Re: Brochure de 1983 sur le changement d’attitude de Mgr Lefebvre
Publié : sam. 21 juin 2025 11:40
Brochure avril 1983 a écrit :
CHAPITRE V - POURQUOI DIEU PERMET-IL DE TELLES DÉVIATIONS CHEZ DES PERSONNAGES SI ÉMINENTS ?
Saint Vincent de Lérins a écrit :
« Mais, dira-t-on, pourquoi donc Dieu permet-il que des personnages éminents, occupant un rang dans l’Eglise, annoncent aux catholiques des doctrines nouvelles ?
La question est normale, et mérite d’être examinée avec plus de soin et de développement :
nous allons essayer de le faire non d’après nos idées personnelles, mais d’après l’autorité de la loi divine et l’enseignement du magistère de l’Eglise.
Ecoutons donc le vénérable Moïse ; qu’il nous apprenne lui-même pourquoi
des gens savants, et qui, en raison de leur science, sont même appelés prophètes par l’Apôtre, ont parfois licence d’introduire de nouveaux dogmes que l’Ancien Testament,
en son langage allégorique, est accoutumé d'appeler "des dieux étrangers" -
parce qu’en effet les hérétiques ont pour leurs propres opinions la même vénération que les païens pour leurs dieux.
Le bienheureux Moïse écrit donc dans le Deutéronome (Dt.13,1-3) :
« S’il s’élève au milieu de vous un prophète ou quelqu’unqui prétende avoir eu une vision ..»
- c’est-à-dire un docteur établi dans l’Eglise, dont les enseignements paraissent à ses disciples ou ses auditeurs sortir de quelque révélation ;
- et ensuite ? « .. et qu’il prédise un signe et un prodige, et que ce qu’il annonce arrive..» :
c’est évidemment un maître illustre qu’il désigne ainsi, un maître d’une science telle qu’il semble à ses propres fidèles capable non seulement de connaître les choses humaines, mais encore de prévoir celles qui dépassent l’homme.
Tels furent, d’après la façon dont leurs disciples les vantent, Valentin, Donat, Photin, Apollinaire et autres du même genre.
Moïse poursuit : « S’il te dit alors : Allons suivre d’autres dieux que tu ignores et servons-les..»
- Qui sont ces "autres dieux", sinon les opinions erronées et hérétiques ?
"Que tu ignores" .. c'est-à-dire des opinions nouvelles et jamais entendues.
"Servons-les", c’est-à-dire croyons-y, suivons-les.
Et comment conclut Moïse ?
« .. Vous n’écouterez point les paroles de ce prophète ni de ce visionnaire ».
Et pourquoi, je vous prie, Dieu n’empêche-t-il pas d’enseigner ce qu’il défend d’écouter ?
« Parce que, répond Moïse, le Seigneur votre Dieu vous tente, pour qu’il apparaisse si vous l’aimez ou non, de tout votre coeur et de toute votre âme.».
On voit donc plus clair que le jour pourquoi de temps à nuire, la Divine Providence souffre que certains docteurs des églises prêchent de nouveaux dogmes :
« C’est, dit-il enfin, que le Seigneur votre Dieu vous tente » (Deut-13,3).
Et à coup sûr, c'est une grande tentation de voir un homme que l’on regarde comme un prophète, comme un disciple des prophètes, comme un docteur, comme un champion de la vérité, qu’on environne de respect et d’amour, se mettre tout d’un coup à introduire sourdement de dangereuses erreurs.
On ne le découvre pas tout de suite, parce que l’on conserve envers lui le préjugé favorable, à cause de son enseignement antérieur.
On hésite à condamner un ancien maître auquel un reste lié par une réelle affection.»
(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 10)