l'absence vous rendait présente. Mais est-ce
donc pour lui la nuit éternelle ? Ne peut-il
penser à vous ? Ne peut-il vouloir ? Aurait-il
donc une âme immortelle pour mourir tout
entier ? Aurait-il donc un esprit pour ne
point connaître, une volonté pour ne point
vouloir et ne point aimer ? Non, bien sûr.
Nous pouvons perdre tous nos sens, nos
yeux, nos oreilles, mais quand une fois
nous avons pris contact avec le monde
extérieur, les spectacles que nous y avons
saisis se reproduisent éternellement dans notre
pensée, car si nos yeux, nos oreilles sont nécessaires
pour faire éclore notre intelligence,
l'intelligence n'en aura plus besoin pour se
perfectionner ici-bas, à plus forte raison dans
l'au delà où elle voit par elle-même.
D'ailleurs il vous souvient de cette parole
de Notre-Seigneur : « Je vous dis qu'il y aura
plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur
qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf
justes qui n'ont pas besoin de pénitence 1. »
Les élus connaissent. Votre mari n'ignore donc
point ce qui vous concerne. Il sait si votre
âme est sainte ou pécheresse. Il sait votre
résignation ou votre découragement. Il sait
que vous l'avez oublié...
A SUIVRE...
1. S. Luc, XVI, 17.
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : mar. 01 sept. 2020 12:39
par InHocSignoVinces
« Les élus qui sont au ciel, dit Mgr Méric,
ne sont pas étrangers aux grands événements
religieux de la terre. Ils voient, ils connaissent
le juste qui persévère, le pécheur qui se
repent. Par un mystère que la raison ne comprend
pas, leur joie ne cesse jamais d'être
inaccessible à la tristesse, au chagrin, à la
douleur, et néanmoins ils éprouvent un sentiment
pénible quand un homme succombe,
s'obstine dans le mal, perd son âme et ils
éprouvent un sentiment de joie quand le
pécheur se relève. »
Votre mari vous connaît. Il est heureux de
votre foi, de votre espérance, de votre cha-
rite, de votre piété. Il est triste de vos péchés,
de vos légèretés... Il vous connaît. Il tient
ses beaux yeux pleins de gloire sur vos yeux
pleins de larmes.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.
Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible ;
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible.
Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants.
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore
De l'autre côté des tombeaux.
Les yeux qu'on ferme voient encore 1.
Et pourquoi ne vous connaîtrait-il pas votre
mari ? Vous, ne le connaissez-vous pas ? Ne
connaissez-vous pas ceux qui sont loin de
vous ?
Mais comment sait-il ? D'abord, il se souvient
de vous. Il ne peut pas vous oublier,
sa pensée est sa vie ; il tomberait dans le
néant, s'il oubliait, s'il ne pensait plus. Nous
lisons dans l'Ecriture que les damnés sont
tourmentés par le souvenir de leur faute ;
nous y lisons que le mauvais riche se souvient
de Lazare, qu'il se rappelle la vertu
rafraîchissante de l'eau, qu'il garde le souvenir
de sa fortune, alors que Lazare était
accablé de misères ; il n'a pas oublié la maison
de son père, ses cinq frères. Voyez donc, rien
ne manque à la mémoire de ce damné. Or,
croyez-vous que la mémoire de votre mari
qui est sauvé soit infidèle alors que celle d'un
damné est fidèle ? Croyez-vous qu'il ne se
souvient pas de sa pauvre veuve, quand ce
damné se souvient de ses frères ? Mais il est
impossible que, lorsque vous faites le pieux
pèlerinage à sa tombe, il n'entende pas votre
prière, il ne sache pas vos larmes.
Il se souvient de vous, lui ! Il se souvient
de votre affection, il revit vos doux entretiens,
vos tête-à-tête, et tandis que vous, sur
sa tombe fleurie ou devant sa photographie,
vous relisez les feuillets du passé, lui, il égrène
dans sa pensée les souvenirs doux et tristes
des jours que vous avez passés ensemble.
A SUIVRE...
1 Sully-Prudhomme.
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : mer. 09 sept. 2020 19:09
par InHocSignoVinces
— Il se souvient du passé, mais sait-il que je
pleure toujours, que je lui suis restée fidèle,
que je ne suis pas remariée ?
— Oui, il sait tout cela. Il connaît le présent.
Il le sait par votre ange gardien : leurs pensées
se recherchent, se comprennent. Dans la pensée
de votre ange gardien, il lit vos tristesses,
votre fidélité. Il connaît le présent par Dieu,
miroir du monde, de votre âme, de votre vie.
Dans ce miroir il distingue, selon que Dieu
veut, la connaissance des événements d'ici-bas,
des événements de votre famille, des
mouvements de votre pensée, de votre volonté.
« Dans la lumière de Dieu, dit saint
Bernard, la mémoire est rassérénée et non
obscurcie. Dans la lumière de Dieu, l'on apprend
ce que l'on ignore, on ne désapprend
pas ce que l'on sait 1. »
Il vous connaît ! Vous croyez et c'est de
foi que votre ange gardien vous voit, vous
entend, assiste à tous vos mouvements libres,
Mais l'âme de votre mari est devenue un
esprit, elle est comme un ange.
Son âme, dépouillée des sens, vit d'une vie
immatérielle, semblable à celle des anges.
Quoique inférieure à la nature angélique, son
âme comme l'ange est immortelle et spirituelle,
douée d'une force active, de la grâce
habituelle, des vertus, des dons du Saint-
Esprit, des grâces actuelles.
Peut-être, mère, vous avez perdu un
enfant. Vos larmes se sont séchées bien
vite en songeant que c'était un ange qui
s'était envolé au ciel. Et c'était vrai, l'Eglise
s'est vêtue de blanc, les cloches ont sonné
comme à son baptême. Or, si votre enfant
est un ange au paradis, l'âme de votre mari,
purifiée par les flammes du purgatoire, est
devenue elle aussi comme celle de votre
enfant : un ange.
Pourquoi alors lui refuser cette connaissance
que vous accordez à votre ange gardien ?
Votre premier ange, c'est lui.
A SUIVRE...
1. S. Bernard, Sermon II, Naissance de S. Victor.
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : mer. 16 sept. 2020 12:14
par InHocSignoVinces
Il vous connaît ! Vivez en sa présence,
vivez sous ses yeux, marchez sous son regard,
ne dites que des choses qui réjouissent ses
oreilles, ne faites que des actions qui plaisent
à ses yeux.
La pensée que Dieu vous voit est une force,
une consolation. Que la pensée du regard de
votre mari vous réconforte, vous soutienne
dans vos luttes. Nos saints Livres nous demandent
que nous soyons un spectacle pour
les anges qui ne sont pas de notre race. Vous,
veuve, soyez un doux spectacle pour l'ange
qui est de votre race, qui est votre amour.
Enfin, vous croyez encore que les saints
canonisés vous voient, vous entendent, que
Marie, votre divine Mère, n'ignore rien des
émotions de votre âme, des élans de votre
coeur. Or, canonisés ou non, tous les élus
vivent de la même vie, c'est donc que votre
mari vous connaît.
Oui, il vous connaît ! Ne l'oubliez-vous pas
quelquefois ?
A SUIVRE...
Re: AUX VEUVES, à celles qui restent seules - Noël GUESDON
Publié : ven. 25 sept. 2020 19:11
par InHocSignoVinces
Votre mari est près de vous.
Votre mari vous connaît.
Votre mari vous aime.
Oui, il vous aime, à soulever des battements
de son coeur la pierre sépulcrale. La
tombe, qui n'éteint pas le flambeau de la
pensée, n'éteint pas non plus le flambeau de
l'affection : le coeur ne meurt pas. L'Ecriture
affirme que la foi et l'espérance peuvent disparaître,
mais que l'amour reste, que les prophéties
s'évanouiront, que le don des langues
ne sera plus exercé, que la science s'écroulera,
mais que l'amour survivra. Il faut que
l'amour, cette flamme descendue du ciel,
retourne au ciel ; il faut que l'amour qui conquiert
le ciel y rentre ; il faut que l'amour
dont Notre-Seigneur a fait un sacrement,
l'amour qui est un lien que Dieu veut indissoluble,
il faut que l'amour conjugal vive
dans l'au delà.
Quand vous adorez le Coeur de Jésus, ce
n'est pas seulement son coeur charnel, cet
organe formé du sang très pur de la sainte
Vierge, par le Saint-Esprit, percé par la lance
du soldat Longin, et duquel aux derniers
instants de la vie coula du sang et de l'eau,
que vous adorez ; dans ce coeur, vous voyez
un symbole et avec ce symbole et en ce symbole
vous adorez l'amour physique, l'amour
spirituel humain, l'amour éternel divin. Dans
le coeur de votre mari avant sa mort, il y
avait deux affections, il y avait deux coeurs,
si vous voulez : une affection organique, sensible
dont le coeur charnel était l'instrument,
celle-là a disparu ; il y avait aussi une affection
inorganique, immatérielle, dont la volonté
était le principe et le siège, celle-là est
immortelle, elle fait battre le coeur de votre
cher disparu.
« La mort, écrit saint Paulin de Noie à
Ausone, la mort qui me séparera de mon
corps ne me détachera pas de vous, car l'âme
qui, en vertu de sa céleste origine, survit à
notre corps, doit nécessairement conserver
ses affections. »
A SUIVRE...