Poésie

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Il faiblit en voyant tant d'horreurs. Sur ses cils
Perlent des pleurs de sang qui comme des rubis
Brillent aux doux reflets de la lune. Sa gorge
Est en proie aux sanglots, comme un soufflet de forge
Sa poitrine s'agite ; on ne voit plus ses traits
S'animer de divins et radieux reflets.

La face prosternée, il s'adresse à son Père
Et de nouveau lui fait une ardente prière ;

« Père saint, éloignez ce calice de moi ! »

Jésus est subjugué par la crainte et l'effroi ;
Ce breuvage de fiel décolore sa lèvre
Et fait trembler son corps comme on tremble de fièvre.

Le poison de l'aspic et le pus ulcéreux,
L'acre goût du vinaigre et les sucs vénéneux
Des narcotiques fruits, n'en ont pas l'amertume.
Au fond de ce calice est le vice qui fume,
Apportant une odeur de putréfaction
A travers les tourments de l'âpre passion
Qui remplissent la coupe : la luxure est la lie
Qu'il lui faut boire aussi.                                                        

                                                                      Votre bouche est pâlie,
Doux Sauveur !                                                       

                                                        Le péché ce fantôme odieux.
Se dresse tout à coup comme un spectre hideux
Sous ses yeux effrayé. Tous les crimes du monde
Forment en ce moment une montagne immonde,
Plus haute mille fois que la tour de Babel,
Que gravit Lucifer pour y braver le ciel,
En vomissant, hélas ! de sa gueule infernale.
Le blasphème et le feu. Dans sa haine fatale
Il dit à l'Homme-Dieu :                                                        

                                                                        «  Comment, tu trembles, Toi,
En face de la mort ! Toi, Christ, Prophète et Roi ?
Es-tu le fils de Dieu ? Si tu l'es, pourquoi craindre ?
Quelle main pourrait donc te saisir et t'étreindre ?
Mais, si tu ne l'es pas, mon astre va grandir
En te voyant bientôt sur un gibet mourir. »


Satan, lançant dans l'air une lueur bleuâtre.
Comme celle du bois mouillé brûlant dans l'âtre,
Disparut triomphant.                                                               


(à suivre)
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

                                                                   Tout broyé de douleur.
Comme l'est une olive au pressoir, le Sauveur
S'en alla vers les siens qui dormaient.                                

                                                                                                «  Comment, Pierre,
Et vous, Jacques et Jean, vous closez la paupière ?

Ah ! veillez et priez ! » Jésus s'éloigna d'eux.
"Père, répéta-t-il, Vous qui régnez aux cieux,
Éloignez donc de moi cet horrible calice,
Épargnez-moi la croix, j'ai peur de son supplice I
Que votre volonté soit faite ! »                        

                                                                                            Adonaï,
Sur la cime des cieux, comme au mont Sinaï
Se montra menaçant. Les éclats du tonnerre
De leurs sinistres voix firent trembler la terre.
Et de son doigt divin, en des lettres de feu,
Qui comme des serpents jaillirent au ciel bleu,
Traça ces mots :                                                                         

                                                      « Il faut boire jusqu'à la lie
Ton calice, mon Fils, ta promesse te lie! "

Jésus voit de nouveau les crimes entassés,
Crimes affreux et noirs par d'autres repoussés :
C'est une immense mer qui recouvre les mondes
Et cache leurs forfaits sous ses vagues immondes.

Une sueur de sang ruisselle sur son corps,
Et Celui dont les bras puissants sont assez forts
Pour porter l'univers éprouve l'agonie,
Tout en pesant le poids de son ignominie !

Alors se trouve en feu le mont des Oliviers,
Jésus sent sur son front comme un vol d'éperviers,
Aussi frais que la brise.                                                           

                                                                            « Est-ce déjà l'aurore ?
Dit le Maître; mais, non ! Quel est ce météore
Éclairant le jardin ? »                                                                       

                                                                    Un ange, Mikaël,
Qui vient Vous secourir.                                                     

                                                                          Est-ce que Raphaël
Ne servit pas Tobie ? Et Vous, mon divin Maître,
Le Créateur de l'ange et l'Auteur de tout être,
Vous seriez sans secours ?                                         

                                                                                       Jésus, réconforté.
Se remit à prier.                                     

                                                          « Que votre volonté
Se fasse et non la mienne, à cette heure, ô mon Père ! »

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Pour la troisième fois le Maître vint vers Pierre,
Jacques et Jean, dormant encore. Alors, Jésus
Leur dit :                                                                                            

                          « Reposez- vous. » En des accents émus
Il ajouta :                                                                                                  

                               « Celui qui doit me vendre est proche ! »
Le Maître ne leur fit même pas un reproche
Sur leur indifférence.                                                      

                                                              Aurait-il eu raison
De dire un mot trop vif, Lui, le Dieu du pardon ?

La lueur des flambeaux, se projetant dans l'ombre,
Fait entrevoir déjà l'aspect farouche et sombre
D'un groupe de soldats et de vieux officiers,
Qui s'avance à pas lents au mont des Oliviers.

Où vas-tu, de ce pas, méprisable cohorte ?
Un groupe de docteurs de la loi qui t'escorte ?
Mais ceux-là ne sont pas sans connaître Jésus ?

Judas est à leur tête. Il essaie un rictus,
En saluant Jésus, qui se fige et se glace
En un amer effroi sur sa hideuse face.

Voyez-le s'avancer, et de son œil hagard
Envisager Celui qui de son doux regard
Voudrait toucher le traître en qui brûle la fièvre
Du lucre, et qui, bientôt ira coller sa lèvre
Sordide sur le front divin de son Sauveur.

Judas s'avance. A l'or il a vendu son cœur,
A la mort, sans trembler, il va livrer son Maître.

« Toi, me trahir par un baiser, feignant paraître
Mon ami, » dit Jésus à Judas !                                

                                                                     Un rayon
De bonté sur le fils de la perdition,
Éclate encore. Hélas ! c'est le dernier.                                     

                                                                                      La troupe
Attend l'ordre. Le peuple autour d'elle se groupe.
Jésus s'avance et dit                                                                             

                                                              « Amis, qui cherchez- vous ? »
« Jésus de Nazareth. »                                                                       
                           « C'est moi ! »
                                                                                                                Ce sont deux coups
De foudre que ces mots.                                                                        

                                                                         La troupe à la renverse
Est culbutée. Un trait de force se déverse
Sur toi, vile cohorte, et tu restes les yeux
Fermés à l'évidence ? Il viendra glorieux,
Au dernier jour des temps, sur les ailes des nues.
Aux yeux des nations de sa splendeur émues.
Celui qui va par vous se laisser garrotter.

La force du lion divin vient d'éclater ;
Jésus va faire un signe et la troupe impuissante
A se mouvoir alors pourra se relever.
Vont-ils baiser la main qui vient de se lever
Sur eux, ces imposteurs ?                                                          

                                                                     La pente est trop glissante

Pour pouvoir revenir sur leurs perfides pas,
La lumière est sur eux, mais ils ne la voient pas.

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

« Qui cherchez- vous, soldats ? » leur dit le maître encore.
« Jésus de Nazareth ! »                                                                      
                                                                « C'est moi, je vous l'ai dit. »
Ce vilain corps d'armée, au lieu d'être interdit,
S'empare de Jésus. Au loin, l'écho sonore
Répercute les cris de ces fous inhumains
Devenus furieux. Jésus offre ses mains
Qu'ils lient impunément.                                                              

                                                                    Simon prend son épée ;
Une oreille aussitôt de Malchus est coupée.

« Céphas, assez, remets ton épée au fourreau,
Dit Jésus. Je pourrais avoir des milliers d'anges,
A l'instant. Vous verriez ces célestes phalanges
Me prendre sous leur garde, et, comme un vil troupeau,
Disperser tous ceux-ci. Mais la sainte Écriture
Doit s'accomplir en tout. »                                                                 

                                                                     Jésus, de sa main pure,
Guérit Malchus, sans qu'il en fut même touché.
La chef du Sanhédrin, à la troupe affolée,
Ordonna de partir. La nature voilée
N'ose lever les yeux.                                       

                                                               Adonaï, penché,
Regarde le cortège infâme et sanguinaire
Qui conduira son Fils au sommet du Calvaire.


Satan, aussi, regarde. Il ébranle l'éther
D'un cri triomphateur qui réjouit l'enfer.

Les disciples ont fui. Jésus, comme un esclave,
Est pris, sans que personne, hélas ! n'y mette entrave.


(à suivre)
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Image

Tribunaux et flagellation

                                     Les princes des prêtres et tout le Conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus. (S. Matth; XXVI. 59.)


Comme un captif Jésus est conduit chez Caïphe ;
Le sinistre palais du perfide pontife
Perchait comme un nid d'aigle au sommet de Sion.
Devant un tribunal, la victime divine
Doit alors exposer sa nouvelle doctrine,
Qui, des peuples, partout fait l'admiration.


Avec ressentiment, Caïphe questionne.
Jésus dit : « Je n'ai rien de secret pour personne ;
Demandez à ceux-ci, je parle ouvertement. »
« Es-tu le Fils de Dieu ? » - « Je le suis. » - « Quel blasphème !
Vous l'avez entendu ? je le jure anathème ! »
Caïphe, en lambeaux met son ample vêtement.


On attend tout à coup l'hypocrite cohue
Qui s'écrie au dehors, dans sa haine éperdue :
« Il vient de blasphémer, il mérite la mort. »
« Il mérite la mort, » dit l'enfer dans sa rage.
Puis un rude soldat d'un dur soufflet l'outrage.
« La mort ! la mort ! dit-on, tel doit être son sort. »


L'écho de ces clameurs dans les airs se promène,
Satan siffle en hurlant au fond de la Géhenne.

Jésus, en un cachot, fut mis jusqu'au matin :
Dans sa prison d'amour tel est l'hôte divin !


Le peuple réuni joint l'outrage à l'insulte :
« Tes miracles ne sont que d'un pouvoir occulte, »
Lui dit-on. — L'Homme-Dieu, tout grelottant de froid,
Le regard vers le ciel, soupire après la croix.  
  

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Avec l'aube du jour on se rend chez Pilate;
Devant ce tribunal la haine encore éclate.

« De quoi l'accusez- vous ? »                                                         
                                                                   « De public imposteur ;
Il est contre César, propage la discorde
Et se dit roi des Juifs. — Pas de miséricorde,
Pour ce jongleur Christ-Roi, pour ce blasphémateur,
Qui dit que dans trois jours il détruirait le Temple
Et le reconstruirait, en le faisant plus ample. »

« Es-tu le roi des Juifs ? »                                                 
                                                                « Tu l'as dit, je suis roi,
Mon royaume est là-haut. Serais-je devant toi
S'il était en ces lieux ? »                                                      
                                                                             « Où donc est ton empire ?
Quel est ton soleil d'or ? Pourrais-tu me le dire ?
Si non, comment en ta parole aurais-je foi ? » —


« Je suis venu du ciel pour apporter la loi :
Je suis la vérité, la vie et la lumière.
Heureux qui prend ma voie et la suit tout entière. »


Mais la foule criait : « Il mérite la mort,
Ce faux Nazaréen, que la croix soit sont sort !
Toi, Pilate, crois-tu que tu peux le défendre
Sans déplaire à César ? Tu dois donc nous entendre. »

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Un subterfuge par Pilate est employé,
Et Jésus chez Hérode est alors envoyé.

L'escouade aussitôt se rendit vers Hérode.
Ce fameux roi portait un collier d'émeraude,
D'agate et de rubis. Son trône était brillant,
Et son plus léger vice était d'être opulent.
Voir le Sauveur avait été déjà son rêve.

« Pour moi, fais un prodige, et ne crains pas mon glaive,
Christ-Roi. »                                                                                                                
                                  Jésus, debout, n'opère rien. — « Dis-moi
Sincèrement, es-tu des Juifs vraiment le roi ? »

Jésus ne répond pas au roi de la luxure,
Et détourne de lui sa divine figure.

On le revêt de blanc, comme un pauvre insensé,
Pour venir de nouveau chez Pilate. Brisé
De fatigue est Jésus. Sous les sombres nuées
De la foule en furie on entend les huées.

Le gouverneur romain, avec pompe, monta
Sur son haut tribunal qu'on nommait Gabbata,
Et dit :                                                                                                          
                         « Je ne vois rien de coupable en cet homme,
Ni Hérode. De quoi l'accusez-vous, en somme ?
A la fête de Pâque est mis en liberté
Un criminel. Ici, l'assassin éhonté,
Appelé Barabbas, est tenu dans les chaînes :
Barabbas ou Jésus, choisissez ? »                                      

                                                                                  Tu déchaînes
L'orage, toi, Pilate ?                                                           
                                                                 Entends la voix, hélas !
Le ta troupe clamant : « Barabbas ! Barabbas ! »

L'écho répète au loin le grand bruit de la foule
Comme celui des vents qui soulèvent la houle.

Un tollé long et sourd éclate sous ses pas,
C'est tout l'enfer qui crie : « Abats le Christ, abats ! »


(à suivre)
Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Aveugles, sourds, muets, boiteux, paralytiques,
Qu'il a guéris d'un mot, sur les places publiques,
Et vous de qui la voix dans les airs résonna
Pour l'acclamer hier d'un joyeux hosanna;
Et de Jérusalem, vieillards, hommes, femmes,
Prêtres, qui devant Lui portiez des oriflammes,
Enfants, qui dansiez en jetant des rameaux verts,
Et vous tous, que l'on vit par respect découverts,
Qui jetiez vos habits somptueux sur sa route,
Et de palmes formiez sur sa tête une voûte,

Vous ne protestez pas ? De crainte, tout épris,
Comme un tas de poltrons vous unissez vos cris
Tumultueux à ceux de la foule insensée,
Que, sans savoir pourquoi, la haine a courroucée.

Pilate recommence. « Avez- vous bien compris ?
Je crois que dans le choix vous vous êtes mépris:
Jésus ou Barabbas ! Jésus n'est pas coupable,
Tandis que Barabbas est vraiment méprisable. »

« Que Jésus soit livré; délivrez Barabbas ! »

Pilate, dis-le-moi, pourquoi ces longs débats ?
Jésus est innocent, tu l'as reconnu. Lâche !
Tu ne veux t'opposer au peuple ? Cette tache
Hideuse est sur ton front. — Tu représentes ceux,
Qui, sans vigueur, de leur devoir insoucieux,
N'oseront réprouver un projet téméraire,
Sacrifieront leurs droits plutôt que de déplaire
Au fanatisme outré.                                                                

                                                                    « Que faire de Jésus ? »

« Qu'il soit crucifié, car nous n'en voulons plus. »

« Crucifige ! » Ce cri d'horreur et de blasphème
Retentit dans les airs. Dans sa haine suprême,
Hélas ! Satan répète aussi : « Crucifige ! »

La Géhenne répond : « Crucifige ! »                                

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »


                                                                                               Plongé
Dans l'amère douleur, le royaume des anges,
Un instant arrêta ses concerts de louanges,
Pour répandre des pleurs.                                                

                                                               Mikaël s'éleva
Jusqu'au trône éternel, où brille Jéhovah,
Dans l'éclat de sa gloire, et, d'une voix tremblante,
Lui dit : « Crucifige ! La foule délirante
Des Juifs vient de vouer votre Verbe chéri,

Par ce mot, à la mort. » D'un regard assombri
Jéhovah regarda Mikaël.                                                      

                                         L'empyrée
Voila les astres d'or de sa voûte azurée.

Pilate se lava les mains en avançant
Que du sang de ce juste il était innocent :

« Répondez-en, vous tous, » dit-il à la canaille.

« Qu'il retombe sur nous, » cria la valetaille,
« Et qu'il soit sur nos fils ! »                                                

                                                                                Tu ne pourras blanchir
Tes mains, Pilate ! Eus-tu même eu le vrai désir
De délivrer Jésus. Cela t'était facile,
Un seul mot de ta part mettait la foule hostile
En déroute. — Tu vas prendre un expédient
Pour apaiser le peuple, un procédé criant
Qui ternira ton nom. — Par ta noire injustice,
Le Christ est flagellé : quel atroce supplice !

Avatar de l’utilisateur
Laetitia
Messages : 2857
Inscription : ven. 20 oct. 2006 2:00

Re: Poésie

Message par Laetitia »

Dans la cour du prétoire on amène Jésus.
Qu'on tourne en ridicule, hélas ! de plus en plus.
Dépouillé do sa robe, il va vers la colonne
Où l'on doit l'attacher. Déjà, sa chair frissonne,
En contemplant les fouets, garnis de petits clous,
Qui vont meurtrir son corps des plus horribles coups.
Les bourreaux préparés, le supplice commence,
Et, plein de joie, on frappe, on crie, on jure, on danse.

Les coups sont comme ceux du marteau sur le fer,
Comme ceux des fléaux, sur les blés en hiver.
Sur son corps épuisé, je vois naître des plaies
Ayant le vif éclat du vermillon des baies.
On entend les bourreaux de colère hurler,
Les lèvres de Jésus s'ouvrent pour pardonner.
On frappe encor, les coups se comptent jusqu'à mille ;
Qui ne sent sous les fouets la haine qui frétille ?
On voit trembler sa chair comme au froid tremble un ver.
On peut compter ses os qui sont à découvert.
Son corps est labouré, sans pitié, sans clémence,
Comme un champ préparé pour avoir sa semence.

Ô mon Jésus ! je vois votre corps tout meurtri.

Comme en automne un fruit qui n'est pas à l'abri.
Je vois le sang couler, sang vermeil qui bouillonne
Comme l'eau sur le feu qu'on active et tisonne.
On frappe, on frappe encore, on frappe de nouveau,
Jusqu'à lasser le bras du plus cruel bourreau.

A vos genoux, très doux Jésus ! je me prosterne,
Ma sensualité m'afflige et me consterne ;
Jésus, faites jaillir sur moi votre sang pur.
A vos regards divins même un rayon d'azur
N'est pas sans tache. Hélas ! purifiez mon âme
Que le feu de mon corps dans son ardeur enflamme !

Répondre

Revenir à « Le Saint Rosaire »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité