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Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : lun. 01 juin 2020 14:45
par InHocSignoVinces
Prendre part aux bals, se livrer au plaisir de la danse, est donc mettre de côté les autorités des Saintes Ecritures, des
Saints Pères, des Conciles, des Théologiens; c'est montrer par là qu'on ne tient aucun compte de tout ce qu'il v a de plus
pieux et de plus éclairé dans l'Eglise.



Si tous les médecins nous avertissaient d'un commun accord qu'une nourriture est un poison, ne la rejetterait-on pas
avec horreur ?
Les principes sur lesquels les évêques et les prêtres décident que les bals sont dangereux et funestes aux
âmes sont beaucoup plus certains que ceux des médecins.
Doit-on prendre plus de précautions pour conserver un corps
qu'il faudra perdre un jour que pour sauver une âme qui doit exister éternellement ? C'est Dieu Lui-même qui a révélé
dans les Saintes Ecritures et par la Tradition constante des saints Pères, que les bals ne peuvent que causer la perte de
ceux qui les aiment et qui ne veulent pas y renoncer.
On doit donc les fuir et les condamner pour rendre hommage à la
vérité infaillible de Dieu qui ne peut tromper ni être trompé.



Du reste, le paganisme dans ce qu'il a de plus éclairé et de plus illustre, a regardé la danse comme un amusement ni
décent, ni honnête, ni compatible avec la conservation de la vertu ; il l'a toujours regardé comme un signe de sensualité
et de débauche, comme une école de passions dangereuses. Les philosophes les plus célèbres, aussi bien parmi les
romains que parmi les grecs, ont proscrit les bals et les ont déclarés détestables.



Aristote, le prince des philosophes grecs, commande aux magistrats d'interdire la danse à la jeunesse.

Platon préféra tomber dans la disgrâce de Denys le Tyran que de prendre part à une danse organisée par le Prince à
l'issue d'un festin, quoique ce refus dût lui attirer les plus grands désagréments.

Démosthènes, le plus grand des orateurs profanes, voulant, dans ses mémorables discours, rendre les gens de la
suite de Philippe, roi de Macédoine, odieux aux Athéniens, leur fait un crime d'avoir dansé.

Ovide, ce poète voluptueux, si relâché dans sa morale, appelle les lieux de danses "des lieux de naufrage pour la vertu"
et les danses elles-mêmes "une source de vices".

Horace, peu scrupuleux à l'endroit des moeurs, critique également la danse et la regarde comme une des causes de la
dépravation des Romains qu'il cherche à détourner de ces plaisirs.

Cicéron, le prince des philosophes comme des orateurs de l'ancienne Rome, a écrit : "Personne ne danse, ni en particulier,
ni dans un festin réglé, à moins qu'il ne soit ivre ou fou. La danse, ajoute-t-il, est le dernier des vices et les renferme
ou les suppose tous ; elle est la compagne ordinaire de la passion de l'amour et de la licence ; elle est l'associée
obligée de la luxure, umbram luxuriæ".


"Les danses, dit à son tour Sénèque, amollissent le coeur et le corrompent".

Le Sénat romain, cette assemblée si respectable, ayant les mêmes idées sur la danse que son premier orateur, bannit,
au temps de Tibère, tous les danseurs de la ville et l'empereur Domitien chassa même du sénat plusieurs sénateurs
parce qu'ils avaient dansé.

Appius Claudius bannit de Rome tous les danseurs ; il considérait la danse "comme une folie immorale et malfaisante".

Scipion témoigna sa douleur dans un discours contre Tiburius Gracchus de ce qu'il avait vu dans sa jeunesse une
école où on apprenait à danser.


A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : ven. 12 juin 2020 16:36
par InHocSignoVinces
Les auteurs les moins suspects d'exagération en cette matière sont d'accord avec les saints Pères et les anciens philosophes
sur les dangers que l'on court au bal.

Le père des athées modernes, Bayle, s'exprime ainsi : "La danse ne peut servir qu'à gâter un coeur et à livrer une
guerre dangereuse à la chasteté".


Les fameux Encyclopédistes ne parlent pas autrement et déclarent que la danse, au sens ordinaire du mot, est coupable
et doit être interdite.

Un jour, Mgr de Roquette, évêque d'Autun, écrivit à Bussy-Rabutin, connu dans le monde par son amour pour les
plaisirs mondains, afin de savoir quel était son avis sur les bals. Voici la réponse qu'il reçut :

"J'ai vu l'avis sur les bals que vous m'avez envoyé et puisque vous désirez savoir ce que j'en pense, je vous dirai que
je n'ai jamais douté qu'ils ne fussent très dangereux. Ce n'a pas été ma raison seulement qui me l'a fait croire, ça été encore
mon expérience et, quoique le témoignage des Pères de l'Eglise soit bien fort, je tiens que, sur ce chapitre, celui
d'un homme du monde comme moi doit être d'un plus grand poids... Je sais qu'il y a des gens qui courent moins de hasards
en ces lieux-là que d'autres ; cependant les tempéraments les plus froids s'y échauffent et ceux qui sont assez glacés
pour n'y être pas émus, n'y ayant aucun plaisir, n'y vont pas. Ainsi il n'est pas nécessaire de les leur défendre ; ils se
les défendent assez d'eux-mêmes. Quand on n'y a point de plaisir, les soins de sa parure et les veilles en rebutent ; et
quand on y a du plaisir, il est certain qu'on court grand hasard d'y offenser Dieu. Ce ne sont d'ordinaire que des jeunes
gens qui composent ces assemblées, lesquels ont assez de peine à résister aux tentations dans la solitude, à plus forte
raison dans ces lieux là où les beaux objets, la musique et l'agitation de la danse échaufferaient des anachorètes. Ainsi je
tiens qu'il ne faut point aller au bal quand on est chrétien et je crois que les directeurs feraient leur devoir s'ils exigeaient
de ceux dont ils gouvernent les consciences qu'ils n'y allassent jamais".



Avant lui le célèbre Pétrarque, si connu par ses vers où il n'a pas toujours respecté l'innocence, s'est élevé avec force
contre les bals : "Les danses, dit-il, offrent un spectacle ridicule qui ne peut que déplaire à des yeux chastes et qui est indigne
d'un homme sensé. Ces jeux, puisqu'on veut les appeler ainsi, ont été cause de beaucoup de désordres".



Nous pourrions citer une foule d'écrivains qui ont été unanimes à blâmer les bals, à les stigmatiser comme une chose
ignominieuse. Parmi eux se trouvent de fougueux ennemis de notre religion. Comme ils avaient le respect des moeurs et
le souci des convenances, ils ont condamné ce divertissement, tant il répugne à la plus élémentaire notion de la vertu.


A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : lun. 22 juin 2020 13:35
par InHocSignoVinces
Il est donc étonnant que des catholiques prétendent le justifier comme un divertissement légitime, honnête, inoffensif. Souvent ils emploient seize ou dix-sept ans à élever chrétiennement une jeune fille. Quelle sollicitude, quels soins, que
de précautions pour conserver son innocence ! C'est une fleur délicate qu'ils abritent, qu'ils soutiennent de toutes les ressources
de la religion, de la morale et de l'instruction. Ils seraient désolés d'y voir, d'y souffrir, la moindre tache, la
moindre apparence du mal. On la tient comme dans une serre chaude pour la garantir de tout ce qui pourrait la flétrir.
Et
puis quand le temps est venu "de l'introduire dans la société", comme on dit, on enlève tout cet échafaudage, on renverse
toutes les barrières, on supprime toutes ces précautions. On produit la pauvre enfant en public, au grand jour, le plus
qu'on le peut, au milieu de l'éclat et des pompes des fêtes mondaines, et enfin, pour comble d'inconvenance et de démence,
elle qui rougissait tout à l'heure en présence d'un jeune homme et qu'une parole légère troublait, on la jette, pendant
toute une soirée, entre les bras de jeunes étourdis qui ont autre chose à lui dire que des paroles édifiantes.



"Mon Père, disait une de ces jeunes filles à son Directeur, y a-t-il du mal à aller au bal ?"

"Mon enfant, répondit le prêtre, vous en revenez, c'est à vous de me le dire ; car vous devez le savoir".

La jeune fille baissa les yeux et rougit ; elle ne répliqua pas. Sa rougeur avait répondu pour elle.

Le prêtre aurait pu ajouter : "Voudriez-vous, mon enfant, vous approcher de la sainte Table le matin du jour où vous
revenez du bal ?"
Il est certain qu'elle eût répondu négativement, démontrant ainsi que la danse ne peut se concilier avec la vraie piété. Plusieurs jours d'avance, elle a pensé à ce bal ; elle a eu la tête remplie de préoccupations de toilette, de
succès, de frivoles plaisirs. Elle a été hantée par le désir de paraître, d'être remarquée, recherchée, préférée, de se
rendre aimable par ses manières étudiées, affectées, par un vain étalage de ses charmes naturels. Son coeur a été rempli
par la vanité de surpasser en éclat ses amies, par le désir d'éclabousser de son luxe ses compagnes moins fortunées.


Elle n'aurait pas osé se présenter à une réunion de famille ni surtout à l'Eglise dans cette mine toute mondaine et souvent
peu réservée qui est comme obligatoire au bal.


Elle a été intérieurement bouleversée au moment où elle a mis le pied sur le seuil de ce lieu où tout conspire à tromper
les sens, où tout est préparé pour la séduire : musique énervante, danses voluptueuses, luxe des décorations, foule
de personnes dont la mise souvent indécente, les manières libres, le langage sans retenue contrastent tant avec la réserve
qui lui est habituellement imposée, société où rien ne ressemble à la vie ordinaire, où chacun se contrefait et se
montre envers elle prodigue de compliments hypocrites et d'égards affectés qui viennent à chaque instant alarmer sa
modestie ou déconcerter sa timidité.


Qui peut répondre qu'à la vue de cet appareil insolite, la jeune fille n'aura pas le vertige, que sa piété, tous les sentiments
délicats que l'éducation familiale s'était efforcée de développer dans son coeur, n'en subiront pas un triste effet ?


La vraie piété admet sans doute des distractions, mais elle n'adopte pas la dissipation. Elle ne se récrie ni contre la distinction, ni contre l'élégance, mais elle réprouve l'immodestie et l'inconvenance. Les bonnes manières, les tons exquis, la meilleure éducation lui vont à merveille et elle s'accommode toujours de la grâce, de la jeunesse, de la beauté qui savent
demeurer pudiques ; elle vit avec elles comme avec des soeurs, elle leur prête un ornement de plus ; elle leur communique
un charme inexprimable et qui n'est qu'à elle ;
mais elle a horreur de toutes ces poses efféminées, de toutes ces attitudes lascives, de toutes ces démarches langoureuses, de toutes ces recherches calculées, provocatrices, qui trop
souvent se trouvent, se voient dans les salles de danses.



A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : mer. 01 juil. 2020 18:18
par InHocSignoVinces
Les Saintes Ecritures, les Saints Pères, les plus célèbres philosophes, les orateurs de l'antiquité païenne, les prédicateurs
les plus renommés de la chaire chrétienne et les écrivains ecclésiastiques d'accord avec la raison et l'expérience,
ont beau condamner les bals, il s'est toujours trouvé et il se trouve encore des personnes qui, subjuguées par de funestes
préjugés, cherchent à les justifier par de frivoles prétextes. Il faut y répondre, afin que l'on reconnaisse toute la
sagesse des défenses portées par la religion et la futilité des raisons qu'on allègue pour s'y soustraire.



La danse en elle-même, dit-on, est un jeu innocent, un amusement indifférent.
Sans doute, la danse, en tant qu'elle est une sauterie, une série de mouvements du corps effectués en cadence et
parfois accompagnés du chant ou de la musique, est un amusement permis. Ces mouvements peuvent être assimilés
aux exercices gymnastiques et considérés comme les autres jeux en usage parmi la jeunesse. Telles sont les rondes des
jeunes filles, lorsqu'elles prennent leurs ébats dans une cour de récréation. Ce qui caractérise la danse ainsi entendue,
c'est que la plus sévère décence y est observée et qu'elle a lieu entre personnes de même sexe.


Mais la danse proprement dite et qui est condamnable, c'est celle qui se pratique dans les bals avec les circonstances
qui en sont comme l'accompagnement obligé, qui se fait entre personnes de différent sexe et qui est pleine de dangers
pour la moralité de ceux qui y assistent.



Sans doute nous ne prétendons pas que toutes les danses offrent les mêmes dangers. Il y en a évidemment où la décence
est plus respectée que dans d'autres ; il y en a où moins de causes concourent à souiller l'imagination, à séduire le
coeur et à corrompre les moeurs. Mais il ne s'en suit pas que celles où les dangers sont moins nombreux ou moins imminents
ne soient pas à craindre au point de vue spirituel.
Nous ne pouvons admettre qu'il y ait des danses auxquelles les
deux sexes participent qui soient sans aucun danger. Pour admettre cela, il faut ignorer ou méconnaître la nature du
coeur humain. Le simple tête-à-tête de personnes de différent sexe, avec les circonstances obligées du bal, constitue lui
seul un danger et un grand danger. Les danseurs de bonne foi sont eux-mêmes forcés d'en convenir.



À SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : dim. 05 juil. 2020 12:06
par InHocSignoVinces
On reproche aux évêques et aux prêtres de n'avoir pas d'expérience du monde et de condamner à distance des
choses qui, vues de près, mériteraient de leur part plus d'indulgence. "Vous n'êtes pas du monde, leur dit-on, et vous traitez
d'abus des usages dont beaucoup d'esprits larges et sensés prennent aisément leur parti".



D'abord, pour apprécier les excès de vitesse dont les automobilistes se rendent coupables, n'est-il pas préférable
d'être sur leur passage que dans leur voiture ? Combien d'entre eux ignorent leur imprudence, quand ils n'ont pas pour
les avertir, l'aiguille d'un compteur ou le signal d'un agent de police ?



Puis, il ne faut pas l'oublier, les évêques et les prêtres s'autorisent d'une tradition séculaire où les préceptes de la sagesse
humaine se mêlent aux inspirations divines. De plus, en revanche, il manque aux interprètes de l'opinion mondaine
une expérience que le prêtre seul peut acquérir au tribunal de la Pénitence, l'expérience des âmes.
C'est là qu'il surprend dans ces libertés que quelques-uns estiment être de peu de conséquence, la cause prochaine de graves désordres ;
c'est là qu'il assiste à l'invasion progressive des frivolités dans une vie d'abord sérieuse et fervente, qu'il voit par quelles
étapes l'accueil trop complaisant fait aux plaisirs mondains, l'entraînement et la dissipation de ces fêtes bruyantes conduisent
de la piété à la tiédeur, de la tiédeur à l'indifférence. N'y a-t-il pas dans ce commerce des âmes une source d'informations
bien plus positive que celle que le monde, avec ses maximes et ses apparences trompeuses, peut offrir à
ceux qui le fréquentent, et ne suffirait-il pas, pour guérir ces victimes d'un optimisme, de les inviter à faire un peu plus
souvent le loyal examen de leur propre conscience ? S'ils ne parvenaient pas à se condamner, ne serions-nous pas en
droit de penser que l'habitude a émoussé la pointe de leur délicatesse morale et que le mal ne les offense plus, non
parce qu'il n'existe pas, mais parce qu'ils sont devenus incapables d'en apprécier la gravité ?



A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : ven. 10 juil. 2020 17:26
par InHocSignoVinces
Malgré cela, quelques-uns nous disent : "Nous sommes allés au bal et nous sommes certains de n'y avoir fait aucun
mal".


Est-ce bien vrai ? Vous prétendez que vous n'y faites pas de mal et que vous sortez de ces cercles de lubricité avec
une âme aussi pure que lorsque vous dites la vérité, je ne dois plus vous regarder comme des hommes, mais comme
des anges qui n'ont rien de la fragilité humaine. Si vous n'êtes pas tourmentés dans ces lieux par aucune pensée impure,
vous êtes plus heureux que saint Paul, ce grand Apôtre qui était obligé de réduire son corps en servitude pour conserver
le précieux trésor de l'innocence qui était en lui ; vous êtes plus heureux que ces illustrés pénitents qui, relégués dans les
plus affreux déserts où ils ne s'occupaient que de Dieu, gémissaient encore de ressentir l'aiguillon de la chair ; vous êtes
plus heureux que saint Jérôme qui, enseveli dans le fond d'une solitude où il s'adonne aux oeuvres les plus rigoureuses
de la mortification, où il n'a d'autre compagnie que les bêtes féroces, se plaint encore amèrement des rudes assauts que
lui livre le démon de l'impureté.


Puis-je croire que vous êtes plus affermis dans la vertu que ces grands personnages et que vous ne portez pas, aussi
bien qu'eux, "le trésor de votre innocence dans un vase fragile" ? Puis-je croire que vous pouvez rester en sûreté dans
des lieux où un anachorète ne serait pas sans danger ?


Vous prétendez que vous n'y faites pas de mal ; mais connaissez-vous bien ce qui est mal et ce qui ne l'est pas, ce
qui plaît à Dieu et ce qui Lui déplaît ?
N'avez-vous pas lieu de craindre que la passion que vous avez conçue pour ces
plaisirs ne mette un bandeau épais devant vos yeux pour vous empêcher de voir les dangers que vous y courez et le mal
que vous y faites ?


S'il est vrai que vous n'y avez pas fait de mal, vous vous êtes au moins exposés à en faire. Qui vous assure que vous
ne vous y laisserez pas aller comme tant d'autres, et que vous ne périrez pas dans le danger que vous avez la témérité
de chercher comme eux ?


D'ailleurs pourquoi aller de gaieté de coeur faire partie de ces assemblées où vous savez d'une manière certaine qu'il
y en a toujours quelques-uns qui offensent le Seigneur ?
Par amour et par respect pour Lui, vous devriez ressentir une vive douleur de Le voir offenser, vous Lui montrez bien peu d'affection et d'attachement, si vous voyez d'un oeil indifférent
ces désordres qui L'outragent. Un fils bien né n'ira pas volontiers dans une société où l'on n'aura pour son père aucun
égard ni aucune considération ; un sujet fidèle se gardera bien de se trouver au milieu d'un attroupement de conspirateurs
qui méditent la perte de son roi. Dieu n'est-il pas votre père et votre roi ? Peut-il vous être permis de vous trouver
sans nécessité dans la société de personnes qui L'offensent ?



A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : sam. 18 juil. 2020 11:26
par InHocSignoVinces
N'est-il donc pas mieux pour vous de vous abstenir d'un divertissement dont vous croyez pouvoir user sans dommage
pour vous-mêmes, quand vous savez que ce même divertissement s'accompagne pour beaucoup d'autres de tentations
dangereuses et pour quelques-uns de chutes lamentables ? Vous prétendez que vous ne faites pas de mal en allant au
bal. Mais est-ce que l’envie de plaire, est-ce que la vanité qui le plus souvent vous y conduisent et vous y accompagnent,
sans parler d'autres motifs moins excusables, ne sont pas déjà un mal ?
Est-ce que la participation à un plaisir dangereux
n'est pas également un mal ; puisque celui qui, sans de graves motifs, s'expose au péché, se rend par là même coupable ?
Et votre présence au bal n'est-elle pas un mal par le fait qu’elle est de nature à y attirer d'autres personnes qui y trouveront leur perte ? Puis, êtes-vous sûr de n'avoir été pour personne une occasion de péché par votre mise souvent voluptueuse ?


Je suppose pour un moment que vous n'ayez souffert aucun préjudice ni aucun dommage spirituel de la fréquentation
de ces danses. Dans cette supposition je vous dis, avec saint Jean Chrysostôme : "N'est-ce pas certainement un grand
dommage et un grand préjudice pour votre âme et pour votre salut d'employer si mal un temps dont tous les moments
doivent vous être infiniment précieux et d'être aux autres un sujet de scandale et une occasion de péché ? Car quand
bien même vous sortiriez de ces divertissements sans qu'ils eussent produit en vous aucun mauvais effet, pouvez-vous
n'être pas coupable en inspirant aux autres, par votre exemple, une plus grande ardeur pour ces plaisirs dangereux ? Par
là, tous les désordres qui en naissent à l'égard de tant de personnes, si vous le voulez, plus faibles que vous retombent
sur votre tête ; car, comme il n'y aurait personne qui s'empressât de préparer les lieux et les assemblées destinées à ces
divertissements, si personne n'y était présent, il s'en suit certainement qu'il suffit d'y prendre part, pour être coupable devant
Dieu aussi bien que ceux pour qui ils auront été une occasion de péché".



De plus, vous n'êtes sur la terre que pour opérer votre salut et pour mériter le ciel ; mais pour entrer au ciel il faut que
vous soyez saint, il faut que vous soyez pur car il est écrit que rien d'impur n'y entrera.



Or, si vous lisiez dans l'histoire de la vie des saints que plusieurs d'entre eux fréquentaient sans scrupule et sans difficulté
les bals, qu'ils se conformaient en tout aux coutumes du monde, vous sentiriez vos idées se révolter en lisant des
détails de ce genre, et vous concevriez malgré vous des doutes assez fondés sur la vertu prétendue de ces personnages;
leur sainteté vous apparaîtrait bien étrange et bien imparfaite.


Pouvez-vous donc avec raison approuver en vous ce que vous ne pouvez vous empêcher de condamner chez les
autres ? Ce qui, de votre aveu, ne pouvait être un moyen de salut pour les saints, peut-il le devenir pour vous ?



A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : mar. 28 juil. 2020 18:47
par InHocSignoVinces
Mais, nous dit-on encore, nous aimons la danse et nous comptons bien nous sauver aussi bien que ceux qui ne l'aiment
pas et ne la fréquentent pas ; nous devons faire comme les autres et aller au bal pour ne pas nous rendre ridicules.


Vous voulez vous sauver, nous n'en doutons pas. Nous savons bien que, tout en allant au bal, vous ne prétendez pas
pour cela renoncer au bonheur du ciel.


Mais suivez-vous le chemin qui y mène ? Voilà la question qu'il faut vous poser. Aller au ciel en riant, en chantant, en
jouant, en dansant, quoi de plus agréable ? Mais cela est-il bien conforme à l’Évangile ?


Qu’à dit Notre-Seigneur Jésus-Christ ? A-t-Il dit : "Heureux ceux qui rient" ou "heureux ceux qui pleurent" ?

A qui a-t-Il promis les joies éternelles ? Est-ce à celui qui sur la terre aura suivi ses passions, couru après les plaisirs
du siècle, ou à celui qui y aura renoncé et porté sa croix ?


"Malheur à vous qui maintenant riez, c'est-à-dire, vous amusez, vous divertissez malhonnêtement, parce qu'un jour,
dans l'éternité, vous pleurerez et vous gémirez".
Voilà ce qu'a dit Jésus-Christ. Pesez ces paroles avec tout le sérieux qu'elles méritent. Pour aller au ciel, il ne suffit pas de vouloir d'une volonté telle quelle ; il ne suffit pas de le désirer, il faut
encore se faire violence, renoncer à soi-même et mener une vie de pénitence. Et ce n'est pas précisément ce que font
ceux qui fréquentent les bals.


Et pourquoi n'avoir pas le courage de ne pas faire comme les autres et pourquoi craindre la critique de ceux qui ne
méritent pas votre estime ?


"Celui qui aura rougi de Moi devant les hommes, dit Notre-Seigneur, Je rougirai de lui devant Mon Père". Vous devez montrer que vous préférez avoir les suffrages de Jésus-Christ que ceux du monde. Vous devez éviter le mal au risque d'encourir le blâme du monde et de ses partisans ; vous devez plus vous soucier de l'estime de Dieu que d'un sourire des gens du monde.

Les gens sensés, loin de vous mépriser, ne vous respecteront que plus si vous vous abstenez de fréquenter les bals.
Ils jugeront que vous avez du courage, de la conscience, et ils vous préféreront à ceux qui les fréquentent.



A SUIVRE...

Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : mer. 05 août 2020 11:34
par InHocSignoVinces
Les parents et les enfants sont dans une erreur bien grossière, s'ils croient qu'il faille se produire dans les bals pour se
procurer des relations et parvenir à se marier plus facilement.
Un vieil adage dit que "les bons mariages se font au ciel".
Or est-il permis d'attendre de Dieu qu'Il vous fasse connaître Sa volonté et qu'Il vous aide dans le choix de votre futur
époux ou de votre future épouse au milieu de cette salle de bal qu'Il a en horreur ? C'est là, au bal, que se préparent les
mésalliances, causes si fréquentes de grands chagrins pour les parents et de discorde pour les époux.



Bien loin que le bal soit nécessaire pour trouver un mari ou une épouse et que ces mariages soient les plus heureux,
les meilleurs sont précisément ceux qui ne se contractent pas au bal. Nous connaissons des pères de famille, appartenant à la haute classe de la société et ayant plusieurs filles, pour lesquelles ils ont trouvé des établissements extrêmement
honorables ; et cependant ils ne les ont jamais conduites au bal. Si une jeune personne se montre constamment
modeste, diligente, soumise à ses parents, régulière dans sa conduite, l'éclat de sa vertu la retirera de l'oubli et la fera
assez connaître ; elle réunira les suffrages des honnêtes gens qui ne parleront d'elle qu'avec éloge. Les mondains eux-mêmes,
aux yeux desquels elle n'aura d'autre tort que de ne pas participer à leurs folles joies, ne pourront se défendre
d'un sentiment d'estime et de respect pour elle, à cause de ses vertus.



Si un jeune homme qui préfère le libertinage à la vertu n'essaie pas de lier connaissance avec elle, elle ne s’en affligera
pas ; au contraire, elle se félicitera de n'avoir pas pour époux un homme qui probablement l'aurait rendue malheureuse.
Mais s'il est un jeune homme sage et bien élevé qui préfère la vertu au libertinage, il sera heureux de pouvoir obtenir
pour épouse une jeune personne aussi vertueuse. Alors, comme dit l'Esprit-Saint, ils seront l’un pour l'autre la récompense
de leurs mérites "Mulier bona dabitur viro pro factis suis". (Prov. 29).
En cherchant le royaume des cieux, cette jeune fille peut s'attendre à le trouver et obtenir le reste par surcroît. Si la crainte d'offenser Dieu l'empêche de paraître dans ces salles de bal, ce bon Père qui ne se laisse jamais vaincre en générosité ne permettra pas qu'un motif si louable
soit un obstacle à son bonheur.



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Re: LA DANSE - par ELZÉAR-OLIVIER, Évêque de Régina

Publié : mer. 12 août 2020 12:02
par InHocSignoVinces
Du reste, n'y a-t-il pas d'autres plaisirs qu'on puisse sans danger se permettre ?

Ne peut-on pas se récréer avec des amis sages et vertueux qui nous sont sincèrement attachés ?

Qu'y a-t-il de plus agréable pour des pères et mères que de se trouver au milieu de leurs enfants qui les chérissent ?

Qu'y a-t-il de plus agréable pour des enfants que de se trouver avec des pères et des mères qui les aiment tendrement ?

Qu’y a-t-il de plus doux pour un mari, qui veut mener une vie chaste et honnête, que la compagnie d'une femme vertueuse
qui s'étudie à lui plaire ?

Pourquoi ne pas avoir recours à ces divertissements honnêtes qui ont leur place marquée dans un programme bien
compris d'une vie familiale ?


On peut toujours les organiser au sein même du foyer, leur donner souvent un caractère artistique ou littéraire qui
élève l'esprit et le coeur, qui cultive le goût, en un mot, qui instruit en amusant.

Puis, dans une ville, il y a, hors de la famille, des récréations légitimes auxquels les parents chrétiens peuvent non
seulement sans danger, mais encore avec profit faire participer leurs enfants. Il y a des conférences scientifiques et littéraires,
des solennités musicales, des soirées dramatiques, dignes d'être encouragées par les suffrages et l'assiduité de la
population catholique.



Parents chrétiens, nous vous en supplions, ne permettez jamais à vos enfants d'aller aux bals. Souvenez-vous de Blanche de Castille qui eût préféré voir son enfant frappé de la mort que souillé d'un seul péché mortel : aussi cet enfant est-il devenu un saint Louis. Permettez-nous de vous dire par rapport au bal ce qu'un mauvais romancier, Alexandre Dumas,
fils, disait à une mère par rapport au théâtre : "Vous n'y avez jamais mené votre fille, vous avez bien fait, vous avez
eu raison".
Sachez retenir vos filles au foyer domestique et le leur faire aimer. Elles y ensemenceront dans leur coeur les
plus belles vertus et vous verrez un jour celles-ci fleurir merveilleusement pour parfumer votre vieillesse des senteurs les
plus exquises.



Que les parents de notre chère ville fassent en sorte que leurs enfants vivent toujours de foi, d'espérance et de charité ! C'est par la pratique de ces trois vertus que chacun élève dans son âme ce sanctuaire spirituel où le Divin Maître a
dessein de fixer Sa demeure. La foi éclairera leur esprit ; l'espérance et la charité assainiront leur coeur et le fortifieront, et
toutes trois seront comme la pourpre et l'or qui décorent le tabernacle du Créateur.



Leurs enfants, à l'âge où tant d'autres traînent leur vie dans les ténèbres et dans la fange, auront, eux, leur front dans
la lumière, leur coeur dans la pureté ; ils traverseront la fournaise comme les jeunes Hébreux de Babylone, sans que la
flamme impure effleure seulement la frange de leur robe. Le charme exquis de la jeunesse s'unira chez eux à la maturité
que l'Esprit-Saint déclare être pour les jeunes gens le fruit d'une vie sans souillure "ætas senectutis vita immaculata".



A SUIVRE...