Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15-18 (Avril - Octobre 1989)
1. LE GRAND MOYEN DE LA PRIÈRE
Les trois premières demandes du Notre Père
Objet de la troisième demande du Pater :
52.Saint Bernard a écrit :
« L’Ecriture disant que Dieu a tout fait pour Lui-même (Prov. 16,4), il faut que les créatures se conforment et rangent, au moins parfois, à la pensée de leur Auteur.
Il importe donc d'établir de temps en temps en nous ce même sentiment ; en sorte que comme Dieu a voulu que tout existe pour Lui-même, de même nous aussi nous ne voulions que ni nous-mêmes ni rien d'autre n'aient été ou soient si ce n'est justement pour Lui-même, autrement dit en raison de sa seule Volonté et non de notre plaisir.
Nous trouverons notre bonheur beaucoup moins dans l'apaisement de nos besoins et dans la félicité qui nous sera échue que dans l’accomplissement de Sa Volonté en nous et sur nous.
C’est d’ailleurs ce que nous demandons quotidiennement dans la prière, quand nous disons :
"Que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel".
0 amour saint et chaste ! 0 douce et suave affection !
0 intention pure et désintéressée de la volonté !
D'autant plus désintéressée et pure qu'elle ne laisse plus s’y mélanger rien de propre, d’autant plus suave et douce que ce qu’elle ressent est tout divin.
En arriver là, c’est être déifié. ..
Ainsi en est-il chez les Saints (bienheureux au Ciel) de tous leurs sentiments humains ; il semble qu'ils se fondent et s'écoulent dans la Volonté de Dieu.
Autrement, s'il restait encore quelque chose de l'homme dans l'homme, comment se pourrait-il que Dieu soit tout en tous ?
Sans doute, la nature humaine ne se dissoudra pas ; mais elle sera autrement belle, glorieuse et puissante.
Quand cela sera-t-il ?
A qui sera-t-il donné de le voir et de l'éprouver ?
Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu (Ps. 41,2) ?
Seigneur, mon Dieu, mon coeur Vous a parlé, mes yeux Vous ont cherché : je rechercherai Votre Visage, Seigneur (Ps. 26,8).
Me sera-t-il donné de voir Votre saint temple ? »
(Saint Bernard, traité de l'Amour de Dieu, n° 28)
Mi ca El !? Qui est comme Dieu !? Pour la plus grande Gloire de Dieu
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2. L' ÉCHO DE LA TRADITION
Le désir de la gloire de Dieu au-dessus de celui du salut
Introduction :
53. A partir des citations qui suivent, nous allons démontrer :
1°) Qu'il est bon de songer fréquemment aux châtiments de l'Enfer et aux récompenses du Ciel.
2°) Que, quoique nous fassions, nous ne pouvons point par nous-mêmes et par nos seules oeuvres échapper à ces maux et atteindre ces biens, mais devons nous en remettre principalement à la Bonté de Dieu, tout en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour faire le bien et éviter le mal.
3°) Que nous devons nous élever au-dessus de la crainte,
car « la charité parfaite bannie la crainte » (I Jn. 4,18),
et au-delà du désir des récompenses, car la charité est désintéressée :
« non quaerit quae sua sunt » (I Cor. 13,5),
pour accomplir toutes choses en raison de notre amour de Dieu
et en recherchant principalement Sa plus grande gloire :
en Le louant, honorant et servant pour Lui-même.
Nous nous attarderons davantage sur le 3e point, qui est le seul qui entre directement dans l'objet de ce double numéro spécial, n'abordant le 1er que pour montrer que le 3e ne l'exclut pas mais le surélève et en est le but suprême, et le 2e pour rendre plus évident que le 1er ne se suffit pas à lui-même.
Quant au 3e, il va nous faire mieux comprendre
qu'il faut aimer Dieu plus que Ses dons et Ses bienfaits,
Dieu Lui-même plutôt que les avantages que nous en espérons, en d'autres termes,
pour reprendre une expression de Saint Augustin,
qu'il faut moins aimer les consolations de Dieu que le Dieu des consolations.
(Notons d'ores et déjà que la crainte bannie par la charité est la crainte servile, dans ce qu'elle a de servile, non la crainte filiale de pouvoir déplaire à Dieu, non plus que la crainte révérentielle de la Majesté Divine que le Christ, en tant qu'homme, avait au plus haut degré (cf. notre livre : "Consummatum Est" L. 1 n° 564 p. 404 ; et plus loin, n° 289, 539s).
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2. L' ÉCHO DE LA TRADITION
Le désir de la gloire de Dieu au-dessus de celui du salut
1) La recherche du salut : la crainte de l’Enfer et le désir du Ciel :
54.Saint Curé d’Ars a écrit :
« Il y a beaucoup de Chrétiens qui ne savent même pas pourquoi ils sont au monde.
Le Bon Dieu nous a créés et mis au monde pour Le servir, L’aimer et travailler à notre salut, rien que cela. ..
Mais voilà ! on ne réfléchit pas à ces grandes vérités.
Je suis créé pour aimer Dieu. ..
Tout ce que nous faisons en dehors du salut, c'est du temps perdu, oh ! oui, mes enfants.
Les trois quarts des pauvres Chrétiens ne travaillent qu’à satisfaire ce cadavre qui va bientôt pourrir dans la terre, tandis qu’ils ne pensent pas à leur pauvre âme qui doit être éternellement heureuse ou malheureuse ; ils manquent vraiment de bon sens !
Oh ! ça fait trembler !
Les gens du monde trouvent que c’est trop difficile de faire son salut ; il n’y a cependant rien de plus facile : observer les Commandements de Dieu et de l’Eglise, et éviter les sept péchés capitaux, il n'y a que cela à faire ; ou bien, si vous voulez, faire le bien et éviter le mal. ..
On dit : "Pourvu que je me sauve, c’est tout ce qu’il me faut ; je ne veux pas être un saint."
Si vous n’êtes pas un saint, vous serez un réprouvé :
il n’y a que l’un ou l’autre, prenez-y garde !
Tous ceux qui posséderont le Ciel un jour, seront saints.
Les âmes du Purgatoire le sont, puisqu’elles n’ont point de péché mortel, qu’elles sont les amies de Dieu et qu’elles n’ont qu’à achever de se purifier.
Travaillons, mes enfants ; viendra un jour où nous trouverons que nous n’avons rien fait pour mériter le Ciel.»
(Saint Curé d’Ars, Catéchisme - publié par Mgr. Convert - sur le salut)
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2. L' ÉCHO DE LA TRADITION
Le désir de la gloire de Dieu au-dessus de celui du salut
1) La recherche du salut : la crainte de l’Enfer et le désir du Ciel :
55.Saint Curé d’Ars a écrit :
55.« On connaît la beauté d’un objet au prix qu’il a coûté.
Notre âme a coûté la vie d’un Dieu.
Il faudrait se rappeler souvent ces trois grandes pensées : le Ciel, le Calvaire, l’Enfer...
Oh ! qu’il faut que l’on pense peu qu’il y a un Ciel, un Enfer, un Dieu ! ....
Quand on considère tout ce que les Saints ont fait pour sauver leur âme et que nous faisons si peu de chose, presque rien, comment pouvons-nous espérer aller au Ciel ?
Ah ! c’est qu’ils comprenaient mieux que nous l’importance et la valeur de leur âme, et qu’ils aimaient un peu mieux le Bon Dieu que nous.
Voyez, mes enfants, il faut réfléchir que nous avons une âme à sauver et une éternité qui nous attend.
Le monde, les richesses, les plaisirs, les hommes passeront, mais le Ciel et l’Enfer ne passeront jamais.
Prenons garde !
Les Saints n’ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini.
Nous avons mal commencé, finissons bien, et nous irons les rejoindre dans le Ciel.
Nous donnons notre jeunesse au monde et nos restes au Bon Dieu, qui est si Bon qu’Il veut bien encore S’en contenter.
Heureusement que tous ne font pas comme cela. ..
Combien il y a de Chrétiens qui travaillent beaucoup,
qui font des bonnes oeuvres, des prières, et qui ne gagnent rien.
C’est qu’ils travaillent dans l’obscurité, ils sont en état de péché, ils ne ramassent rien.
Il y a des Chrétiens qui gagnent plus en quinze jours que d’autres en vingt ans :
c’est que les bons travaillent en plein midi, au soleil, en état de grâce ;
ils se privent d’un regard, d’une parole. ..
Oh ! qu’ils gagnent pour le Ciel ! »
(Saint Curé d’Ars, Catéchisme sur le salut)
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