Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Si vis pacem
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par Si vis pacem »

JCL a écrit : dim. 22 avr. 2018 19:28
Oui je pense que les modernistes sont les pires ennemis de la foi, le texte de St Pie X éclaire bien.
JCL a écrit : lun. 30 avr. 2018 21:46
Il me semble aussi qu'au fond l'essence des pharisiens comme des modernistes c'est justement littéralement d’être des ennemis de la foi, la foi niée comme à la racine ...

... Jésus dit explicitement aux pharisiens qu'ils ne croient pas à Moïse, que si ils y croyaient ils croiraient aussi en Lui …

JCL a écrit : jeu. 19 avr. 2018 20:26
Mais si on considère que l’Évangile, la vie de Jésus-Christ reste, entre autres, comme une image, une leçon, une illustration permanente, toujours valable, de ce qui se passe dans l'histoire de l’Église, les ennemis les plus terribles et les plus combattus ce sont de toute évidence les pharisiens qui ne semblent pas particulièrement moderniste etc
Donc quelle transposition correspondrais aux temps modernes, comment concilier tout ça ?

Saint Léon – Sermon VIII sur la fête de la Nativité a écrit :
Nous ne connaissons, depuis la venue de Jésus-Christ, presque aucun égarement de la pensée humaine en matière religieuse qui d'une façon ou d'une autre, n'ait été une attaque à cette vérité des deux natures réunies dans la personne unique du Verbe ...
Concevez-vous alors le lien ?
JCL
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par JCL »

Non je vois pas, pouvez-vous m'éclairer?
Si vis pacem
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par Si vis pacem »

JCL a écrit : lun. 14 mai 2018 17:35 Non je vois pas, pouvez-vous m'éclairer?
Non ... Trop simple !
Il faut que vous y mettiez un peu du vôtre !

JCL
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par JCL »

J'essaye...
Le lien que je vois entre pharisiens et modernistes c'est une religion sans vraie foi, sans croire vraiment ce qu'on prétend croire, des œuvres ,des préceptes ,sans la foi ,sans croire soi-même ce qu'on dit ,enseigne et impose aux autres,au fond de soi, non pas la foi sans les œuvres mais des (prétendues ) œuvres sans la foi, sans Dieu ,un Dieu réellement Dieu et réel, mais quand à la source d'erreur dans une fausse vision ou négation de la double nature de Jésus-Christ, au premier abord je vois pas le rapport.
La négation de la vie surnaturelle au profit de vue purement terrestre, un Jésus carrément rejeté comme Dieu dans un cas et plus subtilement apparemment accepter comme homme exemplaire sans le prendre à la lettre dans l'autre?
chartreux
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par chartreux »

JCL a écrit : mar. 15 mai 2018 17:19 J'essaye...
Le lien que je vois entre pharisiens et modernistes c'est une religion sans vraie foi, sans croire vraiment ce qu'on prétend croire, des œuvres ,des préceptes ,sans la foi ,sans croire soi-même ce qu'on dit ,enseigne et impose aux autres,au fond de soi, non pas la foi sans les œuvres mais des (prétendues ) œuvres sans la foi, sans Dieu ,un Dieu réellement Dieu et réel, mais quand à la source d'erreur dans une fausse vision ou négation de la double nature de Jésus-Christ, au premier abord je vois pas le rapport.
La négation de la vie surnaturelle au profit de vue purement terrestre, un Jésus carrément rejeté comme Dieu dans un cas et plus subtilement apparemment accepter comme homme exemplaire sans le prendre à la lettre dans l'autre?
Il me semble que le passage suivant s'applique aussi bien aux modernistes qu'aux pharisiens :
Matth 23:13 a écrit : Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez le royaume des Cieux devant les hommes ; car vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous ne laissez pas entrer ceux qui désirent entrer.
Voici le commentaire qu'on en lit dans la Catena Aurea :
Orig. (Traité 25 sur S. Matth.) « Parce que vous fermez le royaume des cieux, » etc. Ces deux choses sont indissolublement unies, et il suffit, pour être exclu du royaume des cieux, qu’on empêche les autres d’y entrer. — S. Chrys. (sur S. Matth.) Le royaume des cieux ce sont les Écritures, qui contiennent la science du royaume des cieux ; la porte des cieux c’est l’intelligence qui les fait comprendre. Ou bien, le royaume des cieux c’est le bonheur du ciel ; la porte c’est Jésus-Christ, par lequel on entre dans ce bonheur ; les portiers ce sont les prêtres, qui ont reçu le pouvoir d’enseigner et d’interpréter les Écritures ; la clef c’est la science des Écritures, science qui ouvre aux hommes la porte de la vérité ; ouvrir cette porte c’est interpréter les Écritures dans leur sens véritable. Or, remarquez qu’il ne dit pas : « Malheur à vous, qui n’ouvrez pas », mais « qui fermez. » Donc les Écritures ne sont pas fermées, bien qu’elles renferment des obscurités.



Orig. (traité 25.) Les pharisiens et les scribes n’entraient donc pas, ni ne voulaient écouter celui qui a dit : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. » Et non-seulement ils n’entraient pas, mais ils ne laissaient pas entrer ceux qui auraient pu croire aux prédictions que la loi et les prophètes avaient pu faire sur le Christ, et ils leur fermaient la porte en leur inspirant la plus grande terreur. Non contents de ne pas croire en Jésus-Christ, ils contestaient l’autorité de sa doctrine, dénaturaient le sens des prophéties dont il était l’objet, et blasphémaient toutes ses actions comme l’oeuvre du mensonge et du démon. Or, tous ceux qui, par leur mauvaise conduite, donnent au peuple l’exemple de la transgression, et qui, par leurs scandales, causent aux faibles un tort irréparable, ferment aux hommes le royaume des cieux. Ce péché se rencontre parmi les simples fidèles, mais surtout parmi les docteurs qui enseignent en toute justice la saine doctrine de l’Évangile, mais qui sont loin de pratiquer ce qu’ils enseignent. Ceux, au contraire, qui prennent soin de conformer leur conduite à leur enseignement, ouvrent aux hommes le royaume des cieux, et en y entrant les premiers ils excitent les autres à y entrer à leur suite. Mais il en est beaucoup qui, tout en voulant entrer dans le royaume des cieux, ne permettent pas aux autres d’y entrer avec eux : ce sont ceux qui, sans raison, et par un sentiment de jalousie, excommunient ceux qui valent mieux qu’eux, et qui, par cette conduite, ne leur permettent pas l’entrée de ce royaume. Mais ceux qui savent contenir leur âme dans la modération, triomphent de cette tyrannie par leur patience, et quoiqu’on les écarte, ils entrent et possèdent l’héritage du royaume. Il n’en est pas moins vrai que ceux qui, par un excès de témérité, se sont donné la mission d’enseigner avant d’avoir appris, et qui se traînent à la suite des fables juives, en décriant ceux qui s’appliquent à découvrir le sens relevé des Écritures, ferment aux hommes, autant qu’il est en eux, la porte du royaume des cieux.
Si vis pacem
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Re: Qui sont les pîres ennemis de la foi ?

Message par Si vis pacem »

   Si vis pacem a écrit : dim. 13 mai 2018 0:27
   Saint Léon – Sermon VIII sur la fête de la Nativité a écrit :
Nous ne connaissons, depuis la venue de Jésus-Christ, presque aucun égarement de la pensée humaine en matière religieuse qui d'une façon ou d'une autre, n'ait été une attaque à cette vérité des deux natures réunies dans la personne unique du Verbe ...
Concevez-vous alors le lien ?
En paraphrasant saint Hilaire :
   Saint Hilaire – De Trinitate, VII-24 a écrit :
Le Juif avait dit : « Alors que tu n'es qu'un homme, tu te fais Dieu », et toi, avec une égale impiété, tu avances : « Alors que tu n'es qu'une créature, tu te fais Dieu ». Mais oui, c'est bien ce que tu dis au Seigneur : « Tu n'es pas Fils par naissance, tu n'es pas Dieu en vérité. Tu es une créature supérieure à toutes les créatures, mais tu n'es pas né comme Dieu, parce que je n'admets pas la naissance d'une nature divine à partir d'un Dieu incorporel. Non seulement toi et le Père, vous n'êtes pas un, mais tu n'es pas Fils, tu n'es pas semblable à Dieu, tu n'es pas Dieu ».

nous aurons, à l'aide de l'encyclique Pascendi, ce parallèle :
Le Juif avait dit : « Alors que tu n'es qu'un homme, tu te fais Dieu », les modernistes disent : dans la personne du Christ, la science ni l'histoire ne trouvent autre chose qu'un homme. De son histoire, donc, au nom de la première loi, basée sur l'agnosticisme, il faut effacer tout ce qui a caractère de divin. La personne historique du Christ a été transfigurée par la foi: il faut donc retrancher encore de son histoire, de par la seconde loi, tout ce qui l'élève au-dessus des conditions historiques. Enfin, la même personne du Christ a été défigurée par la foi: il faut donc, en vertu de la troisième loi, écarter en outre de son histoire les paroles, les actes, en un mot, tout ce qui ne répond point à son caractère, à sa condition, à son éducation, au lieu et au temps où il vécut.


Ce qui permettra à Montini d'annoncer : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme. (Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965) ; et à Ratzinger de développer :
   Foi chrétienne hier et aujourd'hui. Paris, 1986, pp. 158-159 a écrit : Et nous voilà arrivés au point où nous pouvons essayer de résumer la signification de la confession de foi : « Je crois au Christ Jésus, le Fils unique de Dieu, notre Seigneur ». Après toutes nos réflexions, nous devrions pouvoir affirmer tout d'abord ceci : la foi chrétienne reconnaît en Jésus de Nazareth l'homme exemplaire — c'est là, semble-t-il, la meilleure façon de rendre le sens du concept paulinien du « dernier Adam », évoqué ci-dessus. Mais c'est précisément comme homme exemplaire, comme l'homme type, qu'il transcende la limite de l'humain. C'est par là seulement qu'il est l'homme vraiment exemplaire. Car l'homme est en lui-même dans la mesure où il est auprès de l'autre. Il ne se trouve qu'en se quittant; il ne se trouve lui-même que par l'autre, en étant auprès de l'autre.

Cela vaut finalement en un sens plus profond. Si cet autre n'est qu'un être quelconque, il peut conduire l'homme à sa perte. L'homme, en dernière analyse, est ordonné à l'autre, à celui qui est véritablement autre, à Dieu. Il est d'autant plus en lui-même qu'il est plus près du tout autre, de Dieu. Il est par conséquent tout à fait lui-même, quand il cesse de se tenir en lui-même, de se replier sur lui-même, de s'affirmer lui-même, quand il est pure ouverture à Dieu. Autrement dit : l'homme se trouve en se dépassant. Or Jésus est l'homme qui s'est totalement dépassé, et par là s'est vraiment trouvé.

Le Rubicon de « l'hominisation » est tout d'abord franchi par le passage de l'animal au logos, de la simple vie à l'esprit. L' « argile » est devenue l'homme, au moment où cet être n'a plus simplement été (da war), mais où, dépassant l'être-là (das Da-Sein) et la réalisation de ses exigences, il s'est ouvert sur le Tout. Mais ce passage, par lequel le logos, l'intelligence, l'esprit pénétrèrent pour la première fois dans notre univers, n'est pleinement accompli que lorsque le logos lui-même, le Sens Créateur tout entier, et l'homme se compénètrent. Pour que l'homme devienne pleinement homme, il faut que Dieu devienne homme. C'est alors seulement que le Rubicon, le passage de « l'animal » au « logique », est définitivement franchi; c'est alors seulement que se trouve conduit jusqu'à ses plus hautes possibilités le commencement posé au moment où pour la première fois un être de terre et de poussière, portant son regard au-delà de lui-même et de son environnement, a pu dire « Tu » à Dieu. C'est l'ouverture au Tout, à l'Infini, qui fait l'homme. L'homme est homme par le fait qu'il tend infiniment au-delà de lui-même; il est par conséquent d'autant plus homme qu'il est moins replié sur lui-même, moins « limité » (beschränkt). Mais alors - répétons-le - celui-là est le plus homme, l'homme véritable, qui est le plus illimité (ent-schränkt), qui non seulement entre en contact avec l'infini - l'Infini - mais est un avec lui : Jésus-Christ. En lui, le processus d'hominisation est arrivé véritablement à son terme.

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