Re: Pensée de Saint Thomas
Publié : mer. 09 sept. 2015 8:59
Merci, chère Monic, pour ces magniques pensées à cueillir et à méditer.
Merci a vous, chère Laetitia, de partager ces belles pensées de St- Thomas qu'on ne peut que méditer et ne plus s'en détacher tellement on y trouve de substance saine et agréable et un grand profit pour sa piété.Laetitia a écrit :Merci, chère Monic, pour ces magniques pensées à cueillir et à méditer.
Tout ce que Dieu a fait d'oeuvres diverses dans la nature créée, se trouve dans la connaissance des esprits célestes. I. 91, a. 1.
Dans l'oeuvre de la nature les anges tiennent le milieu entre Dieu et nous, et c'est pourquoi, en vertu d'une loi commune, ils administrent non seulement les choses humaines, mais aussi toutes celles qui ont un corps. I. 108, a. 8, ad 2.
De même que les anges inférieurs sont régis par les anges supérieurs, ainsi toutes les choses corporelles sont régies par les anges. Il faut dire que les anges président directement non seulement aux mouvements des corps célestes, mais aussi du monde inférieur. I. 109, a. 1.
De même que les anges d'un ordre supérieur éclairent ceux d'un ordre inférieur, ainsi les anges éclairent-ils les hommes, qui leur sont inférieurs I. 111, a. 1.
L'ange aide l'homme à tirer des choses de la création une plus parfaite connaissance de Dieu.
I. 111, a. 1, ad 2.
Pendant cette vie l'homme est comme un voyageur sur la route qui doit le mener à la patrie. Or des dangers nombreux, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, menacent l'homme sur cette route. Comme donc on assigne des gardes à des voyageurs sur une route dangereuse, ainsi un ange gardien est assigné à l'homme pour le temps qu'il fait route vers l'au-delà. Mais quand l'homme sera parvenu au terme de sa route, il n'aura plus d'ange gardien. Il aura plutôt un ange qui règnera avec lui dans le ciel, ou un démon qui le châtiera dans les enfers. I. 113, a. 4.
Effectivement, cher Robert,robert a écrit :Chère Monic,
une chose m'intrigue depuis le début : les si belles pensées de Saint Thomas, si éclairantes et si vivifiantes pour notre Foi et notre amour de Jésus-Christ, ne seraient-elles pas des extraits de l'angélique Somme Théologique ??
La garde qu'excercent sur nous les anges gardiens, se rapporte en définitive à éclairer notre intelligence par la lumière de la doctrine: c'est là son effet principal et ultime. Mais elle a aussi plusieurs autres effets qui regardent les enfants, comme d'éloigner les démons et de protéger contre les dangers corporels et spirituels. I. 113, a. 5, ad 2.
Il y a des hommes, même en cette vie, qui sont plus grands que certains anges, non pas à l'état déja réalisé, mais virtuellement, c'est-à-dire que telle est la force de leur charité qu'ils sont en mesure de mériter un peu plus haut degré de béatitude que celui de certains anges; comme si nous disions que la graine d'un arbre majestueux est, par la vertu qu'elle recèle, plus grande qu'un petit arbre, alors que, en réalité, elle est beaucoup moindre. I. 117, a. 2, ad 3.
Il est probable que des anges d'un ordre supérieur sont préposés à la garde des personnes que Dieu appelle à un plus haut degré de gloire. I. 113, ad 1.
Fin du chapitre
CHAPITRE V
L'HOMME
Etre homme, au sens propre du mot, c'est être selon la raison. II- II. 155, a. 1, ad 2.
Il y a quatre choses à considérer dans l'homme: la raison qui l'apparente aux anges, les sens qui le rapprochent des animaux, les forces de vie naturelles qui le rapprochent des plantes, et le corps qui l'apparente aux choses inaminées. I. 96, a. 2.
En nous il n'y a pas seulement ce plaisir que nous partageons avec les bêtes, mais aussi celui qui nous fait communier aux anges.
I- II. 31, a. 4, ad 3.
De toutes les parties de l'âme, l'intelligence est la plus haute, la plus digne et la plus semblable à Dieu. III. 6, a. 3.
L'intelligence est la partie principale de l'homme, et en elle se trouve virtuellement toute l'ordonnance de l'homme. III. 50, a. 4, ad 2.
Les choses divines et éternelles sont, par leur nature, au-dessus de l'homme. Cependant, l'homme tient de sa nature même une faculté, l'intelligence, qui le rend capable de s'unir à l'éternel et au divin. II-II. 130, a, 1, ad 2.
Si l'homme est doué de raison, c'est pour qu'il ne suive pas sans contrôle les inclinations de la nature, mais conformément aux exigences raisonnables. II-II. 69, a. 4, ad 1.
Un homme comprend mieux qu'un autre parce qu'il a meilleure intelligence, tout comme quelqu'un voit mieux qu'un autre parce que son oeil est meilleur. Mais il y a deux raisons pour lesquelles l'intelligence est meilleure chez l'un que chez l'autre:
1) L'intelligence elle-même est plus parfaite. Il est évident, en effet, que plus un corps est bien disposé, plus parfaite est l'âme qui lui est unie..., car une forme agit d'autant plus sur la matière que celle-ci est apte à la recevoir. Par exemple, des hommes qui ont un organisme mieux disposé sont doués d'une âme qui a une plus grande vigueur d'intelligence...
2) A cause des facultés inférieures dont l'intelligence a besoin pour ses opérations. Ceux dont l'imagination et le bon sens et la mémoire sont meilleurs, sont aussi mieux doués sous le rapport de l'intelligence. I. 85, a. 7.
Les puissances sensibles sont indispensables au travail de la raison, et comme elles résident dans un organe corporel, il est nécessaire que le corps soit nourri pour que la raison opère. Or l'alimentation ne va pas sans jouissance sensible. De là que si l'on s'abstenait de toute jouissance sensible, la raison humaine serait privée de son bien. ( II-II 142, a. 1. )
Lorsque l'âme se dégage des réalités corporelles, elle devient plus apte à recevoir les impressions des substances spirituelles, comme elle ressent aussi plus facilement les mouvements subtils que laissent dans l'imagination les impressions des causes naturelles: toutes influences que l'âme ne peut percevoir quand elle vaque aux choses sensibles. Ce qui fait écrire à S. Grégoire que l'âme à l'approche de la mort, '' prévoit certains évènements futurs grâce à sa nature subtile '', parce qu'elle perçoit alors les moindres impressions.
( II-II. 172, a. 1, ad 1. )
De même qu'en faisant agir les forces naturelles, Dieu ne retranche rien de leur action propre, ainsi, en faisant agir les êtres doués de volonté, il ne retranche rien de ce qu'il y a de volontaire dans leurs actes. Même c'est lui qui les fait agir volontairement, car Dieu opère dans les êtres selon leur nature propre. ( I. 83, a. 1, ad 3. )
Ce qui fait la différence entre nous et les êtres non raisonnables c'est que nous sommes maîtres de nos actes. Voila pourquoi on n'appelle strictement actes humains que ceux seulement dont nous sommes les maîtres. ( I-II. 1, a. 1. )
Le corps est pour l'âme ... comme les instruments sont pour celui qui les met en opération et agit ainsi par eux. Ce qui fait que tous les biens du corps sont en vue du bien de l'âme comme de leur fin. ( I-II. 2, a. 5. )
L'âme est la raison d'être du corps, et c'est elle aussi qui lui donne d'être ce qu'il est - un corps humain. De plus, c'est l'âme qui façonne et fait le corps. Il y a entre l'âme et le corps le même rapport qu'entre l'art et l'oeuvre d'art: tout ce qu'on trouve dans l'oeuvre d'art, l'art le contient en principe et en germe. De même, tout ce qui se révèle dans les parties du corps a son origine dans l'âme, qui le possède, pour ainsi dire, implicitement. (Suppl. 80, a. 1. )
La raison du corps humain c'est l'âme raisonnable et ses opérations...: les instruments, en effet, sont pour celui qui les emploie. I. 91, a. 3.
De même qu'il vaut mieux non seulement désirer le bien mais aussi l'accomplir, ainsi il vaut mieux être porté au bien non seulement par la pure volonté, mais aussi par notre nature sensible, selon cette parole du psaume 83 : '' Mon coeur et ma chair tressaillent vers le Dieu vivant.'' Par coeur entendez l'intelligence, par chair, les sens. I-II. 24, a. 3.
Il est vrai que la nature nous a faits tous égaux, mais il y a cependant inégalité entre nous du fait que la divine Providence dirige quelques-uns vers de plus grandes choses et d'autres vers de plus petites. I. 113, a. 2, ad 3.
C'est une loi de la divine sagesse que ses secrets et ses dons ne parviennent pas de la même manière à tous, mais qu'ils soient d'abord communiqués directement à certains et que, par leur intermédiaire, les autres hommes les reçoivent. III.36, a. 2.
L'éclat et la proportion sont les deux éléments qui concourent à la beauté... La beauté du corps humain consiste dans la juste proportion de ses membres et le coloris approprié... La beauté spirituelle consiste à harmoniser la conduite et les actes de telle sorte que la lumière de la raison y resplendisse. II-II. 145, a. 2.
La beauté requiert trois conditions: d'abord l'intégrité ou perfection: les choses tronquées sont laides par là même. Puis les proportions voulues, ou harmonie. Enfin, l'éclat : les choses qui ont de brillantes couleurs, on dit volontiers qu'elles sont belles. I. 39, a. 8.
Certains ont soutenu que tous les plaisirs étaient mauvais..., mais leur jugement n'était pas selon la vérité. Personne, en effet, ne peut vivre sans quelque plaisir sensible et corporel. I-II. 34, a. 1.
Les plaisirs du corps sont appelés par Aristote '' des remèdes '', des soulagements a la fatigue et a la monotomie. Aristote les appelle aussi '' des maladies '', car l'homme est porté a en jouir avec excès, a les prendre pour les vraies joies, comme celui qui a le goût dépravé aime certaines choses que l'homme sain trouve désagréables. Suppl. 81, a. 4, ad 4.
Le corps humain a besoin de repos pour ce refaire, parce que ses forces limitées ne le rendent capable que d'un travail limité. Il en va de même pour l'âme. Quand elle a donné plus que sa mesure, l'effort se fait sentir et avec lui la fatigue, pour cette raison surtout que le corps en prend sa part, puisque l'âme spirituelle agit par des puissances liées a l'organisme. II-II. 168-, a. 2.
Le travail a quatre buts : le premier et principal, c'est d'assurer la subsistance.... ; le second, c'est de supprimer l'oisiveté, mère d'un grand nombre de maux.... ; le troisième, c'est de refréner les mauvais désirs en macérant le corps.... ; le quatrième, c'est de faire l'aumône. II-II. 187, a. 3.
Considérés en eux-mêmes et en général, les plaisirs de l'esprit sont plus grands que les plaisirs des sens. A cela il y a trois raisons tirées des éléments du plaisir : le bien qui cause le plaisir, la faculté ou organe qui le goûte, et la mise en contact des deux. I-II. 31, a. 5.