SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
I. Un jour après avoir nourri les cinq mille personnes dans le désert, notre Seigneur a prononcé un discours aux multitudes qui l'avaient suivi jusqu'à Capharnaüm. Suivant son intention, ses paroles font référence au miracle qu'il venait d'accomplir le jour précédent. Il exhorte les Juifs à travailler en vue d’obtenir, non la nourriture qui périt, mais celle qui demeure pour la vie éternelle (Jean 6:27).
Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Dans la première partie du discours, (versets 26 à 47), notre Seigneur parle de la foi en lui en utilisant la métaphore du pain venu du ciel. Au verset 48 (ou en tout cas au verset 51) vient quelque chose qui est en effet amené par ce qui précède, mais qui est complètement différent. On trouve une transition analogue (et célèbre) en Matth. 24, où notre Seigneur passe de la prophétie de la destruction du temple à la prophétie de la fin du monde (verset 43).Jean 6:35 a écrit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
On peut décomposer le début du passage comme suit :
Jean 6:48-52 a écrit : 1.(a) Je suis le pain de vie,
(b) Vos pères ont mangé la manne dans le désert
(c) et ils sont morts.
2. (a) Voici le pain
(b) qui descend du ciel,
(c) afin que celui qui en mange ne meure pas
3. (a) Je suis le pain vivant,
(b) descendu du ciel
(c) Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement
et le pain que je donnerai, c’est ma chair, [dans la version grecque, "que je donnerai" est répété] pour la vie du monde
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :Jean 6:53-58 a écrit : 53 Les Juifs disputaient donc entre eux, en disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? 54 Jésus leur dit donc : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. 55 Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. 56 Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. 57 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. 58 Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, et que, moi, je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi.
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Ces paroles de notre Seigneur, prises dans leur sens littéral, constituent évidemment une preuve de la Présence réelle. Il a parlé, et nous le croyons. Il y a certes des difficultés à croire à une telle merveille, mais "rien n'est impossible à Dieu". Les Protestants, en revanche, se sentent tellement écrasés par le poids de ces difficultés, qu'ils ne peuvent s'empêcher de croire que notre Seigneur a voulu dire autre chose. Ils s'efforcent alors de montrer que ces paroles sont à prendre au figuré. Si tel est le cas, de deux choses l'une : ou bien notre Seigneur a employé une figure déjà connue, ou bien il en a introduit une nouvelle.
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Manger la chair d'un homme était déjà une expression figurée chez les Juifs, mais elle voulait dire faire une grande injustice à quelqu'un, particulièrement en le calomniant (ainsi Ps. 26:2 ; Job 19:22 ; Mich. 3:3 ; Eccl. 4:5). Ce sens est évidemment exclu. Et notre Seigneur n'a pas inventé de nouvelle figure, parce qu'il n'aurait certes pas choisi une image si répugnante pour exprimer un nouveau sens. Cela est confirmé par le fait que boire du sang faisait particulièrement horreur aux Juifs (cf. Gen. 9:4 ; Lev. 7:10 ; 1 Rois 14:33 ; Judith 11: 10, 11). Il n'y a d'ailleurs aucun indice dans le passage qui indiquerait que notre Seigneur parlait au figuré.
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Mais la meilleure réponse à l'interprétation protestante se trouve sans doute dans l'objection soulevée par les auditeurs juifs et la réponse de notre Seigneur. Il faut se souvenir qu'il y eut deux grands types d'objections à l'enseignement du Christ, chacun avec sa réponse correspondante. Quand l'objection exprimait une difficulté à bien comprendre la doctrine, notre Seigneur l'expliquait. Quand l'objection exprimait non pas une incompréhension de la doctrine mais un refus de l'accepter, notre Seigneur n'ajoutait pas d'explications mais insistait plus fortement.
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SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Ainsi, par exemple, quand notre Seigneur dit "Aucun homme, s’il ne naît de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu", que Nicodème, perplexe, demande "Comment un homme peut-il naître, lorsqu’il est vieux ?", notre Seigneur explique : "Aucun homme, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, ne peut entrer dans le royaume de Dieu". Mais dans une autre situation, quand notre Seigneur dit aux Juifs : "Abraham, votre père, a tressailli de joie, désirant voir mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui", qu'ils objectent : "Vous n’avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham ?" Il n'explique pas, mais insiste : "En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis".
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VII : L'Église et les Sacrements
SWS, Livre VII, II, C4, §256 a écrit :
Même chose quand les Juifs objectent : "Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ?" Notre Seigneur n'explique pas ses paroles, ne dit pas qu'elles sont à prendre au figuré ; il insiste : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous." Les Juifs avaient donc raison de prendre les paroles du Christ au premier degré ; leur seule difficulté était de les accepter. Ajoutons que notre Seigneur énonce sa doctrine sous la forme d'un précepte, et tout le monde conviendra que c'est le propre des préceptes de devoir être donnés dans un langage clair.
Son "en vérité, en vérité", qui ajoute une solennité particulière à son discours, montre encore une fois qu'il faut le prendre dans son sens obvie. Dans la même catégorie, "ma chair est vraiment(ἀληθῶς) une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage" ne ressemble vraiment pas à une intention métaphorique. Notre Seigneur va jusqu'à dire : "Celui qui me mange" — une preuve évidente de plus que le sens voulu est le sens littéral.
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