SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
Section 213. Marie Mère de Dieu.
I. Dans la sainte Écriture, et plus encore dans la langue de l'Église, le titre de "Mère de Dieu" donné à Marie est le signe distinctif de sa dignité, la source de tous ses autres privilèges. Qui est Marie ? Celle qui a été choisie par Dieu pour être Mère du Sauveur. Cette description définit sa personnalité, explique ses grâces et ses dons exceptionnels, et marque sa position unique dans l'économie du salut (cf. supra, §185). Il faut insister sur l'élection divine qui a fait de Marie la mère de Jésus. De même, en effet, que la maternité présuppose le mariage, l'acte par lequel le Verbe a décrété de toute éternité que Marie serait son adjutrice dans l'œuvre de l'Incarnation, offre certaines analogies avec un mariage humain : une vierge est choisie pour être l'épouse divine, est de devenir, par une opération divine, mère de Celui qui l'a choisie. Ce décret éternel contient la dignité éternelle de Marie comme mère de Dieu. Quand le temps est arrivé, l'épouse est conçue immaculée, et remplie de grâce en conséquence de sa prédestination éternelle ; l'union est consommée dans la conception du Christ, et Marie est alors investie d'une dignité qui n'est surpassée que par celle de son prototype, savoir l'union hypostatique du Christ avec le Verbe.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
II. Comme toutes les autres grâces, la grâce d'être mère de Dieu a son origine dans une élection et une prédestination par Dieu. Mais, contrairement aux prédestinations ordinaires à la gloire, celle-ci est inconditionnelle et irrévocable. L'élection de Marie à la maternité divine, étant un élément intégral du plan de Rédemption, précède et a priorité sur tous ses actes. Son union à Dieu pour le salut de l'humanité est aussi indissoluble que l'intention divine elle-même, et donc bien plus indissoluble qu'un mariage humain.
Dans l'idée du Créateur, Marie est tout autant "la Mère du Sauveur" qu'Ève, sa figure, est "la mère de l'humanité". Sa maternité l'unit personnellement à Dieu, comme l'union hypostatique unit le Christ au Verbe ; non pas certes de manière à constituer une seule personne avec Dieu, mais de manière à élever sa personnalité au plus haut niveau de perfection et de dignité, au-dessus et au-delà de toutes les simples créatures.
Chez le Christ, la gratia unionis est une grâce substantielle : c'est le Verbe lui-même qui oint son humanité de la divinité. De même, la grâce de la maternité divine est substantielle : la divinité du Fils est infusée dans la Mère. Chez Marie comme chez le Christ, la grâce substantielle réside "corporellement", et chez les deux l'union est organique. La grâce de la maternité divine a existé de toute éternité dans l'idée de Dieu, comme aspect et condition de son existence, exactement comme pour la gratia unionis du Christ.
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SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
Et enfin, il y a analogie entre les deux unions au niveau des effets sanctifiants : le Christ comme Marie sont chacun "consacrés" à leur façon par l'habitation de la divinité. Le Christ est déifié, et Marie est remplie de grâce (κεχαριτωμένη), devenant ainsi ἡ θεόπαις (enfant de Dieu) en un sens éminent. Ce qui accentue encore en Marie le caractère d'antitype d'Ève : elle est l'épouse du nouvel Adam, et lui est "une aide semblable à lui".
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SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
De même en effet qu'Ève a été tirée de la substance d'Adam, et a reçu une âme semblable à la sienne et une personnalité propre, de même Marie reçoit sa vie surnaturelle de la substance de son divin Fils, dans la mesure où le Saint-Esprit, qui procède du Verbe, et est un avec Lui, habite en Marie comme en son temple, lui conférant ainsi une personnalité analogue à celle du Christ. De plus, cette habitation du Saint-Esprit fait de Marie le "type de l'Église" qui est "l'épouse du Christ", dans la mesure où ses membres sont sanctifiés, élevés au rang de fils adoptifs, et que le Saint-Esprit se répand sur eux.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
III. La gratia unionis garantit à l'humanité du Christ l'excellence la plus haute qu'une nature créée puisse atteindre ; de même la maternité divine garantit à Marie l'excellence la plus haute qu'une personne créée puisse atteindre. Par cette maternité, elle est associée de la façon la plus étroite possible aux personnes divines ; sans devenir Dieu, elle est néanmoins rapprochée de la divinité au plus près que le fini puisse approcher de l'infini.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
III. 1. Marie est fille de Dieu le Père de plusieurs manières : elle l'est d'abord comme tout autre être rationnel ; ensuite comme tous les enfants adoptifs de Dieu par la grâce sanctifiante ; et troisièmement, en commun avec l'humanité du Christ seulement, d'avoir été conçue et voulue conjointement avec lui, et associée organiquement dans la manifestation temporelle, ad extra, du Verbe. C'est pour cela que bien des attributs propres au Christ sont transférés après modification adéquate, par l'Église à Marie : elle est notre Dame (Domina), notre vie, notre Douceur, notre Espoir, notre Reine, etc.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
III. 2. Elle est la plus noble et la plus exaltée de toutes les créatures humaines ; c'est par elle que l'humanité est reliée mystiquement au Christ et à Dieu. La mère du Christ est aussi, par lui, la mère de son corps mystique, l'Église. Quand elle a conçu et enfanté le Christ, elle a en même temps conçu et enfanté la Lumière et la Vie de ce monde ; ainsi sa maternité des enfants adoptifs de Dieu n'est pas purement mystique, mais a bien un fondement organique et factuel.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
III. 3. Enfin, comme Marie a été faite participante de la génération éternelle du Christ, et de sa relation de "paternité" (en tant qu'il est Tête de l'humanité) aux êtres humains, elle participe jusqu'à un certain point à son office de médiation entre l'homme et Dieu. Elle est la médiatrice qui nous conduit au premier médiateur, le Christ ; c'est d'elle en effet que le Christ a reçu l'existence et la chair dans laquelle il exerce sa médiation et est chef de l'humanité. La médiation de Marie est différente cependant de celle de son Fils : celui-ci, étant Dieu, donne ce qui est à Lui ; elle, n'étant qu'une créature, ne peut distribuer que ce qu'elle a reçu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §213 traduit par le chartreux a écrit :
IV. La mère de Jésus est exaltée au-dessus de toutes les autres choses grandes et saintes de la création (son fils excepté), ce qui lui donne un droit à une vénération particulière, supérieure en nature et en degré à celle due aux saints. Le terme technique d'hyperdulia exprime bien que ce type d'adoration est au-dessus de la dulia rendue aux saints ordinaires.
Quand nous honorons Marie, nous honorons en elle les dons de Dieu et du Christ. L'adoration de la Mère inclut et complète l'adoration du Père et du Fils.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, IV, §214 traduit par le chartreux a écrit :
Section 214. Marie, pleine de grâce. Sa conception immaculée.
La "plénitude de grâce" de la mère de Jésus a commencé à sa conception immaculée, que la bulle Ineffabilis définit ainsi : "La Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel" (ab omni originalis culpa labe preservatam immunem).
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