Re: Débat Rama P. Coomaraswamy - Mère Teresa (1977)
Publié : mer. 18 sept. 2019 12:39
Rama Coomaraswamy traduit par le chartreux a écrit : Malgré tout cela, j'entends encore ton correspondant crier "Vous n'avez pas démontré l'INVALIDITÉ !" Et j'en suis d'accord. Pour montrer qu'il y a invalidité, il me faut prouver que ces altérations de la substance CHANGENT LE SENS du rite. L'Église s'est exprimée nettement sur cette question, comme on le voit dans le catéchisme du concile de Trente et le chapitre V de De Defectibus (les rubriques officielles accompagnant le missel romain de S. Pie V)
Il semble donc que changer "seulement" la substance, c'est-à-dire en omettre un mot ou une phrase, ne suffit pas de soi à invalider un sacrement. C'est seulement si le changement affecte le sens du rite qu'il y a invalidité. Telle est l'opinion de S. Thomas.De Defectibus, V a écrit : Si quelqu’un enlevait quoi que ce soit ou changeait quelque chose à la forme de la consécration du Corps et du Sang, et que par ce changement les paroles n’aient plus la même signification, il ne réaliserait pas le Sacrement ; s’il ajoutait ou enlevait quelque chose sans que cela ne change la signification, il le réaliserait indubitablement, mais il pécherait très gravement.
Jusqu'ici, j'ai seulement démontré que la forme et la substance avaient été changées. Je n'ai pas encoré montré que le sens a été modifié. Cette importance du sens explique pourquoi l'Église n'a jamais nié la validité des variantes qui n'ont pas le mysterium fidei. Mon objectif est maintenant de montrer que "le changement en question supprime le sens exigé".Summa IIIa, Q.60, art.8, rep.2 a écrit : Les paroles opèrent dans les sacrements selon le sens qu'elles offrent, nous l'avons dit. Il faut donc se demander si le changement en question supprime ce sens exigé, car, en ce cas, il est évident que la vérité du sacrement est supprimée.
Comme le dit S. Thomas, les mots juste après "Ceci est mon corps (...) ceci est mon sang" sont des déterminations du prédicat. Si par exemple le prêtre disait "Ceci est mon corps, je veux dire par-là un symbole et non une réalité", il n'y aurait clairement pas consécration, par ce que la fin de la phrase ajouterait un prédicat invalidant. Dans le N. O. M., le remplacement de "pour beaucoup" par "pour plusieurs" est clairement un changement de prédicat qui "supprime le sens exigé". Il en découle donc suivant S. Thomas qu'"il est évident que la vérité du sacrement est supprimée".