Re: Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie
Publié : jeu. 02 mai 2019 0:22
Eh bien nous y voilà ... On ne peut attaquer de front l'infaillibilité pontificale ... Utilisons alors le subterfuge dénoncé notamment par le cardinal Manning :A. Schneider a écrit :
En ces temps-là, les fidèles et la hiérarchie de l’Église savaient faire une claire distinction entre l’indestructible unité de la foi catholique dont le magistère du siège de Pierre a reçu l’assurance divine, et l’infidélité et la trahison d’un pape donné, dans l’exercice de son office magistériel.
Mgr Manning - Histoire du concile œcuménique du Vatican, Paris, 1871 a écrit :
si le Chef suprême de l’Église est infaillible dans ses décisions dogmatiques solennelles, cette infaillibilité s’attache à sa personne. Elle a été promise et donnée à saint Pierre, et elle subsiste dans les successeurs légitimes de saint Pierre. Elle n’appartient pas in solidum à l’Église particulière de Rome comme formant une agrégation d’individus ; elle n’appartient pas à la chaire ou au siège de Rome comme étant une chose distincte du Pape. La distinction entre la sedes (le siège) et le sedens (le siégeant) est un subterfuge moderne des jansénistes, inconnu à l’antiquité, qui a toujours entendu la personne de l’Évêque suprême, qu’elle attribuât l’inerrance directement à lui ou métaphoriquement à son siège. Si le Pape est infaillible, il est personnellement infaillible.
Saint Alphonse, citant le R.P. Noël Alexandre, vous répond :A. Schneider a écrit :
Dom John Chapman a expliqué dans son livre The Condemnation of Pope Honorius (« La condamnation du pape Honorius », Londres, 1907) que le même troisième conseil œcuménique de Constantinople qui avait frappé d’anathème le pape Honorius avait fait une claire distinction entre l’erreur d’un pape particulier et l’infaillibilité de la foi du Siège apostolique en tant que tel. Dans la lettre par laquelle ils demandaient au pape Agathon (678-681) d’approuver les décisions conciliaires, les pères du troisième concile œcuménique de Constantinople affirment que Rome a une foi indéfectible, promulguée d’autorité à l’ensemble de l’Eglise par les évêques du Siège apostolique, les successeurs de Pierre. On peut poser la question : comment était-il possible que le troisième concile œcuménique de Constantinople puisse affirmer cela en condamnant dans le même souffle un pape pour hérésie ?
Saint Alphonse de Liguori - Histoire des hérésies a écrit :
le sixième concile général n'a pas condamné le pape Honorius comme coupable de monothélisme, mais bien pour son indulgence envers les sectateurs de cette hérésie ; c'est ce que dit bientôt après le pape Léon II, le meilleur interprète du concile, comme l'appelle [Noël Alexandre]. Dans sa lettre à Constantin Pogonat pour la confirmation du concile, après avoir énuméré les hérétiques condamnés, comme inventeurs de la nouvelle hérésie, à savoir Théodore de Pharan, Cyrus d'Alexandrie, Sergius, Pyrrhus, Paul et Pierre, qui avaient occupé le siège de Constantinople, il anathématise de même le pape Honorius, non pour avoir adopté leur faux dogme, mais pour l'avoir laissé debout.