Les Oblats de Marie-Immaculée chez les Esquimeaux

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Abbé Zins
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INUK "Au dos de la terre ! "

par le R.P. ROGER BULIARD, O.M.I.



CHAPITRE III


BURNSIDE :

MON PARRAIN CHEZ LES « BŒUFS MUSQUÉS »



PARLER de la Mission de Burnside, c'est parler du P. Lucien Delalande, qui en fut le fondateur et l'homme de peine après en avoir été longtemps l'ermite.

C'est en 1933 qu'il atteignit Burnside, premier missionnaire à visiter cette ancienne tribu des « Boeufs Musqués ».

Des histoires de meurtre couraient alors dans la région. L'Oblat arriva sur les lieux en compagnie de deux policemen et de leur interprète.

L'un des accusés, qui avait usé des suprêmes moyens pour régler un petit différend survenu entre sa femme et lui, comparut devant le sergent de la Police Montée qui s'institua juge d'office, assisté de ses trois compagnons comme jurés ; le cadavre de la victime n'étant plus frais, les témoignages non plus, le violent époux fut acquitté !

A partir de ce jour-là, cependant, la beauté du site, mais plus encore la misère morale de ses habitants allèrent droit au coeur du P. Delalande qui traça ses plans, se jurant « sabre de bois » d'y dresser un jour un clocher et la croix. !

Et quand il avait dit « Sabre de bois », il n'y avait plus qu'à se retirer avec grâce, car rien, sinon une apoplexie foudroyante, n'aurait pu l'arrêter. C'était chose classée.

Nivernais par son père, Normand par sa mère, il avait décidé qu'il était de Paris, même s'il n'y vint que passé 15 ans...
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Abbé Zins
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CHAPITRE III


BURNSIDE :

MON PARRAIN CHEZ LES « BŒUFS MUSQUÉS »




« C'est là, disait-il, que j'ai appris la vie et que j'ai grandi à certaines réalités... » « Il y a en moi, plaisantait-il, du boeuf nivernais, du léopard normand, et surtout du titi parisien. »

Toute sa jeunesse, il l'avait vécue à l'orphelinat et au petit séminaire : institutions plutôt rigides en ces temps-là, il faut bien l'avouer.

Jamais Lucien n'en goûta l'atmosphère, au grand jamais. Pour lui, c'était la prison. Il n'avait pas eu de vie de famille, encore moins avait-il goûté de cette liberté que, n'en ayant jamais joui, il croyait être synonyme de « vie » l'épitome de tout bonheur...

Il voulait savoir, il fallait qu'il sache ce qu'il y avait de l'autre côté de ces murs qui lui barraient l'horizon. Après on verrait ! Et donc, il « fit » le mur.

« J'étais bête en ce moment-là, encore plus que maintenant... » — et s'enfuit à Paris vers son frère.

C'était la guerre, les mauvaises années... Il n'y fit pas fortune. Rien ne marchait. Il essaya un peu tous les métiers, « travaillant, mon frère et moi, comme des nègres toute la semaine, pour nous sauver en dehors de Paris le dimanche et revenir fauchés comme les blés... Et recommencer le lundi matin au petit jour... »
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Abbé Zins
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Etait-il heureux ? Quand on le lui demandait, il répondait simplement : « — Qu'en sais-je ? J'étais jeune, légèrement révolté et pas mal à gauche... »

Il n'était pas bavard sur cet épisode de sa vie dont il regrettait sans doute certains passages, mais, on le sentait, jamais le reste. Il y connut le travail manuel, la solitude morale, la misère des hommes...

« — C'est là, me dit-il un jour, que j'ai fait mon séminaire de missionnaire h.. »

Mais il ne se faisait pas trop prier pour raconter son expérience, juste un essai, dans l'épicerie. Son patron était apparemment un avare sordide, un tricheur aussi, doublé d'une brute... Quelques semaines lui suffirent.

Excédé par d'incessantes vexations, Lucien se fâcha. Et quand il se fâchait, gare la casse ! Il me conta cette histoire vingt ans après, mais le plaisir qu'il en ressentait ne s'était pas encore émoussé.

Ce jour-là, nous étions — une fois de plus — bloqués par une interminable tempête de neige, dans un hâtif iglu que le vent semblait avoir pria pour cible. Pour sauver notre huile de chauffage et sauter plus aisément par-dessus les repas, nous étions tout simplement restés dans nos sacs de peaux... « Qui dort dîne » disait-il en faisant une moue horrible !

Mais on ne peut toujours dormir. Alors on s'amusait, en se léchant les babines d'avance, à composer le menu du premier repas qu'on se payerait quand — et, ajoutait-il, si — l'on s'en sortait et l'on revoyait jamais Paris : pour moi une immense corbeille de fruits, et rien que ça, pour lui dix, pas moins, dix têtes de salade avec de l'ail, et rien que ça !...

Ou bien l'on faisait des vers : ses poèmes commençaient immanquablement par ceci : « Je n'ai pour te chanter que douze alexandrins. Et c'était bien trop, car jamais je ne connus le deuxième... »

Ou encore — et c'était notre compétition favorite — on s'entraînait les méninges à retrouver la liste des péchés capitaux, ou des dons du Saint-Esprit, et l'on était toujours à court d'un ou deux.
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Abbé Zins
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Quant aux hymnes latines, on avait beau prendre de l'élan, on n'arrivait jamais au bout. Tout était trop loin. Mais pas les histoires de nos jeunesses mouvementées...

Enfin, ce jour-là il aborda son sujet favori, cet épicier de malheur... « — Ce type-là, crois-moi, était pire qu'un Esquimau et il avait un caractère de chien — bon, voilà que j'insulte mes chiens maintenant.

— Enfin, ce samedi soir, j'en avais plein le dos. Alors je descends l'escalier vers la cave. Là, il y avait un énorme baril, — 200 litres au moins — d'huile. Je te lui ouvre son robinet, jusqu'au bout. Là-dessus, je remonte l'escalier, j'ôte mon blanc tablier de mercanti, souhaite bonne chance au patron sidéré de tant de courtoisie et prends le premier métro. Tu comprends, mon vieux, je n'y suis jamais retourné. Et pourtant Dieu sait si ça me tentait... juste pour savoir.

Encore aujourd'hui, ça me tracasse, rien que de penser qu'il a pu descendre et que le coup a pu rater... Qu'en penses-tu R...

Pour lui rendre la paix de l'âme, surtout aux temps plutôt tendus où nous vivions, j'affirmai au P. Delalande, sur les lois de la moyenne, que le gars n'était descendu à sa cave que le lundi matin, qu'il avait glissé et s'était étalé les 4 fers en l'air dans le visqueux mélange... »


« — Alors, ça gaze, me répondit-il rassénéré. Ce n'est pas que je sois vindicatif, tu sais, mais l'imbécile m'a cassé là une brillante carrière, tu l'avoueras... »

Je ne sais si celle-ci aurait été brillante mais je sais que toutes les fois que ça allait vraiment mal et que les choses s'envenimaient là-haut, le P. Delalande marmottait dans sa barbe rouge : « J'aurais dû rester dans l'épicerie, au moins on avait son petit dimanche sur l'herbe, au bois... »
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Après l'épisode du baril d'huile, Lucien se remit à ses bouquins... « Il y avait quand même plus d'avenir dans l'instruction... »

Mais ce ne fut que lors de son séjour à l'armée, alors qu'il mijotait dans un lit à l'hôpital que « je me convertis pour de bon, à regarder ces religieuses soigner les soldats, toujours si douces, souriantes, si indulgentes pour nous !... Il y en avait là, un tout petit bout de soeur, pas gros comme ça ! J'eus le malheur de lui dire que j'avais quitté le séminaire. Tu as dû entendre parler du Seigneur fichant saint Paul en bas de son cheval sur le Chemin de Damas. Ça, c'était rien en comparaison. La soeur m'envoya voltiger, ce qui s'appelle voltiger, j'en vis 36 chandelles. Ah, elle ne me l'envoya pas dire... Et me voilà !... »

« — Et alors, puisque d'après elle il fallait que je m'y remette dare-dare, je me suis dit que, pendant que j'y étais, autant prendre ce qu'il y a de mieux : les Oblats et les Esquimaux... Et crois-tu qu'on a réussi ! Regarde-nous un peu maintenant : gelés à point, rien à nous mettre sous la dent, ne sachant même pas si demain nous serons encore à danser dans la neige ou en Purgatoire... Quand même, si comme mes anciens copains du quartier disaient, il n'y a ni enfer ni paradis, tu parles si on aura l'air chouette. L'épicerie aurait davantage rapporté. »
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Mais au lieu de ça, Delalande était rentré au noviciat. L'accueil y fut plutôt froid, le maître des novices d'alors était un homme de la vieille école, carré et sans finesse sentimentale.

II ne badinait pas plus avec les postulants qu'un moine d'antan avec ses manuscrits. Une pièce de parchemin, c'était fait pour écrire dessus, ce qu'on voulait, et le papier n'avait rien à dire.

Même chose au noviciat, où la première qualité de l'aspirant était son pouvoir d'absorption...

Quand le P. Alazard vit arriver ce grand dégingandé — nez crochu, tignasse roussie, et un de ces airs ! — il pensa sans doute — comme moi plus tard — : « — En voilà un à mettre au pas sans plus tarder, pour sûr... »

C'était justement l'heure des Mâtines, un office psalmodié qui aurait pris 30 minutes à un religieux bègue mais durait trois fois plus au noviciat. Le Père y expédia le nouvel arrivé qui sortit du long récital tout éberlué mais pas démonté pour autant.

Ce qui ne l'empêcha pas de commenter en sourdine : « Si c'est comme ça tous les jours, moi, je crois bien que je n'ai plus la vocation... »

Bien entendu, il avait compris, mais ne pouvait laisser passer cette occasion de faire s'esclaffer la communauté.

Inutile de dire qu'il passa le cap haut la main et prononça ses voeux au bout de l'année.
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Au scolasticat de Liège, ce fut un peu plus dur, les blagues n'ayant pas cours aux examens et les professeurs n'ayant, affirmait-il, aucun sens de l'humour.

Le Frère Delalande avait des lettres mais beaucoup moins de latin. Il suivit les cours difficilement et cela le travaillait plus qu'on aurait pu le croire.

Il n'était pas habitué à ce train-là, si lent et si fouillé, ni non plus à cette dialectique scolastique...

« — Ça me dépasse, leurs histoires. Autant couper des poils de grenouille en quatre. D'ailleurs est-ce vraiment bien indiqué et nécessaire pour aller chez les Esquimaux ? ».

Il en garda toujours une petite dent contre le monde savant en général et le scolasticat en particulier et maintenant encore, quand quelque avatar de taille le prenait en défaut, que ce fut son canot qui faisait le plongeon, ou ses chiens qui lui échappaient, ou qu'il se perdait dans la nature, il ne manquait jamais de remarquer avec satisfaction : — Tout ça c'est parce qu'ils ne me l'ont pas appris en théologie...

Malgré ses difficultés pourtant, pas une minute il ne dévia de la route qu'il s'était tracée et jamais non plus il ne perdit une once de son flair pour un avenir meilleur.

Que lui importait le prix à payer ? Un jour il y arriverait bien, chez les Esquimaux. Cette perspective lui suffisait plus qu'amplement...
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En attendant, quand les choses allaient mal, il nous réquisitionnait pour une partie de football et s'il perdait arrosait le champ de « Trou de l'air » et de « Sabre de bois » tout en fauchant la défense comme des quilles de bois...

Ou alors il se lançait dans la réfection des allées du parc, ce qui lui donna l'indicible consolation, un après-midi, de rater un tournant avec sa charrette chargée de mâchefer et d'attraper au passage — « sans faire exprès » — se crut-il obligé de préciser, une belle statue tout nouvellement inaugurée à ce virage.

Comme par hasard c'était une statue de saint Thomas. Ce grand patron des philosophes et théologiens — 2 mètres et deux cents kilos du meilleur ciment armé, — ne put résister à ce genre d'argument ad hominem.

Pris par surprise, et tout étonné, il bondit de son socle et vola en mille éclats sonores. Le coupable, bien entendu, en demanda sincèrement pardon à Dieu, au fracassé, au P. Supérieur, au P. Econome et à la communauté entière, à la coulpe suivante.

Je n'ai jamais compris pourquoi tout le monde afficha derechef un petit sourire entendu.

En tout cas, il s'en souvint toujours avec une certaine satisfaction, car un jour que dans le brouillard il s'était précipité avec tout son attelage en bas d'une falaise d'au moins vingt mètres, et qu'il nous fallait plusieurs heures pour ramasser les morceaux et recoller quelques chiens et son traîneau, il me fit remarquer : « Dis ce que tu voudras, je m'en suis quand même mieux tiré que ce pauvre saint Thomas... »
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Abbé Zins
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C'est en ces temps héroïques, à Liège, en 1927, au sortir de mon noviciat, que je fis sa connaissance. Dès la première accolade, je ne saurais dire pourquoi, nous fûmes plus que des frères, des intimes, des amis et des partenaires pour la vie.

Lui, c'était un « ancien » déjà ; il me prit sous son aile. Deux ans plus tard, quand je fis mon service militaire aux Chasseurs Alpins, il se promut mon c parrains de caserne et se chargea — et comment ! — de me ramener au Séminaire, où je repris la soutane, juste pour entendre Delalande m'annoncer triomphalement : « — Ça y est, mon vieux, je les ai ! »

Ce qu'il avait ? Evidemment les Esquimaux et son obédience pour la côte arctique qu'il avait toujours ardemment convoités !

L'un comme l'autre, nous étions certains de nous retrouver un jour.

Cependant, quand je débarquai à Coppermine quatre ans plus tard, il n'y était pas ! Avais-je pourtant rêvé de cet accueil !

N'ayant pu être prévenu de mon arrivée, il était parti en expédition sur terre depuis quatre mois ; personne n'aurait su dire au juste où il errait, ni même s'il était encore en vie !

Comme il était censé revenir avant Noël, mes yeux guettèrent souvent l'est d'où il devait surgir.

Un beau jour de novembre, notre meute bondit sur ses chaînes dans un vacarme furieux. Un attelage apparut à l'horizon de la mer ; il s'approcha trop près de nos chiens ; cela menaçait de dégénérer en une bataille homérique. Je sortis pour voir quel était l'Esquimau assez naïf...

Un grand gaillard était là qui distribuait généreusement à la ronde les coups de fouet à tous les amateurs de combats : « — Oh ! lay down, Dragon ! »
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Abbé Zins
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Et il me sauta au cou ! Je ne l'avais pas reconnu dans son accoutrement de peaux, blanches de frimas, avec sa barbe gelée et collée aux fourrures : « — Et me voilà ! » s'écria-t-il.

Vous l'auriez cru parti d'hier ; il y avait six mois qu'il voyageait Dieu sait où. Il avait vécu sur terre, à 500 km, de là, seul au milieu d'Esquimaux, à l'Esquimaude, chassant, mangeant comme eux !

Son histoire, sa vie, ses expériences ? Tout cela nous fut narré dans un style ineffable, entre quelques gorgées de thé chaud : « — Ayant cru le moment venu, j'étais parti pour séjourner six mois avec eux...

Fichtre ! ça prendra bien d'autres temps ! Ce sont des bêtes. Figurez-vous, entre autres choses, qu'ils voulaient me marier ! Oh ! j'ai fait un catéchumène... oui, un ! c'est tout !

Pas fort, hein ?... Maintenant il s'agirait de travailler un peu et de m'y mettre pour tout de bon : pêche, dictionnaire... peut-être me confesser aussi, tiens ! »

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