Pseudo “possibilité” de divorce “religieux” pour cause d’adultère :
Saint Thomas a écrit :
« On considère le lien matrimonial triplement, quant : 1° à la mutuelle continence, 2° au dû charnel à rendre ; 3° à la cohabitation en se rendant mutuellement service.
Le premier lien n’est dissout que par la mort de l’un ou des deux : car, une fois le mariage consommé, il n’est pas possible, du vivant de l’un, de contracter avec un autre.
Le second lien est dissout par l’adultère ; avec la distinction suivante, cependant : car pour la fornication spirituelle il en est qui corrompt seulement qui la fait, comme l’orgueil, la colère, et choses semblables ; et d’autres formes corrompent qui cohabite, comme l’hérésie, le vol, et autres pareilles.
Aussi, quant au premier genre, le lien de cohabitation ne doit pas être dissout.
Quant au second genre, il doit être dissout si une telle fornication spirituelle demeure, par exemple si l’épouse disait au mari ne pas vouloir habiter avec lui s’il ne commet pas tel vol, ou autre faute semblable.
Il y a sept cas, contenus en ces vers : Simile, prostituens, vis, mors, et credita forma ; Si conservatur, post novit, mittere nequit.
En ces cas, il n’est pas permis de quitter l’épouse forniquant.
1° Similitude, c.à.d. si le mari est convaincu d’en avoir fait autant.
2° Prostitution, c.à.d. si le mari l’a lui-même prostituée.
3° Violence, c.à.d. quand elle a été opprimée par un autre par la violence : ce qui s’entend de la violence absolue, et non de la simple crainte.
4° Apparence trompeuse, c.à.d. si elle est trompée en ayant cru qu’il s’agissait de son mari.
5° Mort, c.à.d. si elle pensait avec probabilité son mari mort, et a épousé un autre ; et le mari revenant, elle revient aussitôt à lui.
6° Conversion, c.à.d. si une fidèle est répudiée par un mari infidèle selon le rite de sa secte ; après la conversion à la foi, il est obligé par l’Eglise à la reprendre.
7° Réconciliation, c.à.d. s’il se réconcilie avec elle après l’adultère commis, ou garde publiquement l’adultère.
En ces cas, le mari ne peut quitter son épouse adultère.»
(Saint Thomas, in Mt. 5,32)
Quant au cas de l’apparence trompeuse qui nous paraît a priori peu vraisemblable, le Saint Docteur devait avoir à l’esprit celui de Jacob, trompé par Laban lui ayant promis sa fille cadette Rachel, et à la faveur de la nuit tombée, lui ayant mis dans le lit nuptial sa fille aînée Lia, à la place de la cadette promise (Gen. 29,16-30).