Les Oblats de Marie-Immaculée chez les Esquimeaux

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Abbé Zins
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Re: Les Oblats de Marie-Immaculée chez les Esquimeaux

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INUK "Au dos de la terre ! "

par le R.P. ROGER BULIARD, O.M.I.



CHAPITRE III


BURNSIDE :

MON PARRAIN CHEZ LES « BŒUFS MUSQUÉS »



Voilà qui vous peint ce P. Delalande.

Un mélange de sainteté et de compréhension humaine, de rudesse intense et de douce amitié ; profondément sérieux et blagueur intarissable à la fois (ne veut-il pas fonder une « Trappe de Trappistes trappeurs » ?)

C'est le Don Bosco de l'Arctique que les Esquimaux n'ont pas encore pu aigrir ; grand physiquement, grand moralement ; grand voyageur, hélas ! souvent perdu (« — Troun de l'air ! ») et toujours retrouvé (« — Je vous l'avais bien dit ! »).

C'est un de ces myopes qui gardent leurs lunettes dans un tiroir dont ils perdent le souvenir ; grand pêcheur, grand éleveur aussi, perpétuellement à la recherche d'une race de chiens « supérieurs, énormes », avec des pattes longues comme ça et des allures de pégases !

Son dos arqué comme pour être toujours prêt à bondir, ses longs bras qui se balancent, ses larges enjambées disent à la vérité qu'il ira toujours de l'avant, audacieux et sans peur certes, mais plein de confiance surtout et le visage illuminé de ce sourire pénétrant, rayon de sa vie intérieure.

Plus encore que son allure, ses aventures et ses prouesses, aussi bien que ses mésaventures et ses « coups durs », illustrent la célèbre phrase qu'il mettait naguère en pratique dans une furibonde partie de football et qu'il réalise à présent d'une autre façon : « — On fonce et on leur tombe sur le paletot ! »
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Abbé Zins
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CHAPITRE III


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MON PARRAIN CHEZ LES « BŒUFS MUSQUÉS »




Plus encore que ses hardis exploits, sa patience persuasive et sa bonté ont conquis les Blancs et les Esquimaux qui l'aiment autant qu'ils l'admirent.

Pour nous, ses confrères de l'arctique, c'est un coeur où nous puisons tous sans jamais l'épuiser, un exemple dont le zèle nous entraîne comme un drapeau, un genre de saint qu'on peut suivre.

C'est l'homme qui a toujours le geste enlevant, le mot sauveur qui ramène tout à de justes, humaines proportions.

Il faut l'avoir vu se débattre dans une poudrerie de neige, sa barbe en bloc solide, ses cils collés par le gel, son front tout blanc de sueur glacée, en appelant aux cieux de l'injustice de tels procédés, cajolant ses chiens une minute et les insultant la suivante (Bande de pleutres, va !) et puis se rassérénant tout d'un coup en vous voyant peiner de même pour vous lancer dans le vent : Faut pas s'en faire ! Dans 50 ans, tu verras, on en rigolera.
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Abbé Zins
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MON PARRAIN CHEZ LES « BŒUFS MUSQUÉS »



Ah, ce n'est pas lui qui se réfugie dans une piété stérile ou se perd dans des « bondieuseries » fades. Ce « dur » peut, certes, prier la Madone avec son chapelet comme un enfant, même si quelquefois, s'oubliant un peu, il le brandit contre son attelage, mais il prie surtout comme un enfant avec sa vie qu'il donne à son Père et à sa Mère en mille petits morceaux quotidiens, priant « avec ses jambes », comme il disait un jour : les milliards de pas qu'il fait pour le Christ sur ces milliers de kilomètres qu'il abat avec ses chiens.

Parmi les ouvriers apostoliques, il y a les pêcheurs, gens levés tôt le matin, à leur ligne tout le jour durant, par beau et mauvais temps, patients mais acharnés, que ça morde ou que ça ne morde pas, jamais las ni découragés, attendant toujours et toujours espérant...

Et il y a les chasseurs, ceux qui vont au devant et ne peuvent attendre, ceux qui cherchent et s'impatientent, ceux qui courent et qui escaladent... Il y a les Jean à Ephèse et les Paul qui sillonnent le monde et les mers...

Le P. Delalande est un chasseur, un impatient assoiffé d'âmes et d'apostolat même, ou surtout, s'il est inutile en apparence : l'homme qui ne peut refuser un défi ou une fondation, l'exemple typique de ce grisé de montagne à qui l'on demande pourquoi il grimpe tel ou tel sommet et qui répond : « — Mais parce qu'il est là » et qui, l'ayant vaincu, en grimpe un autre.

Pour Lucien ce fut Coppermine, Burnside, Elice River, Cambridge Bay et maintenant quoi ?...

Je ne sais mais il aura un plan en poche la prochaine fois que je le croiserai sur la glace.

De lui en vérité on pourrait dire ce que Claudel écrivait de saint Paul : « — Il va où le vent le pousse, ignorant extinction ou pause.»

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Abbé Zins
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Quand j'arrivai moi-même sur la Côte, je ne l'avais pas revu depuis quatre ans !

Mais il n'avait pas changé, à part cette barbe rouge flamboyant.

II en avait vu de toutes les couleurs pendant cette dernière randonnée de six mois ; mais que diable ! n'avait-il pas fait un catéchumène et mis dans sa besace un tas de nouveaux mots pour son lexique esquimau ?

L'hiver n'était pas fini qu'il me proposait « un autre plan qui ne pouvait rater »

« A 350 km à l'Est, à Burnside, il y a une fameuse tribu, nombreuse et intéressante, celle des chasseurs de boeufs musqués ; j'en ai vu quelques spécimens, je ne te dis que ça (ici un petit sifflement de connaisseur !

Peut-être une nouvelle fondation à faire, qui sait ? Si on allait voir ça, P. Buliard ? »


Le temps de réquisitionner onze chiens et le plus grand traîneau de Coppermine, d'y entasser tout ce qu'il nous fallait, ou à peu près, pour cinq semaines d'absence, et fouette cocher !

Nous n'avions qu'une carte à trop petite échelle, et surtout pleine de « trous » ; il nous était impossible de localiser notre but, mais nous rencontrâmes sur la mer un indigène qui nous donna ce précieux renseignement : « — C'est là-bas ! »

Onze jours de marche pour y arriver : « — Je vous avais bien dit que l'on se débrouillerait ! » de me déclarer le P. Delalande.

Nous n'y fîmes pas merveille. Nous logions dans une misérable cabane laissée là par quelque explorateur, et qui était une glacière, sans lit, sans chaise, dormant côte à côte sur le plancher, dans un coin.

Nos rares visiteurs venaient surtout quêter une tasse de thé que nous n'avions pas les moyens de leur payer.

En restant sur une extrême réserve et en nous étudiant attentivement, cette bande d'Esquimaux à l'air rébarbatif manifestait peu de sympathie pour les « Longues-Robes » ; quatre d'entre eux, cependant, nous donnèrent quelque espoir.
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Abbé Zins
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Un mois se passa ; à court de vivres pour nous et nos chiens, il nous fallut revenir à Coppermine...

« Le coup est vache mais régulier », résuma mon Lucien en rentrant.

Après pareille expérience, personne n'eût été très chaud pour la recommencer.

Le P. Delalande lui, était enthousiaste et ne parlait que de « remettre ça ». Il prêcha sa cause avec tant d'éloquence que Monseigneur l'autorisa à préparer les bases d'une nouvelle Mission.

Aucun matériel n'avait cependant été prévu pour si tôt ; qu'importe ! La célèbre cabane-frigidaire suffirait au début.

Pas de provisions ; qu'à cela ne tienne ! il puiserait dans les miennes, oh ! juste l'indispensable ! Nous partagerions les chiens, les traîneaux, les fusils, etc., et vogue la galère !

J'étais un tantinet mélancolique de rester seul ; il régla cette difficulté en vitesse :

« Bah ! c'est pour un an ; nous nous rendrons visite... On reste voisins, voyons ! »

A cent lieues l'un de l'autre, en effet ! ... 400 km ! Une paille !
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Abbé Zins
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En décembre, il me revenait déjà :

— Juste un petit tour (800 km !) pour prendre une tasse de thé, vous comprenez, histoire de savoir si vous étiez encore de ce monde et comment ce « bleu s'en était tiré ! La vérité, me glissa-t-il dans le creux de l'oreille, c'est que je n'ai plus de chemise et il me faut un pantalon ! »

Dix jours plus tard :

« — C'est pas le filon, mais il faut tout de même que je m'en aille ! A propos, c'est à votre tour de trotter ! Je vous attends en février. Sans blague, hein ?

— Entendu, j'irai vous porter votre courrier, si personne ne vous mange d'ici là !

— Bon ! alors, fin janvier, je ne bouge plus de chez moi ; je vous attends et je m'en vas vous soigner aux petits oignons... Et si vous ne venez pas, je vous renie, je vous déshérite et tout le fourbi ! »


Je tins parole. Deux mois plus tard, dans une poudrerie qu'il dut commander exprès pour moi, mes chiens se cassaient le nez contre sa masure enfouie sous la neige, tandis que je grimpais tambouriner sur le tuyau de poêle qui dépassait un peu pour signaler la Mission.
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Je passai là les dix plus beaux jours de mes quinze ans d'Arctique.

Il me réservait un cadeau très spécial : ses sept premiers catéchumènes à baptiser ; il eut d'ailleurs grand soin de faire valoir cette insigne faveur :

— « Ça, ce n'est pas de la petite bière ! »

Il y eut cérémonie de première classe ; l'autel fut installé dans un coin sur deux caisses branlantes ; le Père multiplia les bougies pour donner un air de fête au sombre réduit.

Il me passa l'unique surplis. Tout se déroulait, ma foi ! comme dans les plus somptueuses cathédrales et j'avoue que mon émotion croissait à mesure qu'un autre de ces fiers Sicambres courbait la tête sous l'eau régénératrice, quand j'arrivai à la dernière fillette qui allait devenir une Lucienne ; les premières gouttes avaient à peine touché son front qu'un énergique « Ikki ! (Ça mouille !) » vint troubler la sainte ambiance et me ramener sur terre !

Ces vacances passèrent vite ; mais, en avril, le P. Delalande me surprenait de nouveau à Coppermine.

Il voulait cette fois me « chiper » le Frère Becksheffer pour l'aider à construire sa maison.

J'eus beau émettre mes objections ; le Frère, qui avait dépassé la soixantaine, fut dûment empaqueté et ficelé sur la traîne... et hue, Cléopâtre ! (C'était alors le nom de son chien de tête !)
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Par une chance inouïe, à l'eau ouverte, en fin de juin, un avion se rendait de Coppermine à Burnside.

Matt Berry, un pilote aussi complaisant que valeureux, se ferait un plaisir de me prendre à bord ; mais il me confia que l'appareil avait été loué par la H.B.C. et que le bourgeois du lieu ne prendrait ma demande en considération que sur remise de cinquante dollars en bonnes espèces sonnantes et trébuchantes : c'était un peu raide quand le ministre et le policeman pouvaient voler gratuitement.

Je m'en fus trouver le sire de la Compagnie à son petit lever pour lui demander quelques explications sur ces procédés d'un goût douteux !

Sa principale argumentation fut : « Business is business (Les affaires sont les affaires) ! »

J'accueillis cette réponse avec un de ces insolents bravos qui le déconcerta d'abord un peu et qui me valut ensuite un largissime sourire de commisération de la part de ce spécialiste en affaires, indeed (à la vérité)...

Et j'enchaînai : — « Les affaires sont tellement bien les affaires que je l'avais, imaginez-vous, tant soit peu oublié pour ma part. l'an dernier, s'il vous en souvient, le P. Delalande et moi transportions l'un de vos employés en traîneau, à Burnside précisément ; cela nous prit onze jours de voyage.

J'ai la note chez moi ; excusez-moi de vous en reparler avec un peu de retard ; à vrai dire, nous n'avions jamais pensé vous la présenter.

Mais réglons donc une bonne fois nos comptes, cher Monsieur, si vous le voulez bien ; cent dollars pour onze jours de voyage, c'est plus qu'honnête !

Vous n'aurez qu'à en soustraire les cinquante dollars que me coûte mon passage sur votre avion...

Evidemment, comme vous tout à l'heure, je regrette énormément, mais business is business... What do you think ? (Qu'en pensez-vous.) »


Je ne sais ce qu'il en pensa, mais sa théorie précédente ne valait plus.

Il ne fut plus question que d'entraide mutuelle qui, après tout, lui paraissait plus chrétienne indeed ; bref, par tous les saints de l'omnipotente Compagnie, le Bon Larron non excepté, je pouvais voyager gratis... et avec ses compliments par-dessus le marché... ses compliments de « collègue en affaires » sans doute.
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Je m'envolai donc pour surprendre, quelques instants plus tard, le P. Delalande et le Frère, heureux comme deux pinsons.

« — Et ce voyage d'avril ? » demandai-je. Avant que la pauvre victime eût ouvert la bouche pour l'honneur d'une suffisante vérité, sans cacher absolument que ce trimballage sur la traîne fut pour elle un vrai calvaire, le Père avait déjà tout résumé à l'esbroufe :

« — Comme une fleur, mon cher ! Un voyage magnifique ; je ne vous ai renversé qu'une fois, pas vrai ? Ça, c'est de la voiture, hein ? — Et combien de jours ce délicieux pique-nique a-t-il duré ? — Attendez voir !...

Un jour pour Kogaryuak ; puis il y eut cette tempête. Bloqués trois jours, pas moyen de bouger ! Et puis nous avons dû ralentir à cause de la neige molle ; c'est le jour suivant que j'ai versé !

Ensuite, je crois bien que nous avons attrapé une poudrerie. Enfin, dans le c portage a, j'ai passablement c nagé a et raté quelques tournants.

A part ça, tout alla très bien, Madame la Marquise ! Un voyage magnifique, je vous dis ! »


Pour le moment, tous les deux travaillaient comme des forçats ; vu son âge, la mesure était vraiment dépassée pour le vaillant Frère Coadjuteur !
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C'est au cours de ces visites que je pus me rendre compte de toutes les difficultés que le P. Delalande dissimulait sous les plaisanteries.

A l'entendre, tout était merveilleux, « énorme », quand tout était sincèrement pitoyable.

Je ne veux pas parler de ses privations et de ses misères physiques ; c'est bien simple, il n'avait rien, pauvre comme Job !

Mais je voudrais souligner la solitude qui fut la sienne, jour après jour, des semaines parfois ; cette messe du dimanche sans assistance, ces visiteurs qui ne voulaient parler que du temps, de la chasse, des chiens et de rien d'autre.

Je l'évoquais, débarquant ici pour la première fois, le coeur débordant de charité, ouvert à tous comme ses grands bras. Il s'approcha de ce petit groupe qui se tenait à l'écart, froid, réservé.

Quelques-uns seulement souriaient ; ils se regardaient : qu'allait faire le voisin ?

Le Père accosta le premier qui avait l'air si méfiant :

« — Hello, Hala, kranor itpin ? (Hala, comment vas-tu ?) » Hala refusa sa main tendue : « — Nuh ! (Non !) » Il se contenta de sourire en ajoutant : « — Peut-être plus tard, n'est-ce pas ? » et passa au suivant...

Trois semaines plus tard, le rétif Hala s'adoucissait ; il n'avait plus de poissons ; il se présenta au missionnaire, la tête basse ; il fut tout surpris de voir que l'affront était oublié.

Ils devinrent amis : Hala mourut croyant et baptisé.
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