Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina
Publié : lun. 01 juin 2020 14:45
Prendre part aux bals, se livrer au plaisir de la danse, est donc mettre de côté les autorités des Saintes Ecritures, des
Saints Pères, des Conciles, des Théologiens; c'est montrer par là qu'on ne tient aucun compte de tout ce qu'il v a de plus
pieux et de plus éclairé dans l'Eglise.
Si tous les médecins nous avertissaient d'un commun accord qu'une nourriture est un poison, ne la rejetterait-on pas
avec horreur ? Les principes sur lesquels les évêques et les prêtres décident que les bals sont dangereux et funestes aux
âmes sont beaucoup plus certains que ceux des médecins. Doit-on prendre plus de précautions pour conserver un corps
qu'il faudra perdre un jour que pour sauver une âme qui doit exister éternellement ? C'est Dieu Lui-même qui a révélé
dans les Saintes Ecritures et par la Tradition constante des saints Pères, que les bals ne peuvent que causer la perte de
ceux qui les aiment et qui ne veulent pas y renoncer. On doit donc les fuir et les condamner pour rendre hommage à la
vérité infaillible de Dieu qui ne peut tromper ni être trompé.
Du reste, le paganisme dans ce qu'il a de plus éclairé et de plus illustre, a regardé la danse comme un amusement ni
décent, ni honnête, ni compatible avec la conservation de la vertu ; il l'a toujours regardé comme un signe de sensualité
et de débauche, comme une école de passions dangereuses. Les philosophes les plus célèbres, aussi bien parmi les
romains que parmi les grecs, ont proscrit les bals et les ont déclarés détestables.
Aristote, le prince des philosophes grecs, commande aux magistrats d'interdire la danse à la jeunesse.
Platon préféra tomber dans la disgrâce de Denys le Tyran que de prendre part à une danse organisée par le Prince à
l'issue d'un festin, quoique ce refus dût lui attirer les plus grands désagréments.
Démosthènes, le plus grand des orateurs profanes, voulant, dans ses mémorables discours, rendre les gens de la
suite de Philippe, roi de Macédoine, odieux aux Athéniens, leur fait un crime d'avoir dansé.
Ovide, ce poète voluptueux, si relâché dans sa morale, appelle les lieux de danses "des lieux de naufrage pour la vertu"
et les danses elles-mêmes "une source de vices".
Horace, peu scrupuleux à l'endroit des moeurs, critique également la danse et la regarde comme une des causes de la
dépravation des Romains qu'il cherche à détourner de ces plaisirs.
Cicéron, le prince des philosophes comme des orateurs de l'ancienne Rome, a écrit : "Personne ne danse, ni en particulier,
ni dans un festin réglé, à moins qu'il ne soit ivre ou fou. La danse, ajoute-t-il, est le dernier des vices et les renferme
ou les suppose tous ; elle est la compagne ordinaire de la passion de l'amour et de la licence ; elle est l'associée
obligée de la luxure, umbram luxuriæ".
"Les danses, dit à son tour Sénèque, amollissent le coeur et le corrompent".
Le Sénat romain, cette assemblée si respectable, ayant les mêmes idées sur la danse que son premier orateur, bannit,
au temps de Tibère, tous les danseurs de la ville et l'empereur Domitien chassa même du sénat plusieurs sénateurs
parce qu'ils avaient dansé.
Appius Claudius bannit de Rome tous les danseurs ; il considérait la danse "comme une folie immorale et malfaisante".
Scipion témoigna sa douleur dans un discours contre Tiburius Gracchus de ce qu'il avait vu dans sa jeunesse une
école où on apprenait à danser.
A SUIVRE...