Re: Fête de Ste Anne - 400e anniversaire des apparitions.
Publié : lun. 28 juil. 2025 22:11





D'ailleurs la communauté entière se montra digne de ses fondateurs par sa régularité monastique, sa dévotion austère et son parfait dévouement au service des fidèles. De jour et de nuit, ces bons moines faisaient l'édification générale, soit à l'autel où ils disaient le saint office avec une piété angélique, soit dans la foule, où ils circulaient sans cesse pour prévenir toute confusion, soit aux portes de leur humble demeure, où ils distribuaient aux pauvres une aumône quotidienne.
Les chroniqueurs ne se lassent point d'admirer le bel ordre qui présidait à tout au milieu de ces multitudes innombrables qui entouraient sans cesse l'oratoire de Sainte-Anne. C'était principalement aux fêtes de la Pentecôte qu'elles affluaient davantage et peuplaient comme une ville le pauvre village de Keranna . « Le concours fut si grand en l'année 1629, écrit le P. Hugues, qu'on y eût pu compter dans les trois jours, à ce qu'il me sembla, soixante ou quatre-vingt mille personnes, dont la plupart se confessèrent et communièrent. La même chose arrive encore tous les ans. »
L'appel de je ne sais quelle voix intérieure et puis la renommée des miracles attiraient cette armée de pèlerins . Grâce à l'intercession de la sainte aïeule de Jésus, on pouvait dire en Bretagne comme autrefois en Judée : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris , les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pécheurs se convertissent (1). On vit même des paroisses et des villes presqu'entières, sauvées de la peste ou d'autres maladies contagieuses, se transporter à Keranna pour chanter des hymnes d'action de grâce, comme par exemple la ville de Pont-l'Abbé en 1634. En un mot toutes les classes de la société y sont représentées, chaque province de France a ses pèlerins, et, un jour la reine Anne d'Autriche envoya elle-même une ambassade pour honorer et invoquer sa sainte patronne (1629).
1. Au témoignage du P. Hugues qui en a fait le relevé sur les registres de sainte Anne, de l'an 1625 à 1655, il n'y eut pas moins de trente morts ressuscités, vingt-sept aveugles illuminés, vingt-cinq muets et sourds guéris, cinquante estropiés ou paralytiques parfaitement remis, douze délivrés du mal caduc, vingt-deux de diverses infirmités ou maladies incurables, vingt-sept de grièves maladies, etc. Les femmes stériles deviennent mères, les autres accouchent heureusement grâce à la même intercession. Enfin un grand nombre de marins sont sauvés du naufrage par cette autre ÉTOILE DES MERS.