Brochure de 1983 sur le changement d’attitude de Mgr Lefebvre

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Abbé Zins
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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE V - POURQUOI DIEU PERMET-IL DE TELLES DÉVIATIONS CHEZ DES PERSONNAGES SI ÉMINENTS ?

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Mais, dira-t-on, pourquoi donc Dieu permet-il que des personnages éminents, occupant un rang dans l’Eglise, annoncent aux catholiques des doctrines nouvelles ?

La question est normale, et mérite d’être examinée avec plus de soin et de développement :

nous allons essayer de le faire non d’après nos idées personnelles, mais d’après l’autorité de la loi divine et l’enseignement du magistère de l’Eglise.

Ecoutons donc le vénérable Moïse ; qu’il nous apprenne lui-même pourquoi

des gens savants, et qui, en raison de leur science, sont même appelés prophètes par l’Apôtre, ont parfois licence d’introduire de nouveaux dogmes que l’Ancien Testament,

en son langage allégorique, est accoutumé d'appeler "des dieux étrangers" -

parce qu’en effet les hérétiques ont pour leurs propres opinions la même vénération que les païens pour leurs dieux.


Le bienheureux Moïse écrit donc dans le Deutéronome (Dt.13,1-3) :

« S’il s’élève au milieu de vous un prophète ou quelqu’unqui prétende avoir eu une vision ..»

- c’est-à-dire un docteur établi dans l’Eglise, dont les enseignements paraissent à ses disciples ou ses auditeurs sortir de quelque révélation ;

- et ensuite ? « .. et qu’il prédise un signe et un prodige, et que ce qu’il annonce arrive..» :

c’est évidemment un maître illustre qu’il désigne ainsi, un maître d’une science telle qu’il semble à ses propres fidèles capable non seulement de connaître les choses humaines, mais encore de prévoir celles qui dépassent l’homme.

Tels furent, d’après la façon dont leurs disciples les vantent, Valentin, Donat, Photin, Apollinaire et autres du même genre.

Moïse poursuit : « S’il te dit alors : Allons suivre d’autres dieux que tu ignores et servons-les..»

- Qui sont ces "autres dieux", sinon les opinions erronées et hérétiques ?

"Que tu ignores" .. c'est-à-dire des opinions nouvelles et jamais entendues.

"Servons-les", c’est-à-dire croyons-y, suivons-les.

Et comment conclut Moïse ?

« .. Vous n’écouterez point les paroles de ce prophète ni de ce visionnaire ».

Et pourquoi, je vous prie, Dieu n’empêche-t-il pas d’enseigner ce qu’il défend d’écouter ?

« Parce que, répond Moïse, le Seigneur votre Dieu vous tente, pour qu’il apparaisse si vous l’aimez ou non, de tout votre coeur et de toute votre âme.».

On voit donc plus clair que le jour pourquoi de temps à nuire, la Divine Providence souffre que certains docteurs des églises prêchent de nouveaux dogmes :

« C’est, dit-il enfin, que le Seigneur votre Dieu vous tente » (Deut-13,3).

Et à coup sûr, c'est une grande tentation de voir un homme que l’on regarde comme un prophète, comme un disciple des prophètes, comme un docteur, comme un champion de la vérité, qu’on environne de respect et d’amour, se mettre tout d’un coup à introduire sourdement de dangereuses erreurs.

On ne le découvre pas tout de suite, parce que l’on conserve envers lui le préjugé favorable, à cause de son enseignement antérieur.

On hésite à condamner un ancien maître auquel un reste lié par une réelle affection.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 10)

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Abbé Zins
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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE V - POURQUOI DIEU PERMET-IL DE TELLES DÉVIATIONS CHEZ DES PERSONNAGES SI ÉMINENTS ?


Moïse montre ensuite que ce qui vaut pour un ancien maître, vaut également pour les parents et amis les plus chers. Car l’on doit aimer la Vérité, l’on doit aimer Dieu, plus que tout.

Moïse a écrit :

« Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils, ou ta fille, ou la femme qui repose sur ton sein, ou ton ami qui est comme ta propre âme, t’incite en secret, en disant : "Allons, et servons d’autres dieux", - des dieux que n’ont connus ni toi ni tes pères, d’entre les dieux des peuples qui vous entourent, près de toi ou loin de toi, d’un bout de la terre à l’autre, - tu ne lui céderas pas et tu ne l’écouteras pas ; ton oeil sera sans pitié pour lui, tu ne l’épargneras pas et tu ne le couvriras pas .. parce qu’il a cherché à te détourner du Seigneur ton Dieu.»

(Deutéronome 13, 7-10)


Dans ces tristes et éprouvantes circonstances, il convient de se rappeler et de méditer ces paroles de Notre Seigneur :



« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; Je suis venu apporter non la paix, mais le glaive.

Car je suis venu séparer le fils de son père, la fille de sa mère, et la bru de sa belle-mère ; et on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.

Celui qui aime son père ou sa mère plus que Moi n’est pas digne de Moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que Moi n’est n’est pas digne de Moi.

Celui qui ne prend pas sa croix et ne Me suit pas, n’est pas digne de Moi.

Celui qui cherche à conserver sa vie, la perdra ; et celui qui la perdra à cause de Moi, la retrouvera.»

(Mt. 10,34-39)
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Abbé Zins
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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


1) L’exemple de Nestorius :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« A l’appui des paroles de Moïse, je donnerai quelques exemples tirés de l’histoire de l’Eglise, comme il est normal, le commencerai par des faits récents bien connus.

Nous devinons sans peine l’épreuve de l’Eglise quand Nestorius, de brebis devenu loup, se mit à déchirer le troupeau du Christ.

Ceux-là même qu’il mordait, pour la plupart encore le croyaient brebis et, du fait de cette erreur, s’offraient davantage à ses morsures.

Pouvait-on croire qu’il se trompât aisément, cet homme qui avait été élu par les plus hauts suffrages du pouvoir impérial, que les évêques entouraient de tant de sympathies, qui était honoré de la vive affection des saints et de la plus ardente faveur populaire ; qui, chaque jour, traitait publiquement des Divines Ecritures et réfutait les dangereuses erreurs des Juifs et des païens ?

Comment n’aurait-il pas convaincu tout le monde qu’il enseignait la vérité, qu’'il prêchait la vérité, et s’y conformait en pensée, lui qui, pour frayer accès à une seule hérésie, la sienne, poursuivait les mensonges des autres ?

C’était bien là ce que dit Moïse :

« Le Seigneur votre Dieu vous tente, pour voir si vous L’aimez ou non.».

Mais laissons Nestorius : il fut toujours plus admiré qu’utile, plus célèbre que vraiment sage ; et ce qui le fit grand durant quelque temps dans l’opinion du vulgaire, ce fut la faveur des hommes bien plutôt que la faveur divine.

Rappelons plutôt le souvenir de ceux qui, avec succès et savoir-faire, devinrent pour les Catholiques une redoutable tentation.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 11)

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


2) Le cas de Photin :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Au temps de nos pères Photin fut en Pannonie, un sujet de scandale pour l’Eglise de Sirmium.

Appelé au sacerdoce au milieu de la faveur générale, il l’administrait depuis quelque temps en vrai Catholique, quand soudain, pareil à ce mauvais "prophète" ou à ce "visionnaire" dont parle Moïse, il se mit à persuader au peuple de Dieu qui lui était confié, de suivre "des dieux étrangers", c'est- à-dire des erreurs étrangères, que celui-ci ignorait auparavant.

Le fait n’avait en soi rien d’extraordinaire : mais ce qui était désastreux, c’est qu’au succès de son crime, il apportait des appuis peu ordinaires : un esprit vigoureux, une riche érudition, une puissante éloquence.

Il discutait et écrivait dans les deux langues avec force et abondance, comme le prouvent les oeuvres littéraires qu’il a laissés, en grec, en latin.

Heureusement, les brebis du Christ commises à ses soins veillaient constamment sur la Foi Catholique.

Prudentes, elles se rappelèrent bientôt les avertissements de Moïse, et, en dépit de leur admiration pour leur prophète et leur pasteur, elles s’aperçurent du péril.

Celui qu’auparavant elles suivaient comme le bélier du troupeau, elles commencèrent dès ce moment à le fuir comme un loup.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 11)

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


3) L’histoire d’Apollinaire :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Un autre exemple, celui d’Apollinaire nous apprend encore le péril de cette tentation ecclésiastique et nous avertit de veiller plus diligemment à la sauvegarde de la foi.

Lui aussi causa à ses auditeurs de grands troubles, de grandes angoisses, tiraillés qu’ils étaient d’un côté par l’autorité de l’Eglise, de l’autre par le maître auquel ils étaient habitués.

Et ainsi, hésitants, et flottants entre les deux extrêmes, ils ne savaient quel parti prendre.

Si du moins il avait été un être méprisable.

Loin de là,il était assez éminent et remarquable pour être cru top vite sur bien des points.

Qui pouvait le surpasser en finesse, en expérience, en érudition ?

Combien d’hérésies n’a-t-il pas écrasées sous ses nombreux ouvrages ?

Combien d’erreurs hostiles à la foi n’a-t-il pas réfutées ?

Je n’en veux pour preuve que ce célèbre et immense travail qui ne comprend pas moins de trente livres et où il a confondu par la force de ses preuves, les calomnies insensées de Porphyre.

Il serait trop long de rappeler toutes ses oeuvres.

Elles eussent pu, assurément, l’égaler aux plus fermes soutiens de l’Eglise, si la curiosité hérétique, passion profane, ne lui eût fait inventer je ne sais quel système qui entacha comme une lèpre ses travaux et les gâta.

Sa doctrine devint pour l’Eglise beaucoup moins un sujet d’édification qu’un sujet de scandale.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 11)

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


4) Exemple d’Origène :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Nous disions donc plus haut que, dans l’Eglise de Dieu, l’erreur du maître est tentation pour le peuple : et tentation d’autant plus grande que celui qui se trompe est plus savant.

Nous le prouvions d’abord par l’autorité de l’Ecriture, ensuite par des exemples de l’histoire ecclésiastique, en rappelant ces hommes qui, regardés quelque temps comme fidèles à la saine doctrine, sont finalement tombés dans une secte étrangère ou ont eux-mêmes fondé une hérésie personnelle.

C’est là, à coup sûr, un grand enseignement, utile à apprendre et nécessaire à rappeler.

Il est bon de l’illustrer abondamment par quantité d’exemples et de le faire entrer dans les esprits, afin de montrer à tous les vrais Catholiques qu’ils doivent écouter les docteurs avec l’Eglise, mais non pas abandonner la Foi de l’Eglise avec les docteurs.

Nous pourrions citer bien des exemples de cette sorte de tentation.

Mais il n’est personne, ce me semble, qui puisse être comparé à Origène pour le scandale qu’il causa.

Cet homme eut des dons si remarquables, si rares, si surprenants, qu’au premier abord on pouvait ajouter foi à toutes ses affirmations.

Car si la manière de vivre crée l’autorité, grand était son zèle, grande sa chasteté, sa patience, son endurance ; et si c’est la naissance ou l’érudition, quoi de plus noble que celui qui d’abord naquit d’une maison illustrée par le Martyre, puis, après avoir perdu au service du Christ son père et aussi toute sa fortune, se sanctifia si bien dans une existence étrécie par une sainte pauvreté, qu'il souffrit plusieurs fois dit-on, pour avoir confessé le Seigneur ?

Il eut bien d’autres qualités encore qui, plus tard, devaient aider au scandale.

Son génie était si fort, si profond, si vif, si élégant, qu’il dépassait de bien loin tous les autres.

Sa connaissance de la doctrine, son érudition si magnifiques, qu’il y eut peu de parties des sciences divines et à peu près aucune des sciences humaines qu’il n’ait approfondies.

Quand son savoir eut épuisé les choses grecques, il se mit aussi aux études hébraïques.

Est-il encore besoin de rappeler son éloquence ? Sa parole avait tant de charme, tant de fluide abondance, tant de douceur, qu’on dirait qu’il découle de sa bouche non des mots, mais du miel !

Quoi de si malaisé à persuader qu’il n’ait rendu limpide par la force de sa dialectique ?

Quoi de si difficile à faire qu’il n’ait réussi à faire paraître très facile.

Mais peut-être n’a-t-il formé la trame de ses exposés que d’une suite d'arguments ?

Bien au contraire, il n'est point de maître qui ait eu plus souvent recours aux exemples empruntés à la loi divine. Et n'aurait-il que peu écrit ? Nul homme n’écrivit davantage.

Il serait, je crois impossible, je ne dis pas de lire tous ses ouvrages, mais de les trouver même.

Et afin que rien ne lui manquât pour devenir savant, il eut une surabondante mesure d’années.

Mais peut-être ne fut-il pas heureux avec ses disciples ? Qui fut plus heureux sous ce rapport ?

Innombrables sont les docteurs, les prêtres, les confesseurs, les martyrs se réclamant de lui.

Et qui pourrait dire l’admiration, la gloire, le crédit dont il jouit auprès de tous ?

Quel homme un peu zélé pour la religion qui ne soit accouru vers lui des parties les plus reculées de l’univers ?

Quel est le Chrétien qui ne le vénéra presque comme un prophète, quel est le philosophe qui n’eut pour lui le respect dû à un maître ?

De quel respect l’entourèrent non seulement les simples particuliers, mais le pouvoir impérial même, l’histoire nous le dit.

Elle raconte que la mère de l’empereur Alexandre le fit venir, surtout à cause de cette sagesse divine dont il avait le privilège et qu’elle aimait ardemment.

Un témoignage analogue, émanant d’Origène lui-même, nous est fourni par la lettre qu’il écrivit avec l’autorité d’un maître chrétien à l’empereur Philippe, le premier prince romain qui ait été Chrétien.

Quant à son incroyable science, si l’on n’accepte pas de notre part un témoignage chrétien, qu’on en croie du moins, sur l’attestation des philosophes, un aveu païen.

Cet impie de Porphyre raconte qu’encore presque enfant, iI fut attiré à Alexandrie par la renommée d’Origène.

Celui-ci était déjà vieux, quand Porphyre le vit, mais il avait tout le prestige d’un homme qui aurait bâti la citadelle de la science universelle.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 17)

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


4) Exemple d’Origène :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Le jour se passerait avant que j’aie tout au plus faiblement effleuré les admirables qualités de cet homme, toutes ces qualités, hélas, ne tournèrent pas à la gloire de Dieu : elles ne donnèrent que plus de retentissement à la gravité du scandale.

Pouvait-il y avoir beaucoup de gens disposés à faire bon marché d’un si grand génie, d’une si grande science, d’un si grand crédit ?

Ne devaient-ils pas plutôt se conformer à la maxime connue :

"Mieux vaut se tromper avec Oriqène que d’avoir raison avec d'autres" (cf. Cicéron, Tusculanes, 1,17,39).

Pourquoi en dire davantage ?

La chose en vint au point qu’une si haute personnalité, un si grand docteur, un si qrand prophète fut cause d’une tentation non point banale, mais (l’évènement le démontra) singulièrement périlleuse, qui détourna un bon nombre de l’intégrité de la foi.


C’est pourquoi ce même Origène, si grand qu’il ait été, pour avoir insolemment abusé de la grâce divine,

pour s’être complu dans son propre talent et avoir eu trop de confiance en soi-même,

pour avoir fait peu de cas de l’antique simplicité de la Religion Chrétienne,

pour s’être figuré qu’il en savait à lui seul plus que tout le monde,

pour avoir méprisé les traditions de l’Eglise et le magistère des anciens,

pour avoir interprété d’une façon nouvelle certains passages des Ecritures,

a mérité qu’il fût dit de lui aussi à l’Eglise de Dieu :

"S’il s'élève du milieu de vous un prophète.." ;

et un peu plus loin : "Vous n’écouterez point les paroles de ce prophète" (Deut. 17,13).

Et encore : "Parce que le Seigneur vous tente et veut savoir si vous L’aimez ou non".


Oui, ce fut une tentation, une grande tentation, quand cette Eglise qui lui était dévouée, qui prenait sur lui son appui parce qu’elle admirait son génie, sa science, son éloquence, sa vie et son crédit, cette Eglise qui ne soupçonnait rien, qui ne craignait rien de lui, fut insensiblement détournée par lui de l’antigue religion vers de profanes nouveautés.

Mais les livres d’Origène ont été falsifiés, dira-t-on.

Je n’y contredis pas, bien plus, je le souhaite : on l’a dit et écrit non pas seulement du côté catholique, mais même chez les hérétiques.

Mais le point sur lequel nous devons présentement porter notre attention, c’est que sinon lui-même, du moins les livres publiés sous son nom, sont cause d’un grand scandale.

Ils fourmillent de blasphèmes mortels.

On les lit, on les aime, comme s’ils étaient l’oeuvre d’Origène lui-même, et non celle d’un autre.

Même s’il n'a pas professé ces erreurs il les couvre de son autorité.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 17)

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


5) Exemple de Tertullien :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Le cas de Tertullien en fut analogue.

Comme Origène chez les Grecs, Tertullien doit être jugé sans contredit le premier des nôtres parmi les Latins.

Qui fut plus savant que cet homme ?

Qui eut sa compétence dans les choses divines et humaines ?

De fait, toute la philosophie, toutes les sectes philosophiques, leurs fondateurs, leurs partisans et les systèmes défendus par ceux-ci, l’histoire, la science sous leurs formes multiples, voilà ce qu’embrassa la merveilleuse ampleur de son intelligence.

Son génie fut si profond et si vigoureux, qu’il n’est pus de pensée qu’il n’ait dominée par la pénétration et la finesse de son esprit et la puissance de son raisonnement.

Qui pourrait faire assez l’éloge de son style ?

Tout s’y enchaîne avec une sorte de rigueur logique, si frappante qu’il force ceux même qu’il n’a pu persuader à adhérer à ses vues.

Chez lui, autant de mots, autant de pensées ; autant d’idées, autant de victoires.

Ils le savent bien, les Marcion, les Apelle, les Praxeas, les Hermogène, les Juifs, les Gentils, les Gnostiques et tant d’autres, dont il a foudroyé les blasphèmes sous la masse de ses nombreux et importants ouvrages.


Et pourtant, après tout cela, ce Tertullien, trop peu attaché à la foi antique et universelle, et bien plus éloquent que fidèle, changea ensuite d’idée et aboutit au résultat qu’a marqué à son propos le bienheureux confesseur Hilaire :

« Par son erreur finale, a-t-il écrit quelque part, Tertullien fit perdre à ses ouvrages les plus louables leur autorité ».

Il fut lui-même dans l’Eglise une grande tentation.

Je n’en veux pas dire davantage :

je rappellerai seulement qu’en ajoutant foi, en dépit du précepte de Moïse aux folies furieuses de Montan,

alors nouvelles dans l’Eglise et aux folles visions de sottes femmes qui annonçaient un dogme nouveau,

il mérita qu’il fût dit de lui aussitôt de ses écrits :

"S’il s’élève du milieu de vous un prophète" .

Et ensuite : "Vous n’écouterez pas les paroles de ce prophète". Pourquoi ?

"Parce que, est-il dit, le Seigneur votre Dieu vous tente, pour voir si vous L’aimez ou non"


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 18)

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Re: Brochure de 1983 sur le changement d’attitude de Mgr Lefebvre

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VI - EXEMPLES HISTORIQUES DE TELLES DÉVIATIONS


6) Conclusion qui se dégage de ces exemples :

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Le poids d’exemples si nombreux et si décisifs, sans compter tous ceux que nous fournirait encore l’histoire de l’Eglise, doit solliciter notre attention et nous faire comprendre plus clair que le jour, les règles du Deutéronome.

Si un maître de l’Eglise s’écarte de la Foi, la Providence divine le permet pour nous tenter,

"pour voir si, oui ou non, nous aimons Dieu de tout notre coeur, de toute notre âme" (Deut. 13, 1-3).»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 19)


De si terribles exemples nous montrent que ce n’est pas tel ou tel homme, tel ou tel "chef de file" que nous devons suivre, mais la doctrine de l’Eglise, la Vérité qu’Elle nous enseigne : Notre Seigneur Jésus-Christ !

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Brochure avril 1983 a écrit :

CHAPITRE VII - ATTITUDE CATHOLIQUE NÉCESSAIRE DEVANT DE TELLES DÉVIATIONS

Saint Vincent de Lérins a écrit :

« Ainsi est catholique véritable et authentique,

qui chérit la Vérité de Dieu, l’Eglise, « le corps du Christ » (Ep. 1,5) ;

qui ne met rien au-dessus de la Foi Catholique ;

ni l’autorité, ni l’affection, ni le génie, ni l’éloquence, ni la philosophie d’un homme, quel qu’il soit :

qui, méprisant tout cela, fermement et inébranlablement attaché à la Foi,

est résolu à n’admettre et à ne croire que les vérités universellement admises par l’Eglise Catholique depuis les temps anciens ;

et qui comprend enfin que toute doctrine nouvelle et inouïe, insinuée par un seul homme

en dehors de l’avis général des saints ou contre cet avis, n’a rien de commun avec la religion :

Elle constitue bien plutôt une tentation, selon l’enseignement du bienheureux Apôtre Paul.»


(Saint Vincent de Lérins, Commonitorium, ch. 20)

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